Le Dr Paul Bensussan est une fois de plus revenu à la charge en automne 2015, alors que le calme médiatique était revenu et que le procès de Rennes (Outreau III) était oublié , même si les 4 frères (dont 3 s'étaient constitués parties civiles) avaient décidé de saisir la Cour Européenne de Justice, n'acceptant pas que leurs accusations aient été jugées comme relevant de faux souvenirs.

Pour l'aîné de ces plaignants - voir l'interview de Chérif Delay - Daniel Legrand était devenu bourreau après avoir été lui-même victime, ce qu'il avait reconnu en partie à diverses reprises, avant de se rétracter faisant état de faux aveux.

Ses dires sont en adéquation avec son interview dans le film de Serge Garde « Outreau, l'autre vérité » accessible sur You Tube.

On sait par ailleurs qu'à ses 18 ans, Chérif Delay publie son premier livre-témoignage "je suis debout" pour dire sa vérité et les anomalies du procès, P. Bensussan s'est alors empressé de s'exprimer lors d'une interview dans le Nouvel Observateur du 13 Mai 2011pour dire : "Il ne faut pas sacraliser la parole de Chérif Delay" en écho avec les avocats de la défense. Pourquoi un tel acharnement envers une victime ?

Rappelons donc que Daniel Legrand a de nouveau été acquitté après avoir été jugé pour les accusations de viols datant de l'époque de sa minorité. Rappelons que les 3 enfants d'Outreau devenus adultes faisaient partie des 12 enfants reconnus victimes de viols, agressions sexuelles, corruption de mineurs et proxénétisme après les procès de St Omer et Paris (Outreau I et II) .

J'ai pour ma part en Juillet 2015, tout en acceptant la vérité judiciaire, publié dans la foulée du procès, et sous forme d'épilogue, un article validé par le site Village de la Justice dans lequel j'analysais psychologiquement l'utilisation du concept des « Faux souvenirs » qualifié d'anti-victimaire par les spécialistes de la victimologie1 alors que les victimes n'avaient pas été ré-expertisés. Je me trouvais légitimement au centre du débat car j'avais été citée à comparaître pour faire état de mes expertises réalisées en 2001 et 2002, au plus près des faits sachant que j'avais à mon actif à l'époque plus de 600 expertises d'enfants victimes avérées. Les hypothèses émises après les deux premiers procès dans mon ouvrage « Outreau, la vérité abusée», se trouvaient confirmées par l'analyse de ce troisième procès telle que je l'ai exposée dans cet article publié sur le Village de la Justice2 , qui constituait un manquement à l'obligation de réserve et j'en ai assumé sans regrets les conséquences. Je peux toujours effectuer des expertises, mais je ne suis plus expert permanent. C'est une démarche que des observateurs ont bien comprise : voir cet article de Jacques Cuvillier.

Quid du Dr Paul Bensussan ? Contrairement aux deux précédents procès, le Dr Paul Bensussan n'a pas été invité à donner son avis au procès de Rennes, et les médias l'ont oublié... Qu'à cela ne tienne, coup de théâtre : en octobre 2015 paraissait dans la revue scientifique « Sciences et Pseudo Sciences », une nouvelle charge de ce psychiatre zélé, rédigée à partir d'un filtre paradoxalement idéologique que Rosenthal n'aurait pas renié tant il démontre le bien fondé de son concept. Le texte présenté sous la forme d'une interview s'intitule « Les expertises biaisées par l'idéologie » et il concerne directement mes travaux en tant qu'expert .

 Aucun élément du contradictoire n'apparaît dans l'article et le psychiatre s'est bien gardé de rappeler la vérité judiciaire des enfants afin d'asseoir sa critique subjective. Le verdict concernant les 12 victimes a semble-t-il échappé également à la personne qui a recueilli ses critiques, à savoir Brigitte Axelrad dont le profil de par son travail sur les Faux souvenirs induits, donnait en soi une validation de la thèse qui a neutralisé les parties civiles. Or nous ne sommes pas du tout dans le même configuration que celle de ses recherches.

 Par ailleurs, l'on peut grandement regretter que l'intervieweuse de « Sciences et Pseudo-Sciences » n'ait pas eu à sa disposition les récents commentaires des juges suisses qui renvoient lucidement à la toute puissance de cet expert psychiatre dans le contexte de son intervention lors d'un procès aux assises3.

« L’avis médical privé, émanant du psychiatre français Paul Bensussan, a reçu un accueil plus que glacial de la part des juges. Ces derniers n’ont pas eu de mots assez sévères pour remettre en cause l’objectivité de ce travail et relever ses erreurs factuelles. La cour a également critiqué les multiples casquettes endossées par ce spécialiste qui s’est mué en expert du prévenu, en sur-expert de l’expertise de crédibilité des enfants et en censeur du premier jugement."

