Douchetchka (Anton Tchékhov)

Voici un récit du début 1899, un texte qui ne passa pas inaperçu. Il suscita la grande admiration de Tolstoï, pour une fois totalement enthousiaste... pour des raisons qui lui étaient propres.

Douchetchka

(Anton Tchékhov)

     Rédigé à Ialta vers la fin de l’année 1898, ce texte parut en janvier 99 dans l’hebdomadaire moscovite illustré La Famille, Tchékhov ayant été sollicité à plusieurs reprises et tenant sa promesse. Il devait d’ailleurs se plaindre d’avoir été fort mal traité par le responsable de la revue, qui ne répondit pas à ses lettres réclamant une épreuve à corriger avant la publication, mésaventure qui lui arrivait assez souvent.

     Des ébauches du récit apparaissent quelques années plus tôt dans les carnets de l’auteur. Un personnage analogue à Olenka faillit trouver une place dans la nouvelle Trois années, parue en 1895. Et l’on en trouve aussi le germe dans les propos misogynes que tient Orlov dans le Récit d’un inconnu, paru en 1893.

     La ville évoquée par petites touches dans le texte – les problèmes sanitaires, les abattoirs, les épizooties, les difficultés des troupes théâtrales, ces dernières étant régulièrement évoquées par le Courrier de Crimée – est Ialta, où Tchékhov s’était installé à son retour de France : d’abord en prenant une location dans une grande villa avec jardin, puis en se faisant construire une nouvelle maison – il avait vendu sa propriété de Mélikhovo à la mort de son père, en octobre. Les opérettes mentionnées étaient jouées à Moscou, Tchékhov en lisait des comptes rendus dans le journal moscovite Les Nouvelles du jour.

     L’opinion exprimée par Olenka à propos du lycée classique reflète les bruits circulant à la fin 1898 au sujet d’une réorganisation du système d’enseignement, permettant aux élèves sortant des établissements technico-modernes (sur le mode de la Realschule allemande) d’entrer à l’Université sans examen supplémentaire, à l’exception des Facultés de Médecine et de Droit – ces deux disciplines utilisant abondamment le latin…

     Comme il l’indique dans une lettre à son ami et éditeur Souvorine, le projet de Tchékhov était d’écrire un récit humoristique. Mais ce texte peut sembler férocement misogyne, dans la foulée des réflexions d’Orlov auxquelles on a fait allusion : C’est le côté parfois misogyne de l’auteur – vacuité de l’esprit féminin, qui se remplira d’idées extérieures en fonction de l’entourage, notamment marital –, observations acides qu’il faut tout de suite tempérer par la mise en perspective que Tchékhov lui-même présente à plusieurs reprises, par exemple à la fin de la nouvelle Ariane : si les femmes sont ainsi, c’est parce qu’elles sont éduquées ainsi. Bref, à qui la faute ?

     En tout cas, les lectrices de Tchékhov apprécièrent diversement le récit : s’il reçut des lettres enthousiastes — et même un oreiller brodé « Pour Douchetchka » –, on lui envoya également un tas de lettres de protestations, parfois sévères, il le mentionne dans sa correspondance.

     Certains critiques, notamment les proches de Tolstoï, relevèrent que le talent de l’auteur, dépassant ses intentions premières, magnifiait malgré lui son héroïne, finalement reine de bonté. Ivan Bounine apprécia grandement le récit.

     Quant à Tolstoï, lui si critique, parfois, vis-à-vis de Tchékhov, il était dithyrambique : il passait ses soirées à lire et à relire à haute voix le récit devant ses visiteurs, en s’extasiant sur l’art de l’auteur, en riant aux éclats par moments et en pleurant pour de bon à d’autres… L’avis de Tolstoï est significatif : il voit en Douchetchka la confirmation artistique  de ses propres pensées quant à la destinée des femmes, leur affectation nécessaire. Le véritable misogyne (qu’on lise Le Diable, ou La Sonate à Kreutzer !), c’est cet idéologue néo-chrétien de Tolstoï, celui qui use de rigueur avec ses personnages là où Tchékhov les prend en pitié : imagine-t-on Tchékhov tuer Anna Karénine ?

     Tolstoï insistera même après la mort de Tchékhov : pour lui, Tchékhov est borné quant à ses conceptions du monde, mais c’est un peintre très sensible ; comme Maupassant, son flair poétique lui fait saisir la vérité. La manie amoureuse de Douchetchka, il voulait s’en moquer, mais l’affection, l’amour pour toute créature, c’est ce qu’il y a de plus émouvant chez la femme – cette appréciation date de janvier 1905. Tolstoï écrira une postface à Douchetchka, le récit étant inséré dans un recueil qu’il fait éditer, Le cycle de lectures.

