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Billet de blog 7 oct. 2021

L'indécence du discours politique (6/8)

Démagogie, mensonge, minimisation, responsabilisation des sans-abri, invisibilisation des violences policières, tels sont les procédés qui constituent le discours indécent des personnalités politiques sur le sans-abrisme. Si l’ensemble des partis qui ont goûté au pouvoir sont concernés, LREM est celui pour qui l’indécence a atteint une hauteur jusqu'ici inégalée.

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Introduction

Cet article traite du discours indécent de la classe politique sur le phénomène du sans-abrisme. Dans un premier temps, j’exposerai l’idée que la promesse “Zéro SDF” est devenue une annonce démagogique habituelle. Ensuite, je présenterai plusieurs exemples de discours politiques qui tendent à relativiser le phénomène du sans-abrisme, ou à transférer le poids de la responsabilité sur les sans-abri en disculpant l'État. Puis, je reviendrai sur les propos du préfet du Nord-Pas-de-Calais qui ont pour finalité d'invisibiliser les violences policières contre les sans-abri demandeurs d’asile à Calais. Pour finir, je présenterai une ouverture qui montre que l’indécence chez LREM n’est pas exclusive à la question des sans-abri, mais constitue le cœur de leur discours et de leurs actions.

  • La promesse “Zéro SDF”, une démagogie routinière

On ne compte plus les personnalités politiques manient cette formule creuse, qu’ils soient prétendant à la présidence ou en fonction. Les exemples au 21ème siècle le démontrent. Durant la campagne présidentielle de 2002, Lionel Jospin prévoie son plan Zéro-SDF malgré les lacunes apparentes de son programme logement et d'aide sociale. En 2006, c’est Nicolas Sarkozy qui présente ce projet - avec un programme encore plus vide que celui de Jospin - en ces termes : « D'ici 2 ans, je veux que plus personne ne soit obligé de dormir sur le trottoir et d'y mourir de froid ».

Pendant le mandat socialiste, c’est le Premier Ministre Jean-Marc Ayrault qui déclare vouloir « changer les règles du jeu, faire en sorte que quand la période hivernale s’arrête, on ne ferme pas les centres d’hébergement, que ce ne soit pas le thermomètre qui décide notre politique, (mais) la réalité humaine, sociale, les personnes concernées. » En d’autres termes, l’engagement est de ne pas renvoyer les sans-abri à la rue après la trêve hivernale, mais la réalité fut tout autre. En même temps, qu’est ce qu’on peut attendre de l'honnêteté d’un homme politique qui, lorsqu’il était maire de Nantes en 2006, a organisé une politique de fichage des sans-abri comme le révèle le journal Le Point.

Pour le mandat d’En Marche, c’est Emmanuel Macron qui utilise en juillet 2017 la rhétorique du “Zéro SDF” : « Je ne veux plus de femmes et d'hommes dans les rues, dans les bois, ou perdus... C'est une question de dignité, c'est une question d'humanité et d'efficacité ». Si nous connaissons l'échec évident de LREM, nous analyserons plus loin les tentatives de justification du gouvernement.

Toutes ces promesses s’inscrivent dans une démarche démagogique qui permet de flatter un certain public pour gagner quelques bulletins de vote supplémentaires ou quelques pourcentages de popularité dans les sondages. D’autre part, si ces annonces sont réelles et honnêtes, elles sont illusoires et déconnectées. En effet, si un plan “Zéro SDF” est envisageable comme politique publique, il ne peut se réaliser en quelques années, et encore mois en quelques mois ! C’est un programme qui mobilise un grand nombre de ministères : le ministère du logement, le ministère du travail, de l’emploi et de l’insertion ; le ministère des solidarités et de la santé ; ainsi que des responsabilités différentes comme l’Etat, les collectivités territoriales et locales, mais également l’échelle européenne. Je ne vais pas m’attarder sur cette question car un article sera dédié à la question des solutions. Cependant, il faut affirmer qu’un programme “Zéro SDF” est une hypothèse réelle, mais qu'il faut lui donner les moyens de ses objectifs. 