Cet absence de limite de l'expert, si elle est bien perçue comme telle en Suisse, ne l'est pas chez nous tant son intervention dans l'affaire d'Outreau l'a identifié à un sur-expert de la parole des enfants... enfants qu'il n'avait jamais examinés, pas plus que ceux du procès suisse.

Si Brigitte Axelrad avait eu connaissance de ces critiques - récurrentes en France mais recouvertes d'une chape de plomb - elle aurait sans doute été plus circonspecte, car elle engageait la réputation de la revue « Sciences et Pseudo-Sciences » en y apportant sa caution aux propos de Paul Bensussan.

 En outre, compte tenu du sérieux de cette revue, on est en droit de se poser deux questions:

1- Paul Bensussan y présente t-il une analyse scientifique des expertises ?

A cette première question, la réponse est négative. Force est de constater que son analyse se borne à critiquer le travail de l'experte principale à partir de projections interprétatives et de contre-vérités faciles à démonter et qui l'ont été dans le contexte d'une demande de droit de réponse (voir ci-dessous). Le psychiatre n' hésite pas à proférer des attaques ad ad-hominem à l'instar des stratégies de la Défense. L'on sait que stratégies classiques de certains avocats d'un agresseur est de disqualifier la parole des victimes et pour y parvenir, il faut discréditer l'expert qui l'a validée. C'était ici compréhensible car j'étais la cible la plus exposée pour avoir été la seule parmi les 7 experts à avoir expertisé les 12 enfants reconnus victimes et ce au plus près des faits. Mais quelle est donc l'objectif de ce psychiatre qui se range systématiquement du côté des avocats de la défense ?

2- A t-il une légitimité scientifique pour critiquer l'expert et ses expertises psychologiques ?

Voyons cela de plus près :

- Était-il présent au procès de Rennes ? NON!

 - A-t-il examiné les plaignants parties civiles ? NON!

 - Est-il spécialisé en victimologie infantile ? NON !(il n' est pas pédopsychiatre mais psychiatre et sexologue).

- Est-il spécialiste du psychotraumatisme ? de la mémoire traumatique ? A-t-il publié dans ce domaine ? NON!

- Est-il formé aux méthodologies spécifiques de l'expertise psychologique (ex 47 critères d'investigation) NON ! Il n'est pas psychologue clinicien !

Mais alors, quels sont ses états de service pour oser une telle intervention ? Juste sa présence lors des deux premiers procès à la demande de la Défense pour disserter sur le mensonge des enfants carencés et influencer les jurés alors qu'il n'a pas expertisé les plaignants. Et pourtant, porté par l'aura des avocats de la Défense, cela a suffi pour qu'il soit longuement auditionné lors de la commission Viout et de la Commission parlementaire. Il faut dire qu'il s'était largement répandu dans les médias lors des procès faisant fi des travaux des 7 experts dûment mandatés par la Justice, tenus au devoir de réserve et qui à l'époque ont abouti aux mêmes conclusions sur la validité de la parole des enfants d'Outreau. Les jurés ont tenu compte du fait que 34 expertises au total sont allées dans le même sens. Rappelons que les enfants ont été reconnus victimes pour 12 d'entre eux.

 Cette revue qui a ignoré le contradictoire est restée étrangement sourde à la demande de droit de réponse que tout citoyen injustement traité est censé obtenir en vertu de la loi sur la presse. Silence total alors que le texte a été rédigé en bonne et due forme avec l'aide d'un avocat. Le pénal étant dommageable au plan financier, il semble plus efficace et plus utile de publier ici le contenu des arguments présentés dans ce droit de réponse.

 

 

Marie-Christine Gryson-Dejehansart Aire, le 28 décembre 2015
Psychologue Clinicienne, Formatrice
Expert judiciaire ( 1989-2015)

à Monsieur le Directeur de la Publication
Revue Sciences et Pseudo Sciences
AFIS, 4 rue des Arènes 75005 Paris

L/RAR
Objet: Droit de Réponse

 

Monsieur le Directeur de la Publication,

 A la suite de l'article publié en Octobre dans la revue « Sciences et Pseudo-sciences » et intitulé « Outreau, les expertises biaisées par l'idéologie », je vous prie de bien vouloir trouver ci-après le droit de réponse que je vous remercie de bien vouloir insérer dans votre prochaine édition conformément à l'article 13 de la loi de 1881.

