se tiennent à Beaubourg "les entretiens du nouveau monde industriel" (voir en particulier l'onglet "ressources") où il sera entre autre question des réalités d'ores et déjà en action du politique reconfiguré à l'ère de la réticulation numérique mondialisée, et probablement, des suppressions d'emplois à venir, par millions, et dans des délais relativement courts.
C'est à l'aune de cette réalité complexe,
esquivée ou dissimulée par la gauche de gouvernement,
ignorée de la gauche qui se veut à gauche de la gauche, voire "radicale",
et soigneusement occultée par une droite parfaitement lucide sur ce genre de question,
mais tous unis dans leurs discours (sincères ou fallacieux c'est selon) sur les sempiternels mythe de la souveraineté nationale, de la lutte contre le chômage et pour la défense de notre "modèle social",
qu'il faut lire (éventuellement relire) mon précédent billet : "La société du spectacle, dernier acte ? Et pour en finir avec l'europhobie régrévolutionnaire".
On pourra utilement visionner cette courte vidéo (7 minutes) et lire le texte de synthèse qui l'accompagne, qui identifient bien la problématique sociale que pose cette réalité, et rétroactivement les crises politiques aigues, à venir à très court terme, qu'elle sous-tend.
Certes doit-on probablement ne pas se laisser hypnotiser par l'effet "scoop" de ce genre de communication.
Pour autant, il fixe on ne peut mieux la réalité des enjeux politiques de notre présent immédiat et toutes les limites de l'exercice démocratique enfermé dans les états-nations auquel on veut de toutes parts continuer à nous faire croire.
Du côté des "gauches critiques" dont le rôle est d'anticiper et de nous alerter, la carence cultivée sous la houlette de quelques intellectuels gourous enfermés dans leur obsession monomaniaque d'une souveraineté monétaire ou prétendument populaire et démocratique parce que nationale, tient essentiellement d'un idéalisme totalement anachronique. Un idéalisme démocratique, certes agréablement romantique, mais totalement déconnecté de la réalité des faits.
Contribuant à nourrir l'illusion nationale, dont on voit bien à l'aune des élections régionales et dans le contexte de crise sociale aigue qui est le notre qu'elle ne peut que servir de marche-pied au discours régressif de l'extrème droite dans une dynamique de surenchère sécuritaire et démagogique sans fin, cette carence de la pensée critique est proprement et scandaleusement coupable.
Il n'y aura pas de revitalisation du politique ni de nouvelle avancée pour l'émancipation démocratique à défaut d'un retour préalable à la réalité, et d'une relance préalable, volontariste et internationaliste de la pensée critique, comme l'impose aussi bien les réalités de la crise environnementale que celles de la révolution numérique ou celles encore de la dérive du capitalisme spéculatif.
Et l'internationalisme progressiste tel que par exemple Lordon le met en perspective d'une réaffirmation préalable de souverainetés nationales progressistes n'est qu'une lubie, le produit d'une illusion stratégique qui ne voit pas que les solidarités sociales, ou de classes, ne peuvent avoir plus que jamais de perspectives d'expression et de réalités mobilisatrices que déliées du carcan des idéologies nationales.
Bien au contraire, ce n'est qu'à la condition d'affronter préalablement la réalité désormais et irrémédiablement internationale des modalités ou processus de l'aliénation sociale que les dynamiques d'émancipation inscrites dans les territoires pourront renaître et prendre sens politiquement.
Il n'y a pas là matière à nier le fait national, simplement motif à ne pas en faire l'outil de base, le fondement qu'il ne peut plus être.
On relira avec intérêt les billets publiés ici par Antoinette Rouvroy :