Au lycée de la méfiance : non aux réformes Blanquer !

Loin d’être des « Gaulois réfractaires au changement », les enseignants du lycée général, technologique et professionnel Jean Monnet de l’ouest des Yvelines, se sont fortement mobilisés (45% de grévistes) pour dénoncer les réformes envisagées par le Ministre de l’Education nationale, Jean-Michel BLANQUER.

Enseignants grévistes du Lycée Jean Monnet : Non à la réforme BLANQUER © Le collectif non résigné du lycée Jean Monnet Enseignants grévistes du Lycée Jean Monnet : Non à la réforme BLANQUER © Le collectif non résigné du lycée Jean Monnet
Jean-Michel Blanquer un homme de records :

Le ministre de l’éducation nationale réussit aujourd’hui l’exploit de soulever le mécontentement unanime de tous syndicats qui dénoncent « une logique de suppressions de postes », ne pouvant conduire qu’à une dégradation « des conditions d’apprentissage pour les élèves et de travail pour les personnels ».

Mais M. Blanquer compte-t-il revoir sa copie ?

  • 50 000 postes en moins d’ici 2022 alors que les enseignants crient leur désarroi depuis tant de décennies. Ils dénoncent notamment un manque de moyens patent mettant en péril leur sécurité ainsi que celle des élèves.
    • A l’heure où la direction de l’évaluation de la prospective et de la performance publie que :
      • 13,8 incidents graves pour 1 000 élèves ont été déclarés dans les établissements publics du second degré, au cours de l’année 2016-2017,
      • 4 incidents sur 10 sont commis par des élèves envers le personnel,
      • les violences sont nettement plus présentes en lycées professionnels (25,2 incidents pour 1 000 élèves) que dans les lycées généraux et technologiques,

le gouvernement poursuit sa marche.

Marche en avant implacable et impitoyable comme si :

  • la pénurie actuelle de profs ne témoignait de rien,
  • les Incapacités Temporaires de Travail (ITT) ne se multipliaient pas, ou se multipliaient sans signification,
  • l’agression récente (braquage à l’arme factice) ayant amené le hastag PasDeVague, ainsi que celle du Val-d’Oise (coups et strangulation) n’étaient symptomatiques de rien.

Ainsi, tout allant déjà bien dans le monde merveilleux de l’enseignement en France, on peut logiquement comprendre que l’on dépouille l’épouvantail un peu plus. Les réformes du gouvernement prévoient notamment :

Etudes : une source d’angoisse +++

  • Un enseignement au rabais : 2 600 suppressions de postes annoncées dans le secondaire pour la rentrée prochaine, signifiant des classes surchargées et moins d’heures d’enseignement.
  • Une orientation précoce : Sommation de choisir 3 spécialités décidant de l’orientation post-bac des élèves de seconde dès le premier trimestre. Qu’adviendra-t-il des élèves qui voudront changer de spécialité ?
  • Un parcours au lycée anxiogène : Outre la pression créée par une orientation précoce et à l’aveugle, les élèves seront soumis à une évaluation permanente dont il va sans dire qu’elle sera pour eux source de de stress.
  • Plus de choix en théorie, moins d’égalité dans la pratique : Toutes les spécialités ne seront pas dispensées dans tous les établissements. Faudra-t-il qu’ils s’équipent de bons souliers ?

Enseignants grévistes du Lycée Jean Monnet : Réunion de travail © Le collectif non résigné du lycée Jean Monnet Enseignants grévistes du Lycée Jean Monnet : Réunion de travail © Le collectif non résigné du lycée Jean Monnet
À l'heure où l'on fête les 30 ans du lycée professionnel, qui a ouvert des perspectives professionnalisantes et attractives pour nombre d'élèves, ce dernier n'est pas sans subir également l'assaut du ministre de l'éducation nationale. La réforme de la voie professionnelle, qui impliquerait, entre autres, la réduction du choix des filières en proposant des "familles de métiers" et le mélange dans une même classe d'apprentis salariés et d'élèves en formation initiale, conduirait à une nette détérioration des conditions de travail des élèves, ainsi qu'à la suppression de 2 500 postes d'enseignants titulaires.

 

Merci de nous faire part cher.e.s lecteurs.trices, de votre avis sur la question, et de rejoindre ce mouvement de contestation pour sauver l’éducation nationale de ce naufrage annoncé, et par voie de fait, sauver les jeunes étudiants qui sont à bord de ce navire en péril.

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Jean-Luc ROBERT Psychologue spécialisé dans les TSA

Et le collectif non résigné du lycée Jean Monnet

 

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