 En effet les allégations inexactes qu'il contient sur mon travail d'expert, sont hautement préjudiciables à ma réputation de psychologue clinicienne et formatrice exerçant en cabinet libéral.

 DROIT DE REPONSE

 

L'interview du Dr Paul Bensussan dans l'article intitulé « Outreau, les expertises biaisées par l'idéologie » dans lequel il me disqualifie en tant qu'expert judiciaire des enfants d'Outreau reconnus victimes, ne répond pas aux critères de la réalité et de l'objectivité indispensables à toute critique.

--->Déformation de la réalité par omission du contradictoire ou « le réel escamoté »

  •   Outreau n'aurait pas produit le scandale que l'on sait si la vérité judiciaire des enfants avait été relayée dans les médias, et P. Bensussan prolonge cette omerta. Or il s'avère que 12 enfants ont bien été reconnus victimes de viols, agressions sexuelles, corruption de mineurs et proxénétisme, après avoir étéexpertisés par 7 experts qui ont validé leur parole.4
  • Ayant été la seule experte à avoir examiné tous les enfants de l'affaire (17) au plus près des faits entre 2001 et 2002, j'ai recueilli les récits et les indices post-traumatiques les plus prégnants et j'étais donc la plus exposée aux attaques de la défense. Mais il y a eu au total 34 expertises d'enfants qui sont toutes allées dans le même sens.
    Si le lecteur avait eu ces informations, il aurait trouvé invraisemblable que 34 expertises rédigées par 7 experts différents puissent être biaisées par l'idéologie !
  • P. Bensussan remet en cause ma compétence d'expert tout au long de l'article. Il devrait pourtant admettre que le choix de l'expert dans ce procès s'est fondé sur la nécessité de mandater une personne très expérimentée (travaux d'expertises depuis 1989 qui m'ont valu une très bonne réputation auprès des magistrats5 de la Cour d'Appel de Douai)3 et de compétence reconnue. Celle-ci est d'ailleurs attestée par un ancien Président d'assises  [...] Marie-Christine Gryson-Dejehansart Psychologue -Expert sérieuse et compétente dont j'ai pu apprécier la qualité des travaux lorsque je présidais les assises du Nord et du Pas de Calais6[...] ».
    J'ai été souvent sollicitée pour des formations, mais aussi pour des communications dans des congrès internationaux (avec comités scientifiques), j'ai ainsi participé dès 2001 à différents congrès comme le Premier Congrès Francophone International sur les Agressions Sexuelles (CIFAS) à Québec puis à Bruxelles 2003.

  • En termes de contradictoire, il omet d'évoquer les analyses de « Outreau, la vérité abusée »,7 où je fais état en tant que témoin privilégié, de tous les dysfonctionnements des premiers procès téléréalité de l'histoire de la Justice française et de leurs dérives majeures, ouvrage présenté - entre autre - en Février 2011 à l'Institut de Criminologie de Paris II Assas -Panthéon et dont les actes sont publiés chez Dalloz.8
  • Autre omission significative : P. Bensussan - invité par les avocats de la Défense lors des procès Outreau I et II puis auditionné par la Commission Parlementaire - n'a pas signalé les conditions inappropriées dans lesquelles les enfants terrorisés ont été interrogés par 17 avocats, seuls, face à leurs 17 présumés agresseurs, ces mêmes enfants installés dans le box des accusés, ce qui inversait la liturgie symbolique des culpabilités. La violence de cet interrogatoire a été dénoncée pendant le procès par Claire Brisset Défenseur des enfants dans Le MONDE du 30 mai 2004 où elle s'exclame: « Pitié pour lesenfants d'Outreau » puis par Procureur de St Omer Eric Maurel 9, et les assesseurs lors de l'enquête de l'IGSJ en 2006 .

---> La méthodologie des expertises psychologiques en réponse aux critiques non légitimes de Paul Bensussan

  • Ce psychiatre-sexologue, bien qu'étant expert près la Cour de Cassation, n'est en rien habilité à critiquer les expertises psychologiques des enfants d'Outreau pour trois raisons :

       1 - Il ne les a pas examinés et ne les a jamais rencontrés ni avant, ni pendant, ni après les procès.

       2 - Il n'est pas pédopsychiatre : il n'a donc pas une pratique avérée auprès des enfants.

       3 - Il n'est pas psychologue clinicien il n'a aucunement la possibilité de porter un jugement sur nos méthodologies.