     D’autres appréciations sur l’héroïne du récit : Gorki la voit comme une petite souris soumise, le critique Alexandre Glinka la range dans la galerie des personnages tchékhoviens esclaves, avec l’« homme à l’étui » et deux ou trois autres, les considérant d’ailleurs avec froideur. Pour lui, c’est son vide intérieur qui fait de Douchetchka une sorte de pantin inhabité jusqu’à ce qu'un autre lui redonne vie. On voit qu’il n’investit pas ce personnage de la charge philosophique (si conservatrice) dont le leste Tolstoï… Membre du premier cercle tolstoïen, l’écrivain et éditeur Gorbounov-Possadov voit en Douchetchka un personnage destiné à devenir un nom commun, comme ceux de Gogol. De fait, en 1905, Lénine utilisera le personnage créé par Tchékhov pour polémiquer avec un adversaire politique, le menchevik Potressov, écrivant un article intitulé : « Un Douchetchka social-démocrate »…

     

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     Olenka1, fille de l’assesseur de collège2 à la retraite Plemiannik3, était assise chez elle, sur le perron, pensive. Il faisait très chaud, les mouches se montraient fort importunes et la pensée du soir proche était bien agréable. des nuages de pluie s’amenaient de l’est, d’où arrivaient par moments des bouffées d’humidité.

     Au milieu de la cour, regardant le ciel, se tenait Koukine, le directeur du jardin récréatif « Tivoli », qui louait ici un pavillon.

     — Encore ! disait-il, au désespoir. Il va encore pleuvoir ! Il pleut tous les jours, tous les jours ! On dirait que c’est fait exprès. Je suis étranglé ! C’est la ruine ! D’énormes pertes tous les jours !

     Il leva les bras au ciel et continua, en s’adressant à Olenka :

     — Voilà notre vie, Olga Semionovna. Il y a de quoi pleurer ! On travaille, on fait des efforts, on s’épuise, la nuit on ne dort pas, on se demande comment améliorer les choses – et qu’est-ce que ça donne ? D’une part, un public de sauvages et d’ignares. Je lui donne la meilleure opérette, la plus belle féérie, d’admirables chansonniers, mais croyez-vous qu’il ait le moindre besoin de tout cela ? Qu’il y comprenne quoi que ce soit ? Ce qu’il lui faut, ce sont des pitres ! De la vulgarité ! D’autre part, voyez le temps. Il pleut presque chaque soir. Depuis le dix mai, et tout  le reste du mois de mai, et puis tout le mois de juin, c’est juste l’horreur ! Le public ne vient pas, mais moi, est-ce que je ne paie pas la location ? Les artistes ?

     Le lendemain, vers le soir, comme les nuages se faisaient de nouveau menaçants, Koukine dit avec un rire hystérique :

     — Bon, alors ? Envoie ! Que tout le jardin soit inondé, et moi avec ! Que je ne sois heureux ni  dans ce monde ni dans l’autre ! Que les artistes me fassent un procès ! Que dis-je, un procès ? Qu’on m’envoie au bagne, en Sibérie ! À l’échafaud ! Ha ! ha ! ha !

     Idem le surlendemain…

     Olenka écoutait Koukine en silence, l’air grave, et parfois des larmes lui montaient aux yeux. Les infortunes de Koukine avaient fini par l’émouvoir, elle s’était mise à l’aimer. Il était de petite taille, maigre, avec un visage jaune et des cheveux bien plaqués sur les tempes, et parlait avec une voix de ténor grêle, la bouche tordue ; le désespoir était toujours peint sur sa figure, il n’en avait pas moins éveillé en elle un sentiment authentique et profond. Elle aimait tout le temps quelqu’un, elle ne pouvait pas s’en passer. Autrefois, elle avait aimé son petit papa, lequel, malade, siégeait à présent dans un fauteuil dans l’obscurité d’une chambre, respirant avec peine ; elle avait aimé sa tante, qui venait parfois les voir, tous les deux ans, arrivant de Briansk ; et encore plus tôt, lycéenne, elle avait aimé son professeur de français. C’était une demoiselle paisible et bienveillante, au regard doux et caressant, en très bonne santé. En regardant ses joues roses et rebondies, son cou doux et blanc marqué d’un grain de beauté sombre et le bon sourire naïf qui naissait sur son visage lorsqu’elle entendait quelque chose d’agréable, les hommes se disaient : « C’est vrai qu’elle n’est pas mal… », et ils souriaient eux aussi, tandis que les dames invitées ne pouvaient s’empêcher, au beau milieu d’une conversation, de lui prendre la main et de lui dire dans un élan joyeux :

     — Douchetchka4 !

     La maison qu’elle habitait depuis sa naissance et qui devait, dans le testament de son père, lui revenir, se trouvait à la lisière de la ville, au Faubourg des Tziganes, non loin du jardin « Tivoli » ; le soir et la nuit, elle pouvait entendre la musique qu’on jouait au jardin, le crépitement des feux d’artifice, il lui semblait voir Koukine se battre contre le sort néfaste et partir à l’assaut de son grand ennemi – l’indifférence du public ; son cœur défaillait délicieusement, elle n’avait pas du tout sommeil, et lorsqu’il rentrait, au matin, elle frappait doucement à la fenêtre de sa chambre et lui faisait un doux sourire en ne lui laissant voir, à travers le rideau, que son visage et une épaule…

     Il lui fit sa demande et ils se marièrent. Et quand il put voir, comme c’était son droit, son cou et ses épaules vigoureuses et potelées, il leva ses mains, les joignit et dit :

     — Douchetchka !

