L’entropie comme clef de lecture et de bifurcation de l’Anthropocène

L’entropie et ses différents contre-pieds théoriques, en tant que concepts, sont en perpétuelle consolidation et inéluctablement incertains. Pour autant, leurs transferts hors des champs de la physique, de la biologie et de la cybernétique peuvent se révéler décisifs dans nos diagnostics et prescriptions dans l’ère Anthropocène, que l’on pourrait tout autant qualifier d’Entropocène.

Manifestation XR sur les Champs-Élysées, 30/05/20 Manifestation XR sur les Champs-Élysées, 30/05/20

L’énergie se dissipe, les écosystèmes se désorganisent et les singularités s’homogénéisent. Voilà ce qui pourrait résumer non seulement les manifestations physiques, biologiques et cybernétique du deuxième principe de la physique thermodynamique, l’entropie, mais aussi qualifier notre situation historique et géologique présente sur le plan du climat, de la biodiversité et des savoirs en tous genres. Ces différents piliers de la vie humaine (et non-humaine, quant aux deux premiers) se trouvent aujourd’hui, dans l’ère Anthropocène[1], anthropisés jusqu’aux limites de leur conditions de viabilité.

Ces limites se reflètent à travers, entre autres, la crise globale actuelle du COVID- 19. Plusieurs articles parus ces derniers mois ont ainsi expliqué que les particules fines émises par l’homme peuvent transporter le virus, que la destruction des habitats naturels nous rend plus vulnérable à la transmission d’agents pathogènes ou encore qu’une recherche fondamentale qui perd de son long-terme, par manque de financements, nous empêche d’anticiper une réponse à des évènements pandémiques. Une entropisation de l’atmosphère, des écosystèmes non-humains et de la production de nouveaux savoirs, pourrions-nous dire.

Un travail à faire sur les concepts

Pourquoi utiliser de tels concepts, aujourd’hui obscurs et méconnus ? L’urgence sanitaire, écologique, sociale et économique actuelle, me dira-t-on, nous impose pourtant d’être des plus accessibles et clairs possible quant aux causes de ce qui nous afflige, le temps n’est plus aux tergiversations théoriques et sectaires ! Nous répondrons, avec le biologiste Maël Montévil, le mathématicien Giuseppe Longo, le philosophe Bernard Stiegler et plus largement le collectif Internation que c’est ce défaut-même de nouveaux concepts fédérateurs et adéquats qui nous empêche de relever les défis singuliers auxquels nous faisons dorénavant face.

Ces concepts, indispensables projecteurs sur nos nouvelles réalités et boussoles d’avenir, sont les instruments premiers sur lesquels travailler et qu’il nous faut tenter de nous approprier collectivement, démocratiquement et trans-localement. Cette pratique individuelle et collective sur nos vocabulaires, même s’ils sont par essence instables, constitue la base même de la philosophie, comme l’a souligné Bernard lors d’un séminaire en février dédié à la question de l’entropie, aux côtés de Maël et Giuseppe. Giuseppe le concède aussi : bien plus les lois mathématiques, les concepts appartiennent toujours à une historicité particulière et restent malléables, façonnables selon le contexte.

Ce principe s’applique aussi, si non d’autant plus, au concept d’entropie, pour lequel selon le mathématicien et père fondateur de la cybernétique Norbert Wiener, ne serait pas réaliste d’exiger une définition indiscutable et définitive.[2] Ces diverses considérations étant prises en compte, penchons-nous sur les différentes définitions et fondements scientifiques que donnent les trois chercheurs susmentionnés à l’entropie et ses contre-pieds que sont la ‘néguentropie’ et ‘l’anti-entropie’, ainsi que leurs implications philosophiques.

