L'Enigme Bogdanov et le chômage des jeunes (I)

Dans le livre L'Enigme Bogdanov, je réclame la suppression du chômage par l'accès de l'ensemble de la population à une éducation de haut niveau. Le chômage des jeunes, sur lequel un graphique de l'OCDE place la France en très mauvaise position, est directement visé par l'extension de la durée obligatoire des études que j'envisage (jusqu'au premier cycle universitaire correspondant à la licence).

Force est de constater le mauvais classement de la France en matière de chômage des jeunes (15-24 ans) dans le graphique récemment mis en ligne par l'OCDE :

https://data.oecd.org/fr/unemp/taux-de-chomage-des-jeunes.htm

Dans le chapitre VII de L'Enigme Bogdanov, critiquant l'esprit marchand et utilitaire de la stratégie de Lisbonne en matière d'éducation, je souligne d'emblée "qu'il serait possible et souhaitable, précisément, de réduire le nombre de chômeurs avec une éducation plus prolongée, fondamentale, complète et approfondie pour tous".

Par la suite, pages 79-80, j'écris : (...) Mais, au vu du chômage actuel, pourquoi ne pas rendre obligatoire le lycée, suivi au moins d'un début d'enseignement dans les universités au niveau de la licence (premier cycle) ?

Une telle mesure, assortie de dispositions adaptées à la situation des chômeurs de tous les âges et aux différents secteurs de la population, permettrait effectivement de supprimer le chômage.

Dans la Conclusion, page 210, j'évoque le danger d'un remplacement général du travail humain par des machines évoqué par des économistes, et soulève la question : Développer les machines "intelligentes" ou instruire les êtres humains ? La réponse à cette question comporte un choix de société essentiel. La note 6 renvoie également au blog L'Enigme Bogdanoff , complément d'actualité du livre.

Dès le 5 octobre 2015, un mois avant la parution de L'Enigme Bogdanov, j'écrivais dans la note introduisant ce blog https://blogs.mediapart.fr/lenigme-bogdanoff/blog/051015/lenigme-bogdanoff :

L'accès de tous à une éducation de haut niveau permettrait en même temps de supprimer le chômage (la durée des études et des formations étant plus longue pour tous les âges) et de renforcer considérablement les potentialités industrielles du pays ainsi que son rayonnement culturel.

(fin de l'extrait)

C'était bien avant les attentats de novembre, alors que les problématiques de l'éducation et du chômage des jeunes se trouvent également étroitement liées avec celle de la base sociale du terrorisme. Ce dernier pouvant être interprété comme une expression extrême de la situation de détresse et d'isolement d'une partie de la population. Une éducation de haut niveau pour tous, supprimant en même temps le chômage, enlèverait au terrorisme l'essentiel de sa base sociale.

J'ajouterai que, de mon point de vue, la problématique de l'échec scolaire est indissociable de l'esprit utilitaire de l'éducation que la stratégie de Lisbonne a renforcé. Une éducation de haut niveau pour l'ensemble de la population concernerait tout particulièrement les parents des élèves en difficulté, dont le niveau culturel est souvent faible.

Luis Gonzalez-Mestres

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.