     Il était heureux, mais comme la pluie tomba le jour de la noce et la nuit suivante, son visage conserva son expression de désespoir.

     Après le mariage, leur vie fut bonne. Elle tenait la caisse, veillait à l’ordre du parc, notait les dépenses et payait les cachets, et l’on voyait ses joues roses ainsi que son doux sourire naïf et radieux apparaître tantôt au guichet de la caisse, tantôt dans les coulisses ou au buffet. Et elle disait déjà à ses connaissances que le théâtre était la chose au monde la plus remarquable, la plus importante et la plus nécessaire, et que seul le théâtre procurait à la fois moments délicieux, culture et humanité.

     — Mais croyez-vous que le public le comprend ? disait-elle. Il lui faut des pitres ! Hier, nous donnions Le petit Faust5 et les loges étaient presque toutes vides, mais si nous avions, Vanitchka6 et moi, monté quelque chose de vulgairement banal, croyez-moi, le théâtre aurait été plein à craquer. Nous donnons demain, Vanitchka et moi, Orphée aux enfers7, venez-y.

     Et ce Koukine disait du théâtre et des acteurs, elle le répétait. Elle méprisait autant que lui le public pour son indifférence envers l’art et pour son ignorance, intervenait dans les répétitions, reprenait les acteurs, surveillait la conduite des musiciens et, lorsque le journal local disait du mal du théâtre, elle pleurait et allait ensuite s’expliquer avec la rédaction.

     Les acteurs l’aimaient et l’appelaient « Vanitchka-et-moi », et également « Douchetchka » ; elle avait pitié d’eux et leur prêtait de petites sommes d’argent, et s’il arrivait qu’on la dupât, elle se contentait de pleurer en cachette, sans aller se plaindre à son mari.

     L’hiver aussi se passa bien. Ils louèrent pour toute la saison le théâtre de la ville et le sous-louèrent pour de brèves périodes, tantôt à une troupe ukrainienne, tantôt à un prestidigitateur, ou encore à des amateurs locaux. Olenka engraissait et rayonnait de plaisir, tandis que Koukine, maigrissant et jaunissant, se plaignait de pertes terribles, bien que les affaires n’eussent pas mal marché, tout cet hiver. Il toussait la nuit, et elle lui faisait boire des infusions de tilleul à la framboise, le frictionnait à l’eau de Cologne et l’emmitouflait dans ses châles moelleux.

     — Comme tu es gentil ! disait-elle tout à fait sincèrement, en lui caressant les cheveux. Comme tu es mignon !

     Pendant le grand carême8, il partit à Moscou pour embaucher une troupe et, en son absence, elle n’arrivait pas à dormir et restait tout le temps devant la fenêtre à contempler les étoiles. À ce moment-là, elle se comparait aux poules qui, elles aussi, ne dorment pas de la nuit et ressentent de l’inquiétude lorsqu’il n’y a pas de coq au poulailler. Retenu à Moscou, Koukine écrivait qu’il reviendrait pour la Semaine sainte, et donnait déjà dans ses lettres des instructions pour le « Tivoli ». Mais dans la soirée du dimanche des Rameaux, tard, des heurts de mauvais augure retentirent au portail ; on frappait au portillon comme sur une barrique : boum ! boum ! boum ! Pataugeant pieds nus dans les flaques d’eau, la cuisinière ensommeillée courut ouvrir.

     — Ouvrez, de grâce ! disait une voix sourde de basse derrière le portail. Un télégramme pour vous !

     Olenka avait déjà reçu des télégrammes de son mari, mais là, sans savoir pourquoi, elle fut glacée d’effroi. Elle décacheta le télégramme de ses mains tremblantes et lut :

     « Ivan Pétrovitch décédé subitement asuite aujourd’hui, attendons instructions, atterrement mardi. »

     On lisait bien « atterrement » dans le télégramme, de même que le mot incompréhensible « asuite » ; il était signé du régisseur de la troupe d’opérette.

     — Mon chéri ! se mit à sangloter Olenka. Mon gentil Vanitchka, mon chéri ! Pourquoi t’avoir rencontré ? Pourquoi t’avoir connu et t’avoir aimé ? À qui laisses-tu ta pauvre, ta malheureuse Olenka ?

     Koukine fut enterré le mardi à Moscou, au cimetière Vagankovo9 ; Olenka revint chez elle le mercredi et, à peine rentrée, s’écroula sur son lit en sanglotant si fort qu’on l’entendait dans la rue et dans les cours voisines.

