Ce n’est plus Macron, c’est Maboul !

« Ce Président et ce gouvernement ont d’ores et déjà perdu la tête. » Dans un entretien pour BFM (Brigade France Management), la présidence par intérim du Cours des choses énonce la seule et unique raison qui incite à la création d’un nouveau mouvement politique, et dévoile le nom de celle qui devrait être tête de liste des prochaines élections, et pas seulement.

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La citoyenneté qui vient © Le Cours des choses

Après avoir présenté ses vœux à la nation lors d’une élocution vidéodiffusée depuis le Cirque Romanès, le 31 décembre 2018 à 19 h, dont le verbe à thème a été publié ici-même ; après avoir annoncé en catimini la prochaine création, le 19 janvier 2019 à 19 h, d’un nouveau mouvement politique, la Présidence du Cours des choses s’est fendue, le 5 janvier 2019, d’une explication de texte par auto-média interposé.

Petite introduction musicale et carmagnolesque : « Monsieur Veto avait promis (bis) / D’être fidèle à son pays (bis) / Mais il y a manqué / Ne faisons pas de quartier. »

Cet entretien était initialement prévu sur les ondes de la Brigade France Management (BFM TV). Mais en raison de l’obscurité ambiante, les journalistes de ladite chaîne malgré GPS et tout le fourbi, n’ont pas réussi à trouver l’endroit où nous nous dissimulons. En conséquence, nous avons reçu par courrier électronique leurs questions prévisibles et allons nous employer à y répondre autant et aussi brièvement que possible.

 

BFM - Vous avez annoncé pas plus tard qu’hier la création d’un nouveau mouvement politique. Êtes-vous ou n’êtes-vous pas gilet jaune ?

Le Cours des choses – Être ou ne pas être est souvent la question qui se pose. Mais là, nous allons faire vœu de vérité. Par les temps qui courent, comment ne pas en être ? Donc, oui, nous en sommes.

 

BFM - Est-ce à dire que votre mouvement compte récupérer celui des Gilets jaunes ?

Le Cours des choses – Absolument. Le mouvement des Gilets jaunes nous a récupéré là où nous en étions, au fond du trou de certaines détresses et désillusions, et il nous a fait sortir de ce trou pour éprouver la fluidité des ronds-points. À notre tour de récupérer, à l’avantage de tous, ce dont ce mouvement est le ferment actif, en tâchant si possible d’amplifier le sens politique qu’il porte d’ores et déjà en lui.

 

BFM – Mais qu’est-ce donc que ce Cours des choses ?

Le Cours des choses – Il s’agit d’un mouvement semi-clandestin, à la semi-remorque des élans révolutionnaires l’air de rien (enfin, quand même un peu), et qui travaille déjà au semis des récoltes du futur proche.

 

BFM – Et vous-même ?

Le Cours des choses – Je ne suis presque personne. Le comité décentralisé du Cours des choses m’a désigné m’a désigné comme président par intérim des choses en cours. J’ai accepté cette mission parce que je peux me permettre de parler à visage découvert, et j’ai donc décidé de me compromettre (me promettre avec, et je vous rappelle qu’en espagnol compromoterse veut dire s’engager). Beaucoup des membres anonymes de notre mouvement ne peuvent pour l’heure prendre ce risque parce qu’ils occupent des fonctions importantes.

 

BFM – Des fonctions importantes ? Par exemple ?

Le Cours des choses - Et bien nous avons ainsi parmi nous une institutrice (l’éducation, c’est important), un infirmier (la santé, c’est important), un couple de paysans qui prennent soin de notre terre, une poète, un sculpteur d’éphémères, et une violoniste (parce que l’art c’est important). Il y a quelques chômeuses et de chômeurs qui, à eux seuls, représentent plus de 10% de la population, et il y a même parmi nous un certain nombre de dépités, qui ne siègent nulle part, ce qui n’est pas une raison pour les tenir comme quantité négligeable.

 

BFM - Quelle est la raison d’être du mouvement politique dont vous vous apprêtez à annoncer la création le 19 janvier ?

