Fillon : La retraite à 67 ans

C'est la proposition de François Fillon. Il évoque la nécessaire concordance des temps avec l'Allemagne et l'harmonisation européenne en alibi (article du Figaro). Le fait est qu'en filigrane apparait la nullité de la réforme Woerth qui n'a servi à rien, puisqu'aucun équilibre durable n'est atteint. Aucune mesure n'est non plus trop impopulaire pour rassurer les agences de notation : au bord de la dégradation de sa note, avec un déficit record de plus de 85% du PIB (et cela ne va pas aller en s'améliorant, lien), les annonces de rigueur se succèdent sans relâche pour tenter d'enfumer les analystes. Comme si le gouvernement de Sarkozy était plus crédible que celui de Berlusconi, avec sa gestion calamiteuse des cadeaux fiscaux et sa politique économique brouillone et sans aucun cap.

67 ans, donc, au lieu des 62. Cela veut peut-être dire aussi 72 ans pour avoir une pension complète pour ceux (et souvent celles) qui ont arrêté de travailler pour élever des enfants. Il va falloir faire appel aux arrière-grand-mères pour pouvoir prendre les petits en vacances. Est-ce de cette société-là dont nous avons besoin? Est-ce que c'est cela le progrès? Pouvons-nous encore supporter la destruction de nos idées et de nos rêves, qui se traduit par la destruction de nos vies?

La crise économique est celle que nous choisissons. Certains pays, comme l'Argentine aujourd'hui, ont des croissannces sproches de 10%, tout comme les pays asiatiques. Leur monnaie est simplement sous-évaluée par rapport à l'Euro qui plombe l'Europe et empêche toute possibilité de reprise économique et de ré-industrialisation. Pour conserver des vêtements et des écrans plats inutiles à prix discount, nous vivons au-dessus de nos moyens. L'exemple grec est probant : l'argent en dollar que rapporte sa flotte ne suffit plus à payer sa dette en euro, les exportations vers l'orient sont devenues impossibles à cause de l'Euro, la Grèce est prisonnière d'une monnaie qui a plombé son économie comme elle plombe celle de tous les pays de la zone. Dévaluer l'Euro (lien) permettrait de sortir de la crise sans toucher aux relations économiques entre les états membres et de faire repartir le commerce extérieur. Juste de permettre aux autres (asiatiques, américains mais aussi africains exportateurs de matières premières) de gagner plus et de nous acheter plus, de vivre mieux. Accepter d'importer moins.

Seule devise sans gouvernance stratégique, établie sur des critères économiques obsolètes, l'Euro est une belle idée devenue un boulet par l'incurie de nos gouvernements qui appliquent la lettre des traités au lieu d'en chercher l'esprit. Démondialisons, dévaluons l'Euro, internationalisons les relations sur de nouvelles bases, justes. Créons les conditions pour dépasser la course vers le gouffre et la mort.

Sinon, il y a la solution Fillon : 67 à 72 ans pour la retraite.

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