     — Douchetchka ! disaient les voisines en se signant. Douchetchka Olga Sémionova, la pauvre, quel chagrin elle a !

     Trois mois plus tard, un jour qu’Olenka revenait de la messe, triste et en grand deuil, il se trouva que fit route avec elle l’un de ses voisins, Vassili Andréitch10 Poustovalov, gérant de l’entrepôt de bois du négociant Babakaïev. Il portait un chapeau de paille et un gilet blanc avec une chaîne en or, et avait davantage l’air d’un propriétaire que d’un marchand.

     — Toute chose a son ordre interne, Olga Sémionovna, lui dit-il d’une voix posée, avec compassion, et si l’un de nos proches meurt, c’est qu’il a plu à Dieu qu’il en soit ainsi, et dans ce cas, nous devons rester maîtres de nous-mêmes, nous soumettre et supporter l’épreuve.

     Ayant accompagné Olenka jusqu’au portillon, il prit congé et poursuivit son chemin. Elle eut ensuite toute la journée dans les oreilles sa voix posée, et, dès qu’elle fermait les yeux, sa barbe sombre lui apparaissait. Il lui avait beaucoup plu. Apparemment elle aussi lui avait fait de l’impression, car peu de temps après, une dame d’un certain âge et qu’elle connaissait peu vint prendre le café chez elle et se mit, à peine assise, se mit à parler de Poustovalov : un homme bien, sérieux, que toute jeune femme serait heureuse d’épouser. Trois jours plus tard, Poustovalov lui-même lui rendit visite ; il resta peu de temps, une dizaine de minutes, et parla peu, mais Olenka se mit à l’aimer, elle s’éprit de lui au point de ne pas pouvoir dormir de toute la nuit, brûlant comme si elle avait la fièvre ; au matin, elle envoya chercher la dame d’un certain âge. Ce fut bientôt la demande en mariage, puis la noce.

     Poustovalov et Olenka, une fois mariés, vécurent bien. Il restait d’ordinaire à l’entrepôt jusqu’au déjeuner11, puis allait négocier, tandis qu’elle prenait le relais, restant au bureau jusqu’au soir à noter les comptes et à s’occuper des livraisons.

     — Le bois renchérit maintenant chaque année de vingt pour cent, disait-elle aux acheteurs et à ses connaissances. Rendez-vous compte, avant nous vendions du bois d’ici, tandis qu’à présent Vassitchka12 doit chaque année aller en acheter dans la province de Moguiliov13. Et à quel tarif ! disait-elle en se couvrant, d’effroi, le visage de ses mains. À quel tarif !

     Elle avait l’impression de faire le commerce du bois depuis très longtemps, que le plus important et le plus nécessaire dans la vie, c’était le bois, et il lui semblait entendre quelque chose de familier et de touchant dans les mots : poutre, rondin, volige, planchette, bois d’affût, dosse14… La nuit, quand elle dormait, elle voyait en rêve des montagnes entières de planches et de voliges, des files interminables de chariots emportant le bois loin de la ville ; elle voyait tout un régiment de billes de douze archines15 de long sur cinq verchoks de large, debout, partant guerroyer contre l’entrepôt, poutres, rondins et dosses se heurtant dans un grondement de bois sec, s’écroulant pour se relever et s’entasser les uns sur les autres ; dans son sommeil, Olenka poussait un cri et Poustovalov lui disait :

     — Olenka chérie, que t’arrive-t-il ? Signe-toi !

     Elle pensait comme son mari. S’il trouvait qu’il faisait très chaud dans la pièce, ou bien que les affaires étaient bien calmes, elle pensait de même. Son mari n’aimait pas les distractions et, le dimanche, restait chez lui, elle en faisait autant.

     — Vous êtes toujours au bureau ou chez vous, lui disaient ses connaissance. Vous devriez aller zu théâtre, Douchetchka, ou au cirque.

     — Vassitchka et moi, nous n’avons pas le temps d’aller au théâtre, répondait-elle posément. Nous sommes des gens laborieux, nous n’avons pas la tête à ces bagatelles. Qu’est-ce que ces théâtres ont de bon ?

     Le samedi, Poustovalov et elle allaient assister à la vigile, le dimanche ils se rendaient à la première messe et, de retour de l’église, marchaient côte à côte avec des visages attendris, sentant bon tous les deux, sa robe de soie à elle froufroutant agréablement ; chez eux, ils prenaient le thé en mangeant du pain blanc et des confitures diverses, puis du gâteau. À midi, chaque jour, une bonne odeur de borchtch et de mouton grillé ou de canard rôti sortait de chez eux dans la cour et au-delà du portail ; les jours maigres, c’était une odeur de poisson qui excitait l’appétit en passant près de chez eux. Au bureau, le samovar sifflait en permanence et l’on régalait les clients de thé accompagné de craquelins. Une fois par semaine, les époux se rendaient à l’étuve et en revenaient côte à côte, rouges tous les deux.

