Dominique Wiel : encore un coup et puis j'arrête...

Dominique Wiel, l'un des acquittés d'Outreau, se prépare à intervenir « une dernière fois » ce jeudi 29 novembre 2012 à Toulon dans le cadre des Journées nationales de la prison.Un article de Var Matin, sous la signature de Peggy Poletto, en a fait part lundi. J'ai lu l'article, qui depuis a été modifié et raccourci. Il parlait des conditions de détention – ce qui est bien normal, puisqu'il s'agit du thème de la rencontre.On ne peut reprocher à Dominique Wiel de dénoncer ce qui devrait s'améliorer dans les conditions de détention. Mais on pouvait noter un  un fatal retour sur l'affaire d'Outerau, en particulier en fin d'article : « Une succession de dysfonctionnements. Ça a dérapé à tous les niveaux. Ce qui m’est arrivé peut arriver à tout le monde ».On ne peut évidemment pas s'attendre à ce que ce personnage fasse l'impasse sur cette affaire quand on sait l'acharnement qu'il a déployé depuis des années à parcourir la France pour entretenir les contre-vérités qu'il a publiées en ce qui la concerne.

Dominique Wiel, l'un des acquittés d'Outreau, se prépare à intervenir « une dernière fois » ce jeudi 29 novembre 2012 à Toulon dans le cadre des Journées nationales de la prison.

Un article de Var Matin, sous la signature de Peggy Poletto, en a fait part lundi. J'ai lu l'article, qui depuis a été modifié et raccourci. Il parlait des conditions de détention – ce qui est bien normal, puisqu'il s'agit du thème de la rencontre.

On ne peut reprocher à Dominique Wiel de dénoncer ce qui devrait s'améliorer dans les conditions de détention. Mais on pouvait noter un  un fatal retour sur l'affaire d'Outerau, en particulier en fin d'article : « Une succession de dysfonctionnements. Ça a dérapé à tous les niveaux. Ce qui m’est arrivé peut arriver à tout le monde ».

On ne peut évidemment pas s'attendre à ce que ce personnage fasse l'impasse sur cette affaire quand on sait l'acharnement qu'il a déployé depuis des années à parcourir la France pour entretenir les contre-vérités qu'il a publiées en ce qui la concerne.

Le journaliste d'investigation Jacques Thomet a aussitôt réagi en invitant les toulonnais au fait de ces questions à aller lui porter la contradiction. Il est l'un des rares qui s'efforce de lutter contre l'anesthésie que la légende officielle d'Outreau a provoqué dans le public et le monde judiciaire. Il a publié les dessous effarants des dysfonctionnements qui ne sont pas ceux que le public croit connaître.

Il n'a pas été le seul à réagir, puisque dès lundi, une personne très au courant de ce qu'ont vécu les enfants d'Outreau – qui se souviennent trop bien de « l'abbé Wiel » - avait déjà placé un commentaire au bas de l'article de Peggy Poletto. Je me suis reconnecté ce matin – mardi – le commentaire avait disparu ! Des commentaires de la veille, il en restait un, très court, juste une insulte à l'encontre de la justice. Si l'un de ces deux commentaires avait des raisons d'être « modéré », c'aurait été celui qui est resté. Le premier n'avait aucune raison d'être effacé. Donc il ne s'agit pas ici de modération, mais de censure.

De plus, j'ai observé que l'accès aux commentaires était maintenant fermé -  après quand même l'insertion de ce qu'en dit l'un des enfants victimes. Cela ne me concerne pas vraiment – n'étant pas enregistré dans Var Matin, mais cela montre une démarche qui va au delà de la censure : on baillonne !

Je sais que la censure existe bien ailleurs qu'à Var Matin. L'une des manières de faire émerger une « vérité » plutôt qu'une autre, tout en donnant l'impression d'un dialogue contradictoire, c'est de faire le tri dans les réactions du public. C'est en tout cas ce qui se pratique pour des affaires telles que celle d'Outreau, sensible pour différentes raisons, et en particulier parce que son évocation quasi systématique dans les affaires de mœurs en fait un véritable talisman pour les délinquants sexuels et les avocats ne manquent pas d'en faire usage – merci EDM.

Une démarche comparable de mépris du contradictoire est également pratiquée quand le droit de réponse de personnes diffamées n'est pas respecté. Je sais que Marie-Christine Gryson experte judiciaire, scandaleusement traitée par différents articles, n'a pu faire aboutir son droit de réponse auprès de la Voix du Nord pas plus que celui qu'elle avait demandé au Nouvel Observateur .

