Propagande contre les « anti-masques » : la fuite en avant des médias

Les médias se sont lancés dans une fuite en avant pour légitimer la politique du port du masque partout, tout le temps. Avec très peu d’arguments, et en censurant les propos remettant en cause le port du masque à l’air libre, les médias ont développé une stratégie : faire croire que les « anti-masques » sont un groupe homogène et complotiste, opposé au port du masque en toutes circonstances.

[Avertissement : ce billet, initialement publié le 26 août, a été remanié le 27, puis recorrigé le 31/08]

Stigmatiser et décrédibiliser les opinions contraires

Les médias semblent s’être lancés dans une fuite en avant sans limite pour légitimer la politique du port du masque partout, tout le temps. Avec très peu d’arguments, à court d’études fiables, et en censurant les propos remettant en cause le port du masque à l’air libre, les médias ont développé une stratégie : faire croire que les « anti-masques » sont un groupe homogène, opposé au port du masque en toutes circonstances, car attentatoire aux libertés individuelles, adhérant aux thèses complotistes liant la 5G au coronavirus, et croyant aux Illuminatis... Les derniers exemples de cette cabale (je n’ose dire « complot ») contre les « anti-masques » ? Deux articles du Monde d’une nullité consternante : « « La défiance imprègne notre société » : le discours antimasque, nouveau terreau complotiste », et « L’adhésion aux différentes théories du complot est un trait caractéristique des “antimasque’’ » (les liens ici et , accessible aux abonnés). Dans le premier article, qui cite le second (vive l’endogamie !), Lucie Soullier se trompe au moins deux fois en citant la tribune d’Antoine Bristielle : elle le gratifie d’une agrégation en sciences politiques, alors qu’il est agrégé de Sciences économiques et sociales. Plus grave, elle affirme que « dans l’étude menée par Antoine Bristielle, 52 % des interrogés croient aux Illuminati », alors qu’en réalité c’est « 52% des individus interrogés [qui] croient (...) en l’existence d’un « complot sioniste » ». Mais Lucie Soullier confondrait-elle Illuminati et sionistes ? [Note : Antoine Bristielle a donné depuis plusieurs versions de son étude : dans le papier publié sur le site de la fondation Jean Jaurès, il annonce plus de 1000 personnes interrogées, alors que c'est 800 dans Le Monde. Pareillement, il annonce dans ce journal que 57% des anti-masques croient à un complot Illuminati (!!!), alors que c'est 52% pour Jean Jaurès. Quel crédit accorder à cette pseudo-étude ? Elle est pourtant relayée partout, même par Usul et Rémi Liechti sur Mediapart (ici)...]

Non content d’avoir été publié deux fois en moins de trois mois dans Le Monde - ce qui est assez surprenant compte-tenu de la médiocrité des enquêtes de ce jeune chercheur -, ses propos, qui manifestement plaisent à certains, ont été repris par France Inter (ici) et le Nouvel Obs ().

Censure des contenus applaudie par les médias

Dans le même temps, les médias justifient et soutiennent la plus grande entreprise de censure jamais connue sur les réseaux sociaux et sur YouTube, plateformes qui suppriment même des contenus inoffensifs, par "précaution".

Ce 26 août, Le Monde relayait cette information sans s’en inquiéter : « Jamais YouTube n’avait supprimé autant de vidéos en un trimestre : 11,4 millions de vidéos ont été modérées par la plate-forme [sic] entre avril et juin 2020 » (Le Monde). C’est donc un peu moins du double qu’au 1er trimestre (6,1 millions de vidéos). Sur les 11,4 millions de vidéos supprimées, c’est 94,7% d’entre elles qui ont été supprimées de façon automatique, sans intervention humaine. L’entreprise reconnait d’ailleurs avoir choisi de supprimer des vidéos normalement autorisées, par « précaution ».

