France-Cameroun: AFFAIRE ÉSÉKA, PLAINTE RECEVABLE À PARIS

À la suite de la catastrophe ferroviaire qui a eu lieu à Éséka au Cameroun le 21 octobre 2016, causant la mort de plus de 79 personnes et d'au moins 550 blessés,le Comité de Libération des Prisonniers Politiques (CL2P) et le Syndicat National des Conducteurs de Train du Cameroun (SPTC) ont porté plainte contre X à Paris.Le train appartenait à la Camrail, une filiale camerounaise du groupe Bolloré.

Mesdames, Messieurs,

victimes-du-21-octobre

Photo: Quelques unes des victimes de la catastrophes ferroviaire du 21 octobre 2016 au Cameroun

Le Doyen des Juges d’Instruction de Créteil a rendu le lundi 13 mars 2017 une attestation de dépôt de plainte avec constitution de partie civile dans l’affaire d’Eseka et simultanément une ordonnance de dispense de consignation au profit du Comité de Libération des Prisonniers Politiques (CL2P) et le Syndicat National des Conducteurs de Train du Cameroun (SNPCT).

La plainte déposée le 14 février est donc recevable et l’instruction va pouvoir démarrer à Créteil.

En PDF le récépissé de dépôt de plainte avec constitution de partie civile: RECEPISSE PLAINTE ET ORDONNANCE DISPENSE CONSIGNATION

Pour toute information, Contacter: Me Stéphane B. ENGUELEGUELE

Docteur des Universités en Sciences Politiques

Avocat/Spécialiste en droit Public

Qualification Droit Public Economique

3, rue Vincent Auriol

80000 Amiens

Tél: 03 60 12 33 00

E-mail: stephane.engueleguele@dike-avocats.fr


Le Comité de Libération des Prisonniers Politiques (CL2P)

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http://www.cl2p.org

 

Catastrophe ferroviaire au Cameroun: une instruction officiellement ouverte en France Jeune Afrique 20 mars 2017 

Par Mathieu Olivier

@mathieuolivier

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Une instruction a été ouverte le 13 mars en France au sujet de la catastrophe ferroviaire d’Eseka, après une plainte déposée contre X pour tentative de meurtre. La justice française devrait également se pencher sur les conditions de l’attribution de la concession de l’activité des chemins de fer camerounais à Camrail, filiale du groupe Bolloré.

Le doyen des juges d’instruction du tribunal de grande instance de Créteil, Nadine Berthelemy-Dupuy, a rendu une ordonnance lundi 13 mars.

Le document enterrine le déclenchement d’une enquête, suite à une plainte avec constitution de partie civile, déposée contre X le 17 février 2017 par le Comité de libération des prisonniers politiques et le Syndicat professionnel des conducteurs de train du Cameroun, au nom d’une victime du déraillement d’Eseka résidant à Créteil, en banlieue parisienne. Ce déraillement est survenu fin octobre, faisant près de 80 morts et 600 blessés.

La justice française devrait se pencher sur les chefs de « tentative de meurtre », « homicide involontaire », « mise en danger d’autrui », « blessures involontaires », « non-assistance à personne en danger ».

Camrail aux manettes depuis 1999

L’instruction devrait également aborder les conditions de la concession accordée en 1999 à Camrail et à son actionnaire principal, le groupe Bolloré, sur l’activité ferroviaire au Cameroun.

Les avocats ayant déposé la plainte estiment que les obligations de mise en concurrence n’auraient pas été respectées, lors de cet accord.

Catastrophe ferroviaire au Cameroun : le parquet de Créteil réclame une information judiciaire

Europe1, le 11 avril 2017

Catastrophe ferroviaire au Cameroun : le parquet de Créteil réclame une information judiciaireLe déraillement de ce train le 21 octobre 2016 près de la gare d'Eseka a fait 79 morts et au moins 550 blessés.@ STRINGER / AFP

Une plainte met notamment en cause une filiale du groupe français Bolloré, Camrail, après un accident qui avait fait 79 morts en octobre 2016.

Le parquet de Créteil, saisi d'une plainte mettant notamment en cause une filiale camerounaise du groupe français Bolloré, Camrail, après une catastrophe ferroviaire survenue au Cameroun en octobre dernier, a requis l'ouverture d'une information judiciaire. "L'une des victimes est domiciliée dans le Val-de-Marne, la juridiction de Créteil est donc compétente", a précisé une source judiciaire.

