Microsoft partout, logiciels libres nulle part ?

Selon une enquête récente du magazine Marianne, le contrat liant le ministère de la Défense avec Microsoft est arrivé à échéance le 25 mai dernier. Comment arrêter cette dépendance de l'Etat Français aux logiciels de la multinationale américaine Microsoft ?

Selon une enquête du magazine Marianne, le contrat dit « Open Bar » liant le ministère de la Défense avec Microsoft depuis 2009 est arrivé à échéance le 25 mai dernier. Georges Rozen, qui fut rapporteur au sein de la Commission des marchés publics de l’Etat (CMPE) explique « qu'il n’y avait aucune raison de favoriser Microsoft. Il n’a pas le monopole du traitement de texte. On était dans un délit de favoritisme, ce contrat aurait dû passer par une procédure de marché public, ça relève du pénal ». Et sur le thème de la sécurité, Arnaud Coustillière, officier général à la cyberdéfense à l’État-major des armées dit : « Microsoft étant propriétaire des sources de ses logiciels, il est très difficile d’avoir la garantie qu’il n’y a pas de backdoor, de vulnérabilités cachées dans les produits ».

La sénatrice Joëlle Garriaud-Maylam (LR) a réclamé la suspension des négociations en rappelant « que l’expérience de la gendarmerie nationale, dont le parc informatique a migré sous Ubuntu, démontre la faisabilité d’un passage au logiciel libre ». Et l'association April a également demandé la suspension de la renégociation de ce contrat. D’ailleurs pour Frédéric Couchet, délégué général de l'April, ce contrat « n'est qu’une partie émergée de l’iceberg des relations entre Microsoft et l'État français. »

L'April s'était opposé aussi à l’accord-cadre conclu en 2015 par les ministères sociaux (Santé, Travail, Jeunesse et sports) avec Microsoft en dénonçant « l'absence de mise en concurrence » et des « conditions de négociations et de renouvellement toujours aussi opaques » de ces contrats. 

Rappelons aussi que le collectif EduNathon s'était opposé à la signature d’une convention en 2015 entre le Ministère de l’Éducation Nationale et Microsoft. Ce collectif demandait le retrait de la décision de signer cet accord « qualifié de "partenariat", car la nature des prestations proposées par Microsoft France au sein de celui-ci conduisent à penser qu’il aurait en réalité du être qualifié de marché public et qu’il aurait du être conclu à l’issue de la procédure normale relevant du Code des marchés publics ».

Et Edunathon explique dans son communiqué du 5 mai dernier  : « dans ce combat de David contre Goliath, c’est un petit collectif d’associations de défense des tpe/pme et du logiciel libre qui se voient contraintes et condamnées. Pire encore c’est l’État qui se montre le plus prompt à pénaliser par l’amende une association à but non lucratif qui ne fait que défendre l’intérêt commun et la bonne marche des services publics face à la puissance des lobbies ». 

Et n'oublions pas le contrat à plus de 120 millions d’euros entre Microsoft Irlande et des hôpitaux français renouvelé en 2015.

Actuellement, 465 candidats aux élections législatives ont déjà signé le Pacte du logiciel libre proposé par l'association April pour notamment « promouvoir et défendre la priorité aux logiciels libres et aux formats ouverts dans les administrations, établissements publics et collectivités territoriales »... car il faut en finir avec cette dépendance aux logiciels de Microsoft !

Dark Dark

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