Dans un article de Numerama paru le 29 avril, son auteur, Julien Cadot, se félicitait de la politique de censure appliquée par YouTube, plateforme appartenant à Google : « En favorisant l’information vérifiée, YouTube a limité les complots sur le coronavirus ». En réalité, la censure ne s’applique que rarement au contenu, mais à la source. Ce qui pose un véritable problème : des sources non fiables peuvent proposer des contenus justes et vérifiés, alors que l’inverse est aussi vrai. Dans cet article de Numerama (source jugée fiable par Google/YouTube), l’article indique notamment que l’OMS a recommandé le confinement strict pour l’Inde, ce qui est complétement faux, avait dû rappelé la porte-parole de l’OMS (source ici en fr et pour l’original). On a ainsi une source « jugée fiable » qui colporte une information fausse, voire dangereuse, comme s'en était alarmé le Programme Alimentaire Mondial (ici).

Plus grave, la censure ne s’opère pas que sur les contenus propageant des affirmations fantasques ou peu crédibles (comme le lien entre coronavirus et 5G), mais aussi sur les vidéos critiquant les recommandations officielles et gouvernementales, comme le confinement ou la distanciation sociale : « Ce choix a permis à YouTube de justifier le retrait de milliers de vidéos qui concernent des informations trompeuses ou dangereuses sur le coronavirus. Au début de la pandémie, il s’agissait de contenus qui cherchaient à affirmer que la distanciation sociale promue par l’OMS était une intox qui ne briserait pas les chaînes de contamination » (Numérama).

Or, on sait que les consignes de distanciation sociale varient considérablement entre les pays, de 1 mètre en France, 1,5 mètre en Belgique, à 2 mètres en Italie, en Espagne, ou au Japon, où cette distance est valable même avec port du masque (alors qu’en France la distance d’1 mètre suffisait à justifier son absence).

Récemment, les médecins qui ont publié une tribune dans Libération pour le port du masque en lieux clos justifiaient ainsi leur position : « La transmission par aérosol, donc uniquement par l’air respiré dans une pièce, semble être désormais reconnue comme une des voies majeures de transmission du virus en population générale, voie qui n’est pas affectée par le lavage des mains ou des surfaces, ni par le respect du mètre de distance entre les personnes (...). La règle de la distanciation de plus de 1 mètre en lieu clos ne suffit pas, elle a pour conséquence de faire croire à tort aux personnes qu’elles sont protégées ».

On a donc des contenus qui ont été supprimés en masse par YouTube et d’autres plateformes, jugés comme « dangereux », alors que des médecins affirment exactement le contraire aujourd’hui... Et les journalistes s’en félicitent ! Et jugent même que YouTube ne va pas assez loin. Julien Cadot, toujours dans Numerama, considère que d’autres vidéos devaient être supprimées, car même si certaines « ne sont pas des vidéos qui propagent de la désinformation sur le coronavirus, [elles] forment un état d’esprit mêlant dénonciation des laboratoires, médecine douce et pratiques médicales condamnées ».

J’ai relaté à la fin de mon précédent billet la mésaventure de Denis Rancourt. Ce chercheur basé à Toronto avait publié un article « Masks don’t work », basé sur une revue de la littérature scientifique. Cet article avait été retiré de la plateforme ResearchGate, au motif que ses conclusions allaient « à l’encontre des conseils ou recommandations de santé publique des gouvernements et agences fiables » (goes against the public health advice and/or requirements of credible agencies and governments). On peut ne pas être d’accord avec les conclusions de Rancourt, mais qu’une plateforme privée, gérée en réalité par deux personnes, puisse décider de censurer un article au motif qu’il va à l’encontre des conseils des gouvernements, pose de graves questions. Rancourt a depuis fait l’objet de multiples attaques dans les médias anglo-saxons, dont celles de David Kyle Johnson. Ce dernier commence son argumentaire en s’attaquant d’abord à la personne de Rancourt (un physicien), qui serait « complétement hors de son domaine d’expertise ». Que l’on juge de l’argument : David K. Johnson est philosophe ! (pour une analyse intéressante du débat, lire ici, en anglais).

