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Billet de blog 4 septembre 2025

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Ecce Onfray

Acharné à prouver la non existence de Jésus, Onfray prouve sa légèreté, et donne à ses lecteurs la possibilité de se défendre de tout fanatisme.

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

On m’accuse souvent d’être un fana d’Onfray. C’est très con. C’est d’ailleurs la plupart du temps parole de fanatique, justement. C’est à dire de con, oui, je n’en démords pas. Le fanatisme est avant tout une connerie. Souvent méchante, cruelle, sanglante, d’ailleurs.
Bien qu’aimant beaucoup Onfray, et lui étant reconnaissant pour tout un tas de raisons dont j’ai parlé, et qui m’ont valu la colère des cons, je m’inscris en faux contre cette accusation. 
Pour prouver que non, que je suis pas un fana d’Onfray, pas plus que je ne suis fana de quiconque ni de quoi que ce soit (même la moto, Montaigne, la baise, Molière, le vin, Goscinny, Harry Potter, Ernest Renan, San-Antonio, la lecture, la mathématique, Voltaire, la pensée, la nature, la physique, je suis pas fana. C’est dire.), je vais tenir le raisonnement suivant : 
• Un fanatique est un inconditionnel. Même placé devant un caca de ce dont il est fanatique, il s’extasie sans tordre le nez et déclare que c’est de l’ambroisie.
• Un contre-exemple infirme une théorie (tandis qu’un exemple ne la valide pas).
• Donc, si j’exhibe un caca d’Onfray en le reconnaissant pour tel, c’est que je ne suis pas fanatique.
• Alors plusieurs, v’rendez compte ?

Illustration 1
Anntonio Ciseri : Ecce Homo


J’ai déjà montré ici un exemple d’une certaine sécheresse matérialiste, qui trouve probablement son origine dans quatre ans de collège mariste. Aujourd’hui, je vous transmets un sophisme de toute beauté, digne du plus con des éléphistes. Dépasse même Manon Aubry et son « Vous en avez d’autres ? » en parlant des chiffres du Hamas.
Cerise sur le regret, le style du Michel pamphlétaire, qui m’enchante par ailleurs, quand il démolit les fâcheux et dynamite leurs fâcheuses conneries, ici appliqué à servir une erreur.

Voici Onfray. Introduction (« Vérité mythique ») de sa Théorie de Jésus, Biographie d’une idée :

Les demi-habiles, qui sont souvent demi-intelligents, ce qui ne fait pas pour autant des demi-sots, affirment de façon bien péremptoire que l’absence d’une preuve n’est pas la preuve d’une absence, mais cela reste… à prouver !

Les demi-habiles demi-intelligents ont pourtant raison ! Le monde judiciaire connaît parfaitement ça. L’absence de preuve peut conduire à relaxer, mais pas à la certitude de l’innocence. Le monde agnostique connaît lui aussi : aucune preuve de l’existence de dieu, cela ne prouve pas sa non existence.
Cela fait bel et bien du Michel un demi-sot.

En gros, cela signifie que s’il n’y a pas de preuve de l’existence de Jésus, c’est la preuve que Jésus n’a pas existé.
C’est très sidéral : on prouve ainsi que personne n’a existé, qui ne soit mentionné par l’histoire. Les hommes préhistoriques : fume ! Si t’as pas été représenté sur une paroi, t’as pas vécu. Les animaux : fume ! Quand je serai mort, Flipette, Poupoune, Pourri, Rémus, Beauminon, Le cleps, Abdallah, Gorby, Le Chat, n’auront jamais existé.

Idée de Jésus, biographie idéelle, tout cela est déjà étudié par Renan, avec l’appui de la philologie. 

Ernest Renan ; Les Évangiles ; extrait du chapitre XI (pdf, 55.2 kB)

Ce qu’Onfray apporte ensuite est brouillon, erroné, pitoyable.
Il devrait se contenter de notre monde actuel. Qu’il connaît bien, ce qui n’est pas le cas de cette époque « galiléenne » (l’expression aura peut-être fait sourire les physiciens).

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