La Chine passe à l'hydrogène au détriment des batteries

Les dirigeants chinois se montrent clairvoyants. Leur revirement visionnaire devrait inquiéter, d'une part, les beni-oui-oui d'Elon Musk qui croient encore au modèle Tesla et autres voitures électriques à batteries souvent fustigées sur ce blog. D'autre part, c'est l'Europe et les Etats-Unis qui risquent fort de se faire distancer sur LA route majeure de l'économie de demain.

La nouvelle a été largement propagée, et notamment pas le très sérieux Journal de l'Environnement :

"Après l’électrique, l’industrie automobile chinoise veut rouler à l’hydrogène.
L’Empire du milieu table sur 1 million de véhicules à pile à combustible en circulation d’ici à 2030."

Il y a quelques semaines, j'avais fustigé le manque de vision de l'Europe qui veut créer un "Airbus des batteries".

Le Journal de l'Environnement précise comment le passage aux voitures électriques à hydrogène se fera au détriment des voitures électriques à batteries:

"Parallèlement, les primes à l’achat de voitures électriques à batteries doivent être supprimées d’ici à 2020. Autant d’économies qui seront réinjectées dans l’hydrogène."

Anticipant l'annonce chinoise, j'avais écrit sur ce blog le 3 mai: Sans doute que, dans 5 ans, quand la Chine aura pris le tournant de l'hydrogène, l'Europe investira dans un "Airbus de l'hydrogène".

Manifestement, il vaudrait beaucoup mieux que les européens s’attellent à préparer de toute urgence un Airbus à hydrogène (et non plus au kérosène), avant que la Chine produise un tel avion, en démontrant au passage le manque de vision industrielle d'Airbus et de Boeing.

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