Citations référencées de Jacques Lacan (Là ? Quand ?)

Affirmations de Lacan à méditer et discuter

Lacan dit toujours la Vérité

« Je dis toujours la vérité : pas toute, parce que toute la dire, on n'y arrive pas. La dire toute, c'est impossible, matériellement : les mots y manquent. [...] A le dire crûment, vous savez que j'ai réponse à tout, moyennant quoi vous me prêtez la question : vous vous fiez au proverbe qu'on ne prête qu'au riche. Avec raison » (Télévision, Seuil, 1973, pp. 9 ; 47).

Apprentissage de la psychanalyse

« Tel que j'en arrive maintenant à le penser, la psychanalyse est intransmissible. C'est bien ennuyeux. C'est bien ennuyeux que chaque psychanalyste soit forcé — puisqu'il faut bien qu'il y soit forcé — de réinventer la psychanalyse.

Si j'ai dit à Lille que la passe m'avait déçu, c'est bien pour ça, pour le fait qu'il faille que chaque psychanalyste réinvente, d'après ce qu'il a réussi à retirer du fait d'avoir été un temps psychanalysant, que chaque analyste réinvente la façon dont la psychanalyse peut durer. » (Lettres de l'Ecole, n°25, Bulletin intérieur de l'Ecole freudienne de Paris, volume II, La Transmission, juin 1979).

Le clé de la psychanalyse = les jeux de mots

« Qu’on aille aux textes de Freud pour s’apercevoir qu’il ne s’agit de rien d’autre que d’un déchiffrage de dit-mension [sic] signifiante pure. […] C’est à progresser dans un tissu d’équivoques, de métaphores, de métonymies, que Freud évoque une substance, un mythe fluidique qu’il intitule de la libido. (Télévision. Seuil, 1974, Rééd. in Autres écrits. Seuil, 2001, p. 515).

« J’attache énormément d’importance aux jeux de mots, vous le savez. Cela me paraît la clé de la psychanalyse ». (Le triomphe de la religion. Précédé de Discours aux Catholiques. Seuil, 2005, p. 96).

La clinique psychanalytique

« Qu'est-ce que la clinique psychanalytique ? Ce n'est pas compliqué. Elle a une base — C'est ce qu'on dit dans une psychanalyse. En principe, on se propose de dire n'importe quoi, mais pas de n'importe où — de ce que j'appellerai pour ce soir le dire-vent analytique... On peut aussi se vanter, se vanter de la liberté d'association, ainsi nommée... Évidemment, je ne suis pas chaud-chaud pour dire que quand on fait de la psychanalyse, on sait où on va. La psychanalyse, comme toutes les autres activités humaines, participe incontestablement de l'abus. On fait comme si on savait quelque chose. » (Ouverture de la section clinique. Ornicar ?, Bulletin périodique du champ freudien, 1977, 9, p. 7-14).

La vie est comique

« La vie n'est pas tragique. Elle est comique. Et il est assez curieux que, pour désigner ce dont il s'agissait, Freud n'ait rien trouvé de mieux que le complexe d'Œdipe, c'est-à-dire une tragédie. On ne voit pas pourquoi il a désigné d'autre chose que d'une comédie ce à quoi il avait affaire dans le rapport qui lie le symbolique, l'imaginaire et le réel. II pouvait prendre un chemin plus court. » (Une pratique de bavardage, Ornicar ? Bulletin périodique du champ freudien, 1979, 19, p. 5-9).

Le lacanisme : c’est uniquement pour la crème de l’élite

En 1973, Lacan est interviewé par J.-A. Miller à la télévision (ORTF). Il commence par dire : « J’avouerai avoir tenté de répondre à la présente comédie et que c’était bien pour le panier. […] L’errement consiste en cette idée de parler pour que les idiots me comprennent. Idée qui me touche si peu naturellement qu'elle n'a pu que m'être suggérée. Par l'amitié. Danger. […] Qu’on ne croie pas pour autant que j’y parle à la cantonade. Je parle à ceux qui s’y connaissent, aux non-idiots, à des analystes supposés. » (Télévision. Seuil, 1974. Rééd. dans Autres écrits. Seuil, 2001, p. 509s).

Lacan revient à la fin de son interview sur son élitisme : « Je pense qu’il faut refuser le discours psychanalytique aux canailles : c’est sûrement là ce que Freud déguisait d’un prétendu critérium de culture. […] Si j’ose articuler que l’analyse doit se refuser aux canailles, c’est que les canailles en deviennent bêtes, ce qui certes est une amélioration, mais sans espoir » (id. p. 543).

L’éthique lacanienne

Lacan concluait son séminaire « L’éthique de la psychanalyse » (1960) en disant : « Je propose que la seule chose dont on puisse être coupable, au moins dans la perspective analytique, c’est d’avoir cédé sur son désir. […] Ce que j’appelle céder sur son désir s’accompagne toujours dans la destinée du sujet de quelque trahison » (Le Séminaire. Livre VII. Seuil, 1986, pp. 368, 370).