Plus récemment encore, le commentaire d’un blogueur, Gabas, a été censuré (ou modéré, comme on dit "neutralisé" dans la police). Gabas avait publié un commentaire indiquant que les fuites au niveau du visage, notamment les espaces triangulaires au niveau des pommettes, étaient « deux boulevards » pour les aérosols. Tarik Safraoui, modérateur à Mediapart, a justifié la censure ainsi : « Comme précisé dans le mail que vous avez reçu, votre premier commentaire supprimé s'apparentait à la diffusion d'une fausse nouvelle démonté par l'AFP et dont le lien vous a été transmis : https://factuel.afp.com/non-les-mailles-des-masques-chirurgicaux-ne-sont-pas-trop-grandes-pour-stopper-le-covid-19 ». Hors, le lien AFP explique l’efficacité des mailles du masque, mais ne fait aucunement mention des fuites, qui sont l’objet du commentaire de Gabas (voir ici son billet relatant l’affaire). Le modérateur a donc fait preuve d’incompétence, puisqu’il n’a rien compris ni au message de Gabas, ni à l’article de l’AFP.

Pourtant, si on se réfère à des recommandations pour le milieu hospitalier, on ne peut que conclure aux limites de l’efficacité des masques portés par des individus (et non testée en laboratoire sur le seul tissu), provoquées par les fuites ou le manque d’étanchéité au visage. Sur le site officiel des infectiologues français, on trouve deux documents, lisibles et accessibles à tous, expliquant ces limites :

Des fausses informations relayées par les médias avec une influence considérable

En parallèle à cette guerre sans nuance contre ceux qui douteraient des consignes des gouvernements (imposées tout de même à grand renfort de police et d’armée), les médias relaient des « fake news » aux conséquences bien plus graves.

Celle de l'été fut l’affaire du Lancet et du NEJM (New England Journal of Medicine). Ces deux revues avaient publié en mai une étude remettant en cause l’efficacité de la chloroquine, sur la base de données qui se sont révélées fausses ou inexistantes. Cette étude avait cependant été relayée par tous les médias « de référence » comme une preuve de plus de la dangerosité de la chloroquine, alors même qu’aucun journaliste ne l’avait lue. Si un journaliste l’avait lue, cela aurait été tout aussi grave : il aurait été incapable de déceler la supercherie, pourtant grossière. Cette « fake news », contrairement à celles supprimées par millions sur YouTube, a eu des conséquences dramatiques : suspension des essais cliniques par l’OMS et en France, arrêt de l’utilisation de l’hydroxychloroquine contre le Covid-19 dans plusieurs pays (tous sont revenus sur cette décision, hormis la France).

Ce qui fut un « LancetGate » (vite oublié) aurait également dû être un « MediaGate ». Cela ne l’a pas été, puisque ce sont les médias qui décident ou non de ce qui fait scandale...

En mars, une autre fausse nouvelle fut celle de la « super-contagiosité » des enfants. Alors que cette théorie n'était étayée par aucun fait tangible (au contraire, les enfants étaient très peu malades, il n'y avait pas de foyers d'infection dans les écoles...), cette théorie, largement relayée par les médias, a eu des conséquences dramatiques: décision de fermeture généralisée des écoles avant même la fermeture des frontières, des bars et des restaurants, restés ouverts dans beaucoup de pays ; en Espagne et au Maroc, les enfants ont été interdits de sortir pendant toute la durée du confinement, même une heure, au contraire des adultes. Jamais cela n'était arrivé dans l'histoire de l'humanité. Le 23 avril, l'un des vice-présidents du gouvernement espagnol demandait « pardon » aux enfants...

Et le scandale continue : en Espagne, dans ce pays où le confinement total des enfants a eu le succès que l'on sait (une des plus fortes mortalités au monde !), le port du masque sera obligatoire dans les écoles pour les enfants dès 6 ans (11 ans en France). Parallèlement, les médias continuent de relayer tout et n’importe quoi, au lieu de faire vœu de silence et d'attendre des études fiables : le 21 août, Femme actuelle titrait que « les enfants seraient finalement bien plus contagieux qu’on ne le pensait » en tirant des conclusions que l'étude citée ne fait pas. Au contraire, deux jours avant, La Dépêche relayait les résultats d'un rapport du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) indiquant que les enfants sont moins contaminés que les adultes, concluant que la fermeture « des écoles n'est probablement pas une mesure de contrôle efficace pour limiter la transmission communautaire du COVID-19 ».

Les journalistes ne lisent pas les études scientifiques

En réalité, on s’aperçoit que les journalistes ne lisent pas les études scientifiques, et même souvent ne font que reprendre les dépêches de l’AFP ou les communiqués officiels.

