GERMANWINGS : Aptitude médicale Pilotes de Ligne / Normes européennes

Disons le sans ambages, le drame de la Germanwings aurait pu se produire tout aussi bien chez Air France que dans n'importe quelle autre Cie aérienne. Dans l'Europe entière les CEMA ( centres d'expertise médicale aéronautique ) délivrent des certificats d'aptitude dits Classe 1, y compris en France.

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Seule la France OSE dénommer ce document un certificat d'Aptitude Physique et Mentale, alors que les normes et critères médicaux en vigueur en France comme dans tous les pays d'Europe et du monde d'ailleurs, puisque les normes européennes sont les mêmes que celles édictées par l'OACI, ne permettent en aucun cas d'évaluer une aptitude mentale. 

Pourtant les exigences dans le domaine psychologique et psychiatrique sont parfaitement définies par 

Arrêté du 27 janvier 2005 relatif à l'aptitude physique et mentale du personnel navigant technique professionnel de l'aéronautique civile (FCL 3)  Consultez ICI une version annotée

J'ai déjà publié tout ceci il y a un an ou presque le 27 Mars dernier dans le post suivant : 

Aptitude Médicale Pilotes de Ligne : Normes Européennes

qui contenait aussi un lien vers le formulaire déclaratif de
demande d'examen médical Classe 1 : ICI 

 

En fait, lu de plus près les critères définis pat l'arrêté cité, transposition des normes européennes FCL 3 sont des critères d'inaptitude, mais doivent par conséquent être avérés, dans dossier médical privé, ou bien du fait de la déclaration du candidat. 

À partir du moment ou le CEMA n'est pas en mesure de contrôler le domaine médical privé, et qu'il n'existe pas quoi qu'on en dise d'examen psychiatrique ou psychologique conduits par des spécialistes, et ce n'est pas l'entretien avec le médecin du centre qui délivre l'aptitude qui y changera quoique ce soit, la schizophrénie ou les troubles bipolaires dont fort probablement souffrait Andreas Lubitz ne pouvaient pas être détectés. 

Les troubles psychiatriques dès lors qu'ils sont convenablement traités par une médication adaptée et donc indétectables lors d'un entretien normal, ne peuvent être imaginés qu'au vu des résultats d'analyses spécifiques, non prévues en revanche...

Dans le cas de Lubitz les antécédents ont été connus par l'Aviation Civile quand il a dû arrêter sa formation pour dépression, mais malgré la mention sur sa Licence qu'une attention particulière devait être portée sur son cas lors des visites, ces visites ne décelant rien , Lubitz continuait, en étant " lourdement traité dans le privé ". 

Seul moyen de déceler cette lourde prise médicamenteuse, analyses de sang et d'urines avec mention de recherches de substances...

Seulement ces analyses ne sont pas permises sans l'accord du patient. 

Lubitz souffrait le plus probablement de schizophrénie, lire à ce sujet le papier écrit à l'époque : 

« Andreas Lubitz : Il s'agit le plus certainement de Schizophrénie »

 

La schizophrénie si elle est convenablement traitée, n'entraînerait pas forcément une inaptitude par elle même, le problème vient des médicaments prescrits qui eux seuls et pour la plupart entraînent l'inaptitude, car ils remettent en cause les capacités de jugement, de vigilance et d'appréciation des situations.

En conclusion, le seul moyen d'améliorer le système est de systématiser les analyses biologiques en vue de trouver les traces de toutes ces prises médicamenteuses ou autres drogues. La législation ne le permet pas aujourd'hui, et d'autre part le problème à régler sera celui de la fréquence des analyses.

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