Freud : un petit médecin

« Freud n’avait que peu d’idées de ce que c’était que l’inconscient, mais il me semble qu’à le lire, on peut déduire qu’il pensait que c’était des effets de signifiant. Freud n'avait rien de transcendant, c'était un petit médecin qui faisait ce qu'il pouvait pour ce qu'on appelle guérir, qui ne va pas loin — l'homme, donc, ne s'en tire guère, de cette affaire de savoir. Ça lui est imposé par les effets de signifiant, et il n'en est pas à l'aise, il ne sait pas “faire avec” le savoir. C'est sa débilité mentale, dont je ne m'excepte pas — parce que j'ai affaire au même matériel que tout le monde, à ce matériel qui nous habite. » (L’insu que sait de l’une-bévue, s’aile a mourre [sic] Ornicar? Bulletin périodique du champ freudien, 1978, 14, p. 5).

Jouissance

« Je vous en ai déjà assez dit pour que vous sachiez que la jouissance, c'est le tonneau des Danaïdes, et qu'une fois qu'on y entre, on ne sait pas jusqu'où ça va. Ça commence à la chatouille et ça finit par la flambée à l'essence. Ça, c'est toujours la jouissance. » (Le Séminaire. Livre XVII. L’envers de la psychanalyse. Seuil, p. 83).

« Nous ne savons pas comment les autres animaux jouissent, mais nous savons que pour nous la jouissance est la castration. Tout le monde le sait, parce que c’est tout à fait évident : après ce que nous appelons inconsidérément l’acte sexuel (comme s’il y avait un acte !), après l’acte sexuel, on ne rebande plus. » (Intervention de Jacques Lacan à Bruxelles, publiée dans Quarto. Supplément belge à La lettre mensuelle de l’École de la cause freudienne, 1981, n° 2, p.8).

Le rôle de la Mère

« Le rôle de la mère, c'est le désir de la mère. C'est capital. Le désir de la mère n'est pas quelque chose qu'on peut supporter comme ça, que cela vous soit indifférent. Ça entraîne toujours des dégâts. Un grand crocodile dans la bouche duquel vous êtes — c'est ça, la mère. On ne sait pas ce qui peut lui prendre tout d'un coup, de refermer son clapet. C'est ça, le désir de la mère. Alors, j'ai essayé d'expliquer qu'il y avait quelque chose qui était rassurant. Je vous dis des choses simples, j'improvise, je dois le dire. Il y a un rouleau, en pierre bien sûr, qui est là en puissance au niveau du clapet, et ça retient, ça coince. C'est ce qu'on appelle le phallus. C'est le rouleau qui vous met à l'abri, si, tout d'un coup, ça se referme. » (Le Séminaire. Livre XVII. L’envers de la psychanalyse. Paris : Seuil, p. 129)

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Extrait du film Le Mur de Sophie Robert

La psychanalyse : « une pratique délirante »

« La psychanalyse est une pratique délirante, mais c’est ce qu’on a de mieux actuellement pour faire rendre patience à cette situation incommode d’être homme. C'est en tout cas ce que Freud a trouvé de mieux. Et il a maintenu que le psychanalyste ne doit jamais hésiter à délirer » (“Ouverture de la section clinique”, Ornicar? Bulletin périodique du champ freudien, 1977, 9, p. 13).

« Freud a inventé cette histoire, il faut bien le dire assez loufoque, qu'on appelle l'inconscient. Et l’inconscient est peut-être un délire freudien. L'inconscient ça explique tout mais, comme l'a bien articulé un nommé Karl Popper, ça explique trop. C'est une conjecture qui ne peut avoir de réfutation. » (Lettres de l'Ecole, n°25, Bulletin intérieur de l'Ecole freudienne de Paris, volume II, La Transmission, juin 1979).

Pour en savoir plus sur Karl Popper :  https://blogs.mediapart.fr/jacques-van-rillaer/blog/180217/karl-popper-un-celebre-deconverti-de-la-psychanalyse

La vraie religion

« La vraie religion, c'est la romaine. Essayer de mettre toutes les religions dans le même sac et faire ce qu'on appelle de l'histoire des religions, c'est vraiment horrible, il y a une vraie religion, c'est la religion chrétienne. Il s'agit simplement de savoir si cette vérité tiendra le coup, à savoir si elle sera capable de sécréter du sens de façon à ce que l'on en soit vraiment bien noyé. Elle y arrivera, c'est certain, parce qu'elle a des ressources. Il y a déjà des tas de trucs qui sont préparés pour ça. Elle interprétera l’Apocalypse de saint Jean. Il y a déjà pas mal de gens qui s'y sont essayés. Elle trouvera une correspondance de tout avec tout. C'est même sa fonction. » (Le triomphe de la religion. Précédé de Discours aux Catholiques. Paris : Seuil, p. 81s).

Deux sites pour d’autres publications de J. Van Rillaer sur la psychologie, la psychopathologie, l'épistémologie, les psychothérapies, les psychanalyses, etc.

1) Site de l'Association Française pour l'Information Scientifique : http://www.pseudo-sciences.org/

2) Site à l'univ. de Louvain-la-Neuve: https://moodleucl.uclouvain.be/course/view.php?id=9996

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Ou bien 1° Taper dans Google : Moodle + Rillaer + EDPH

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