Marche des Solidarités
Nous, familles des victimes, MigrantEs, ImmigréEs, contre les violences policières, contre la chasse aux migrantEs et aux sans-papiers, contre le racisme d'Etat et le ciblage de la jeunesse et des quartiers populaires, pour la vérité, la justice, la dignité, l'égalité, la liberté, contre les lois d'exception et pour le retrait du projet de loi Macron-Collomb Asile et Immiogration, on appelle toutes et tous à marcher le 17 mars à Paris.
Abonné·e de Mediapart

177 Billets

0 Édition

Billet de blog 13 déc. 2019

Contre la survie par points !

Il en va de la force du mouvement actuel de se mobiliser le 18 décembre aux côtés des sans-papiers et migrantEs. Et pas seulement pour contrer les tentatives de division d’un gouvernement qui n’hésite pas à jouer la carte du racisme.

Marche des Solidarités
Nous, familles des victimes, MigrantEs, ImmigréEs, contre les violences policières, contre la chasse aux migrantEs et aux sans-papiers, contre le racisme d'Etat et le ciblage de la jeunesse et des quartiers populaires, pour la vérité, la justice, la dignité, l'égalité, la liberté, contre les lois d'exception et pour le retrait du projet de loi Macron-Collomb Asile et Immiogration, on appelle toutes et tous à marcher le 17 mars à Paris.
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Bien sûr le gouvernement tente cyniquement d’utiliser la carte du racisme et de la division pour casser tout mouvement de contestation. Depuis la rentrée il y a eu le lancement d’un pseudo grand débat sur l’immigration, la relance des quotas et les discours stigmatisant les musulmans.

Rien que cela nécessite une riposte en contre feu du mouvement. L’appel lancé conjointement par les syndicats (CGT, Solidaires, FSU, CNT, CNT-SO) avec les collectifs de sans-papiers et 150 collectifs et associations pour les manifestations du 18 décembre doit être un contre-feu qui répond « unité ! » là où les pyromanes appellent au feu. Des manifestations sont prévues dans tout le pays.

 Mais la nécessité de lier riposte sociale et solidarité avec les migrantEs est aussi un enjeu de fond pour la force et la durée du mouvement.

Car laisser diffuser les arguments utilisés pour justifier les politiques anti-migratoires c’est finalement ouvrir grande la porte aux arguments qui justifient toutes les autres attaques et en premier lieu celle sur les retraites.

Le premier c’est celui des moyens. Ce qui est utilisé le plus largement pour justifier le contrôle de l’immigration c’est l’idée qu’il n’y a pas suffisamment de moyens pour accueillir les migrantEs. Nous passerons ici sur le fantasme raciste d’un pseudo déferlement migratoire. Mais accepter qu’il n’y a pas suffisamment de moyens pour accueillir les migrantEs, c’est finalement accepter l’idée qu’il n’y a pas assez de moyens tout court. Donc pas assez de moyens non plus pour, au choix, les hôpitaux, l’éducation, les salaires… les retraites.

La réalité est radicalement différente. Pour ne prendre qu’un chiffre : ces vingt dernières années le PIB de la France, c’est-à-dire les richesses produites, a pratiquement doublé. Où sont allées ces richesses, sachant que la population a peu progressé en nombre et que le solde migratoire est très faible ? Y-a-t-il moitié moins de pauvres ? Ils/elles sont au contraire plus nombreux et nombreuses. Les salaires ont-ils doublé ? Les retraites ?

Non ce sont les revenus des plus riches qui ont explosé.

Le second argument est au cœur de l’enjeu de la « réforme » des retraites. Il s’agit, sous couvert de régime universel, du système des retraites par points. Ce dont il s’agit ici c’est de passer d’une logique d’un droit collectif à celle d’un contrat individuel qui soumet l’individu au bon vouloir du pouvoir et qui dépend de sa soumission à une norme qui est celle de l’exploitation et du profit.

Or de quoi s’agit-il en ce qui concerne les migrantEs et de toute la logique de « l’immigration choisie » qui est celle des critères de régularisation et, pire encore, celle des quotas. C’est le pouvoir qui détermine qui seraient les « bons » migrants : ceux et celles qui sont aptes aux besoins de l’économie : en bref les exploitables.

Allons plus loin dans l’ignoble : les frontières, externes comme internes, avec tous les obstacles qu’elles dressent sur la route des migrantEs, les conditions dans lesquelles elles les réduisent quand ils et elles survivent sont les outils d’un tri abject. Au prix de dizaines de milliers de mortEs.