Plainte pour homicide volontaire. Le Syndicat professionnel des conducteurs de train du Cameroun et le Comité de libération des prisonniers politiques (CL2P), une organisation d'opposition basée en France, ont déposé une plainte contre X avec constitution de partie civile, notamment pour homicide volontaire, une infraction criminelle qui permet à la justice française de se saisir. Le déraillement de ce train le 21 octobre 2016 près de la gare d'Eseka (200 km au sud de Yaoundé) a fait 79 morts et au moins 550 blessés.

Dans leur plainte, les mandants estiment que "Camrail avait nécessairement conscience qu'en accomplissant l'acte de faire partir ce train dans les conditions déplorées, il en résulterait de manière certaine la mort de plusieurs voyageurs". Le train, qui assurait la liaison entre Yaoundé et la capitale économique Douala, était bondé lorsqu'il a déraillé. Il circulait à une vitesse "anormalement élevée", avait admis un haut responsable de l'entreprise Bolloré quatre jours après la catastrophe.

Enquête au Cameroun. Camrail est contrôlé à 77,4% par le groupe Bolloré, dont le siège est en France, à Puteaux (Hauts-de-Seine). A ce titre, les plaignants avaient déjà engagé une action devant le tribunal de Nanterre, compétent pour ce département, mais en février le parquet s'était déclaré incompétent faute de victime dans son ressort.

Si les réquisitions du procureur de Créteil sont suivies, elles permettraient l'ouverture d'une information judiciaire par un juge d'instruction. Une enquête judiciaire est en cours au Cameroun.

TÉMOIGNAGE: "Mon train a déraillé au Cameroun, 79 personnes sont mortes. Blessée, je me sens abandonnée"

L'OBS PLUS Publié le 22-03-2017

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Par Hélène
Camerounaise

LE PLUS. Le 21 octobre 2016, un train reliant Yaoundé à la gare ferroviaire de Bessengue à Douala a déraillé à proximité de la ville d’Eseka, faisant au moins 79 morts et 550 blessés. D’après nos informations, le groupe Bolloré, propriétaire à 77,4% de la compagnie Camrail, serait visé par des plaintes pour "homicides involontaires". Hélène, 28 ans, Camerounaise, faisait partie des passagers. Cinq mois après les faits, elle revient sur cette journée qui a viré au cauchemar.

Édité par Louise Auvitu  Auteur parrainé par Jean-Baptiste Naudet


La catastrophe ferroviaire survenue le 21 octobre 2016 à Eseka au Cameroun a fait au moins 79 morts et 550 blessés. (STRINGER/AFP)

Ce vendredi 21 octobre 2016, je dois rejoindre Douala en bus pour passer le week-end avec ma famille. Le trafic est très perturbé et la route. Pas question d’annuler mon voyage, car mes proches m’attendent. Je ne veux pas leur faire faux bond.

Il est 6 heures du matin ce 21 octobre 2016 quand j’arrive à la gare de Yaoundé, espérant monter dans le premier train en direction de Douala. Malgré la foule qui a envahi le quai, j’arrive à prendre un billet in extremis et je me glisse tant bien que mal dans un wagon bondé, le troisième après la locomotive.

Pendant plusieurs heures, nous restons à quai. Puisque la gare est rempli au-delà de ses capacités, on souhaite ajouter neuf wagons à la rame. Le conducteur s’y refuse et réclame une autorisation officielle. Sans ce document, il ne démarrera pas.

Finalement, aux alentours de 11h, le convoi composé de seize voitures et un fourgon à bagages se met en route.

Désespérée, une femme jette ses enfants par la fenêtre

Il est 13h30 et nous arrivons à proximité d’Eseka. Nous passons sous un tunnel. Je regarde par la fenêtre et je réalise que le train file à une vitesse indescriptible. La lumière du soleil réapparaît et je tourne ma tête vers la fenêtre. Alors que le convoi effectue un virage à droite, je peux voir les autres wagons situés à la fin du train quand un bruit sourd retenti.

Mon regard se fixe vers l’arrière du train et je vois, horrifiée, plusieurs wagons qui se détachent de la rame pour s’écraser en contrebas. La scène me semble irréelle. Je tourne la tête de l’autre côté et je découvre que la locomotive, avec deux autres wagons, se sont eux aussi détachés et continuent leur trajet. Sans nous.

