La police française gaze les réfugiés et la justice condamne ceux qui les aident

Depuis la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789, la France a souvent été appelée "la patrie des droits de l'homme". Cela appartient au passé.

A quelques semaines d'intervalle, deux évènements auront jeté une lumière crue sur ce qu'est devenue "la patrie des droits de l'homme".

Le 26 juillet dernier, l'ONG Human Rights Watch publiait un rapport intitulé « C’est comme vivre en enfer » Abus policiers à Calais contre les migrants, enfants et adultes. Ce rapport accablant sur les violences policières à l'encontre des migrants à Calais faisait suite au communiqué du Défenseur des droits du 14 juin 2017 qui dénonçait "des atteintes aux droits fondamentaux d'une exceptionnelle et inédite gravité".

Arrêté en compagnie de 150 migrants à la gare de Cannes, Cédric Herrou a été mis en examen le 26 juillet pour aide à l’entrée et à la circulation de personnes en situation irrégulière. Il était déjà poursuivi pour avoir transporté des migrants de la frontière italienne jusqu’à chez lui en 2016 et organisé un camp d’accueil de réfugiés dans un local désaffecté de la SNCF. Pour cette affaire, la cour d’appel d'Aix-en-Provence vient de le condamner à quatre mois de prison avec sursis pour « aide à l’immigration clandestine » (le parquet avait requis huit mois de prison avec sursis !). S'il vient à être condamné une seconde fois (ce qui est fort probable), il fera donc de la prison ferme pour avoir aidé des réfugiés !

Entre deux séances de photos avec les stars du show-biz (voir ici), on aurait pu penser que le Président de la République, qui "veille au respect de la Constitution" (article 5), rappellerait aux forces de police et au parquet les termes de l'article 1er du préambule de la Constitution de 1946, repris dans celle de 1958 : "le peuple français proclame à nouveau que tout être humain, sans distinction de race, de religion ni de croyance, possède des droits inaliénables et sacrés". Le candidat Emmanuel Macron ne déclarait-il pas en janvier à propos de l’accueil des réfugiés par le gouvernement allemand : «Je veux saluer ce qu'a fait la chancelière, c'est une fierté et une force pour l'Europe» ?

Élu Président, son silence, l'action de la police et du parquet qui sont sous l’autorité de son gouvernement, sont une honte pour la France et pour l'Europe.

 

 

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