Une étude très relayée par les médias prouvait soi-disant l’efficacité des masques. Cette étude a été citée par Le Monde bien sûr, mais aussi France info, Nouvel Obs, Le Point, LCI, la Dépêche, et j’en passe... Voici quelques titres évoquant cette étude réalisée sur... des hamsters ! :

Le Point : Coronavirus : la preuve par les hamsters que les masques sont efficaces (18/05/2020)

LCI - L'efficacité des masques face au Covid-19 prouvée par des tests menés sur des hamsters (17/05/2020)

La dépêche : Covid-19 : le masque réduit de moitié le risque de transmission, selon une étude sur des hamsters (17/05/2020)

France Info - Coronavirus :des tests sur les hamsters prouvent l'efficacité des masques pour réduire le risque de contamination (17/05/2020)

L’Obs avec l’AFP : Coronavirus : des tests sur les hamsters à Hong Kong prouvent l’efficacité des masques (17/05/2020)

Pourquoi Docteur : Coronavirus : l'efficacité du masque chirurgical prouvée sur des hamsters (18/05/2020)

Le Monde : Le port du masque, une parade efficace face à la diffusion du virus 

Il est intéressant de noter qu’aucun des médias cités ci-dessus ne mettent de lien vers l’étude, qu’ils ont pourtant abondamment relayée. Et pour cause : cette étude n’était pas publiée !

Intitulée « Surgical Mask Partition Reduces the Risk of Noncontact Transmission in a Golden Syrian Hamster Model for Coronavirus Disease 2019 (COVID-19) », cette étude a été soumise le 12 mai 2020, acceptée le 28 mai, et publiée le 30 mai. Or, quasiment tous les médias français citent cette étude entre le 17 et le 18 mai, avant même qu’elle soit acceptée !

Pascale Santi, dans son article pour Le Monde, évoque l’étude, mais manifestement sans l’avoir lue. Ce qu’elle aurait pu faire puisque son article date du 21 juillet... Le Point, pour être honnête, renvoie vers un lien, mais se trompe d’étude...

Passons sur le protocole de cette expérience hongkongaise, qui en elle-même ne prouve rien, ni sur les hamsters, ni sur les humains (je mets le résumé et le lien (jamais donné par un média français!) vers l’étude en fin de billet.

Emblématique, cette étude n'est pas la seule dont les résultats posent problème. Le souci c'est que soit les expériences "prouvant" l’efficacité du port du masque sont faites dans des conditions très éloignées des conditions réelles, soit elles sont extrêmement peu représentatives et négligent d'autres paramètres, comme celle avec les deux coiffeuses de Springfield, Missouri (ici).

Contrairement à tout ce que les « pro-masques » affirment, le port du masque n’a jamais été recommandé en population générale avant que les gouvernements l’imposent. Le Covid-19 serait-elle une maladie si unique et exceptionnelle que son mode de transmission différerait de toutes les autres maladies connues ?

Dans le début de leur étude sur les hamsters, les chercheurs rappellent d’ailleurs que « le port du masque dans la société demeure controversé. L’OMS n’a pas trouvé de preuve que porter un masque quand on est en bonne santé pouvait prévenir de l’infection au SARS-Cov-2 ». Les auteurs sont ici malhonnêtes, car ils détournent ce que dit l’OMS : cette dernière n’évoque pas les personnes « en bonne santé », mais la population générale, autre que le personnel soignant. En effet, plusieurs maladies, dont la grippe et d’autres maladies plus mortelles, sont transmissibles avant l’apparition des premiers symptômes. Croire que ce serait une spécificité du Covid-19 c’est ne rien y connaître...