Ma portion de train n’est rattachée à rien. C’est certain, nous allons dérailler dans les prochaines secondes. En face de moi, une femme désespérée attrape ses deux enfants et les jette par la fenêtre, espérant les sauver d’une mort imminente. Ils s’en sortent, mais quand la jeune mère tente elle aussi de passer par l’interstice, il est trop tard. Elle est happée par la vitesse et meurt sur le coup.

Sur mon siège, je cherche une ceinture, mais il n’y a aucun lien. Quelques passagers, eux, ont réussi à s’attacher. D’autres tentent de se faufiler par les fenêtres. Les gens crient, se bousculent.

À cet instant, je comprends que je vais mourir. Sans trop savoir pourquoi, peut-être par instinct de survie, je me hisse tant bien que mal sur le porte-bagage opposé à mon siège. Je m’accroche, mes mains se crispent sur une barre de fer que je tiens comme s’il s’agissait de mon seul espoir.

Coincée sous de la ferraille, je vais mourir

Les secousses sont terribles, puis le train se renverse et heurte le sol. Le choc est d’une violence inouïe. Quand j’ouvre les yeux, je suis toujours sur le porte-bagage. En dessous, je vois des corps inertes, des cris et tellement de sang.

Je me dis que c’est fini, mais l’accalmie est de courte durée. Après à peine une fraction de seconde, les wagons qui nous suivent déraillent eux aussi, font des tonneaux et s’écrasent sur nous. Je perds connaissance.

Quand je me réveille, je réalise que le choc m’a propulsée à l’extérieur. Je suis blessée, je saigne et mes jambes se retrouvent coincées sous de la ferraille. Embourbée, je me dis que je n’ai aucune chance de m’en sortir.

Un homme blanc, qui s’avère être un Sud-Africain, tente de m’aider. Il me parle en anglais. Immédiatement, j’ai le réflexe de lui donner le numéro de téléphone de ma mère. Je veux qu’il la prévienne pour lui dire que je suis morte dans l’accident. Il me répond qu’il n’en est pas question parce qu’il va m’aider et que je vais vivre.

Après quelques efforts, il arrive à m’extirper du tas de ferraille. Si je suis en vie, c’est grâce à lui.

La scène est indescriptible

Dehors, je vois des morts entassés les uns sur les autres, des blessés qui tentent de se relever, des enfants perdus, des hommes et des femmes éplorés sur le cadavre de leur proche. La scène est abominable, terrible, indescriptible.

Ma tête est en sang. Les mains tremblantes, je touche mon crâne et je m’aperçois qu’une partie de mon cuir chevelu a disparu. Mes clavicules sont cassées et mes jambes très enflées, je crains d’être victime d’une hémorragie. Vers 14h45, les secours arrivent, mais il est déjà trop tard pour un grand nombre de passagers.

Le bilan officiel fait état de 79 morts, mais, pour moi, ça ne fait aucun doute, il y a beaucoup plus de victimes. Peut-être le double… Encore aujourd’hui, certaines familles n’ont toujours pas eu la confirmation que leur proche était décédé dans cette catastrophe ferroviaire.

Des secouristes me font un vaccin antitétanique sur place, puis je suis transportée d’urgence à l’hôpital de Yaoundé. Ma mère et mes sœurs ont attendu plusieurs heures avant de pouvoir me rejoindre.

J’ai cette terrible sensation que le sol se dérobe sous mes pieds

Aujourd’hui, j’ai toujours des séquelles. Mes cheveux ne repoussent plus sur une partie de mon crâne, ma hanche me lance et me fait boiter régulièrement.

Le problème, c’est que je ne peux pas bénéficier de soins, faute d’argent. Je n’ai pas les moyens de passer des examens supplémentaires. Au Cameroun, passer une radiographie est très coûteux.

Au-delà des blessures physiques, il y a les séquelles psychologiques. Depuis la catastrophe, je ne mange et je ne dors quasiment plus. À Yaoundé, j’habite un appartement en étage et il m’arrive très régulièrement d’avoir cette terrible sensation que le sol se dérobe sous mes pieds, que l’immeuble s’effondre. Je ne peux plus monter en voiture ou prendre un taxi, car la vitesse m’angoisse.