     — Il n’y a pas à dire, nous vivons bien, Dieu merci, disait Olenka à ses connaissances. Dieu veuille donner à chacun la même vie qu’à Vassitchka et moi.

     Lorsque Poustovalov partait se procurer du bois dans la province de Moguiliov, elle s’ennuyait ferme et passait ses nuit à pleurer, sans dormir. Elle avait parfois le soir la visite de Smirnine, jeune vétérinaire militaire qui louait un pavillon chez elle. Il lui racontait des histoires, ou jouait aux cartes avec elle, cela la distrayait. Les récits qu’il faisait de sa vie de famille étaient particulièrement intéressant ; il était marié et avait un fils, mais sa femme et lui s’étaient séparés parce qu’elle l’avait trompé, à présent il la détestait et lui envoyait chaque mois quarante roubles16 pour l’entretien de son fils. En entendant cela, Olenka poussait des soupirs et hochait la tête, elle le plaignait.

     — Eh bien, que le Seigneur vous vienne en aide, disait-elle pour lui dire au revoir, en l’accompagnant jusqu’à l’escalier, une bougie à la main. Merci d’être venu vous ennuyer avec moi, que Dieu vous donne la santé, que la Reine des Cieux…

     Elle s’exprimait toujours de façon très posée et très raisonnable, comme le faisait son mari ; le vétérinaire avait déjà franchi la porte du bas qu’elle lui criait :

     — Vous savez, Vladimir Platonytch17, vous devriez vous réconcilier avec votre femme. Vous devriez lui pardonner, ne serait-ce que pour votre fils !… Le petit garçon comprend assurément tout.

     Au retour de Poustovalov, elle lui parlait à mi-voix du vétérinaire et de ses déboires conjugaux, et tous deux soupiraient, hochaient la tête et parlaient du petit garçon à qui son père devait manquer ; ensuite, un étrange enchaînement d’idées les faisait s’agenouiller devant les icônes et se prosterner en priant pour que Dieu leur envoyât des enfants.

     Les Poustovalov vécurent ainsi, tranquillement et paisiblement, dans l’amour et en parfait accord, pendant six ans. Mais un jour d’hiver, voilà que Vassili Andréitch, sorti sans chapka pour livrer du bois après avoir bu du thé brûlant à l’entrepôt, prit froid et tomba malade. Il fut soigné par les meilleurs médecins, mais la maladie arriva à ses fins et il mourut au bout de quatre mois. Olenka se retrouva de nouveau veuve.

     — À qui me laisses-tu, mon chéri ? sanglotait-elle une fois son mari enterré. Comment ferai-je pour vivre maintenant sans toi, triste et malheureuse ? Braves gens, ayez pitié de moi qui suis complètement orpheline…

     Elle portait une robe noire avec des pleureuses18, avait renoncé définitivement aux chapeaux et aux gants, sortait rarement de chez elle, seulement pour aller à l’église et sur la tombe de son mari et vivait comme une nonne. Ce ne fut qu’au bout de six mois qu’elle enleva les pleureuses et commença à ouvrir les volets. On la vit même certains matins aller au marché en compagnie de sa cuisinière ; quant à la façon dont elle vivait maintenant chez elle et à ce qui s’y passait, on en était réduit aux conjectures. On les échafaudait, par exemple, en la voyant prendre le thé dans son petit jardin en compagnie du vétérinaire qui lui lisait le journal, et aussi en s’appuyant sur ce qu’elle avait dit à une dame de sa connaissance rencontrée à la poste :

     — Notre ville n’a pas de contrôle vétérinaire convenable, beaucoup de maladies viennent de là. On l’entend tout le temps dire, des gens tombent malades à cause du lait, ou attrapent des maladies provenant des vaches ou des chevaux. Au fond, il faut se préoccuper autant de la santé des animaux domestiques que de celle des gens.

     Elle répétait ce que pensait le vétérinaire, et était maintenant du même avis que lui sur tout. Il était évident qu’elle ne pouvait vivre même un an sans affection, et qu’elle avait trouvé son nouveau bonheur chez elle, au pavillon. Une autre eût été blâmée pour cela, mais personne ne pouvait penser du mal d’Olenka, tout dans sa vie était extrêmement clair. Le vétérinaire et elle ne parlaient à personne des changements survenus dans leurs relations et s’efforçaient de tenir celles-ci secrètes, en vain, car Olenka ne pouvait pas avoir de secrets. Lorsque ses collègues du régiment venaient le voir, elle se mettait, en leur versant du thé ou en leur servant le dîner, à parler de la peste et de la tuberculose bovines, des abattoirs municipaux ; il était terriblement gêné, et, après le départ de ses invités, il lui prenait le bras et lui disait avec colère, la voix sifflante :

     — Je t’ai pourtant demandé de ne pas parler de ce que tu ne connais pas ! Lorsque nous discutons entre vétérinaires, ne t’en mêle pas, je te prie. C’est assommant, à la fin !