En avril, alors qu’en Asie on connaissait déjà bien la maladie, des experts de Hong Kong mettaient en garde contre la pensée que le masque pourrait être un « magic X-factor ». D’autres notaient que « des endroits comme Singapour ont fait très bien sans trop insister sur les masques » (article de MedicalXpress ici). Benjamin Cowling, professeur à l'école de santé publique de l'université de Hongkong, rappelait à la suite de l’étude de son collègue que les masques ne doivent en aucun cas constituer l’arme principale contre l’épidémie : « Il y a de nombreux facteurs responsables des réponses réussies par les autorités en Asie. La plus importante est de tester, d'isoler les malades, de retracer et de mettre en quarantaine (la stratégie “Tester et tracer”), et la plupart des régions d'Asie ont aussi employé la distanciation sociale pour réduire la transmission. Les masques chirurgicaux aident sans aucun doute, mais je ne crois pas qu'ils sont la principale raison du succès. »

Alors, pourquoi cette focalisation sur les masques en Europe, et notamment en France ? De la part des gouvernements, on peut le comprendre : il s’agit de détourner l’attention, de transférer la responsabilité des autorités politiques et sanitaires vers la responsabilité individuelle, de ne pas prendre de vraies mesures sanitaires : tester massivement, rapidement (pendant le confinement et encore maintenant les laboratoires sont fermés le weekend...) et avec fiabilité, avec scanner à faible émission (low dose) systématique en cas de suspicion ; soigner les gens ; organiser une politique de prévention en renforçant la santé publique ; limiter les grands rassemblements (la limite actuelle est de 5000 personnes, sauf au parc patriotique/identitaire du Puy-du-Fou; pour rappel, le rassemblement évangéliste de Mulhouse à l'origine de l'épidémie dans l'Est était de 2000 personnes...); limiter les déplacements de supporters en arrêtant les matchs de foot, etc., etc...

De la part des médias, on comprend moins. Il n’y a que très peu de voix dissidentes, ne serait-ce que pour s’interroger sur la nécessité du port du masque à l’extérieur, ou même dans les lieux clos suffisamment ventilés. Au lieu de ça, les médias dits « de référence » contemplent avec satisfaction la censure qu’appliquent de manière discrétionnaire des opérateurs privés (Twitter, YouTube, Facebook) sur les prétendues « fake news ». Plus grave, ils ne relaient pas ou très peu les abus qui sont le vrai visage de cette crise sanitaire : appel massif à l’armée et à la police dans de nombreux pays pour faire respecter le confinement et le port du masque ; milices ou entreprises de sécurité placées sur les marchés et divers lieux publics pour contrôler la population et faire respecter les mesures gouvernementales ; contrôle et censure de la parole publique ; milliards d’euros dépensés pour acheter des vaccins encore inexistants et dont l’efficacité, par définition, est discutable...

A quoi faut-il attribuer cette situation ?

  • A l’incompétence d’abord : de plus en plus, les journalistes ne sont formés qu’à des techniques journalistiques, comme l’analyse de données, la maitrise des réseaux sociaux, faire une vidéo avec son portable, etc. Ils ne sont plus formés à comprendre le sens des évènements, ils n’ont que très peu de culture générale...
  • A leur soumission aux réseaux sociaux : de plus en plus jeunes, ces journalistes sont info-dépendants, ils ne prennent plus de recul face à l’information, croient maîtriser les réseaux sociaux, les utiliser, alors qu’ils en sont dépendants, et soumis aux « bulles algorithmiques ».
  • Leur incapacité, due à leur formation, à analyser un texte scientifique. Ils ne comprennent pas (ou ne savent pas) que bien plus que le résultat, c’est le protocole, la méthode d’une étude qu’il est important de lire.
  • A leur appartenance à un microcosme sociologique et géographique, le plus souvent parisien. Quand ils sont à Paris, sur leur « ile-de France », ils subissent le climat de cette ville éminemment anxiogène, resserrée, sans l’échappatoire vers la nature dont profitent d'autres Français.
  • Leur appartenance à un pouvoir, le pouvoir médiatique, qui est aussi et surtout un pouvoir politique. En temps de crise, il y a une collusion délibérée avec l’exécutif et une volonté de « guider l’opinion » pour faire accepter les mesures gouvernementales (Lire ici cet article de La Croix, très révélateur sur cette mission intégrée par les journalistes, ainsi que le Tract de crise de Claire Chazal).
  • Vous voyez autre chose ? (ceci est un appel à contribution, les journalistes sont les bienvenus)

 Suite de la liste précédente venant d'internautes :

  • nombre trop faible de journalistes dans les rédactions;
  • très peu de formation chez les détenteurs de cartes de presse (très peu sortent d'écoles reconnues de journalisme).
  • caractère moutonnier des médias, qui se copient entre eux et qui se font concurrence sur la primauté d'une information, repompant au besoin une information sur le concurrent le lendemain, sans vérifier l'information (Dupont de Ligonnès, où es-tu ?)
  • To be continued...