Processualité de l’univers et nouveautés fonctionnelles 

Selon le second principe de la physique thermodynamique, l’énergie tend à se dissiper à travers le temps. Cette tendance, dite de l’entropie, est d’augmenter vers un maximum dans un système fermé.[3] L’énergie se conserve, comme l’on apprend tôt à l’école et comme l’indique le premier principe. Pourtant, l’entropie fait qu’elle s’éparpille dans le temps et devient ainsi inemployable par le vivant – pour l’homme, les particules de CO2 dispersées dans l’atmosphère ne peuvent être utilisées comme du charbon ou de l’essence condensés.

Comment penser ce paradoxe ? Pour Bernard, il s’agit de comprendre l’entropie comme un rapport, plutôt que d’y voir une qualité substantielle. Il nous faut pour cela penser en physicien, selon Maël – c’est à dire en attachant de l’importance non pas aux quantités mais aux relations entre quantités. L’énergie ne se ‘consomme’ pas à proprement parler, comme on peut le percevoir par exemple quant à l’exploitation par les hommes des ressources terrestres (de l’énergie sous une certaine forme, comme le pétrole), mais se perd en tant que potentiel pour le vivant. Ce qui est consommé, c’est la condensation d’énergie qu’est par exemple le charbon.

De cette dispersion fondamentale de l’énergie découle une des théories les plus déroutantes de l’histoire, celle de la « mort thermique de l’univers », élaborée par William Thomson en 1852.[4] Du fait de l’augmentation dans le temps de la dissipation de l’énergie et de la chaleur, il s’ensuit naturellement que l’univers lui-même se refroidit à travers le temps et qu’il atteindra à terme l’entropie maximale : situation dans laquelle toute l’énergie de l’univers sera uniformément distribuée et ainsi, morte. L’univers serait donc un processus, qui plus est irréversible dans la flèche du temps. Les implications métaphysiques de cette réalité thermodynamique remettent en question l’identité-même de l’univers avec lui-même. 

Ce processus est également statistique, comme l’explique Giuseppe, car les caractéristiques initiales improbables et singulières de concentration et d’organisation d’un système sont petit à petit remplacées par des caractéristiques plus probables et génériques de dispersion et de désagrégation. Un système et un acte ‘néguentropique’ constituent en cela, pour Bernard, ce qui se maintient face à cette dissipation fondamentale et lutte fructueusement contre cette processualité entropique – la mort – en la différant et en la retardant dans le temps. C’est en ce sens que le physicien Erwin Schrödinger avait décrit la vie comme une lutte contre l’entropie.[5] 

Pour autant, on ne peut véritablement opposer entropie et néguentropie, dissipation et organisation, selon Maël – ni en physique, ni en biologie. C’est pour cela qu’il a introduit avec Giuseppe le terme d’‘anti-entropie’ : qu’ils définissent comme « le résultat de la production de nouveauté fonctionnelle » dans le temps et concomitamment à la processualité de l’entropie. Cette anti-entropie joue un rôle systémique pour une organisation donnée et reste donc relative à celle-ci, elle en dépend. Selon eux, les organisations biologiques résultent d’une intégration renouvelée de nouveautés dans le temps. L’ordre qui les constitue, pour se maintenir, doit régulièrement se réorganiser autour de nouveautés – produites à l’intérieur du système ou impulsées par l’extérieur – qui lui apportent un sens et une fonction spécifique.

Comme l’explique Giuseppe, l’entropie et l’anti-entropie coexistent en un jeu, une sorte de danse cosmique et fondamentale de l’énergie : la production d’anti-entropie génère aussi une augmentation locale et relative d’entropie. Une danse dont le premier et dernier pas est donné par la vie, dirait Bernard, dans sa lutte fondamentale pour le maintien de son ordre néguentropique, indispensable à sa perpétuation.