J'ai quand-même été surpris lorsque j'ai été averti par les amis de Chérif (l'un des enfants Delay victime vraie d'Outreau) que la LDH elle-même avait repris sur son site l'article de Var Matin. Je donne ci-dessous copie de la lettre ouverte qu'ils ont émise, adressée en particulier à cette section de la Ligue des Droits de l'Homme :

 

Bonjour,

Je suis toujours très étonnée en parcourant le web, de trouver des articles qui laissent la libre parole à Dominique Wiel sans laisser la possibilité à un contradictoire, une juste tribune afin qu'il soit possible d'exprimer une opinion différente de celle émise dans l'article... Les commentaires paraissent fermés. Sic !

http://www.varmatin.com/toulon/prison-dominique-wiel-le-cure-doutreau-se-confie.1048671.html

Ce que ne dit pas Dominique Wiel, c'est qu'il a été accusé par au moins 8 enfants et qu'il avait été condamné à 7 ans de prison pour viols sur mineurs en 1ère instance à Saint Omer avant d'être acquitté en appel à Paris. 

http://blogs.mediapart.fr/blog/valandre78/070211/outreau-contre-le-pret-penser-mediatique

Extrait: "Dominique Wiel émet de sérieux doutes sur la culpabilité des deux couples définitivement condamnés à Saint-Omer (Thierry Delay/ Myriam Badaoui, David Delplanque/Aurélie Grénon), pire encore, il les blanchit carrément de leurs crimes dans une lettre adressée aux deux aînés du couple Delay... et reproduite dans ce même livre ! "

Dominique Wiel a apporté son soutien à Jean-Paul Degache, un instituteur condamné à huit ans de prison tant en première instance (14 septembre 2007) qu'en appel (27 mars 2010) pour viols et agressions sexuelles sur mineurs :

http://soutien.jean-paul.degache.over-blog.com/article-assemblee-generale-du-comite-de-soutien-a-jean-paul-degache-61208706.html

En toute impunité, Dominique Wiel a calomnié publiquement la Psychologue Clinicienne, Marie-Christine Gryson une des 7 expertes de cette affaire. Il serait bon de lire cette expertise pour comprendre à quel point il est lamentable d'invectiver cette professionnelle sans qu'elle puisse se défendre: http://la-verite-abusee.pagesperso-orange.fr/documents/expertise_damien.html

Elle aurait aimé porter plainte contre l'abbé mais des délais de prescription l'en ont empêchée:

http://la-verite-abusee.pagesperso-orange.fr/documents/plainte_pour_diffamation.html (à lire avec beaucoup d'attention, très riche en informations)

Dominique Wiel parle de reculade en matière de justice parce que le juge Burgaud n'a pas été à son avis, suffisamment puni après la Commission Parlementaire d'Outreau.

Il ne manque jamais de pointer du doigt "le petit juge" alors qu'en réalité, le Juge d'Instruction n'a aucun pouvoir d'envoyer ou non des présumés coupables en préventive: c'est aux JLD qu'en revient la compétence (Juge des Libertés et de la Détention) qui furent nombreux dans cette affaire. 65 magistrats ont planché sur ce dossier, pourquoi avoir fait de Fabrice Burgaud un bouc émissaire?

Dominique Wiel a porté l'ignominie à son comble en accusant Chérif et Dimitri d'être des menteurs alors qu'ils ont été reconnus officiellement victimes de viols et de prostitution dans cette affaire !

Wiel relève les dysfonctionnements de l'affaire d'Outreau? Qu'il se taise: il a été acquitté et a empoché une sommes phénoménale (300 000 €) pour avoir fait 30 mois d'une juste préventive (juste selon les circonstances).

Aussi, comprenez mon indignation quand je constate qu'une tribune libre est laissée au profit de cet homme sans qu'il soit possible de donner un avis différent de ce qu'il harangue.

Permettez-moi de vous faire part de la vie endurée depuis 15 ans par les enfants victimes dans cette affaire afin que vous puissiez comprendre qu'il y a bien d'autres prisons plus effroyables que celles connues par Wiel.

Il serait vraiment juste, de penser a minima aux enfants victimes avant de se préoccuper du sort des personnes adultes emprisonnées (à tord ou à raison).

Restant à votre entière disposition pour de plus amples renseignements, je vous prie d'agréer Mademoiselle, l'expression de mes très sincères salutations.

Pour les amis de Chérif

Laurence V.

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