  • Exemple  1 : Quand le parti socialiste relativise le sans-abrisme

Entre 2012 et 2017, le Parti Socialiste au pouvoir réalise plusieurs sorties rhétoriques qui valent le détour. Un premier exemple avec Emmanuelle Cosse en 2017, alors ministre du logement du gouvernement Valls II, qui dédramatise la situation des sans-domicile. Elle prétend qu'il “n'y a pas d'hiver plus difficile que les autres”, ce qui permet d'euphémiser les manques importants en matière d’hébergement et de logement, ainsi que d'aide sociale en générale pour les sans-domicile. 

Cependant, c'est à la première ministre du logement du PS Sylvia Pinel que revient l'Oscar de l’indécence. En 2014, elle se réjouie d'avoir pour son ministère un budget réaliste et pragmatique. Réaliste car il permet de répondre aux besoins de tous, et pragmatique car il est constitué en fonction de ce qui est relevé sur le terrain. C'est pourquoi, forte de ce capital économique et de ce capital-confiance, la ministre fait passer la circulaire DGS/DUS-BAE/2014/296 du 10 octobre 2014 remettant en cause le dispositif hivernal. Pour la première fois depuis de nombreuses années, le dispositif hivernal n'a pas démarré le 1 novembre. Elle indique que les nouvelles places d'hébergement d’urgence (HU) ne seront mises en place qu'a partir de – 5°C.  Sylvia Pinel, sans complexe, assume la politique du thermomètre, c'est-à-dire que les niveaux de mobilisation des pouvoirs publics sont définis selon la météo. En d'autres termes, sous la politique du Parti Socialiste, ce qui définit la politique d'aide aux sans-abris n'est pas un degré d'humanité, mais un degré de température.

  • En Marche vers la responsabilisation des sans-abri

Avec le gouvernement LREM, le discours politique évolue en passant de la démagogie politique à la rhétorique anti-sans-abri. Celle-ci s’opère au travers une responsabilisation des sans-abri sur leur condition. Cette technique de retournement de la responsabilité et de la culpabilité est perverse, et très présente en politique. Si nous connaissions déjà la culpabilisation et le flicage des chômeurs qui seraient responsables du chômage de masse et les pauvres responsables de leur pauvreté, il y a maintenant les sans-abri responsables du sans-abrisme.

Tout commence avec cette annonce de Macron le 27 juillet 2017 : « Je ne veux plus de femmes et des hommes dans les rues, dans les bois, ou perdus… C’est une question de dignité, c’est une question d’humanité et d’efficacité là aussi. ». À la fin de l’année, la France entière constate l’échec, sans contestation possible, du gouvernement. Pourtant, il y a eu des protestations et des tentatives de justification des députés. Dans un premier temps, Macron et ses ministres affirment qu’ils ne parlaient que des demandeurs d’asile. L’alibi utilisé est misérable. D’une part, LREM met en concurrence les sans abri entre eux, ceux de droit commun (nationalité française) et les demandeurs d’asile. D’autre part, même s’ils ne discutaient que des sans-abri demandeurs d’asile, le constat est que de milliers n’étaient, et ne sont toujours pas hébergés aujourd'hui. Les campement de migrants et les bidonvilles en témoignent.

Cependant, la justification de l’échec politique d’En Marche en matière d'hébergement et de logement accompagné, ainsi que d’aide sociale en générale pour les sans-abri, se réalise par un transfert de responsabilité. En effet, si le gouvernement n’est pas en défaut, alors le problème provient des sans-abri. Le secrétaire d'État chargé des Relations avec le Parlement Christophe Castaner, affirme le 29 décembre 2017 que « Des femmes et des hommes, dans le cadre des maraudes, refusent aussi d’être logés ». Quelques mois plus tard, le député Sylvain Maillard affirme que « l'immense majorité d'entre eux dorment dehors par choix... Je suis aussi un élu local parisien et ce qu'il faut savoir, c'est que même dans les cas de grand froid, certains SDF ne souhaitent pas être mis à l'abri (…), c'est leur choix ». 

