Un spectre hante l’Europe. Le spectre de Berlusconi

Le moment est très mal choisi. A peine sortie de l’impasse, fragile (et fragilisée), prise dans la tempête des marchés l’Italie (et l’Europe) est confrontée à un nouveau revers qui pourrait avoir des conséquences catastrophiques sur toute la zone euro:la démission de l'austère Mario Monti (technocrate imposé par la troïka) et le conséquent retour en selle de Silvio Berlusconi qui a officialisé son intention de briguer un sixième mandat. 

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Le moment est très mal choisi. A peine sortie de l’impasse, fragile (et fragilisée), prise dans la tempête des marchés l’Italie (et l’Europe) est confrontée à un nouveau revers qui pourrait avoir des conséquences catastrophiques sur toute la zone euro:la démission de l'austère Mario Monti (technocrate imposé par la troïka) et le conséquent retour en selle de Silvio Berlusconi qui a officialisé son intention de briguer un sixième mandat. Après une perte de souveraineté qui a duré un an, les Italiens retrouvent le pire scénario. Le retour du Cavaliere, décongelé politiquement pour éviter un énième procès et sauver les meubles de son empire financier. Mais nous ne sommes pas dans un roman de Boulgakov (ce diable de Béhémoth semait la panique partout dans la ville) ni dans un film d'épouvante (ces mots sont du célèbre chanteur Franco Battiato) mais dans une réalité qui pourrait se concrétiser dans seulement 60 jours. Berlusconi, dans l’espace court de 24h, a réussi son pari : focaliser l’attention des médias sur son retour, un retour marqué par un populisme qui est sa véritable marque de fabrique ( « on s’en fout du spread avec l’Allemagne » a-t-il dit mais le ministre des affaires étrangères allemand Westerwelle a voulu préciser que l'Allemagne ne peut pas être utilisée pour booster sa campagne populiste « nous ne l’acceptons pas » a-t-il dit). Mais la machine berlusconienne – avec tout son attirail de ruses et tricheries - a désormais démarré (un exemple ? L'échange de vote. Dans certains quartiers populaires 20 euros et des courses chez Carrefour suffisent pour s'acheter un vote). Mais c'est surout les moyens de Berlusconi à nous rendre inquiets, à savoir son empire médiatique, un empire qui lui a permis de garder une forte mainmise sur l'Italie pendant vingt ans (ici sur la mainmise et la chute de Berlusconi).  Le leader désigné de la gauche Bersani pourra faire face à la puissance, à la violence et à la vulgarité de la machine berlusconienne? Le doute est là pour la gauche italienne. Mais la vraie question est en réalité une autre: les Italiens, vont-ils le voter pour l’énième fois ?Espérons qu'une telle éventualité ne voit jamais le jour et que le peuple italien puisse démontrer qu'il a appris les leçons de l'histoire. Mais, nous le savons, avec Berlusconi la surprise est toujours au rendez-vous. La survie de l'Italie (et de l'euro) ne tient qu'à un fil. 



 

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