  • Pour information: un extrait de l'expertise présentée à la Commission Parlementaire a été publié dans « Outreau la vérité abusée »10 . Par ailleurs, au chapitre 7 de « L'enfant agressé et le Conte créatif » est présentée la méthodologie qui renvoie au test transversal comprenant 47 critères d'investigation - le rapport d'expertise n'étant que le haut de l'iceberg - élaborés à partir des acquis de la recherchepour le récit et pour les tests 11 réévalués et de l'expérience qui permet de neutraliser les rivalités entre chercheurs (plus de 1000 enfants expertisés en 26 ans et autant de victimes avérées suivis en thérapie).

A titre d'exemple, prenons juste l'un de ces 47 critères, à savoir celui de la Cohérence, il est étudié à 5 niveaux :

  1. Cohérence par rapport à l'âge, au développement affectif, intellectuel, de la perception du réel, du fonctionnement de la mémoire, des tendances à la fabulation, au mensonge, de l'impact des réalités socio-culturelles et d'autres traumatismes éventuels, mais aussi de possibles visionnages pornographiques etc.

  2. Cohérence par rapport à ce que l'on sait d'un récit concernant un événement en tant que victime ou témoin.

  3. Cohérence par rapport à ce que l'on sait d'un récit traumatique chez les victimes avérées.

  4. Cohérence par rapport aux récits de tous les enfants expertisés dans cette affaire.

  5. Cohérence par rapport au dossier et aux aveux de certains adultes avant rétractation.

Les conclusions des expertises n'avaient donc rien de « péremptoire », et « l'effet Rosenthal » étaitfort bien contrôlé, quant à la possibilité de « rêveéveillé », P. Bensussan ne le démontre que par la critique de quelques bribes de phrase sorties du contexte de l'expertise : « Les yeux écarquillés, la respiration haletante » alors que le dossier - qu'il ne connaît pas - fait état de récits identiques à ceux des enfants de la part de certains adultes avant rétractation. Après 30 années de pratique auprès des enfants et de travail sur l'imaginaire, je ne peux que souscrire aux commentaires de Jean-Yves Hayez - Professeur émérite de psychiatrie et de psychologie infantile - sur le rêve éveillé:

« Marie-Christine Gryson procède de façon très documentée au démontage de cette pseudo-scientificité assassine. Elle montre combien la narration par l’enfant d’éventuelles rêveries et fantasmes de son psychisme est différent de l’expression par lui de souvenirs traumatiques : même un peu érodés par le temps qui a passé, ceux-ci sont porteurs d’un poids de précisions, d’émotions et de commentaires sensés que ne comporte jamais l’évocation de rêveries purement imaginaires. »12 

Lors de ma déposition aux assises de Rennes, ma référence a été celle de Jean-Yves Hayez pour préciser le fait qu'un enfant ne se trompe pas d'agresseur13. Il est le spécialiste officiellement reconnu par le Ministère de la Justice française, cité dans Guide relatif à la prise en charge des mineurs victimes.14

---> L'analyse de l'affaire biaisée par l'idéologie de Paul Bensussan

  • L' idéologie se trouve du côté du psychiatre qui a instillé lors des deux premiers procès puis dans les médias, l'idée du mensonge des enfants « carencés » d'Outreau alors qu'ils étaient reconnus victimes. Cette thèse non scientifique a été proposée en référence erronée à l'enfant du temple, Louis XVII maltraité et isolé affectivement - comme les enfants d'Outreau - (!) qui aurait alors invoqué un inceste maternel. Or les frères Goncourt ont démontré que c'est le Procureur Hébert qui avait obligé le jeune dauphin à accuser Marie-Antoinette pour en faire une mère dénaturée.

  • L'on sait par ailleurs que P. Bensussan s'est fait le promoteur en France du SAP, syndrome d'aliénation parentale non validé scientifiquement et rejeté par le consensus psychiatrique international et non intégré au DSM V d'où les plaintes auprès du Conseil de l'Ordre des médecins.

  • Lors du procès de Rennes de la même façon, c'est une théorie non scientifique (cataloguée avec le SAP par le Gérard Lopez expert psychiatre, comme anti-victimaire) celle des faux souvenirs15 qui a été proposée en visio-conférence par un ex-universitaire canadien, Hubert Van Gijseghem qui n'avait pas non plus expertisé les parties civiles. C'est faute de preuves que cette théorie des Faux souvenirs - contestée par les victimes - a été retenue par l'Avocat Général pour requérir l'acquittement .

