Un amendement anti-couscous pour lutter contre le séparatisme !

Interdiction du port du voile pour les assesseures dans les bureaux de vote et du burkini sur les plages, interdiction des danses « pas de chez nous » dans les mariages. Les « Républicains » font feu de tout bois lors de l’examen de la loi Séparatisme à l’Assemblée Nationale.

Lors du débat du 12 février 2021 entre représentants de l’extrême-droite et de la droite extrême, M. Darmanin avait jugé que Mme Le Pen était « un peu branlante, un peu molle » sur l’islam. Les Républicains entendent démontrer ces jours-ci qu’eux seraient encore plus « durs » que les « durs » si l'on voulait bien leur confier la responsabilité de bouter les Mahométans hors de la douce France.

Le voile et le burkini font partie des obsessions de toute la droite (et de la « gauche » de droite) depuis bien longtemps. Mme Annie Genevard, députée LR et vice-présidente de l’Assemblée nationale, vient d'y ajouter un élément nouveau en dénonçant dans son intervention du 29 juin 2021 la « source de troubles à l’ordre public » que constitueraient les mariages où des familles d’origine étrangère « brandissent des drapeaux étrangers ou manifestent par des danses et des spectacles les traditions qui sont les leurs ». 

Pour autant, la tarentelle, la sevillana, la sardane et la valse viennoise seraient-elles désormais à proscrire lors des mariages ? Fort heureusement, M. Gilles Platret, le maire (LR) de Chalon-sur-Saône, a promptement clarifié les choses en parlant d’un « envahissement » des mairies par des « personnes qui ne respectent rien » et qui viennent « avec les tam-tams et la musique ». M. Platret a raison. D'ailleurs la danse du ventre n'est-elle pas à l'origine de la mode du crop-top, qui choque tant le président de la République ?

Afin d’être certain qu’il serait bien compris, cet édile a précisé : « Le problème, c’est l’Afrique du Nord et les personnes issues du Maghreb. » Voilà qui est bienvenu et devrait écarter le risque d’un incident diplomatique avec les pays de l’Union Européenne. Mais M. Platret semble lui aussi un peu mou du genou et cède au « politiquement correct ». Comme « on ne peut plus rien dire » de nos jours, ce grand modéré n’ose pas exprimer le fond de sa pensée. Disons les choses clairement comme on savait le faire autrefois, quand les islamo-gauchistes ne contrôlaient pas les médias : « Le problème, ce sont les bougnoules. »

Mme Genevard et M. Platret s'attaquent aux vrais défis de notre temps mais ils ne peuvent en rester là. En finir avec la musique et la danse de tous ces basanés, c’est bien. Mais la bataille contre le « grand remplacement » se joue aussi dans nos assiettes. Or, depuis des lustres, nous sommes « envahis » par les couscous et les tajines. Sans parler des kebabs. Certes, on s’éloigne du Maghreb mais il est évident qu’en laissant le kebab supplanter le homard dans les repas des Français de souche (comme disait Sibeth Ndyaye), on a fait le lit de Millî Görüs et autres Frères musulmans soutenus par le Grand Turc. Et par l’Émir du Qatar. Ah non, pardon, je m’égare... Les Qataris achètent des Rafale. Ce sont donc nos amis et leurs chants et leurs danses seront toujours les bienvenus.

Enfin, tout cela est insupportable pour nos compatriotes ! Interdire le voile et le burkini, l’affaire est entendue et une telle mesure contribuerait de surcroit à la lutte contre le réchauffement climatique (voir ici). Le groupe LR se doit maintenant de déposer un amendement visant également à interdire les youyous, le tam-tam, le couscous et le kebab. Ainsi, notre beau pays sera définitivement débarrassé « du bruit et de l’odeur », ces problèmes identifiés dès 1991 par feu Jacques Chirac, le premier « barrage » contre l’extrême-droite.

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