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Billet de blog 18 nov. 2018

Gilets jaunes: des manifestations très à droite...

Les manifestations des Gilets Jaunes, bruyamment soutenues par la totalité de la droite et de l'extrême-droite, n'ont pas déçu. Drapeaux tricolores, Marseillaise, automobiliste forcée à retirer son voile par des manifestants qui poussent des cris de singe,agression homophobe, propos racistes, slogans dignes d'une manifestation de chasseurs...

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 A Toulouse, d'après cet article de Médiapart:

Quand on demande son prénom à Christian, qui « travaille à l'international », il répond « Mohamed » et tous ses amis rigolent. Très vite, on délaisse les taxes pour épingler, en vrac, « les bourgeois des centres-ville hyperconnectés qui prennent l’avion », les migrants « marocains » qui touchent « l’AME » – l’aide médicale d’État –, les « mecs d’Afrique qui viennent alors qu’il n’y a pas la guerre chez eux », les « Chinois » qui « ont pris l’aéroport de Toulouse », les « plus de 800 attaques d’églises en France », les « Juifs qui repartent en Israël parce qu’ils se sentent mal », les « chrétiens d’Orient massacrés », « la viande halal »… Christian est en roue libre : « La France est un pays de racines chrétiennes, ici on mange du saucisson et on boit du vin rouge. C’est comme ça, je le dis ! » Alain, un peu gêné, ose quand même : « On n'a aucun rapport avec l’extrême droite. »

Un mouvement bien sympathique, décidément, qui a manifesté un haut niveau de conscience politique...

A Charleville:

Qui sont les Français qui orchestrent l’action des gilets jaunes ? Des extrémistes, des citoyens lambda… À l’aube du lancement de ce mouvement national, il semble impossible de dresser un portrait-robot des contestataires. La colère semble multiforme. Mais à Charleville-Mézières, un profil dénote : celui d’Arnaud Chavez (vraisemblablement un pseudonyme), animateur de la page Facebook dédiée à l’organisation de la manifestation et présent mercredi place Ducale pour distribuer des tracts.

Une simple recherche sur la toile mène à une photo de l’individu en train de faire une « quenelle » sur le monument aux victimes de persécutions antisémites de Mézières. Sur son profil Facebook, il réalise le même geste au côté de l’humoriste controversé Dieudonné, condamné à de multiples reprises pour ses propos antisémites et père de ce «  salut nazi inversé  », selon la Licra (Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme).

 Antijuif donc, et homophobe ? Toujours sur les réseaux sociaux, le jeune Ardennais poste en juillet dernier une vidéo de la Gay Pride organisée à Los Angeles et ajoute le commentaire suivant : «  Tout ça me dégoûte, bande de tarlouzes dégénérées ! Je chie sur les homosexuels.  »

Des propos qui «  surprennent  » et qui «  choquent  » Laurent Tinois, autre leader de cette journée de protestation, qui dit connaître Arnaud Chavez depuis peu. «  Ses idées, je ne les partage pas, poursuit-il. Mais ça ne nous empêchera pas de suivre le mouvement.  » Même son de cloche du côté de Maxence Mathieu, lui aussi chef d’orchestre de la contestation. «  Je ne suis pas là pour juger ce que les gens pensent, commente-t-il. Tout le monde est le bienvenu du moment qu’on se bat tous pour la même chose.  »

 Contacté, Arnaud Chavez n’a pu répondre à nos sollicitations.

 Texte et photographie provenant de cet article, de Guillaume Decourt et Antoine Vaast, paru dans L'Ardennais.

Dans l'Ain:

 le quotidien régional La Voix de l'Ain rapporte l'agression homophobe subie par un conseiller municipal de Bourg-en-Bresse, Raphael Duret, et son compagnon. Dans la matinée, alors qu'ils circulaient en voiture pour aller faire des courses, les deux hommes se sont engagés sur un rond-point bloqué par des manifestants.

"Et là, tout d'un coup, ça été une tornade sur la voiture", raconte Raphael Duret au journal. "J'ai entendu certains manifestants dire, 'Je le reconnais, c'est un pédé'. À partir de là, ils nous ont menacés", affirme-t-il également, relatant la manière dont les gilets jaunes ont fondu sur son véhicule.

"Ils ont essayé de nous arracher de nos places, un cauchemar, on a rien compris", poursuit Raphael Duret. L'élu local raconte les coups de poing et de pied qui leur ont été adressés, à lui et son compagnon. Il a aussi publié sur Facebook des photos de sa voiture endommagée.

 Au final, les deux hommes ont été secourus par un binôme de policiers qui encadraient le mouvement des gilets jaunes sur le rond-point. "Ils ont dû m'accompagner pour me faire sortir du secteur en sécurité car j'ai reçu des menaces de mort", a déclaré l'ami de Raphael Duret sur les réseaux sociaux, rapporte également La Voix de l'Ain. Aucun manifestant ne se serait en revanche interposé durant l'altercation.