---->Des attaques ad-hominem et un parti pris à l'instar de la défense

  • La violence des avocats n'était pas une raison suffisante - rompue à ce genre d'exercice depuis plus de 20 ans – pour « déserter le procès » comme le prétend de manière péjorative P. Bensussan . Après deux jours de dépositions ayant trouvé intolérables les allégations réitérées de partialité par conflit d'intérêt assorties d'injure, c'est avec l'accord du Président qui devait lire mes conclusions que je ne suis pas revenue. Ne pouvant vérifier sur l'heure, il a nommé 5 autres experts qui ont confirmé mes expertises et, en 2006, l'enquête de l'IGSJ a rejeté ces accusations calomnieuses.16 Or P. Bensussan les réactive en écrivant qu'un sérieux doute sur l'impartialité au point que de nouveaux experts avaient été désignés en plein milieu du procès".

  • Il focalise également sur un bouc émissaire quand il émet une sorte de diagnostic sur « un vécu discrètement persécutif » qui associerait victimes et expert alors qu'il s'agit d'une analyse pédagogique des stratégies de la défense : discréditer l'expert c'est discréditer la parole de la victime qu'il a validée.

  • Enfin dans la même veine, la notion de militantisme - reprise après détournement d'un mail privé - a été un argument de la défense d'inversion des valeurs et des culpabilités et ce, en référence à ma pratique – éthique - de thérapies de victimes gratuites et bénévoles dans un cadre associatif, alors que les thérapies des agresseurs – payantes - se font classiquement en cabinet libéral.

En conclusion, le cadrage objectif d' une méthodologie rigoureuse et d'une expérience clinique plurielle de 26 années soumise à l'épreuve de la transmission – n'a laissé aucune place à l'idéologie dans la réalisation des expertises des enfants d'Outreau. En revanche, l'utilisation de théories non scientifiques plaquées en termes de supputations sur des victimes, sans aucune pratique ni intervention clinique, dans un contexte où le réel est escamoté, ouvre la voie à des dérives dangereuses au plan éthique.

Il semble tout à fait légitime de s'en inquiéter et de ne pas vouloir « en rester là » professionnellement quand on a eu l'honneur de participer à l'œuvre de Justice.

Les motivations qui sont les miennes sont très claires : ré-informer et dénoncer le storytelling d'Outreau et le référentiel erroné qu'il prône, parce qu'il a fait régresser de manière magistrale, la prise en compte par la Justice de la parole des mineurs victimes d'agressions sexuelles.

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Je vous prie de croire, Monsieur le Directeur de la Publication en l'assurance de mes sentiments distingués.

MCGryson-Dejehansart

 

1 Gérard Lopez Psychiatre-Expert Président de l' Institut de Victimologie « Enfant violés et violentés, le scandale ignoré » Dunod 2013 Ce concept est comme le SAP utilisé pour nier les révélations d'agressions sexuelles.

http://www.village-justice.com/articles/Outreau-2015-Les-psychologues,20078.html
Cet article aménagé fait partie du chapitre « Les processus pervers dans le traitement de l'affaire d'Outreau » de l'ouvrage: « Danger en protection de l'enfance, dénis et instrumentalisations perverses » à paraître chez DUNOD en avril 2016.
Voir aussi : https://blogs.mediapart.fr/jacques-cuvillier/blog/011215/outreau-entre-lethique-et-lobligation-de-reserve-lexperte-choisi-lethique

3 http://www.letemps.ch/suisse/2015/06/23/victime-sadique-romont-bien-devenue-un-coupable

4  15 enfants ont été reconnus victimes aux assises de St Omer 3 enfants n'ont pas maintenu en appel, dans des conditions non fiables au regard de la victimologie infantile

5 Fabrice Burgaud a fait état du choix de ma désignation à la Commission Parlementaire « Madame Gryson était appréciée et reconnue par les collègues de la Cour d'Appel de Douai ».

6 http://www.village-justice.com/articles/MEPRISE-Les-mensonges-Florence,19584.html

7 Hugo et cie 2009, e.book édition revue et augmentée 2015,

8 La Cohérence des châtiments Volume 10 Juin 2012

9 http://fr.scribd.com/doc/242852847/Eric-Maurel-pdf

10 http://la-verite-abusee.pagesperso-orange.fr/documents/expertise_damien.html

11Fisher et Cleveland, puis Mucchieli: concepts de pénétration au Rorschach ( repris dans les dessins en terme d'effraction cotée 1 critère sur 47)

12 Préface de « L' enfant agressé et le Conte créatif » Dunod, 2013

13 « La parole de l'enfant en souffrance » avec E.de Becker Dunod Paris 2010

14 Septembre 2015 Direction des Affaires criminelles et des Grâces.

15 « Enfants violés et violentés, le scandale ignoré » Dunod , 2013

16 http://la-verite-abusee.pagesperso-orange.fr/balise-la-vie.html

 

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