 L’entropie dans l’Anthropocène

Le transfert de ces concepts aux problématiques de l’Anthropocène commence par ce que l’on pointe communément comme la « raréfaction » de l’énergie et des ressources. Comme l’expliquent Maël, Giuseppe et Bernard, « ce que l’on appelle généralement ‘consommer de l’énergie’ signifie en fait la disperser sous forme de chaleur, c’est-à-dire produire de l’entropie ». C’est ce que l’on observe par exemple à travers les minerais. Les minerais ne sont pas ‘consommés’ par l’industrie mais perdus par une dispersion dans l’environnement. Une action néguentropique serait donc de récupérer ses éléments, au travers du recyclage et par lequel on parviendrait à retenir, en partie, sa dispersion.

Une autre application peut se faire dans le champ de la phénologie - l’étude des activités biologiques en fonction des saisons. Maël explique ainsi comment le changement climatique désynchronise les plantes à polliniser des pollinisateurs - or ces derniers ont peu de résistance face à la moindre variation des saisons, de sorte qu’ils retrouve parfois à éclore sans avoir rien à butiner, donc à manger, d’où leur disparition. On peut ici parler de perte d’anti-entropie (ou d’entropisation de l’anti-entropie), soit « la perte d’un résultat spécifique de l’histoire contribuant à l’organisation actuelle des organismes ou des écosystèmes, menant à leur désorganisation », comme il l’écrit dans son papier. Ici, nous retrouvons l’idée centrale d’entropie comme dispersion en physique mais dans le champ de la biologie.

L’Anthropocène est en cela, à plusieurs égards, une Entropocène – une augmentation de l’entropie par l’homme. Cette réalité se reflète de façon particulièrement nette dans le dernier rapport de l’IPBES sur la biodiversité et qui déplore que, du fait des activités humaines, des écosystèmes auparavant singuliers et diversifiés deviennent de plus en plus génériques et homogènes. Une accélération de l’entropie biologique provoquée par les dynamiques agricoles et économiques actuelles, elles-mêmes donc entropiques.

En perdant de leur historicité singulière et leur diversité, c’est-à-dire l’anti-entropie qu’ils ont accumulé et articulé à travers le temps, les écosystèmes naturels et artificiels perdent en résilience, en capacité à maintenir leur viabilité. Comme le résume Maël, « les organisations biologiques ont une vulnérabilité particulière : celle de se construire historiquement autour de régularités. Néanmoins, ces régularités peuvent changer, et dans l’Anthropocène, elles changent très rapidement du fait des activités humaines. »

Des savoirs pour différer l’entropie

Ces concepts d’entropie, de néguentropie et d’anti-entropie peuvent servir d’indicateurs précieux pour diagnostiquer et qualifier les manifestations destructrices de l’Anthropocène, soit l’ère dans laquelle le phénomène de l’entropie se trouve accélérée par l’homme. Ces analyses des impasses de notre époque ont en retour pour vocation de provoquer en elle une bifurcation : de différer les dynamiques globales actuelles grâce à de nouveaux savoirs, éléments fondamentaux de toute bifurcation, selon les thèses de Bernard.

À la lumière de ces baromètres, les savoirs peuvent ainsi être situés et valorisés en fonction de leurs potentiels néguentropiques et se trouvent dotés d’une certaine finalité. Car l’entropie pose la question de la fin, ou plutôt de notre relation avec la fin. Quelle est la finalité de nos savoirs et des organisations qu’ils composent ? Certains ordres, pourrions-nous dire, tel l’ordre néolibéral globalisé, constituent des dés-ordres en cela qu’ils n’ont pas d’avenir pour le vivant, qu’ils augmentent l’entropie et accélèrent le devenir de l’univers (aussi insignifiante que puisse paraître la biosphère terrestre, du point de vue d’un physicien, à l’échelle de l’univers).  

Pour en bifurquer, de ces dés-ordres, il nous faut donc produire de la nouveauté et de la singularité dans le champ des savoirs, qu’ils soient ‘théoriques’ ou ‘pratiques’. Une sorte d’anti-entropie d’origine humaine, à contre-courant de la flèche du temps et qui inscrit dans son devenir entropique un avenir, pour la vie humaine comme non-humaine. Pour Bernard, la raison est capable de produire cette nouveauté et ce par la synthèse, fruit de la délibération ou d’autres procédés. Ces nouveaux savoirs permettent par la suite de réguler et de diminuer l’entropie produite par nos artifices – eux aussi d’origines humaines et en cela anthropiques – en encadrant leurs usages et pratiques.   