(extrait de cet article du Huffington Post)

A Dole:

 A Bordeaux:

 A Arras:

Une Bagarre éclate à Arras avec un conducteur pendant la manifestation des Gilets Jaunes © ACTU Pénitentiaire

 A Saint-Quentin:

Ce samedi, vers 16 h 30, l’ambiance n’était plus bon enfant au rond-point d’Auchan-Fayet à Saint-Quentin. Alors que tout se passait à peu près bien depuis des heures, un événement est venu entacher le mouvement. Devant le camion qui bloquait le rond-point, sur la route en provenance du centre-ville, des voitures aux conducteurs sans gilet jaune étaient bloquées par les fameux « Gilets jaunes ». L’une d’entre elles souffle : « Là, ça commence à dégénérer… Sur le côté, il y a une dame garée depuis une heure… Ils lui ont fait retirer son voile.  » Depuis le début de la matinée, les automobilistes qui avaient osé s’aventurer jusque-là avaient été moqués, vilipendés et parfois bloqués quelques instants pour ne pas avoir mis leur gilet jaune. Mais pas plus de dix minutes.

Dans la foule, entre voitures et « Gilets jaunes », une conductrice est bien là en train d’attendre. Elle baisse son carreau et confirme : « on », quelques « Gilets jaunes » particulièrement véhéments, lui ont fait retirer son voile. Elle est en attente parce qu’elle n’a pas de gilet jaune à mettre. Nous en avons un dans notre sac et tentons de lui donner discrètement. Un homme s’aperçoit de la manœuvre et tente lui aussi de la cacher. Raté. Des « Gilets jaunes » virulents haussent le ton et nous prennent à partie. D’autres « Gilets jaunes » s’interposent, dont une dame de 70 ans. Nous la retrouvons quelques instants plus tard quand la situation s’est apaisée. «  Qu’on manifeste car la vie est chère oui, mais on ne manifeste pas pour agresser les gens.  » Elle n’a pas vu la femme se voir forcée de retirer son voile. «  Mais je comprends mieux pourquoi ils mettaient leur foulard sur la tête. Ce que j’ai vu c’est qu’ils faisaient des grimaces de singes devant la voiture », affirme-t-elle.

(extrait de cet article d'Alice Meunier, paru dans le Courrier Picard).

 Un mouvement soutenu avec enthousiasme par Nicolas Dupont-Aignan, Eric Ciotti, Robert Ménard, Marine Le Pen, Laurent Wauquiez...

 Capture d'écran à partir de cet article de Ouest-France.

Capture d'écran à partir de cet article de La Dépêche.

Le même article indique:

À Decazeville dans l'Aveyron, la pré-réservation d'une salle municipale pour une réunion préparatoire à la journée d'action de samedi avait été effectuée par le délégué départemental du Rassemblement National. La mairie a depuis annulé la réservation.

Et même l'Action française avait troqué ses élégants blazers contre un gilet jaune:

 Des manifestations célébrées, comme il se doit, par la presse la plus progressiste:

Partout, le Chant de guerre pour l'armée du Rhin...

Partout, les manifestants ont braillé qu'ils voulaient voir un sang impur abreuver leurs sillons...

Partout, des drapeaux tricolores...

Et le soutien du syndicat SGP Police...

Aucun doute: la révolution est en marche !

Honte, une fois de plus, à Jean-Luc Mélenchon, toujours à l'affût de n'importe quoi à récupérer, d'avoir appelé à se mêler à ces gens !

Et bravo à Clémentine Autain d'avoir, une fois encore, eu le courage de s'insoumettre aux oukases du Gourou !

Par ailleurs, on lit dans cette "note de veille" publiée par Médiapart: 

« Je parcours au moins 80 km chaque semaine pour mon travail, explique d’abord Lionel, 56 ans, qui gère sa propre société immobilière, pour expliquer sa présence.

On ne soulignera jamais assez la grande misère des patrons de sociétés immobilières.

Existe-t-il, pour leur venir en aide, une caisse de solidarité ?

🙂

D'ailleurs, 80 km par semaine, cela me semble très peu.

Ne s'agit-il pas plutôt de 80 km par jour ?

Enfin, qui peut croire que le gérant d"une société paie de sa poche l'essence qu'il utilise pour ses déplacements professionnels ?

Le gars ne nous prendrait-il pas pour des billes ?

https://blogs.mediapart.fr/gaspardv/blog/171118/remarques-pertinentes-de-fatima-benomar-sur-le-mouvement-des-gilets-jaunes

https://blogs.mediapart.fr/jamel-dean/blog/181118/gilet-jaune-peace

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