On m'a fait remarquer que mon billet négligeait les médias audiovisuels et la presse régionale. Depuis le confinement, je n'ai plus la force d'écouter la radio, et je ne regarde pas la télé depuis des années, sur internet ou ailleurs. Je laisse donc à d'autres le soin de s'en occuper !

 

RÉFÉRENCES

L’étude hongkongaise sur les hamsters :

L’étude : https://academic.oup.com/cid/advance-article/doi/10.1093/cid/ciaa644/5848814

Vidéo où le responsable de l’étude, le professeur Yuen Kwok-yung, explique son protocole : https://news.rthk.hk/rthk/en/component/k2/1526700-20200517.htm

Le protocole :

L’étude a mobilisé 52 hamsters, mâles et femelles, utilisés à différents moments de l’étude. Aucun n’est mort à l’issue de l’étude, en dépit de l’inoculation de fortes doses de virus (et de l’absence de soins) !. Il s’agissait de mesurer la capacité d’infection sans contact entre une cage contenant un hamster infecté, et une autre cage contenant 3 hamsters sains. Un ventilateur soufflait de la cage « infectée » vers la cage « saine ». Pour remplacer un vrai masque, un tissu de masque chirurgical a été placé entre les deux cages et scellé aux parois de façon hermétique. Le tout était placé dans un bloc isolé afin que les particules ne contaminent pas le laboratoire. Dans la première expérimentation (20 hamsters), les cages n’ont pas été séparées par le tissu chirurgical, dans la seconde (16 hamsters), afin de représenter le port du masque par une personne infectée, la face blanche du tissu a été tournée vers la cage infectée, et dans la troisième expérimentation (16 hamsters), le tissu a été retourné pour que la face blanche soit tournée vers la cage saine, simulant ainsi un contact entre une personne infectée sans masque et une personne saine portant un masque. Au cours des trois expérimentations, les hamsters exposés étaient retirés afin de mesurer s’ils étaient infectés, les deux-tiers au jour 5, l’autre tiers au jour 7.

Résultats :

Dans la 1ère expérimentation, au jour 5, six des dix hamsters (60%) avaient des symptômes cliniques d’infection, et au jour 7, c’était quatre sur les cinq (80%). Au bout de 4 jours d’isolement avec un hamster malade, sans masque, il y avait donc encore 4 hamsters sur 10 qui n’avaient pas été infectés, et un tiers non infecté au bout du 7e jour...

Dans la 2nde expérimentation, au jour 5, seul un hamster sur les huit retirés avait été infecté (12,5%). Au jour 7, c’était un sur les quatre restants qui était infecté (25%). Le total d’infectés est de 16,7%.

Dans la 3ème expérimentation, au jour 5, trois hamsters sur les huit présentaient des signes cliniques de Sars-Cov-2, at au jour 7, c’était encore un hamster sur les quatre restants qui était infecté. Au total, le taux de transmission était de 4 sur 12, soit 33%, ce qui n’était pas statiquement significatif avec les hamsters sans masque, comme le soulignent les chercheurs (p. 6).

Limites (nombreuses !) :

A la lecture des résultats de cette étude, et surtout de son protocole, on pourrait penser qu’il n’est pas besoin d’expliquer les limites de cette étude si on veut l’extrapoler à la contamination entre humains, et que surtout, elle ne prouve pas l’efficacité du port du masque en population générale. Et pourtant, c’est exactement le contraire qu’ont pu affirmer unanimes les journalistes qui l’ont citée. Il est vrai, faut-il le rappeler pour les excuser, sans l’avoir lue...

Revenons donc sur les limites de cette étude dans son application aux hamsters, puis dans son extrapolation aux humains.