Cette idée découle des travaux du mathématicien Alfred Lotka, qui en 1945 montrait que la production de savoir est la condition-même de la lutte contre l’entropie pour cette forme technique de la vie qu’est la vie humaine. L’économiste Goergescu-Roegen reprendra son point de vue en 1971 dans The Entropy Law and the Economic Process en soutenant que c’est l’économie qui a pour fonction de limiter l’entropie, en valorisant les savoirs. Pour Bernard, ces derniers se définissent précisément par leur caractères néguentropiques, en cela qu’ils ajoutent quelque chose à ce monde.

Ces thèses et ces concepts deviennent ainsi la base même du projet politique promu par le collectif Internation : celui de « créer une activité économique nouvelle, industrielle aussi bien qu’artisanale, agricole et de service, fondée sur la lutte contre l’entropie ». Pour ce groupe international de chercheurs, scientifiques, philosophes, artistes et acteurs de la société civile, « l’économie doit être redéfinie avant tout comme action collective de lutte contre l’entropie et contre l’anthropie. »

Même si ces actions collectives restent à définir précisément et en fonction des territoires : « cela veut dire apprendre à compter autrement, en traduisant ces enjeux formellement, en particulier dans les processus de certification, de traçabilité et de comptabilité qui constituent toute économie industrielle, et en les traduisant en termes juridiques et institutionnels aux diverses échelles qu’il s’agit dès lors de reconstituer – non pas comme barrières, mais points de passage et négociations d’économies d’échelles tels qu’une économie de la néguentropie les requiert ».

Ce projet économique comprend aussi une dimension technologique, car cette dernière définit l’espèce humaine. Comme l'analyse Anne Alombert et à partir des thèses de Bernard, « les transformations du milieu technique requièrent que les individus psychiques se mettent en relation pour produire les structures et les règles communes que constituent toujours les institutions et les savoirs, afin de renverser le potentiel entropique de leur artefacts ». L’enjeu est d’autant plus important aujourd’hui, du fait de l’accélération des évolutions numériques, qui « court-circuitent les temps de réflexion et de délibération » qui les encadrent.

Pourtant, « la forme technique de la vie n’est pas essentiellement entropique : elle peut aussi produire de la néguentropie, et différer le devenir entropique de l’univers par intermittence. » Nous pourrions imaginer que « les technologies numériques ne serviraient plus alors à gouverner les comportements, mais à relier les individus selon leurs désirs et leurs projets singuliers, constituant ainsi des communautés de chercheurs ou d’amateurs au sein desquels circulent et évoluent des savoirs », leur permettant en retour d’avoir une emprise sur leurs milieux.

Relocalisations et remondialisations au temps du COVID- 19

Des conceptions thermodynamiques, biologiques et cybernétiques du principe de l’entropie peuvent découler de ces considérations dans les champs de l’écologie et de la philosophie, qui n’échappent pas à cette loi universelle. On pourrait presque y trouver une dimension spirituelle, si l’on peut dire, en appliquant ce principe aux pulsions de vie et pulsions de mort conceptualisées par Freud – la vie, c’est ce qui s’affirme contre cette augmentation pourtant inéluctable de l’entropie et la diffère dans le temps.

Lutter contre l’entropie, c’est en effet ce qui constitue le vivant selon le physicien susmentionné Erwin Schrödinger. Sauf que cette lutte ne peut se faire que temporairement et localement, selon lui. « A l’inverse, et en conséquence, la globalisation, lorsqu’elle élimine systémiquement les spécificités locales, conduit à augmenter massivement les processus entropiques et anthropiques », comme le déplore le collectif Internation dans son premier chapitre.

