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Billet de blog 1 janv. 2022

Le masculinisme MGTOW (9-12)

Cet article démontre que le mouvement MGTOW durcit les positions idéologiques misogynes et phallocrates du masculinisme. En gagnant chaque année en influence, principalement grâce à internet et chez les jeunes, il efface progressivement les figures et mouvements antiféministes d’antan. En d’autres termes, la dangerosité des masculinistes MGTOW n’est plus à prouver, elle est désormais à combattre.

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Introduction

Depuis un peu plus d’une dizaine d’années, l’influence de la communauté MGTOW progresse de manière constante dans la manosphère jusqu’à effacer, en partie, les figures et mouvements antiféministes d’antan. Ce mouvement de pensée, apparu au début des années 80 et originaire du monde anglo-saxon, propose un nouveau schéma d’idées qui s’écarte des autres grilles de lecture de la manosphère. D’une part la famille patriarcale et la fonction paternelle sont vues comme une aliénation pour les hommes (même si de nombreux MGTOW sont pères de famille), d’autre part il incite au désengagement socio-économique progressif et la distanciation, voire la sécession, avec les femmes et les hommes qui ne s’inscrivent pas dans le mouvement.

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1. Les « vagues » du MGTOW

Le premier manifeste

C’est au début des années 2000 que se crée le mouvement MGTOW. Le premier manifeste publié en 2003 énonce les 3 principes fondateurs : « réinsuffler de la masculinité chez les hommes, de la féminité chez les femmes et de lutter pour un gouvernement au pouvoir limité ». Il tend à faire redevenir les hommes « des vrais hommes » après une prétendue perte de repères (argument de la crise de la masculinité), et les femmes « des vrais femmes » après avoir été « masculinisées » et « indifférenciées » par le soi-disant « néoféminisme ». Les premières idées MGTOW sont donc relativement ancrées dans le besoin de la famille patriarcale – une position qui va rapidement évoluer -, mais aussi dans la drague (harcèlement de rue) qui est considérée comme un savoir essentiel permettant de re-masculiniser les hommes.

Pour conceptualiser les relations entre les sexes, le MGTOW utilisent la métaphore de la pilule rouge et de la pilule bleue empruntée au film Matrix. Reprenant l’idée du long-métrage des sœurs Wachowski, les deux pilules représentent deux visions du monde antagonistes : le choix d’apprendre une vérité dérangeante (la pilule rouge) ou le choix de rester dans l’ignorance (pilule bleue). Pour ces masculinistes, prendre la pilule rouge représente une rupture, c'est le passage de l’ignorance au savoir, de l’illusion à la « Vérité ». Plus précisément, elle serait le symbole d’une vérité profonde difficile à accepter sur les relations entre les hommes et les femmes, que les MGTOW définissent comme un « ensemble de savoirs théoriques et pratiques au sujet des hommes, des femmes, des relations homme/femme et de ces relations au sein du fonctionnement socio-économique. 

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Le refus de la famille patriarcale

Au début des années 2010 s’amorce une première rupture. Tout d’abord de nombreux militants M.R.A (militants pour le droit des hommes) comme Paul Elam, Karen Straughan, le psychologue Jordan Peterson ou encore les masculinsites MGTOW comme Turd Flinging Monkey, et en France l'Observateur et le Raptor, trouvent un écho plus grand, notamment grâce à YouTube et les réseaux sociaux. Les communautés masculinistes (M.R.A, MGTOW, et plus tard Incels) deviennent plus audibles grâce aux technologies de la communisation. Dans ce « feu d’artifice » antiféminisme, le courant MGTOW devient plus populaire et fait évoluer sa grille de lecture. La place de la drague est relativisée, de nombreux concepts phares sont précisés (hypergamie, gynocentrisme), et le besoin de la famille patriarcale est relativisé. Ainsi, quatre nouveaux principes sont formulés : « Refuser le mariage. Refuser d’avoir des enfants. Avoir une approche prudente de la cohabitation avec des partenaires de longue durée. Se focaliser sur son développement. »

Nous voyons ici la rupture du mouvement MGTOW avec d’autres formes de pensée masculinistes qui défendent la société traditionnelle avec la structuration de la famille patriarcale et la fonction dominante du père. Par ailleurs une ouverture vers le développement personnel de chaque homme se développe, et c’est sur cette idée que la « troisième vague » du MGTOW repose.