     Elle le regardait, inquiète et étonnée, et lui demandait :

     — Voloditchka19, de quoi veux-tu donc que je parle ?

     Et, les larmes aux yeux, elle l’étreignait, le suppliait de ne pas se fâcher, et tous deux étaient heureux.

     Cependant, ce bonheur ne dura pas. Le vétérinaire partit avec son régiment, il partit pour toujours, car son régiment avait été transféré très loin, presque en Sibérie. Et Olenka resta seule.

     À présent, elle était complètement seule. Son père était mort depuis longtemps, et son fauteuil traînait au grenier, couvert de poussière, avec un pied en moins. Elle avait maigri, enlaidi, dans la rue les gens qui la croisaient ne la regardaient plus comme autrefois et ne lui faisaient plus de sourires ; manifestement, ses meilleures années étaient passées, elles étaient derrière elle, et maintenant c’était une nouvelle vie qui commençait, une vie inconnue à laquelle il valait mieux ne pas penser. Le soir, Olenka restait assise sur son perron, elle entendait la musique qui jouait au « Tivoli » et le crépitement des feux d’artifice, mais cela n’éveillait plus en elle la moindre pensée. Elle contemplait d’un regard indifférent sa cour déserte, ne pensait à rien, ne désirait rien, et ensuite, la nuit venue, elle allait se coucher et rêvait de sa cour déserte. Elle se forçait littéralement à manger et à boire.

     Et surtout, et c’était le pire, elle n’avait plus d’opinions. Elle voyait les objets autour d’elle, comprenait tout ce qui se passait alentour, mais n’arrivait pas à se faire une opinion sur rien, et ne voyait pas de quoi elle pourrait parler. Et que c’est affreux, de n’avoir aucun avis ! On voit par exemple une bouteille tenir droit, la pluie tomber ou encore un moujik passer dans sa charrette, mais quel sens ont la bouteille, la pluie ou le moujik, on ne saurait le dire, pas même pour mille roubles. Du temps de Koukine et de Poustovalov, et ensuite du vétérinaire, Olenka était capable de tout expliquer et elle aurait donné son opinion sur n’importe quoi, tandis qu’à présent, sa tête et son cœur étaient aussi vides que sa cour. C’était aussi pénible et aussi amer qu’une indigestion d’absinthe.

     La ville s’élargissait peu à peu de tous côtés ; le Faubourg des Tziganes était devenu une rue, et des maisons s’élevaient déjà, accompagnées d’une rangée de passages, à l’emplacement du jardin « Tivoli » et de l’entrepôt de bois. Comme le temps passe vite ! La maison d’Olenka avait noirci, son toit était couvert de rouille, le hangar était de guingois et la cour était pleine de mauvaises herbes et d’orties piquantes. Olenka avait vieilli et enlaidi ; l’été elle restait assise sur son perron, l’âme vide et morose, comme naguère, avec un goût d’absinthe dans la bouche ; l’hiver elle restait assise près de la fenêtre, à regarder la neige. Lorsque le souffle du printemps lui parvenait, ou que le vent apportait le son des cloches de la cathédrale, les souvenirs du passé l’envahissaient brusquement, son cœur se serrait délicieusement et des larmes coulaient en abondance de ses yeux, mais pour un instant seulement, ensuite c’était de nouveau le vide, à se demander pourquoi on est en vie. Brysska, sa petite chatte noire, se frottait à elle en ronronnant doucement, mais ces caresses de chatte n’émouvaient pas Olenka. Est-ce cela dont elle a besoin ? Ce qu’il lui faudrait, c’est le genre d’amour qui s’emparerait de tout son être, de son âme entière, de tout son esprit, qui lui donnerait des idées, un direction à sa vie et réchaufferait son sang vieillissant. Elle rejetait Brysska, l’éloignant du bas de sa robe en lui disant, agacée :

     — Va-t-en… Tu n’as rien à faire ici !

     Et ainsi, jour après jour, année après année, sans une seule joie, sans aucune opinion sur rien. Ce que disait Mavra, la cuisinière, suffisait bien.

     Par une torride journée de juillet, vers le soir, alors que l’on poussait le long de la rue le troupeau municipal et que toute la cour était remplie de nuages de poussière, on frappa soudain au portillon. Olenka alla elle-même ouvrir et se figea au premier regard : derrière le portail se tenait le vétérinaire Smirnine, les cheveux gris, en civil.  Tout lui revint d’un coup, elle ne put se retenir et se mit à pleurer, posant sa tête sur sa poitrine sans dire un mot ; dans sa forte émotion, elle ne s’aperçut pas qu’ils étaient entrés ensemble dans la maison et s’étaient assis pour boire du thé.

     — Mon chéri ! balbutiait-elle en tremblant de joie. Vladimir Platonytch ! D’où le Seigneur vous ramène-t-il ?

