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Billet de blog 5 sept. 2021

Les sans-abri, ces invisibles de la société (1/8)

Ce dossier présente le sans-abrisme à travers plusieurs articles. Il poursuit l'objectif de donner aux lecteurs et lectrices des clés de compréhension et d'analyse sur ce phénomène, qui tue chaque année entre 500 et 3000 personnes.

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Pour l’année 2020, j’ai réalisé un dossier de recherche sur une déviance particulière, la délinquance. Celui-ci poursuit l’objectif de donner aux lecteurs et lectrices de Médiapart et d’ailleurs, des clés de compréhension sur ce phénomène social, des clés autant historiques, sociologiques que psychologiques. Trop souvent, ce phénomène est survolé ou caricaturé dans les (faux)débats du champ éditorialiste, politique et médiatique.

En ce premier semestre de l’année 2021, j’ai réalisé un second dossier de recherche sur la pédocriminalité, en lien avec la loi Billon sur les crimes sexuels contre les mineurs. Tout comme le premier, ce dossier ambitionne d’exposer aux lecteurs et lectrices les enjeux d’une nouvelle loi contre la pédocriminalité, mais aussi de démontrer le caractère structurel de cette violence, ses multiples formes, et ses conséquences concrètes sur les victimes.

Dans les deux cas, mon but est de transmettre des données issues de la recherche en sciences sociales, des connaissances trop souvent méconnues, sur des sujets de société complexes et sensibles.

Ce troisième dossier est une nouvelle introduction à un phénomène, celui du sans-abrisme. Ma démarche ne change pas des deux autres recherches précédentes. Chaque article traite d’un sujet particulier, dont je vais vous exposez les grandes lignes ci-dessous.

Introduction au sans-abrisme

Ce premier article expose les informations principales du sans-abrisme. La première partie est consacrée à la typologie des personnes sans-domicile. Car comment définir une population aussi diverse avec la multitude de termes qui existe : sans-abri, sans-logement, sans-domicile, SDF, vagabond, mendiant etc. La deuxième partie présente les statistiques principales du sans-abrisme (combien de personnes à la rue, les classes d’âge, la question des femmes, le temps d’errance, la violence etc.)

La troisième partie expose les problèmes de santé auxquels sont confrontés les personnes sans-domicile, et rapidement la question des décès (un billet est consacré à ce thème). La quatrième partie aborde un phénomène propre au 21ème siècle, la « migrantisation » du sans-abrisme, c’est-à-dire la présence en constante évolution des demandeurs d’asile dans la population des sans-domicile, fuyant la violence de la guerre et de l’extrême pauvreté. La cinquième partie expose le retour des campements et des bidonvilles, une situation française exceptionnelle en comparaison aux autres pays européens.

La mortalité des sans-domicile

Cet article traite la question des décès qui sont survenus au cours de l’année 2019, au travers les données de l’étude du Collectif « Les Morts de la Rue » (CLMR) publiée en 2020. En effet, les données sur la mortalité en 2020 ne sortiront qu’à l’automne 2021.

Dans un premier temps, j’expose rapidement la typologie particulière du CLMR pour qualifier les sans-domicile afin d’utiliser la même dans mon article. La deuxième partie montre que l’espérance de vie des sans-domicile est grandement inférieure à la population générale, tout comme l’âge moyen de décès. La troisième partie discute des causes générales des décès, entre la violence des maladies et des causes externes. La quatrième partie – et la dernière - présente les données principales des décès en 2019 afin d’analyser des tendances générales : personnes à la rue et hébergées, les différences entre les hommes et les femmes, les lieux et les causes des décès, les classes d’âge, la composition familiales, la nationalité etc.   

