Le préfet se casse les dents sur l'Odéon

Quand le Préfet de Paris doit retirer ses miliciens armés jusqu'aux dents...

Extrait du l'article de 2018, "Cannes a l’eau ", n°56 de ma série "1968" qui comporte 113 articles. 

Encore un raté de ce foireux Préfet de Police Maurice Grimaud (voir cet autre article de la série : 3 mai 68: les cinq erreurs du préfet de police Grimaud)

odeon-mai1968

Le théâtre de l’Odéon occupé est un grand lieu de parole. Ce qui a le don d’irriter au plus haut point le général.

Le préfet de Paris, Grimaud,  programme donc une opération pour la nuit du 19 au 20 mai.

Le plan élaboré en 48 heures non stop à l'Ecole de Guerre:  s'introduire par les trois sous-sols grâce à une fine équipe de deux sections de sapeurs,  armés de barres à mine, haches, pioches, cisailles, etc. Et derrière, de quoi faire rêver Collomb, au total, 1 870 hommes sur le pied de guerre.

On compte même dans la logistique 40 projecteurs «en cas de coupure électrique», et 100 boucliers de «protection contre jets d'objets, en particulier des cintres». Le fin stratège Grimaud a même massé des troupes sur la place de l'Odéon pour créer une diversion !

Vers 0 h 15, un policier en civil décrit la situation à Grimaud: «3 000 personnes se trouvent encore à l'intérieur - dont une cinquantaine de comédiens, parmi lesquels Sami Frey, Michel Piccoli et Raymond Rouleau.» Comme quoi, les citoyens ne sont pas tous égaux..

.Sur ordre du préfet, l'opération est finalement annulée. Sapeurs, quincaillerie et troupes d’occupations sont renvoyés à leur pénates à 2 h 40. Il arrive que certaines représentations ne font même pas la générale. Dommage. Celle-ci aurait été la plus noctambule de l'histoire de l’Odéon.

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