Pourquoi écrivez-vous ?

Pourquoi écrivez-vous ? Parce que les mots me manquent.

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Pourquoi écrivez-vous ?
Parce que les mots me manquent.

Besoin de les chercher, de les chérir pour passer le temps. Mot à mot, grain à grain comme un chéri sable.

Pour qu’ils ne me manquent pas, je dois les écrire comme on passe des troupes en revue. Rien de trop. Chacun m’adresse un petit mot. Moi, je leur montre page blanche.
C’est un effectif affectueux.

Dans les moments où les mots manquent, j’enquête. Confronté à une disparition, on fait des va-et-vient et on entre dans le Polar de L’art-po’ étique.

Les mots me manquent.
S'ils me font défaut, pas question pour moi de faire des faux.
Où sont les mots ? Les vrais. Les bons. On les sonne. Où sont-ils ? Où sonnent-ils ?

Authenticité. Autant tout citer.

Coins. Recoins. La contorsion met volontiers à jeux de mots. Les jeux de mots égratignés, rapés, ecchymosés, je continue. J’encense tous leurs sens. Je les réveille. Je les remue. Néologisme. Néojolisme. J’en appelle à leur feu archaïque.

Pas de couvre-feu pour les mots. 18 heures ? Tu parles ! À livre ouvert. Un feu nourri. Lexiqu'tation. La baise, les mots. Euh…balèzes les mots. Pas besoin de freudaines psychanalytiques pour comprendre qu’il vaut mieux en venir aux mots qu’aux mains. It’s a word’s world. Incontinent. L’epilepsignes est un haut-mal qui fait du bien. J'émets mes mots nombreux pour fuir le bonheur de peur qu'il ne me tweete.

Bon, en 2027, on en aura fini. En 2027, on n'écrira plus.

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