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Œuvrer à son développement personnel

Actuellement, le travail sur soi (développement personnel) et l’homosociabilité entre hommes ayant pris la pilule rouge prennent encore plus de place dans le mouvement MGTOW. Même s’il n’y a pas encore eu de nouvelles suggestions établies par le mouvement MGTOW international, le MGTOW français propose de « S’isoler des femmes les plus toxiques (manipulatrices, féministes) ; Considérer toute relation homme/femme ou homme/”organisme gynocentré” avec prudence ; Travailler à sa souveraineté sur tous les aspects (…) ; Travailler à grandir chaque jour [développement personnel ndlr]. ; Travailler à l’entraide entre hommes ayant pris la pilule rouge. »

Cette grille de lecture propose donc de s’écarter des relations à long terme avec les femmes, voire de faire sécession avec elles et les hommes qui n’ont pas pris la pilule rouge, ainsi qu’une méfiance accrue à l’égard les institutions étatiques qui seraient idéologiquement « féminisées ». En d’autres termes, le MGTOW prône un retrait progressif du monde social et économique pour œuvrer à son développement personnel et à l’homosociabilité des pilulés (ceux qui ont pris la pilule rouge).

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2. Le MGTOW est la mise en œuvre de la pilule rouge

Le site MGTOW France affirme que le MGTOW n’est pas un mouvement, ni une idéologie, ni même une posture misogyne - tout en se reconnaissant authentiquement réactionnaire -, mais « un phénomène social, une mise en pratique contingente du savoir « Pilule Rouge » ». Il serait une philosophie d’« auto-préservation masculine » qui ne met pas « une femme au centre de sa vie ». En réalité, le mouvement MGTOW développe une grille explicative des relations hommes-femmes qui normalise les plus forts idéaux misogynes. Comme à n’importe quel moment de l’histoire, les phallocrates doivent toujours bâtir une interprétation du monde qui justifient les structures socio-économiques et politiques qui dominent les femmes, et légitimer la manière dont ils existent en tant que dominants.

Je vais présenter ci-dessous les concepts principaux fabriqués par cette pensée machiste. Selon celle-ci, ce sont les hommes qui seraient dominés, tous victimes d’une société féminisée.

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L’aliénation des hommes par la pilule bleue

Dans le MGTOW, il y a trois concepts fondamentaux qui permettent de saisir l’opposition entre la pilule bleue et la pilule rouge, mais surtout, qui expose la Vérité sur notre société féminisée : le gynocentrisme, la plantation, l’hypergamie. Les hommes qui sont toujours dans la pilule bleue n’auraient pas conscience qu’ils sont aliénés par ces trois concepts.

Le gynocentrisme serait « la focalisation [de la société ndlr] sur les femmes, ou sur le point de vue féminin, aux dépends du point de vue masculin. Ce n’est pas simplement le fait qu’on fasse des femmes une priorité, c’est le fait de faire des femmes la seule chose qui compte. » Ensuite, la plantation serait un « Système esclavagiste moderne exploitant les hommes comme ressources au profit des femmes. (…) Un esclave qui n’a que des devoirs mais plus de droits, que des responsabilités mais plus d’autorité. » En d’autres termes, le gynocentrisme serait un rapport social de domination subi par les hommes au profit des femmes. En ce qui concerne la plantation, elle serait un système qui soumettrait les hommes aux femmes à cause d’injonctions reposants sur des devoirs financiers et matériels (protection socio-économique, sécurité physique, pensions alimentaires etc).

Pour finir, le MGTOW naturalise les inégalités entre les hommes et les femmes à travers une essence féminine. L'inégalité, outre le fait qu'elle soit naturelle pour les masculinistes, serait l'unique source qui permet la rencontre entre les sexes. En effet, pour invisibiliser les inégalités de genre produites par les rapports sociaux de sexe, elles-mêmes conséquentes des structures patriarcales, ils utilisent le concept d’hypergamie. Notre société s’imposerait comme un vaste marché sexuel, et l’hypergamie « consiste à tenter d’obtenir, en échange de sa Valeur sur le Marché Sexuel (VMS), les meilleurs avantages matériels et financiers possibles. » Ce sont les femmes qui pratiqueraient l’hypergamie. Elles seraient « programmées » pour rechercher des objets de supériorité que possèdent les hommes (argent, marques de puissance, de sécurité, statut social etc.). Ainsi selon le site masculiniste « Les Trois Etendards », les femmes n’aimeraient que « les hommes qui leur sont supérieurs dans tous les domaines de l’existence. » L’inégalité entre les genres serait donc naturelle, productrice de la rencontre entre les hommes et femmes, dont ces dernières trouveraient des bénéfices bien plus grand que les hommes.

