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Billet de blog 2 déc. 2021

La théorie du patriarcat chez les masculinistes (2-12)

Zemmour, Soral, le MGTOW, les hoministes… comment les masculinistes assument ou dénient les structures de domination patriarcales ? Cet article décrypte les idéologies antiféministes propres à la manosphère, et exposent leurs évolutions. Entre victimisation masculine et radicalisation misogyne, le masculinisme de demain se diversifie et gagne en puissance grâce au déni de l’Etat patriarcal.

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Plan de l'écrit

1. Introduction au masculinisme

  • Les communautés masculinistes

2. Le patriarcat : bénéfice, nécessité, victimisation et aliénation

  • Les bénéfices de la domination masculine
  • La nécessité : l’assignation pour la complémentarité des sexes
  • Déni et inversion de la domination
  • Le patriarcat comme source d’aliénation

3. Conclusion

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  • Avant-propos

Cet article est le premier du dossier sur les communautés masculinistes. Il se décompose en deux parties dont ce présent écrit est la première. Ici, je discute la question du patriarcat. Dans le second, il sera question de l’essentialisation des femmes.

Par ailleurs, je ne rentrerai pas dans les détails des thèses puisque des articles plus détaillés seront publiés sur chacun des mouvements et des figures masculinistes. Point important, dans ce dossier est étudié l’antiféminisme contemporain, c’est-à-dire des mouvements masculinistes plus ou moins structurés qui ont émergé à partir des années 70 en réaction aux conquêtes féministes.

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1. Une introduction au masculinisme

Le mouvement masculiniste contemporain – que l’on peut nommer androsphère ou manosphère - est né aux USA et au Canada dans les années 70, pour arriver en France à la fin de années 90. C’est une réaction masculine qui répond aux conquêtes féministes des 40 dernières années du 20ème siècle. Il appelle les hommes à se mobiliser contre des prétendus « privilèges féminins » et contre la domination structurelle qu’ils subiraient au profit des femmes. Aux USA, ces idées sont puissantes puisqu’elles se sont répandues au sein des universités et sont portées par des universitaires. Au Canada, elles sont principalement diffusées par des collectifs d’hommes. En France, ce sont majoritairement les intellectuels de droite et d’extrême droite (Zemmour, Soral, Guillot) qui les développent. Dans son étude sur le masculinisme, Mélissa Blais constate que la manosphère est composé très majoritairement d’hommes blancs hétérosexuels issus de milieux assez privilégiés économiquement.

Dans la manosphère, il y a plusieurs thèmes récurrents : la violence faite aux hommes ; la garde des enfants ; les fausses accusations de viols ; l’inversion de la domination au profit des femmes ; l’idéologie « paterphobe » des institutions (école, justice) etc. Toutes ces thématiques sont traversées par la soi-disant « crise de la masculinité », malgré la fausseté évidente de cette hypothèse. En effet, comme le montre Francis Dupuis-Déri, le discours sur la « crise de la masculinité » est mobilisé depuis l’antiquité par les hommes à chaque fois que l’ordre patriarcal est remis en cause. Ce mythe ne témoigne donc pas d’un processus réel, mais d’une expression masculine qui s’exerce à chaque fois qu’est fragilisé et contesté leur domination sur les femmes dans les rapports sociaux de sexe. Comme l’exprime Christine Bard : « La rhétorique de la crise de la masculinité n’a pas le mérite de la nouveauté. Elle exprime toujours la hantise de l’égalité. »[1].

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  • Les communautés masculinistes

On utilise toujours le terme de masculinisme au singulier. La cause logique est donc d’en faire un univers homogène. Or, c’est une erreur. L’androsphère est un univers diversifié. Il est possible de dégager 4 grands mouvements : les M.R.A (Men’s Right Activist ; Activistes pour le droit des hommes) ; les MGTOW (Men Going Their Own Way) ; les Pick-Up Artist (PUA) ; les Incels. En ce qui concerne les pionniers du masculinisme français, Alain Soral et Eric Zemmour, ils sont difficilement catégorisables.

