Ensemble, défendons la justice sociale et climatique

Samedi 18 juillet, quatre ans jour pour jour après la mort d’Adama Traoré, le comité «La vérité pour Adama» a choisi de co-organiser ce triste anniversaire avec Alternatiba, mouvement citoyen pour le climat et la justice sociale, qu'un ensemble de collectifs et organisations de lutte pour le climat soutient. Quel rapport entre violences policières et urgence climatique ? Les deux mettent en lumière les discriminations à l’œuvre dans nos sociétés, et l’enjeu de lier l’exigence d’une justice sociale et d’une justice climatique.

Il y a quelques semaines, la mort de Georges Floyd a révélé une fois de plus, outre Atlantique, un racisme structurel que le mouvement pour les droits civiques n’avait pas permis de renverser. Le slogan « Black Lives Matter » est désormais devenu le symbole du combat contre les violences policières et contre le racisme structurel hérité de la colonisation.

En France, cette réalité est vivement dénoncée depuis des années par tous les comités de soutien aux familles des victimes de violences policières.

Récemment, le comité La vérité pour Adama, a réussi à imposer ce sujet dans l’agenda médiatique et politique français.

La situation est aussi inquiétante ailleurs en Europe. Après avoir étudié la situation dans 12 pays européens, Amnesty international dresse un constat alarmant : « La police a exercé son contrôle du respect des mesures de confinement de manière disproportionnée dans les régions les plus pauvres, où la proportion de personnes appartenant à des minorités ethniques est souvent plus élevée ».

Au Brésil, selon le baromètre d’alerte sur la situation des droits humains, entre 2017 et 2018, 75.4 % des personnes mortes suite à des interventions policières dans les favelas sont noires. 

Ces questions d’inégalités et de discriminations raciales se retrouvent également dans l’analyse des impacts du dérèglement climatique.

Si nos organisations alertent depuis de nombreuses années sur les impacts différenciés du réchauffement climatique entre le Nord et les Suds, on oublie trop souvent qu’au sein du même pays le réchauffement climatique aggrave les inégalités et accentue les situations d’injustice.

Né aux États-Unis dans les années 1980, le mouvement pour la justice environnementale a le premier dénoncé l’inégale exposition aux risques environnementaux (canicule, explosion d’une usine) et aux pollutions (déchets, air...) en fonction de son origine ethnique et raciale. Très vite des communautés hispaniques, afro-américaines ou autochtones se sont mobilisées contre des projets d’incinérateurs de déchets dans leurs quartiers, d’échangeurs routiers ou de pipelines.

En France, après la canicule de 2003, de nombreux·ses chercheur·e·s ont souligné que la Seine-Saint-Denis, département le plus pauvre de France et comportant le plus grand nombre d’immigré·e·s, fut le deuxième département le plus touché par la surmortalité pendant ce terrible épisode.

Depuis, de nombreux exemples viennent appuyer ce qui, aux États-Unis, est qualifié de racisme environnemental.

Si les inégalités environnementales ont toujours existé, celles-ci se renforcent avec le réchauffement climatique. Les épisodes caniculaires sont de plus en plus nombreux et les quartiers populaires restent les premiers touchés, dans des logements mal-isolés, victimes d’une bétonisation et d’une pollution de l’air peu propices aux pics de chaleurs. La période estivale nous donnera certainement de nouveaux exemples.

Ailleurs, ces inégalités et discriminations se retrouvent, dans l’accès à la terre après une inondation en Inde, chez les victimes de pollutions toxiques dans les métropoles africaines, face à la montée des eaux au Bangladesh ou lors de la crise sanitaire du Covid19.

Samedi, le Comité Adama et Alternatiba ont choisi de se rassembler autour d’un mot d’ordre qui interpelle les organisations de solidarité internationale, de défense des droits humains, écologistes, étudiantes, syndicales... « On veut respirer, partout, toujours. Dans nos quartiers, dans nos rues, dans nos vies. »

Nous répondons présent·e·s !

Signataires : 

Action Aid France, Luc De Ronne, Président
ATTAC France, Aurèlie Trouve, porte-parole
Association Minga-Faire Ensemble
Association CROSI Occitanie
CRID, Emmanuel Poilane, Président
Carré Géo et Environnement France, Ibrahim Mbamoko
Greenpeace France, Jean-Francois Julliard, Directeur Général
Les Amis de la Terre, Khaled Gaiji, Président
Réseau Foi et Justice Afrique Europe, Jean-Louis Marolleau
REFEDD, Pia Benguigui, Président
Sciences Citoyennes, Kevin Jean, Président
ZEA, Olivier Dubuquoy, Président
Union Syndicale Solidaires, Eric Beynel, porte-parole

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