Castaner et Maillard ne mobilisent que les informations qui les arrangent, car s’il y a bien des sans-abri qui refusent d’être hébergés (nous y reviendrons), la grande majorité de ceux qui demandent de l’aide ne sont pas aidées ! Seulement 1 appel sur 4 au 115 se concrétise par un hébergement d’urgence. Donc 75 % des personnes qui veulent être hébergés ou logés ne le sont pas ! Et ceci, sans compter ceux qui n’appellent pas pour diverses raisons. Ensuite sur la question des refus d’aide. J’ai déjà écrit un article sur cette thématique, je vais donc reprendre les propos importants. Lorsque Castaner et Maillard affirment que les sans-abri refusent d’être hébergés, il faut faire une première distinction entre l’hébergement et le logement accompagné. Le premier relève de l’urgence, du transitoire qui parfois se résume à une seule nuit, alors que le deuxième relève d’un accompagnement à moyen/long terme pour accéder à un logement autonome. Ce n’est donc pas le même projet d’avenir.

Ensuite, de nombreux hébergements d’urgence ne sont pas sécurisés pour les sans-abri. Il se produit des vols ou des agressions, ce qui favorise un sentiment d’insécurité permanent. Ensuite, ces dispositifs interdisent l’accès aux animaux de compagnie, ce qui contribue à l’exclusion de certains sans-abri. Ensuite, le manque de places oblige parfois des familles (couples avec et sans enfants) à se séparer. Puis, les contraintes de la vie collective sont également difficiles à vivre (règlement intérieur strict, lever matinal, chambres collectives, douches et cuisines collectives), et l’humiliation d’être obligé de partir tôt le matin. Certains centres collectifs accueillent toutes personnes sans aucune distinction, de manière industrielle, dans un environnement insalubre, avec toutes les contraintes et les risques de la promiscuité. Pour finir, les dispositifs ne sont pas adaptés pour les personnes qui ont des problèmes psychiatriques et addictologiques. Par ailleurs, ceux qui subissent ce type de troubles peuvent ne pas avoir la capacité cognitive et psychique pour réaliser les dangers encourus. En réalité, la majorité des sans-abri qui refusent l’aide posent le constat suivant : l'inadaptation de la prise en charge et de nos services d’hébergements d'urgence. 

Une dernière sortie rhétorique d’un membre de LREM est celle de Julien Denormandie, secrétaire d’État à la Cohésion des Territoires. Il affirme en 2018 qu'il n'y a “à peu près une cinquantaine d’hommes isolés en Ile-de-France [qui dorment dehors], pour être très précis. Malgré une pirouette pour revenir sur ses propos quelques jours plus tard, les mots posés sont là et sans ambiguïté. Or, la réalité est tout autre. Dans la nuit du 15 au 16 février 2018, une équipe de 350 volontaires composés de professionnels du social quadrille la capitale afin de comptabiliser les sans-abri. Le constat est le suivant : c’est au minimum 3000 sans-abri qui dorment chaque soir dans les rues de Paris, bien loin des 50 individus de Denormandie !

  • Un préfet qui invisibilise les violences policières contre les sans-abri demandeurs d’asile

Les faits se déroulent entre 2016 et 2018. Le 24 janvier 2018 au JT de France 3, le préfet du Pas-de-Calais, Fabien Sudry relativise - et même justifie - la violence des forces de l’ordre contre les exilés de Calais. Pourtant, de nombreuses preuves sont fournies par les associations de terrain. Les rapports officiels de Human Rights Watch témoignent du comportement inapproprié des CRS : confiscation des sacs de couchage, des couvertures, des vêtements, des médicaments, des documents administratifs indispensables pour les demandes d'asile. Toujours selon ces mêmes enquêtes, les CRS utilisent du gaz lacrymogène contre les exilés, parfois mineurs, mais aussi pour intoxiquer l'eau et la nourriture des certains demandeurs d’asile. Par ailleurs, les travailleurs humanitaires ont également des difficultés à travailler devant les contrôles incessants des forces de l'ordre, qui s'apparente à du harcèlement. Par ailleurs, un policier est condamné en 2021 pour avoir délibérément agressé un travailleur humanitaire. 

