Coronavirus. Face au confinement, la France dans les pas de l'Espagne

Depuis le début de la pandémie du Covid-19, l'Etat français semble appliquer les mesures prises par le gouvernement espagnol sur son territoire. Fermeture des écoles, des restaurants et des bars, confinement... Autant de points communs qui laissent penser que la France va prolonger le confinement pour 15 jours de plus, comme l'a fait ce dimanche 22 mars, le Premier ministre espagnol.

En Espagne, les mesures de confinement sont très strictes. © AFP En Espagne, les mesures de confinement sont très strictes. © AFP

Mardi 10 mars, Pedro Sanchez, le Premier ministre espagnol annonce la fermeture des écoles et des universités à la suite de la pandémie du Covid-19. Jeudi 12 mars, c'est au tour d'Emmanuel Macron d'annoncer la même décision. Vendredi 13 mars, l'Etat espagnol ferme ses bars et ses restaurants. Le lendemain, la France applique elle-aussi la fermeture de ces établissements sur l'ensemble de son territoire, tandis que l'Espagne informe, dans la soirée, sa population de la mise en place du confinement. Emmanuel Macron le fait quant à lui le lundi 16 mars. 

A chaque fois, la France applique ce que son voisin espagnol met en place. Attestation pour se déplacer avec motif valable, amende en cas de non-respect du confinement... Il y a donc de fortes chances à ce que le chef de l'Etat français annonce le prolongement du confinement puisque Pedro Sanchez l'a décrété, sur son territoire, ce dimanche 22 mars, pour une durée de quinze jours, soit jusqu'au 11 avril. 

Durcissement des directives

Les mesures mises en places en Espagne sont actuellement plus sévères qu'en France. Il est notamment interdit de circuler dans la rue sans motif valable au risque de se faire arrêter ou de recevoir une amende de 600 euros.

Face à un confinement pas encore complètement respecté dans l'Hexagone, le gouvernement français devrait durcir ses mesures à l'image de l'Espagne avec notamment l'instauration d'un couvre-feu et l'interdiction de faire du jogging. Le Conseil d'Etat a demandé aussi au gouvernement de préciser le "degré d’urgence" des motifs de santé justifiant un déplacement ainsi que l'utilité de maintenir les marchés ouverts. Pour les rendez-vous médicaux, un justificatif du praticien pourrait être demandé en cas de contrôle. 

L'Assemblée nationale a déjà durci dans la nuit de samedi à dimanche les sanctions en cas de violation des règles. Les 135 euros d’amende forfaitaire passeront à 1 500 euros en cas de récidive dans les 15 jours. Quatre violations dans les trente jours pourront valoir 3 700 euros d’amende et six mois de prison au maximum, quand l'Espagne, elle, condamne jusqu'à un an de prison.

Dimanche soir, un total de 91 824 infractions pour non-respect des règles de confinement ont été constatées en France. On comptait le même jour 112 personnes décédées du Covid-19, portant le bilan à 674 décès. 

L'Espagne reste, quant à elle, le deuxième foyer de contagion en Europe. Le nombre de décès a bondi en vingt-quatre heures, avec 462 nouvelles victimes. Plus de 87 % des personnes décédées du virus avaient plus de 70 ans. 

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