     — Je veux me fixer ici, expliqua-t-il. J’ai donné ma démission et me voilà, faisant l’essai du bonheur en liberté, prêt à vivre en sédentaire. Et puis, j’ai mon fils à mettre au lycée. Il est grand. Figurez-vous que je me suis réconcilié avec ma femme.

     — Et où est-elle ? demanda Olenka.

     — Elle est à l’hôtel avec mon fils, et moi, je cherche donc un logement.

     — Seigneur, prenez ma maison, mon cher ! C’est bien un logement, non ? Ah, Seigneur, je ne vous demanderai rien, dit Olenka très émue et se remettant à pleurer. Habitez ici, moi le pavillon me suffit. quelle joie, Seigneur !

     Le lendemain, on repeignait déjà le toit de la maison et on blanchissait les murs et Olenka, les mains sur les hanches, circulait dans la cour en donnant des instructions. Son visage s’illuminait du sourire d’autrefois, elle revivait, retrouvait sa fraîcheur, comme si elle sortait d’un long sommeil. La femme du vétérinaire arriva, une dame maigre et laide, aux cheveux courts et à l’air capricieux ; l’accompagnait  son fils Sacha, garçon petit pour son âge (il allait sur ses dix ans), potelé, avec des yeux bleu clair et des fossettes aux joues. À peine entré dans la cour, le garçon se mit à courir après la chatte, et l’on entendit son rire plein de gaieté.

     — Tata20, c’est votre chatte ? demanda-t-il à Olenka. Quand elle aura des petits, donnez-nous un chaton, s’il vous plaît. Maman a très peur des souris.

     Olenka lui parla, lui fit boire du thé, et, dans sa poitrine, son cœur se réchauffa soudain et se serra délicieusement, comme si ce garçon était son propre fils. Et le soir, alors qu’il révisait ses leçons, assis dans la salle à manger, elle le regarda, attendrie et compatissante, et chuchota :

     — Mon chéri, mon mignon…        Mon petit enfant, te voilà si intelligent, si blanc.

     — On appelle île, lut-il, un bout de terre entouré d’eau de tous côtés.

     — On appelle île un bout de terre… répéta-t-elle , et c’était la première déclaration qu’elle faisait avec conviction après de longues années de silence et de vide dans ses pensées.

     Et elle avait déjà ses opinions, et, au souper, elle parla avec les parents de Sacha au sujet du mal qu’ont à présent les enfants à faire des études au lycée, ajoutant que la formation classique était tout de même supérieure à la moderne21, car à partir du lycée, toutes les voies étaient ouvertes : on pouvait devenir docteur ou ingénieur si on le souhaitait. 

     Sacha commença le lycée. Sa mère était partie à Kharkov voir sa sœur et on ne la voyait pas revenir ; son père s’en allait quotidiennement examiner des troupeaux, il lui arrivait de ne pas rentrer à la maison durant deux ou trois jours et Olenka avait l’impression que Sacha était complètement abandonné, qu’il était de trop et qu’on le laissait mourir de faim ; elle le prit avec elle dans le pavillon et l’installa dans une petite chambre.

     Et voilà déjà six mois que Sacha vit chez elle dans le pavillon. Tous les matins, Olenka entre sa chambre ; il dort profondément, une main passée sous sa joue, on ne l’entend pas respirer. C’est une pitié de le réveiller.

     — Sachenka22, dit-elle tristement, lève-toi, mon chéri ! C’est l’heure d’aller au lycée.

     Il se lève, s’habille, fait sa prière puis s’assoit pour prendre son thé ; il en boit trois verres et mange deux gros craquelins et la moitié d’un pain français avec du beurre. Il est encore à moitié endormi, il n’est pas de bonne humeur.

     — Tu ne sais pas bien ta fable, Sachenka, dit Olenka en le regardant comme s’il partait pour un long voyage. Je me fais du souci pour toi. Fais des efforts, mon chéri, étudie… Écoute tes maîtres.

     — Ah, arrêtez, s’il vous plaît ! répond Sacha.

     Puis il sort pour aller au lycée ; il est petit mais porte une grande casquette et a son cartable sur le dos. Olenka le suit sans bruit.

     — Sachenka-a ! crie-t-elle.

     Il se retourne et elle lui fourre dans la main une datte ou une caramel. Lorsqu’ils tournent dans la petite rue du lycée, il a honte d’être suivi par cette grande et grosse femme ; se retournant, il lui dit :

     — Rentrez, ma tante, je vais finir le chemin seul.

     Elle s’arrête et le suit des yeux sans ciller, jusqu’à le voir disparaître dans l’entrée diu lycée. Ah, ce qu’elle peut l’aimer ! Aucun de ses attachements précédents n’a été aussi profond, jamais auparavant son cœur ne s’est laissé conquérir aussi totalement, de façon aussi désintéressée et avec autant de joie que maintenant, alors que le sentiment maternel y brûle toujours plus fort. Pour ce garçon qui n’est pas le sien, pour les fossettes de ses joues, pour sa casquette, elle donnerait sa vie, elle la donnerait avec joie et des larmes d’attendrissement. Pourquoi ? Qui peut le savoir, pourquoi ?

