Le « petit manche » vs Airbus : Erreur de pilotage ?

Il y a quelques années Gérard Arnoux, expert autoproclamé accidents aériens, en descente sur Montpellier aux commandes d'un A320 d'Air France, percute un planeur vers 8000 pieds. Il ne regardait pas devant lui mais en bas à gauche observant les évolutions d'un planeur. Evidemment il ne risquait pas de voir celui qui grossissait dans le pare brise. Quant aux manoeuvres qu'il effectua ...

À peine nommé ( sur le tard d'ailleurs ) commandant de bord sur Airbus A320 chez Air France, Gérard Arnoux percute en descente un planeur qu'il n'a pas pu ou su éviter. Les 169 passagers ont-ils failli être victime d'un défaut de vigilance ou bien de manoeuvres réflexes inadaptées et en tout cas fort contestables ?

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Le « petit manche » vs Airbus : Erreur de pilotage ?

Pour comprendre ce billet et les suivants sur le sujet, il est nécessaire de revisiter mon billet « Christian Roger & Gérard Arnoux adorent les Airbus »

Je précise par ailleurs que je n'utilise pas le soulignement des mots en tant que tel pour les mettre en valeur. Ce qui veut dire que les mots qui apparaissent comme soulignés sont des liens hypertexte, et qu'il convient de cliquer dessus afin de ne rien louper en termes de documents utiles à la compréhension, de même les images et photos renvoient en général vers d'autres informations associées.

Le billet cité ci-dessus permet de prendre connaissance de l'affaire et du rapport du BEA, et des réflexions qu'elle m'inspire. 

Ces réflexions sont celles d'un pilote qui totalise 20 000 heures de vol, dont 12 500 heures sur Airbus, dont
11 000 heures sur Airbus A320, toutes effectuées en tant que commandant de bord et instructeur, chez Air France en particulier. Les 1500 de différence sont celles effectuées chez Air Inter sur A300.


S'agissant du BEA, je ne m'explique pas qu'il n'ait pas effectué les calculs que je publie ici et qui montrent aisément que lorsqu'il s'agit d'éviter un autre avion en vol et qu'une manoeuvre d'urgence doit être effectuée, la seule efficace est celle d'un cabré immédiat. 

Je ne comprends pas qu'il n'ait pas émis de recommendations en ce sens, alors que les manoeuvres d'évitement ordonnées aux pilotes par le système TCAS, quand il y a lieu, sont des montées ou descentes, c'est à dire des manoeuvres dans le plan vertical.

C'est pourquoi je me permets ici d'adresser à Gérard Arnoux un petit rappel de mécanique du vol qui lui permettra de comprendre mieux pourquoi au lieu de précipiter son avion sur le planeur par un réflexe inopportun il aurait pu tirer à fond sur son petit manche, surtout en gardant les ailes horizontales. 

En mal de pub, à l'été 2013 et histoire d'instrumentaliser Christian Roger dans leur haine d'Airbus, il faudra que « le petit manche » raconte son acrobatie miraculeuse sur le blog dJumbolitos, histoire d'en remettre une couche sur « cette monstruosité » ( sic ) qu'est l'Airbus A320

En conclusion de cet article deuxième d'une petite série consacrée à Gérard Arnoux et sa science du pilotage, je dirais simplement ceci :

  • Si Arnoux avait vraiment compris l'énorme plus des CDVE Airbus et des Lois de vol, il aurait évité largement le planeur en agissant suivant les procédures bien connues d'évitement d'obstacles type GPWS ..... TERRAIN .... TERRAIN .... PULL UP .... PULL UP 
  • ou même type windshear ....
  • Il aurait maintenu les ailes horizontales et il aurait cabré à fond !
  • Si Arnoux avait été doté d'un OPEN MIND, il aurait compris le confort induit par les protections, notamment celle en facteur de charge
    à 2,5 G max
  • Sans avoir à se soucier des limitations, et s'il avait eu des automatismes éduqués et non pas des réflexes primaires, il aurait donc cabré à fond et très largement évité le planeur
  • Car en effet s'il avait maintenu 2,5 G ne serait ce que deux petites secondes, seulement deux petite secondes, il passait 100' au dessus du glider.

Or, quand grâce à son copilote, il aperçut le planeur à environ 900 m, il disposait d'au moins 6 secondes pour agir...
Evidemment quand on rêvasse et que l'on observe les jolis planeurs en bas et sur sa gauche, on ne risque pas de voir celui qui est dans son pare brise. 

Amis des forums et passionnés d'aviation à vos calculettes et formules de trigo avec les hypothèses suivantes :

  1. Vitesse propre environ 150 m/s
  2. Accélération verticale 2,5 G
  3. Temps d'application de cette accélération verticale 2"

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