Le Cours des choses - A vrai dire et à dire vrai, il y a une seule raison, qui pourra sans doute faire perdre la tête à beaucoup de hauts placés. Que dis-je ? Ce président-ci et son gouvernement ont déjà perdu la tête. Ce n’est plus Macron, c’est Maboul. Ces pathétiques résidus de pouvoir annoncent qu’ils vont simultanément renforcer la castagne à Castaner, c’est-à-dire durcir la répression, et aller plus loin dans le changement en radicalisant davantage encore les réformes dont quasiment personne ne veut. C’est là pure folie ! L’heure de Jupiter-qu’il-s’en-aille est venue. Plusieurs hypothèses sont sur la table, que je n’ai pas le temps d’antenne pour développer.

Nous allons tous mourir, Macron aussi. Nous sommes tous de passage, Macron aussi, peut-être plus que tout autre. Mais nul ne peut prévoir à l’heure qu’il est (19 h 25), le moment exact où le Président de la République sera obligé, ou contraint, de rendre les clés de l’Élysée. Que se passera-t-il alors ? Le président du Sénat, Gérard Larcher, qui a plus d’une corde à son arc-bouté, assurera l’intérim, le temps d’organiser de nouvelles élections. Et il n’est pas besoin d’être devin pour imaginer quel affront national sortirait alors vainqueur des urnes funéraires. Une seule candidate peut venir s’opposer à un si funeste destin.

« Il n’est pas besoin de centres de pouvoir. Le 21ème siècle sera neuronal ou ne sera pas. »

BFM - Ainsi donc, vous avez d’ores et déjà un nom à jeter en pâture à la voracité des médias qui n’attendent que ça ?

Le Cours des choses. En effet. Et cette candidate, vous la connaissez très bien, même si vous avez oublié son pouvoir de séduction. Cette candidate s’appelle : citoyenneté. Mais nous pensons, au Cours des choses, que la seule voie référendaire revendiquée par les Gilets jaunes ne suffira pas à reprendre le gouvernail de nos existences.

Avec quelques amis, nous avions pensé voici quelque temps, lancer un journal dont le sous-titre eut été « le journal du monde qui va bien ». Car alors même que nous n’avons tous les jours que désastre sous les yeux, et certains médias tels que le vôtre ont l’art de nous en mettre plein la vue pour nous emmurer un peu plus dans la peur ; simultanément, et pas seulement dans l’Hexagone, jaillissent ici ou là, ici et là, de multiples initiatives, le plus souvent à micro-échelle, qui manifestent en actes, et concrètement -qu’il s’agisse de l’accueil des migrants, de l’écologie du quotidien, des différentes façons de s’économiser ou de se dépenser, etc.-, qu’il est tout à fait possible de faire autrement que ce qu’on dit de comment ça doit être fait ; et que ça marche. Il suffira donc de relier ces différentes initiatives, et de rassembler leurs fils, non pas pour faire tapisserie, mais pour inventer le tissu élastique d’un fédéralisme contemporain. Il n’est point besoin pour cela de centres de pouvoir. Le 21ème siècle sera neuronal ou ne sera pas.

 

BFM - Voilà en effet tout un programme ! Envisagez-vous d’ores et déjà de présenter une liste aux prochaines élections européennes ?

Le Cours des choses - Nos ancêtres d’il y a déjà un demi-siècle, ceux de mai 68, proclamaient : « il est interdit d’interdire ». À l’heure qu’il est (19 h 29), nous ne nous interdisons rien. Nous verrons bien. Quoiqu’il en soit, nous pensons, au Cours des choses, que notre sort à venir ne dépend pas d’une seule, ni même de plusieurs élections. Nous ne voulons plus être tirés (comme des lapins) au sort que d’autres décideraient à notre place. Et comme disait Stéphane Mallarmé, bien armé en la circonstance, et qui sera peut-être notre tête de liste aux prochaines élections, « un coup de dés n’abolira jamais le hasard ».

 

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