Le courant M.R.A (Warren Farrell, le mouvement pour les droits des pères, Jordan Peterson et Paul Elam plus récemment etc.) émerge dans les années 70 en réponse aux nouvelles conquêtes féministes. Il s’intéresse à des problématiques sociales tels que le droit de la famille, la garde des enfants, la violence domestique et d’autres thèmes, mais du point de vue des hommes. Selon eux, ce sont désormais les hommes qui sont victimes d’une multitude de discriminations au profit des femmes.

Les Pick-up Artists se considèrent comme des spécialistes de la séduction. Attestant que les hommes subissent une crise de la masculinité, ils proposent de la revivifier à partir de la drague et la multiplication des conquêtes. En réalité, leurs « techniques » de séduction reposent notamment sur le harcèlement de rue et l’agression sexuelle, et nécessairement sur l’objectivation du corps des femmes.

La branche MGTOW émerge dans les années 2000. Selon eux, la société est construite structurellement contre les hommes. Ils prônent un désengagement socio-économique progressif de la société et une mise à distance, voire une sécession relationnelle avec les femmes et les hommes qui soutiennent le féminisme.

Pour finir, les Incels se considèrent comme des « célibataires involontaires ». Selon eux, la société féminisée ne leur permettent pas d’avoir de relation sexuelle avec les femmes, dont ces dernières sont les principales responsables de leurs échecs sentimentaux. Dans cette communauté, la haine sexiste constitue l’élément fondamental et les apologies du viol et du meurtre sont monnaie courantes.

Une récente étude sur le masculiniste montre que les mouvements antiféministes se radicalisent notamment par la progression constante des mouvements MGTOW et Incel depuis une dizaine d’années. En effet, leur grille de lecture haineuse efface progressivement le conservatisme misogyne des M.R.A. La France n’est pas insensible à ce changement, en témoigne la popularité des chaines youtube du « raptor » et de « L’observateur » qui cumulent des millions de vues, ou d’autres comme Batiste Marchais, Papacito, Valek (même si ces derniers ne s’inscrivent pas dans le MGTOW).

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2. Le patriarcat, entre nécessité, déni et inversion de la domination

Le patriarcat est une organisation sociale qui repose sur la domination de la classe des hommes sur celle des femmes. Il se traduit principalement par une division sexuée et inégale du travail qui développe des relations de pouvoir déséquilibrées. Pour que les hommes puissent continuer à exister comme ils existent – en tant que classe sexuée dominante -, le patriarcat œuvre au développement, à l'essentialisation et à la hiérarchisation des inégalités de genre. Il y aurait donc une nature intrinsèque aux hommes et aux femmes qui expliquerait leur place sociale, en déniant les constructions historiques, les effets des contextes socio-économiques et de l’ensemble des rapports sociaux.

Or, le féminisme matérialiste détruit cette grille de lecture conservatrice en montrant que ce sont les modes de production (capitaliste et domestique) et les rapports de domination qui en découlent qui construisent les groupes sociaux : la classe des hommes et la classe des femmes. Les groupes sociaux sont fabriqués par et dans les rapports sociaux de sexe qui les produisent, les opposent, les différencient, les hiérarchisent,[2] sans oublier les autres rapports sociaux (classe, race, validisme).

Mais comment se situe idéologiquement les masculinistes face au patriarcat ? Quatre expressions se dégagent : la profitabilité, la nécessité, l’inversion de la domination, et l’aliénation.

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  • Les bénéfices de la domination masculine

Le mouvement MGTOW discrédite la thèse de la domination masculine d’une manière particulière. Selon lui, c’est une théorie « paternaliste et sexiste » puisqu’elle laisserait prétendre que les femmes sont depuis des siècles incapables de se défendre contre les hommes. Ainsi, s’il y a eu des relations asymétriques entre les sexes, c’est parce que les femmes ont trouvé des bénéfices importants qui rendent impertinent la qualification de domination : « Soit il faut admettre que les femmes ne sont pas capables collectivement de s’opposer à la domination masculine, soit il faut admettre que les femmes y ont trouvé un bénéfice. (…) Les femmes ont bel et bien trouvé un intérêt à la “domination masculine” pendant des siècles, notamment d’un point de vue évolutionniste (prise de risque masculine qui favorise la sécurité des femmes). »

Eric Zemmour s’inscrit également dans cette forme d’explication. Les inégalités produites par le patriarcat ne relèvent pas de la domination mais de besoins fondamentaux dont les femmes tirent profit : « Il n'y a pas de complot de l'homme pour imposer son hégémonie à la femme ; seulement des besoins fondamentaux dans des situations de grand danger, guerre, famine, menace de prédateurs, qui ne peuvent être satisfaits que par des inégalités protectrices et salvatrices, autant pour les hommes que pour les femmes.[3] »

En d’autres termes, les femmes seraient protégées par le système patriarcal et elles bénéficieraient d’avantages sociaux et matériels. Cette explication permet de déresponsabiliser les hommes, d’invisibiliser un rapport social de domination et l’ensemble des violences – notamment conjugales et extra-conjugales - qui s’exercent contre les femmes.

