un magicien des sons, Fernand Deroussen

Cet article se veut un hommage à l’œuvre d’un audionaturaliste de génie, Fernand Deroussen, et, en particulier, à sa dernière production, les 2 CD de « Silence des hommes », des enregistrements de sons de nature, réalisés pendant le confinement et qui sont un véritable enchantement.

 

"silence des hommes" une production de Fernand Deroussen © Fernand Deroussen

 

Cet article se veut un hommage à l’œuvre d’un audionaturaliste de génie, Fernand Deroussen, et, en particulier, à sa dernière production, les 2 CD de « Silence des hommes[1] », des enregistrements de sons de nature, réalisés pendant le confinement et qui sont un véritable enchantement.

J’ai déjà montré, dans un précédent article[2], combien le confinement avait pu être une chance inespérée pour la nature et tous ceux qui y sont attachés, et, dans ce présent billet, je voudrais m’attacher à rendre compte de ce moment particulier de l’écoute qu’a été le confinement et de l’effet qu’il a produit sur moi, comme sur tous ceux qui ont la passion de la nature chevillée au corps.

 

Depuis plusieurs années, maintenant, je ne peux plus guère sortir de chez moi, et, bien souvent, en fait de nature, je dois me contenter de regarder mon jardin de mes fenêtres à l’étage, et d’écouter les oiseaux chanter, surtout au printemps, à l’aube ou au crépuscule.

C’est pour cela que je suis particulièrement attachée à tout ce que je peux entendre, comme sons émis par les animaux ou par les phénomènes naturels, car ils me permettent d’entrer en contact directement avec ce monde vivant que j’aime tant, mais que je ne peux guère fréquenter.

La nature, je la vois et l’entends surtout par la médiation des vidéos, photos et enregistrements que je peux trouver sur le net, ou bien par des achats de livres, de dvd ou de cd auprès de photographes, cinéastes ou d’audionaturalistes, comme, précisément ici, Fernand Deroussen.

 

J’ai connu cet artiste sonore d’abord par son site, « Naturophonia[3], où il propose à l’écoute quelques-uns de ses enregistrements et où je lui ai acheté plusieurs de ces productions, téléchargeables en ligne. Puis, je me suis abonnée à son compte soundcloud[4] et je suis devenue un membre régulier du groupe Facebook, Sonatura[5], qui regroupe un certain nombre d’audionaturalistes francophones.

 

Et, depuis que je la connais, l’œuvre sonore de Fernand Deroussen ne cesse de m’enchanter. Par la magie de ces enregistrements, je ne suis plus chez moi, devant mon ordinateur, je suis en Nouvelle -Zélande, En Australie, en Mauritanie, je suis dans la forêt, en automne, à écouter le brame des cerfs, je suis en Camargue, au printemps, à écouter les flamands roses, je suis quelque part dans le monde, dans un endroit inconnu de moi , mais ô combien attirant, et j’écoute, en complet ravissement, l’aube se lever et les oiseaux célébrer l’avènement du soleil.

 

Et c’est en cela que ce double CD, « Silence des hommes », représente, selon moi, un événement exceptionnel. Pour la première fois depuis longtemps, ce n’est pas au fin fond d’une forêt de Papouasie ou du Costa Rica que l’on peut entendre un concert de bruits naturels d’une telle beauté, richesse et intensité, c’est bien chez nous, en France, que ces magnifiques enregistrements ont été réalisés, lorsque, avec le confinement, le » silence des hommes » s’est fait pour 3 longs mois.

 

A l’écoute de ce double cd, moi, privée depuis si longtemps, de ce contact réel et prolongé avec cette nature que j’aime tant, je me sens renaître et je me mets à rêver, rêver d’une nature enfin préservée et sauvage, d’une nature enfin redevenue telle qu’elle n’aurait jamais dû cesser d’être, vivante, foisonnante et éclatante de vie et de bruits de toutes sortes.

Lorsque j’entends ces enregistrements effectués par Fernand Deroussen, c’est comme si, tout d’un coup, j’assistais au matin du monde, et que je voyais et j’’entendais, comme le premier homme à l’aube de l’humanité, le soleil se lever sur une nature, pure, vierge et sans trace. Je suis au commencement de tout, c’est la première aurore de l’histoire du monde, et le premier oiseau va se mettre à chanter, pour saluer la venue du soleil et la naissance de la vie sur Terre.

 Un concert d’oiseaux de toutes sortes, et beaucoup d’autres animaux m’accueillent dans ce paradis retrouvé qu’est devenue notre Terre, je suis l’esprit du vent et l’âme de la rivière, je suis le chant de la pluie et le bruit du tonnerre, je suis le cœur vivant du peuple de l’herbe, je suis le murmure des arbres qu’agitent une douce brise de printemps, je suis la nature toute entière, qui, tel le phénix, renaît enfin de ses cendres. J’entends le chant du monde, enfin retrouvé, comme un enfant entend la voix de sa mère tant aimée, je suis qu’un son, qu’un chant, je suis la musique de cette nature tant rêvée, tant espérée, enfin recrée.

Un nouveau jour commence, une nouvelle aube pour l’humanité, vierge et sans trace, pure et fraîche comme au premier jour, c’est du moins l’impression que j’ai, à l’écoute de l’œuvre de ce magicien des sons, de ce véritable enchanteur de nos oreilles et de nos sens qu’est Fernand Deroussen.

J’espère et je souhaite ardemment que d’autres personnes, saisies et enchantées comme moi par ce véritable paradis sonore que nous propose cet artiste dans ce double cd, s’engagent véritablement dans la défense et le combat de ce monde vivant et naturel sans lequel nous ne sommes rien.

 

 

[1] https://soundcloud.com/naturo-289243827/silence-des-hommes-cd01-extrait-5mnwav

[2] https://blogs.mediapart.fr/lucile-longre/blog/200920/etonnements

[3] https://naturophonia.jimdo.com/

[4] https://soundcloud.com/naturo-289243827

[5] https://www.facebook.com/groups/Sonatura

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