Par ailleurs, le MGTOW a constitué une typologie des hommes aliénés par ces 3 concepts (gynocentrisme, plantation, hypergamie). Cette catégorisation transpire la culture du viol et la haine des femmes. Par exemple le « vagin-homme » défini un homme dévirilisé et féminisé ; un « esclave de la chatte » est un « Homme soumis aux femmes et qui obéit à leurs moindres caprices. » ; un « pourvoyeur beta » qui est un « Homme destiné à être utilisé par les femmes pour leur fournir des ressources. ».

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Prendre la pilule rouge

Si la pilule bleue caractérise l’homme qui « reste dans la plantation et se fait exploiter par le système gynocentriste », et qui méconnait l’hypergamie, l’homme « pilulé » est celui qui est sorti de son aliénation en prenant la pilule rouge. En d’autres termes, cet homme aurait compris que la société reposerait sur le gynocentrisme d’Etat comme rapport social de domination, sur la Plantation comme mise en esclavage financier et matérielle les hommes, et que les relations hommes-femmes reposeraient sur l’inégalité sexuelle hypergamique. Le « pilulé » deviendrait donc un « homme alpha » qui serait protégé de la prétendue manipulation des femmes.

Il y a 5 niveaux de pratiques qui sont liés à « l’application concrète du savoir pilule rouge » et qui reposent sur un « désengagement progressif des relations et de la société. »

Les deux premiers niveaux s’inscrivent dans une « auto-préservation palliative » : le dresseur et le dragueur. Le MGTOW « dresseur » accepte les relations à long terme avec les femmes mais sans aucun engagement, tout en refusant les mères célibataires (symbole de la Plantation et de la soumission financière des hommes). Pour rester indépendant il refuse également le mariage et la paternité. Le deuxième niveau est le MGTOW dragueur. Il accepte seulement les relations à court terme et refuse toute cohabitation avec une femme. Ces relations sexuelles se résument à des aventures d’un soir, notamment avec des prostitués et des escorts-girl.

Ensuite, les trois prochains niveaux s’inscrivent dans une démarche « d’auto-préservation radicale ». Progressivement, ces hommes tendent à faire sécession avec la société, les femmes d’abord, puis les hommes qui n’ont pas pris la pilule rouge. Le troisième niveau, le « moine », évite les relations avec les femmes, ou néanmoins les réduits au maximum avec une sélection très strict. Ses interactions avec elles se limitent surtout à la vie professionnelle. L’homme MGTOW travaille à son développement personnel, se recentre sur lui-même, sur sa masculinité et sur la communauté des « pilulés ».

Le quatrième niveau, le « fantôme », rejette totalement les femmes. Il ne veut plus avoir d’interaction avec elles. Pris dans un désengagement économique, il refuse de produire davantage que le stricte nécessaire à son bien-être individuel. Il concentre sa vie sur son développement personnel et sur sa masculinité. Pour finir, le cinquième niveau est « l’ermite » qui représente un désengagement économique et social extrême. La solitude est choisie et ses seuls contacts sont ceux qui ont pris la pilule rouge. Les « meilleurs » peuvent se diriger vers la nature sauvage et vivre dans l’autonomisme-survivalisme.

Cependant, les étapes MGTOW ne sont pas une fin en soi - leurs théories misogynes étant plus facile que leur mise pratique. La plupart des MGTOW ne passent pas à la phase d’auto-préservation radicale. Nombreux sont ceux qui sont mariés ou ont des enfants. La grille de niveaux serait plus un "esprit", des repères plus que des injonctions. Mais en règle générale, ces masculinistes évitent toutes relations à long terme, régulent massivement leur interaction avec les femmes, favorisent l’homosociabilité avec les « pilulés », et pour les plus radicaux évitent le mariage, la procréation d’enfants et les interactions avec les femmes.

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D’autres concepts antiféministes

Pour finir cet article, je vais présenter d’autres concepts misogynes de la pensée MGTOW.

Dans toutes les communautés masculinistes, il y a une grande méfiance vis-à-vis des accusations de violences sexuelles dénoncées par les femmes. Le véritable phénomène structurel ne serait pas la violence sexuelle, mais les fausses accusations. Ainsi pour le MGTOW, le viol est un fait rarissime, mais sa dénonciation calomnieuse une manifestation massive. Les deux néologisme, « divorceviol » et « rétroviol », exposent cette idée.