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  • La nécessité : l’assignation pour la complémentarité des sexes

L’argument de la nécessité repose sur l’essentialisation biologique des sexes. Certains M.R.A s’ancrent dans cette conception, tout comme Alain Soral et Éric Zemmour. S’ils ne dénient pas la réalité de la société patriarcale, ils considèrent qu’elle permet un équilibre des relations entre les sexes. En effet, la famille patriarcale apporterait une complémentarité dans les rôles assignés à chacun dont la condition biologique déterminerait les fonctions et rôles sociaux. Ainsi, l’éducation, le maternage et la tenue du foyer sont à la charge des femmes puisque ces activités ne seraient que le prolongement des aspirations naturelles de leur corps, alors que l’homme doit s’investir dans la sphère économique et dans l’organisation de la cité (la politique et la vie intellectuelle).

Ensuite, si la communauté MGTOW déconsidère la famille patriarcale, certains masculinistes de ce mouvement évoque tout de même sa nécessité. C’est le cas de « L’observateur », très présent sur internet, milite pour la remise en place de structures patriarcales rigides afin de remettre un « équilibre » dans les relations sexuées : « Le patriarcat est à l'origine de la civilisation et le féminisme est en train de la détruire. » En d’autres termes, il propose d’assujettir les femmes à nouveau dans la sphère privée, là où elles pourront être davantage invisibilisées, silencieuses, et dépendantes aux activités des hommes.

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  • Déni et inversion de la domination

Au-delà de la profitabilité féminine et de la nécessité du patriarcat, des masculinistes dénient clairement la domination masculine. C’est le cas du mouvement hoministe représenté notamment par Patrick Guillot. Selon ce mouvement, le patriarcat n’existe plus car les femmes auraient obtenu l’égalité des droits. Par ailleurs, s’il admet l’existence d’un sexisme contre les femmes, cette reconnaissance n'est qu’un subterfuge pour lui opposer l’existence d’un sexisme contre les hommes à valeur égale. En effet, selon ce courant masculiniste, les deux sexismes seraient structurels et symétriques : « Les deux sexismes présentent, il est vrai, des différences, Mais ils ne diffèrent pas fondamentalement. Chacun d'eux est le plus souvent une « haine-réponse » aux violences et aux injustices générées par l'autre.[4] » En d’autres termes, les violences misogynes et meurtrières des hommes contre les femmes ne sont pas systémiques, mais seulement des réponses aux « discriminations structurelles » que subiraient les hommes !

Cependant, l’hominisme, de nombreux M.R.A ou encore le mouvement pour le droit des pères, utilisent également l’argument de la victimisation. Aujourd’hui, le rapport de domination se serait inversé au profit des femmes. Selon eux, les droits des femmes ont dépassé l’entendement et empiètent sur ceux des hommes qui seraient désormais les plus discriminées et dominées dans notre société : « l’histoire des 70 dernières années, [montre] non seulement les anciens privilèges masculins ont disparu, mais ce sont les hommes désormais qui subissent diverses injustices et discriminations.[5] » Ceci est paradoxale puisque les masculiniste accusent les féministes contemporaine d’être dans une position victimaire, alors que ce sont eux qui utilisent aujourd’hui cette carte. Le dominant du passé serait devenu le dominé d’aujourd’hui.