Vincent Bolloré doit endosser une part de responsabilité

Dans les semaines qui ont suivi cette catastrophe, j’ai essayé de comprendre qui était le responsable. En réalité, je pense que dans cette histoire plusieurs personnes sont fautives, mais ce qui me choque, c’est que Vincent Bolloré refuse d’endosser sa part de responsabilité. En effet, l’opérateur ferroviaire Camrail est contrôlé à hauteur de 77,4% par le groupe Bolloré.

Le jour de l’accident, l’un de ses représentants est venu sur place pour faire un simple constat et s’enquérir du bilan des victimes, puis il est reparti aussitôt. C’est tout.

J’aimerais sincèrement que Vincent Bolloré se préoccupe un peu du sort des victimes et qu’il réponde à certaines de nos interrogations : comment se fait-il que ce train soit resté en circulation alors que plusieurs problèmes, notamment une défaillance des freins, avaient été signalés ? Pourquoi la maintenance et l’entretien des infrastructures n’ont-ils pas été réalisés correctement?

J’en ai marre de voir tout le monde se rejeter la faute sans jamais obtenir de réponses.

J’ai l’impression d’avoir été jetée aux oubliettes

Pour le moment, je suis dans l’incapacité de porter plainte. Pour cela, il faudrait que je parte habiter à l’étranger car le système juridique est tellement corrompu au Cameroun, que je suis certaine que cette affaire n’aboutirait à rien.

Comme des centaines de victimes, j’ai l’impression d’avoir été jetée aux oubliettes. Moi, je me fiche d’une éventuelle indemnisation, tout ce que je demande, c’est une prise en charge médicale et un suivi psychologique.

Aujourd’hui, je n’aspire qu’à une seule chose : tourner la page, et reprendre ma vie le plus normalement possible.

Propos recueillis par Louise Auvitu

*Le prénom a été changé

 

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Cameroun: Non à la résignation teintée de fatalisme que la dictature de Paul Biya a su imprimer en l'Homme Camerounaisdepuis 35 ans

Il faut absolument la surmonter pour venir à bout d'un drame humain d'une telle magnitude.

https://blogs.mediapart.fr/joel-didier-engo/blog/140317/france-cameroun-affaire-eseka-plainte-recevable-paris

À notre modeste niveau nous avons engagé une action judiciaire en France sans être dupes de la parodie d'État de Droit qui prévaut au Cameroun. Cette procédure laborieuse et tentaculaire sera vraisemblablement soumise à rebondissements, à l'instar de toutes celles qui ont trait à ce Groupe dont les accointances avec les tyrans Africains ne sont plus à démontrer.

Gardez espoir sur la manifestation de la vérité, de toute la vérité, avec l’établissement de toute l'échelle de responsabilités.

Entre-temps l'urgence d'une prise en charge des victimes est là, et toutes les personnes de bonne volonté devraient pouvoir y apporter leur modeste contribution. Notre organisation se tient prête en toute transparence à coordonner cette aide collective aux victimes.

Comité de Libération des Prisonniers Politiques (CL2P)

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http://www.cl2p.org

 Tel: 33 6 41 00 14 31

 E-mail: contact@cl2p.org

 

Autre précision d'importance: Notre organisation fait partie de la plate-forme "Convergence Actions Bolloré" constituée à la suite de cette catastrophe ferroviaire et constituée d'organisations de la société civile française et africaine: Le SNJ CGT, Résistant Combattant du Kongo (RCK), Paris-République NUIT DEBOUT Assemblée de Coordination, l'association des Patriotes Indignes du Congo (APIC), Le Conseil National de la Résistance et de la Transition du Congo (CNRT-Congo), 31 M, ATTAC PNO, ATTAC PARIS 12, ATTAC CENTRE, ATTAC PARIS 14, ATTAC NATIONAL, etc...

Nous organisations Samedi 08 avril à Paris une grande Journée de Mobilisation "STOP BOLLORÉ".

https://blogs.mediapart.fr/joel-didier-engo/blog/130317/journee-de-mobilisation-stop-bollore-samedi-08-avril-paris

https://www.facebook.com/StopBollore/

Il s'agira de sensibiliser l'opinion publique sur la nouvelle Françafrique, notamment les méthodes inhumaines du Groupe BOLLORÉ et d'autres multinationales françaises partout où ils se déploient, particulièrement en Afrique noire et dans les médias en France.

VENEZ NOMBREUX!

Tel: 33 6 41 00 14 31

E-mail: convergence.actions.bollore@gmail.com

 

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