Refuser la « survie par points » qui est l’immonde situation faite aux migrantEs c’est renforcer le refus global de la logique qui est à la base de la politique de ce gouvernement.

C’est construire les bases d’un mouvement capable de le vaincre.

Alors le 18 décembre, touTEs ensemble ! Egaux, Egales, Personne n'est illégal !

Paris, le 13 décembre,

Alioune Traoré (Coalition Internationale des Sans-Papiers et Migrants)

Denis Godard (Zone de Solidarité Populaire 18è)

Appel, signataires et lieux des manifestations dans de nombreuses villes :

https://blogs.mediapart.fr/marche-des-solidarites/blog/111219/18-decembre-18h-egaux-egales-personne-nest-illegal

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

À la Une de Mediapart

Journal — International
Comment les Chinois ont corrompu les Kabila pour un contrat minier géant
Une société-écran, alimentée par deux sociétés d’État chinoises détentrices du plus gros contrat minier de l’histoire de la RDC, a versé au moins 30 millions de dollars à la famille et au premier cercle de l’ancien président Joseph Kabila. Sa famille a aussi obtenu en secret des parts dans l’autoroute et le barrage liés à la mine.
par Yann Philippin et Sonia Rolley (RFI)
Journal — International
Des millions volés à l’État ont financé un retrait de cash par le directeur financier de Kabila
L’entreprise congolaise Egal, qui a détourné 43 millions de dollars de fonds publics en 2013, en a reversé 3,3 millions sur un compte de la présidence de la République de RDC afin de compenser un retrait d’espèces effectué par le directeur financier du président Joseph Kabila.
par Yann Philippin
Journal — International
Russie : pourquoi le Kremlin veut en finir avec Memorial
L’historien Nicolas Werth explique les enjeux de la possible dissolution, par la justice russe, de l’ONG Memorial. Celle-ci se consacre à documenter les crimes de la période soviétique, mettant ainsi des bâtons dans les roues du roman national poutinien.
par Antoine Perraud
Journal — France
Mosquée « pro-djihad » : au Conseil d’État, le ministère de l’intérieur se débat dans ses notes blanches
Vendredi 26 novembre, le Conseil d’État a examiné le référé de la mosquée d’Allonnes (Sarthe), qui conteste sa fermeture pour six mois ordonnée par arrêté préfectoral le 25 octobre. Devant les magistrats, la valeur de feuilles volantes sans en-tête, date ni signature, a semblé s’imposer face aux arguments étayés de la défense. Compte-rendu.
par Lou Syrah

La sélection du Club

Billet de blog
Avec le poids des morts
« Chaque famille, en Côte d'Ivoire, par exemple, est touchée. Tu vois le désastre, dans la mienne ? On assiste à une tragédie impensable ». C. témoigne : après un frère perdu en Libye, un neveu disparu en mer, il est allé reconnaître le corps de sa belle-sœur, dont le bateau a fait naufrage le 17 juin 2021 aux abords de Lanzarote, à Orzola.
par marie cosnay
Billet de blog
« Atlantique », un film de Mati Diop
Des jeunes ouvriers au Sénégal ne sont pas payés depuis plusieurs mois rêvent de partir pour l’Europe au risque de leur vie. Ada, amoureuse de l’un de ces hommes, est promise à un riche mariage contre son gré. Les esprits auront-ils raison de ces injustices ?
par Cédric Lépine
Billet de blog
« Ailleurs, partout » : d’autres images des migrations
« Ailleurs, partout », d’Isabelle Ingold & Vivianne Perelmuter, sort le 1er décembre. Le documentaire offre une passionnante réflexion sur les paradoxes de la géographie contemporaine, entre fausse ubiquité du cyberespace et vrais obstacles aux migrations. Rencontre avec les deux réalisatrices. (Entretien avec Nashidil Rouiaï & Manouk Borzakian)
par Géographies en mouvement
Billet de blog
« L’Héroïque Lande - La Frontière brûle » : des vies électriques
[Archive] «L'Héroïque Lande. La Frontière brûle», réalisé par Elisabeth Perceval et Nicolas Klotz, renverse les attendus d'un film «sur» La Jungle de Calais, pour sonder les puissances politiques et sensibles du cinéma, avec des images qui s'imaginent depuis une Zone et avec ses fugitifs.
par Robert Bonamy