Les masculinistes MGTOW poussent la logique de la victimisation encore plus loin. En effet, ils adhèrent à cette hypothèse d’inversion de la domination, mais en mobilisant deux concepts fondamentaux propre à leur théorie anti-féministe : le gynocentrisme et la plantation. Le gynocentrisme est un mode de pensée et un rapport social qui valorisent les femmes au détriment des hommes. Il serait le « témoin et la conséquence du pouvoir social des femmes » en faisant aujourd’hui « des femmes la seule chose qui compte. » Ensuite, la plantation est un « système esclavagiste moderne exploitant les hommes comme ressources au profit des femmes. (…) Un esclave qui n’a que des devoirs mais plus de droits, que des responsabilités mais plus d’autorité. »

En d’autres termes, les hommes seraient d’une part dominés socialement et d’autre part esclavagisés financièrement et matériellement par les femmes. Pour apporter du crédit à leurs thèses, le MGTOW s’inscrit dans une position antiscientifique. Il nie volontairement l’ensemble des études sociologiques[6][7][8][9] sur les rapports sociaux de sexe, sur les situations financières et sociales inégales entre les hommes et les femmes et qui s'aggravent davantage avec la crise sanitaire, puisque tout ce corpus analytique contesterait leurs grilles de lecture misogyne.

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  • Le patriarcat comme source d’aliénation

Si pour de nombreux masculinistes la famille traditionnelle, avec son institutionnalisation par le mariage, est l’élément structurant pour la société patriarcale, le courant MGTOW considère qu’il faut s’éloigner de cette institution qu’il considère comme une aliénation et une soumission à la société gynocentrée et à la Plantation. L’homme masculiniste doit se retrouver dans son for intérieur ; ne plus rien attendre des femmes et s’isoler des « plus toxiques » ; pratiquer l’homosocialité avec les hommes ayant pris la pilule rouge, c’est-à-dire les hommes ayant pris conscience que notre société gynocentriste est dominée par les femmes.  C’est une rupture avec les anciennes théories antiféministes puisque le MGTOW propose aux hommes de s’engager dans un retrait socio-économique et de s’éloigner des relations affectives à long terme avec les femmes. En ce sens, c’est une radicalisation de la théorie antiféministe qui mobilise et nourrit toujours davantage de misogynie à l’égard des femmes, mais également d’homophobie et de transphobie envers les minorités sexuelles et de genre, puisque dans la manosphère, on ne peut dissocier ces multiples haines.

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3. Conclusion

Nous avons vu ici - de manière très synthétique -, les grandes convergences et divergences des communautés de la manosphère sur le patriarcat. Certains considèrent que cette organisation sociale apporte des avantages sociaux et matériels aux femmes, invisibilisant les violences physiques et sexuelles, les inégalités salariales, les discriminations, l’absence de répartition des tâches domestiques etc. D’autres considèrent qu’elle est une nécessité pour permettre la rencontre entre les sexes. Cet argument est subtil puisqu’il repose sur un beau discours de complémentarité, mais qui poursuit comme objectif insidieux d’essentialiser les femmes en fonction de critères faussement « biologiques ».

Pour d’autres masculinistes, le rapport de domination se serait inversé. Les hommes subiraient les principales discriminations et les violences les plus fortes de notre société. Cette victimisation joue la carte de « l’équilibre entre les sexes » voire la recherche de la « paix entre les sexes », mais qui poursuite la finalité de faire reculer le droit des femmes pour revivifier les structures patriarcales. Pour finir, les MGTOW considèrent que la famille patriarcale est une alinéation pour l’homme, et qu’il doit s’en émanciper en se concentrant sur son propre développement personnel.

Néanmoins, peu importe l’angle de la vue des mouvements masculinistes sur le patriarcat, celui-ci a besoin d’essentialiser les corps à travers une essence intemporelle qui assigne à des fonctions et rôles sociaux. En effet, sans essentialisation, il ne peut y avoir de domination. Alors, comment les mouvements masculinistes réduisent les femmes à une « nature » inférieure, universelle et immuable qui déterminerait leur destin collectif ? C’est ce que nous verrons dans la deuxième partie de cet article.

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[1] Christine Bard, Un siècle d'antiféminisme, Fayard, 1999, p32

[2] Collectif Manouchian, Dictionnaire des dominations, Syllepse, 2012, p87,88

[3] Eric Zemmour, Destin Français, Albin Michel, 2018, p483

[4] Patrick Guillot, Misogynie, misandrie, il y a DEUX SEXISMES, De Varly, 2018, p84

[5] Patrick Guillot, Misogynie, misandrie, il y a DEUX SEXISMES, De Varly, 2018, p134

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