Le Maroc sera-t-il le premier pays exportateur d'hydrogène renouvelable [PEHyR] ?

Une conférence vient d'être organisée au Maroc pour explorer les possibilités de développement de la filière hydrogène au Maroc. Et c'est bel et bien d'hydrogène issu de sources renouvelables qu'il s'agit.

Voici ce que m'inspire cette conférence avant-gardiste du 15 octobre 2019 à Rabat (pdf, 139.4 kB).

En détrônant le pétrole, la révolution hydrogène va créer des besoins méga-gigantesques.

Imaginez que tous les immenses réservoirs d'hydrocarbures disséminés sur l'ensemble de la planète, en particulier en Europe, vont être remplacés par des réserves équivalentes d'hydrogène renouvelable.

Pour relever un défi d'une telle ampleur, les quelques éoliennes et les quelques champs de panneaux solaires installés sur le territoire européen ne vont pas suffire, loin de là, surtout que le paysage Européen est dense et que ces installations sont souvent perturbantes pour l’environnement.

A l'évidence, ce sont les déserts qui seront mis à contribution.

A l'avenir, les pays désertiques ou en bordure des déserts vont pouvoir produire et exporter des quantités astronomiques d'hydrogène renouvelable.

Le Maroc est certainement un bon candidat, surtout que ce pays est dominé par les énergies fossiles, presque entièrement importées (selon Wikipedia).

Avec ses richesses infinies et ses étendues désertiques, l'Arabie Saoudite pourrait aussi être un excellent candidat pour amorcer la pompe d'une production à grande échelle d'hydrogène renouvelable.

Mais en produisant de l'hydrogène, l'Arabie Saoudite se tirerait une balle dans le pied de sa production d'hydrocarbures.

On imagine difficilement que l'Arabie Saoudite soit un des premiers entrants dans la future organisation des pays exportateurs d'hydrogène renouvelable [OPEHyR].

Quoiqu'il en soit, avec la conférence de Rabat, c'est la course à l'hydrogène renouvelable qui vient d'être lancée (ou relancée*).

Si le Maroc se lance, bien d'autres pays qui possèdent des déserts vont être motivés pour profiter d'une nouvelle manne de revenus.

Petit à petit, les pays exportateurs de pétrole vont être obligés de passer du pétrole à l'hydrogène, car l'évolution de la demande énergétique ne leur laissera pas le choix.

Un jour viendra où une masse critique d'initiatives hydrogène fera basculer l'industrie pétrolière dans une récession apocalyptique. Les pays producteurs de pétrole et les sociétés pétrolières qui n'auront pas préparés la mutation énergétique vont sombrer dans la faillite, si ce n'est dans la misère et dans l'oubli. Il en sera de ces sociétés comme du géant Kodak qui imprévoyant fut terrassé par le numérique avant de disparaître purement et simplement.

*Ceci dit, on se souvient du projet Desertec, un projet impliquant l'Algérie et l'Allemagne, et dont d'aucuns racontent qu'il aurait été saboté par la France qui y voyait un concurrent à son industrie nucléaire.

La conférence du Maroc était organisée avec la collaboration de l'AFHyPAC, la principale association française en matière d'hydrogène.

Alors, l'AFHyPAC est-elle subversive face au nucléaire ? Va-t-elle se faire remonter les bretelles par le lobby pro-nucléaire français ?

Quoiqu'il en soit, l'histoire de l'hydrogène est en route. Le lobby nucléaire français réussira tout au plus à freiner encore un peu l'avancée triomphante de l'hydrogène renouvelable. Il suffit de suivre l'actualité pour s'apercevoir que ce triomphe devient inéluctable, chaque jour un peu plus.

A bon entendeur ...

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