     Ayant accompagné Sacha au lycée, elle revient lentement chez elle, très contente, très paisible, débordante d’amour ; son visage, rajeuni depuis ces six derniers mois, est illuminé d’un sourire ; en la voyant, les gens qu'elle rencontre éprouvent du plaisir et lui disent :

     — Bonjour, Olga Semionova ! Comment allez-vous, Douchetchka ?

     — C’est dur, à présent, le lycée, raconte-t-elle au marché. Hier, en sixième, voyez un peu, il y avait une fable à apprendre par cœur, et puis une version latine et un problème… Comment voulez-vous qu’un petit s’en sorte ?

     Et elle se met à parler des maîtres, des leçons, des manuels – en répétant ce qu’en dit Sacha.

     Ils déjeunent ensemble entre deux et trois, le soir ils travaillent et pleurent ensemble sur les leçons. En le mettant au lit, elle fait sur lui de longs signes de croix et chuchote une prière ; ensuite, en allant se coucher, elle rêve, pensant à l’avenir lointain et brumeux, lorsque Sacha, ayant achevé ses études, serait docteur ou ingénieur, aurait une grande maison à lui, un équipage, une calèche, lorsqu’il se marierait et aurait des enfants… Elle s’endort en pensant à tout cela, et, de ses yeux fermés, les larmes coulent sur ses joues. Et la petite chatte noire est couchée contre elle et ronronne :

     — Mour… mour… mour… 

     Brusquement, un grand coup retentit au portillon. Olenka se réveille, la respiration coupée par la peur ; son cœur bat violemment. Nouveau heurt, trente secondes après.

     « C’est un télégramme de Kharkov, se dit-elle, se mettant à trembler de tout son corps. Voilà sa mère qui réclame Sacha à Kharkov… Ô Seigneur ! »    

     Elle est désespérée ; sa tête, ses pieds, ses mains se glacent, personne au monde n’est plus malheureux qu’elle, lui semble-t-il. Mais une minute plus tard, des voix se font entendre : c’est le vétérinaire rentré de son cercle.

     « Allons, Dieu soit loué », se dit-elle.

     Le poids se détache peu à peu de son cœur qui redevint léger ; elle se couche et pense à Sacha, qui dort à poings fermés dans la chambre voisine et parle de temps en temps dans son sommeil :

     — Attends, tu vas voir ! Fiche-moi le camp ! Ne cherche pas la bagarre !

Notes

  1. Se prononce Ôlinnka. Diminutif du prénom Olga.    
  2. Fonctionnaire de rang moyen : https://fr.wikipedia.org/wiki/Table_des_Rangs
  3. Ce nom signifie : neveu.
  4. Le nom signifie : petite âme, c’est le diminutif d’un terme affectueux. Denis Roche avait d’ailleurs intitulé sa traduction : « Dou-Douce »…
  5. En russe : « Faust à l’envers ». Opéra bouffe dû à Florimond Hervé :
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Herv%C3%A9_(compositeur)
  6. Diminutif de Vania, lui-même déjà diminutif du prénom Ivan.
  7. https://fr.wikipedia.org/wiki/Orph%C3%A9e_aux_Enfers
  8. Celui qui précède Pâques. Il y a un petit carême avant Noël, chez les orthodoxes.
  9. https://fr.wikipedia.org/wiki/Cimeti%C3%A8re_Vagankovo
  10. Pour Andreïevitch, fils d’Andreï.
  11. Grand repas, vers quinze heures, voire plus tard.
  12. Diminutif de Vassili, cette fois.
  13. https://fr.wikipedia.org/wiki/Mahiliow
  14. J’ai sauté deux termes introuvables.
  15. L’archine mesurait 0,71 m. Le verchok 4,4 cm.
  16. Avec une curieuse faute de grammaire (coquille ?) dans le texte russe.
  17. Pour Platonovitch, fils de Platon.
  18. Bandes de tissu blanc ou noir que le bandeau de crêpe a remplacés :
    https://www.cnrtl.fr/definition/pleureuses
  19. Diminutif de Volodia, déjà diminutif de Vladimir…
  20. Oncle, tante : adresse d’un enfant à un adulte, en Russie comme en Asie.
  21. La formation moderne, scientifique et technique s’inspirait de la Realschule allemande. Je n’ai pour le moment que la description en russe :
    https://ru.wikipedia.org/wiki/%D0%A0%D0%B5%D0%B0%D0%BB%D1%8C%D0%BD%D0%BE%D0%B5_%D1%83%D1%87%D0%B8%D0%BB%D0%B8%D1%89%D0%B5
  22. Forme affectueuse de Sacha, lui-même diminutif du prénom Alexandre.

Répertoire général des traductions de ce blog :

https://blogs.mediapart.fr/m-tessier/blog/280418/deuxieme-repertoire

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