Il est normal que les soldats israéliens tirent sur les gens qui s’approchent des camions d’aide alimentaire : ils risqueraient de se nourrir. On prétend éradiquer le Hamas mais on combat l’Unrwa. Les dirigeants israéliens ont été clairs il s’agit « d’affamer » et « d’assoiffer » des « animaux [1]». Ces dirigeants sont toujours en place. Ils avaient au même moment « le soutien inconditionnel » entre autres des présidentes du conseil européen, Ursula Van der Leyen et de l’Assemblée nationale française Yaël Braun-Pivet. Aujourd’hui encore tous ces gens font comme si le conflit avait débuté le 7 octobre. Ils nous ont demandé de nous horrifier devant les massacres du 7 octobre et nous l’avons été ! Mais eux n’ont pas eu un mot sur les 5600 palestiniens tués entre 2018 et le fameux 7 octobre. Il nous faut nous apitoyer sur les 130 otages israéliens du Hamas, et nous le faisons, mais eux n’ont pas eu un mot sur les milliers de palestiniens otages d’Israël au même 7 octobre. Des otages palestiniens auxquels Israël ne donne même plus des simulacres de jugement.
La colonie « État d’Israël » a été créé en 1948 par les dirigeants européens et américains pour succéder à la colonie britannique de Palestine. Elle a eu comme organisateur politique le sionisme, renforcé par les différentes vagues d’antisémitisme en occident. Hitler lui-même donne un coup de pouce lors des accords d’Haavara de 1933 avec l’Agence juive, avant de sombrer dans la démence de « la solution finale ».
La politique des dirigeants israéliens d’aujourd’hui est cohérente avec le projet colonial d’origine : soit éliminer les palestiniens, d’où le génocide annoncé et assumé, soit les déporter en Égypte ou en en Jordanie. Et la conséquence est au final cette « honte pour la civilisation » que dénonce à juste titre la Chine. Dénonciation qui aurait encore plus de poids si la Chine dénonçait avec autant de force l’invasion de l’Ukraine.
Comment être un colon de gauche ?
Aujourd’hui en Palestine les perspectives politiques paraissent bouchées parce qu’on ose pas envisager la seule solution : mettre fin à l’une des dernières colonies au monde, l’état d’Israël.
La disparition de la gauche israélienne est symptomatique de cette impossibilité. La question était posée à une militante en Israël « En quoi êtes-vous encore de gauche ? » réponse « parce que je suis pour un état sécuritaire mais aussi social », oubliant que c’est le dirigeant conservateur Bismarck qui initie l’état social. Le caractère social de l’état n’est pas à lui seul un marqueur de gauche ! Comment être un colon de gauche ? Il n’y a que deux possibilités : soit se mettre au service du peuple opprimé, être ses « porteurs de valise », soit retourner dans son pays d’origine.
Contre l’antisémitisme
Heureusement des groupes juifs comme le collectif Tsedek ! ou l’Ujfp participent à la lutte du peuple palestinien. Car après avoir été un produit de l’antisémitisme, l’état d’Israël par sa politique criminelle est aujourd’hui le principal vecteur de l’antisémitisme dans le monde. Antisémitisme qu’il rend de plus en plus difficile à contrer.
Les 7 millions de colons juifs (un peu moins de la moitié des juifs dans le monde) et surtout les 15 millions de palestiniens (3,5 en Cisjordanie, 2,3 à Gaza, 1,7 en Israël, plus de 7,5 millions de réfugiés essentiellement dans les pays arabes) décideront du type d’état à mettre en place pour remplacer l’état d’Israël: solution à l’Afrique du Sud, à l’Algérienne, autre chose encore… mais il est indispensable de ne pas laisser aux colons de n’avoir pour choix que de coller à la politique de génocide de leurs dirigeants. Ils ne doivent pas être acculés à se battre le dos au mur. Il faut leur ouvrir la perspective pour eux aussi du droit au retour. Retour des palestiniens en Palestine, retour des colons israéliens dans leur pays d’origine ou le pays de leur choix. Or pour accueillir les colons israéliens comme nous avons accueilli le million de colons français d’Algérie, la lutte contre l’antisémitisme est une nécessité.
J’en veux personnellement aux dirigeants israéliens, car même étant loin du conflit ils m’empêchent de dormir !
«From the river to the sea, Palestine will be free.» «De la rivière à la mer, la Palestine sera libre.»
[1] « Nous combattons des animaux et nous les traiterons comme tel. Plus d’électricité, plus de nourriture, plus d’eau, plus de gaz, » Yoav Gallant ministre israélien de la défense, membre du « cabinet de sécurité » le 9 Octobre 2023.