Il s’agirait donc de relocaliser – sans pour autant en venir au renfermement. Les localités territoriales, qu’elles soient nationales, régionales ou communales font face aux mêmes impératifs, en un sens, que les organisations biologiques en cela que ces dernières « se maintiennent loin des configurations d’entropie maximales en fonctionnalisant les flux provenant de leur milieu extérieur pour se maintenir. Elles se maintiennent activement par l’interaction entre leurs parties, d’une part, et d’autre part entre ces organisations et leurs milieux » – à travers un « couplage nécessaire » avec l’altérité.

Au temps du COVID-19 et des confinements prolongés, des fermetures à durée indéterminée de nos frontières, il nous faudra retenir ces précieux enseignements biologiques pour reconstituer un équilibre sain entre nos localités. Et si, plus globalement, nous œuvrions à reconstruire nos économies et sociétés meurtries autours de critères néguentropiques ? Du moins, rêvons-y et travaillons-y, car seules de telles conceptions nouvelles et singulières me semblent porteuses d’avenir dans le devenir entropique de l’Anthropocène, dont la courte manifestation actuelle s’écrit Covidocène.

 

Victor Chaix

 Un grand merci à Bernard Stiegler, Maël Montévil et Anne Alombert pour l’inspiration, l’aide et les ajouts sans quoi cet article ne serait pas :)

 

[1] « L’Anthropo-quoi ? L’Anthropocène : nous y sommes déjà, alors autant apprivoiser ce mot barbare et dont il est le nom. C’est notre époque. Notre condition. Cette époque géologique est le fruit de notre histoire depuis deux siècles et quelques. L’Anthropocène, c’est le signe de notre puissance, mais aussi de notre impuissance. C’est une Terre dont l’atmosphère est altérée par les 1 500 milliards de tonnes de dioxyde de carbone que nous y avons déversées en brûlant charbon et pétrole. C’est un tissu vivant appauvri et artificialisé, imprégné par une foule de nouvelles molécules chimiques de synthèse qui modifient jusqu’à notre descendance. C’est un monde plus chaud et plus lourd de risque et de catastrophes, avec un couvert glaciaire réduit, des mers plus hautes, des climats déréglés. » - Christophe Bonneuil & Jean-Baptiste Fressoz, L’événement Anthropocène (2013).

[2] Norbert Wiener, Cybernétique et société (1952).

[3] La biosphère appartient à un système ouvert en physique thermodynamique, car elle fonctionnalise des flux d’énergie provenant de son milieu extérieur, tel les rayons du soleil. Elle peut toutefois être conçue comme un système qui tend à se clore, dans la propre tendance humaine de la transformer en ‘technosphère’, selon les mots de Bernard. En effet, nous observons actuellement comment notre mauvaise utilisation ou sur-dépendance technologique a pour effet dramatique (entre autres) d’augmenter drastiquement les émissions de gaz à effets de serre, ce qui referme en partie l’atmosphère terrestre à son milieu, l’espace, et empêche donc une partie des rayons de soleil devenus rayons infrarouges d’y être relancés et réfléchis – bloqués par ces particules fines de CO2 et autres qui, comme leur dénomination l’indique, jouent un effet de serre sur cette chaleur solaire en en retenant davantage dans l’atmosphère et certainement davantage qu’il ne faudrait pour préserver une moyenne des températures humainement viable sur terre, comme l’indique la multiplication d’évènements météorologiques extrêmes. Ainsi, nous pourrions dire que l’entropie augmente sur terre aussi du fait que la biosphère se referme, en conséquence des activités humaines, car elle est davantage empêchée d’être relâchée dans l’espace plus vaste.

[4] William Thomson, On a Universal Tendency in Nature to the Dissipation of Mechanical Energy (1852).

[5] Erwin Shrödinger, Qu’est-ce que la vie ? (1944).

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.