Si l’étude entendait seulement encourager les hamsters à tendre un masque chirurgical devant la cage d’un hamster infecté, cette étude serait déjà ratée. En effet, elle comporte déjà plusieurs limites en elle-même. Deux sont reconnues par l’équipe à la fin de leur papier :

  • le souffle d’air provoqué par le ventilateur était deux fois plus fort sans masque qu’avec, car l’équipe de chercheurs n’a pas réussi à uniformiser la vitesse de souffle entre les expérimentations. Cela a pu jouer dans le taux d’infections, la force du ventilateur et la proximité des cages pouvant faciliter le transport des postillons. Par ailleurs, il est rare qu’un ventilateur souffle ainsi entre des cages de hamsters...
  • les chercheurs ne pouvaient pas déterminer si des contaminations par contact ont eu lieu entre les trois hamsters des cages « saines ». En effet, les prélèvements n’ayant eu lieu qu’au 4e jour (jour 5) et au 6e jour, un hamster infecté le 2e jour par aérosol pouvait infecter les autres ensuite pas contact...
  • une autre limite, avouée au cours du papier, est le nombre très faible de hamsters, qui ne permet pas d’avoir des statistiques significatives.
  • Le système très clos de « l’isolateur » ne correspond à aucune situation réelle

Alors que cette étude comporte déjà des limites en elle-même, l’extrapoler à des humains est une aberration :

  • La durée de 5 jours, et de 7, est excessivement longue dans un endroit aussi fermé hermétiquement et exigu. Cela ne correspond à aucune situation connue. Ah, si peut-être : le confinement ?
  • Malgré l’usage d’un flot d’air continu et unidirectionnel (là aussi, inexistant dans un lieu clos, qui plus est sur une durée aussi longue), et le contact très prolongé, 2/3 des hamsters non protégés par le tissu n’ont pas été infectés. Que comprendre de ce résultat ? Est-ce que la contagiosité aérienne ne serait pas si importante ?
  • Les conditions du port du masque en vie réelle n’ont rien à voir avec le tissu hermétiquement scellé contre les parois de l’isolateur. Au contraire, en conditions réelles, l’étanchéité du masque au visage n’est pas assurée, ce qui réduit considérablement l’efficacité de cette protection (de 40 à 100%, voir ici)

Remarque sur l’étude vers laquelle renvoie l’article du Point :

Titrée « Coronavirus : la preuve par les hamsters que les masques sont efficaces », l’article du 18 mai publié par Le Point, rapportant l’étude sur les hamsters, renvoie en fait vers une étude portant sur 45 hamsters placés dans la même cage. Les hamsters ont été infectés avec du Covid-19, après une période de 7 jours où le Covid a attaqué les poumons, les 45 hamsters ont tous récupéré et survécu. Du sérum sanguin a été prélevé sur ces hamsters, et a permis de réduire la charge virale d’autres hamsters infectés. Rien sur les masques, mais par contre on apprend qu’il existe donc une solution thérapeutique, le sérum sanguin, utilisé depuis dans de nombreux pays en traitement du Covid-19.

On apprend donc à travers deux études que les hamsters, sans soin, ont plus de chances de survivre que les humains...

Pour rappel, les deux études expliquant les diverses efficacités des masques en milieu hospitalier:

https://www.infectiologie.com/UserFiles/File/medias/JNI/JNI06/CP/cp7-Abiteboul.pdf

https://www.infectiologie.com/UserFiles/File/medias/JNI/JNI11/IDE/JNI2011-ffp2-Ciotti.pdf

Quelques médias rapportant les enquêtes d’Antoine Bristielle :

https://www.franceinter.fr/societe/groupes-anti-masques-sur-facebook-il-y-a-un-lien-entre-cette-defiance-et-des-theses-complotistes

https://www.nouvelobs.com/coronavirus-de-wuhan/20200630.OBS30676/le-profil-type-du-soutien-au-professeur-raoult-une-femme-agee-eduquee-et-plutot-a-droite.html

https://www.lemonde.fr/politique/article/2020/08/25/le-discours-antimasque-nouveau-terreau-complotiste-des-super-defiants_6049833_823448.html

https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/08/25/l-adhesion-aux-differentes-theories-du-complot-en-est-un-trait-caracteristique-des-antimasques_6049841_3232.html

https://www.lemonde.fr/politique/article/2020/08/25/le-discours-antimasque-nouveau-terreau-complotiste-des-super-defiants_6049833_823448.html

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.