Sans-abrisme et Covid19

Si la Covid19 modifie notre quotidien, celui des sans-domicile est bouleversé. Dans un premier temps, je présente les problématiques liées à l’hébergement pendant le premier confinement. Si l’Etat a augmenté les places – sous la pression des associations -, ceci n’a pas permis à tous les sans-abri d’être logés, et ceux qui l’ont été se sont retrouvés dans des conditions parfois insalubres, sans aucune protection sanitaire. Dans un second temps, j’expose comme les conditions de vie des sans-abri se sont dégradées dans les besoins les plus élémentaires à cause du confinement : l’alimentation, l’eau, et l’hygiène. Ensuite, je discute des conséquences du confinement sur l’isolement des personnes sans-abri, et comment les associations se sont adaptées à la situation, notamment face à l’inaction de l’Etat. Pour finir, j’expose la question des expulsions, qui, si elles ont fortement diminuées, se sont produites pour plusieurs milliers de ménages.

Sans abri : les "bonnes raisons" de refuser d'être aidé

En 2017, Christophe Castaner, alors Secrétaire d’État chargé des relations avec le Parlement, justifie l’échec cuisant de Macron qui avait promis de loger toutes les personnes à la rue, par le refus des sans-abri de se faire héberger. Dans un premier temps, l’écrasante majorité des personnes qui ne sont pas logées ne dorment pas dehors par choix. La réalité est que seulement 1 appel sur 4 au 115 (numéro d’urgence sans-abri) se finalise en proposition d’hébergement. Par ailleurs, si il y a effectivement des personnes sans-abri qui refusent un hébergement, il faudrait plutôt se demander pourquoi. C’est cet objectif que poursuit cet article. Dans un premier temps, j’expose qu’il y a quatre familles de facteurs qui expliquent les refus.

Ensuite, j'expose un nouveau modèle explicatif du refus développé par le sociologue Julien Damon, qui s’inspire de la théorie de la rationalité de Raymond Boudon. Ce modèle s'attache à décoder ce qui fait sens aux sans-abri pour comprendre leurs comportements. On s’éloigne d’une lecture misérabiliste qui nous permet de développer un nouveau cadre explicatif du refus de l’aide : celle de l’inadaptation de la prise en charge et de l’offre de service.

Le discours indécent de la classe politique sur le sans-abrisme

Ils nous ont tous promis le « zéro sans-abri » dans leur campagne présidentielle. A chaque fois, les sans-abri ont doublé. Que ce soit sous l’époque Sarkozy, Hollande ou Macron, les promesses n’étaient que démagogie politique. Mais surtout, c’est tout un discours qui s’est développé pour justifier les échecs des politiques de logement, et dont En Marche gagne la première place de l’indécence. Cet article retrace cette rhétorique anti-sans-abri, qui leur fait porter le poids de la responsabilité de leur situation. Si on connaissait cette rhétorique pour les chômeurs responsables de leur chômage, les pauvres responsables de leur pauvreté, il y a maintenant les sans-abri responsables de leur sans-abrisme.

Les dispositifs anti-sans-abri

Cet article présente comment les mairies, les services publics, les magasins, et les administrations, éloignent les sans-abri de leurs institutions. En effet, afin d’éviter leur présence qui nuit à la féerie de la consommation et à la « beauté du paysage pour touristes », des constructions architecturales et des techniques d’urbanisme sont utilisées pour repousser les personnes sans-abri. Cet article sera court, et constitué principalement de photographies issues de l’association SurvivalGroup, afin de vous présenter concrètement par quels procédés les villes tentent d’invisibiliser le sans-abrisme, au lieu de le résoudre.

Quelles solutions au sans-abrisme ?

Pour finir ce dossier, j’expose des propositions concrètes afin de diminuer, voire de résoudre le problème du sans-abrisme. Issues de travaux d’association et de collectifs de terrain, les hypothèses présentées permettent de proposer un nouveau paradigme pour les politiques publiques et sociales, mais également de logement et d’asile. Le budget consacré aux sans-domicile n'a jamais été aussi haut, plus de 3 milliards alors qu'il était inexistant dans les années 80. Comment expliquer qu'il y a toujours davantage de personnes à la rue ? En définitif  le problème n'est pas qu'un problème de budget, mais surtout que notre vision n'est pas bonne. Des dispositifs couteux et inefficaces comme l'hébergement et l'hôtel doivent laisser place à un nouveau modèle : celui du logement accompagné.

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