Malgré ces faits, le préfet Fabien Sudry ferme les yeux, pour relativiser ensuite l’utilisation des gaz. Selon lui, le lacrymogène n'est pas utilisé par les forces de l'ordre. Il est remplacé par du gaz poivre qui est moins dangereux. Or, même si cet argument n’est pas démontré, l’utilisation du gaz poivre est agressif. Il provoque des irritations et des inflammations au niveau des yeux, de la bouche, de la gorge, des poumons et de la peau, ainsi que des problèmes respiratoires. Ses dégâts sont si violents que certains pays, comme le Canada, interdit son utilisation.

Revenons sur les propos du préfet. Il déclare que l'utilisation du gaz se réalise dans des « circonstances extrêmement précises » et que l’usage doit être « strictement proportionnée à la menace ». Mais où est la menace lorsque des sans-abri demandeurs d’asile se font gazer pendant leur sommeil ? Quelles menaces représentent les mineurs ? Pour quelles raisons l’alimentation est intoxiquée ? Les sacs de couchage et les couvertures confisqués avec les documents administratifs relative à la demande d'asile ? On attend toujours les réponses. En revanche, les preuves et les témoignages des bavures policières sont réels. Les rapports d’association1 2 3 le montrent, ainsi que - fait rare -, une inspection politique. En effet, la mission d'inspection organisée par Gerard Collomb en juillet 2017 confirme que des "abus" que l'on peut qualifier de bavures, sont perpétrés à Calais. 

Cependant, ils sont perpétrés de manière structurelle, et non par quelques policiers qui auraient dépassé les limites. Le communiqué de presse du Ministère de l’intérieur note qu’”il peut y avoir quelques dérapages individuellement”, prête à sourire. Ainsi, si les bavures se sont produites de manière structurelle, alors elles sont le fruit non pas de “quelques dérapages individuelles", mais d’une stratégie collective répressive à grande échelle qui poursuit des objectifs politiques ordonnées par une instance supérieure, et malgré le fait que c’est bien le préfet qui est le responsable des forces de police départementales, nous n’aurons aucune réponse non plus sur ce sujet. 

  • Une indécence généralisée

Démagogie, mensonge, minimisation du sans-abrisme, transfert des responsabilités vers les sans-abri, invisibilisation des pratiques/violences policières, tels sont les procédés qui constituent le discours indécent des personnes politiques sur le sans-abrisme. Si l’ensemble des partis qui ont goûté au pouvoir sont concernés, La République En Marche est celui pour qui l’indécence atteint une hauteur pour l’instant inégalée. 

Ceci vaut pour les sans-domicile, mais également pour les chômeurs, la classe travailleuse, et récemment pour les parents. L'inhumanité du gouvernement bourgeois a atteint son paroxysme avec la proposition de loi consistant à réduire le congé parental pour deuil d’enfant. Malgré le rétropédalage et la reconnaissance d’une “erreur”, Macron en appelle à “l’humanité efficace". Ce fait est considéré comme un simple fait divers, or il constitue un symptôme qui permet de montrer quelque chose de structurel. Vouloir "l'efficacité dans l'humanité" réaffirme à nouveau que la bourgeoisie ne peut concevoir l’altruisme, l’empathie, la solidarité, sans un cadre idéologique entrepreneurial et capitaliste. Nous l'avons encore vu lorsque le gouvernement veut en 2021 mettre en concurrence le numéro des femmes victimes de violences conjugales afin de maximiser la rentabilité du dispositif.

Mais pour Macron, malgré la violence du sans-abrisme, celle du chômage et de la pauvreté, celle du deuil ou de la domination masculine, il nous invite à ne pas oublier ce que nous sommes : « Il y aura des difficultés, des choses que sans doute nous n'avons pas prévues. Vous aurez peut-être dans vos vies personnelles des moments de doute ou des drames, mais n'oubliez jamais que nous sommes la Nation Française. »

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