Le divorceviol caractériserait « Les femmes [qui] abusent du système judiciaire en vue d’accaparer les ressources de leurs ex-maris par le biais du divorce, des pensions alimentaires, des prestations compensatoires et des pensions de réversion. (…) par vengeance, par crapulerie, par influence féministe voire par opportunisme. » Le rétroviol serait une « Fausse accusation de viol proférée par une femme rétroactivement, le plus souvent parce qu’elle regrette d’avoir couché avec un homme ou souhaite se venger parce qu’il ne la rappelle pas ou l’a quittée. » En d’autres termes, le divorceviol et le rétoviol s’inscrit pleinement dans la grille de lecture victimaire des MGTOW, dans laquelle les hommes seraient toujours les victimes des femmes, même lorsque celles-ci les accusent de viol, et surtout si elles les accusent. Par ailleurs, j'ai déconstruit dans cet article la théorie masculiniste des fausses accusations des violences sexuelles ayant pour seul finalité de protéger l'ordre normatif de virilité et de réduire au silence les victimes.

Dans le même registre, les masculinistes ont construit une expression similaire du « Not all men » (Pas tous les hommes), concept féministe qui critique une réaction autocentrée des hommes qui demandent d’éviter toute généralisation à leur égard. Ainsi, l’expression « Not All Women Are Like That » - N.A.W.A.L.T -, (Toutes les femmes ne sont pas comme ça) a pour finalité de définir l’ensemble des « arguments d’anti-généralisation utilisé pour limiter la portée ou invalider un constat général sur les femmes », surtout lorsque cela concerne leur « nature » (hypergamie, plantation, rétroviol, divorceviol etc).

Je vais justement terminer sur cette « nature » universelle des femmes. Tout d’abord pour les MGTOW, la nature sexuelle des femmes est corrélée à leur avidité. En effet, la relation sexuelle serait toujours utilisée par les femmes comme un moyen pour obtenir quelque chose (richesses, protection, statut social etc). Les trois concepts synthétisés ci-dessous, la V.M.S, le mur et le manège à queues, exposent cette volonté masculiniste d’essentialiser et de sexualiser le corps des femmes.

Commençons par la Valeur sur le Marché Sexuel (V.M.S). Pour le MGTOW, chaque personne a une V.M.S. C’est un terme inventé par le masculiniste Rollo Tomassi pour expliquer que les hommes ont une valeur plus longue que les femmes sur le marché sexuel (possibilité de plaire et d'entretenir facilement des relations sexuelles) : la VMS des femmes s’effondrerait à 30 ans, c’est ce qu’on appelle « le Mur », alors que celle des hommes serait effective jusque 45 ans. C’est pourquoi, selon les masculinistes MGTOW, les femmes entre 18 et 30 ans passeraient par le « manège à queues ». Ce concept fondamentalement misogyne désigne « la période entre 18 et 30 ans pendant laquelle la femme moderne couche avec un maximum de partenaires, avant de se prendre le Mur et de rechercher un Pourvoyeur beta », l’homme beta étant pour le MGTOW l’homme utilisé par les femmes pour lui fournir des ressources économiques, sociales, matérielles, lorsqu’elle atteint le mur et décide de se caser par dépit. En d’autres termes, le manège à queues serait « une période de frénésie sexuelle » féminine qui permettrait aux femmes de se « sentir vivre » sexuellement tout en profitant « des ressources [financières] des hommes. » Chez les MGTOW, la femme n'est vue qu'à travers la sexualisation de son corps et de sa prétendue avidité.

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La dangerosité des MGTOW

S’il est vrai que le MGTOW ne prône pas la violence notamment parce que leur grille de lecture et de conduites repose sur le désintérêt des femmes, comme l’écrit Jie Liang Lin, anthropologiste américaine des médias et autrice d'une étude sur le masculinisme en 2017 : « Même si ce mouvement est davantage passif-agressif [hostilité qui ne s'affiche pas ouvertement, ndlr], il reste dangereux pour les femmes car il abrite une vision profondément misogyne et suspicieuse des femmes ». En effet, cet article démontre que la structure idéologique du MGTOW repose sur une misogynie exacerbée et sur une apologie de la phallocratie. En d’autres termes, la grille de lecture des masculinistes MGTOW est en parfaite adéquation avec leur niveau d'aversion des femmes.

C’est ce que constate notamment une équipe de recherche américaine et britannique qui observe une « radicalisation des discours en ligne dans les communautés de la manosphère. » Cette évolution se produit par un effacement progressif des anciennes figures du masculinisme (les activistes des droits des hommes, ou Zemmour et Soral en France) au profit de groupes encore plus virulents comme le Mgtow ou les Incels. La dangerosité des masculinistes MGTOW n’est plus à prouver,  elle est désormais à combattre.

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