Septembre 2017 ou le naufrage de la gauche

D'un côté, Jean-Luc Mélenchon qui refait pour la n-ième fois le match de la présidentielle et explique que si Benoît Hamon avait retiré sa candidature, ils seraient respectivement devenus président de la République et Premier ministre (voir ici). Comme si 19+6 = 25 en arithmétique électorale. Si Hamon a obtenu 6% des suffrages alors qu'il était au plus bas dans les enquêtes d'opinion, c'est bien qu'il y avait des électeurs qui n'auraient jamais voté pour Mélenchon. C'est surtout faire fi des divergences politiques majeures entre les deux courants, sur l'Europe, la politique étrangère, ou la politique économique et sociale.

De l'autre, Pierre Laurent, qui court toujours après l'Union de la Gauche des années 70 entre le PS et le PCF, et invite à la fête de l'Humanité (boudée par Jean-Luc Mélenchon) le PS, le M1717, les Insoumis et le NPA. Sans doute pour montrer que "l'union est un combat", il a jugé bon de prononcer un discours anti-Mélenchon tout en faisant applaudir Benoît Hamon et Anne Hidalgo ! Il est vrai qu'il faut bien ménager ceux qui réservent quelques strapontins au PCF dans les élections locales.

Et dire que ces messieurs se prétendent les héritiers des grandes figures du socialisme français ! Désolé, mais les joutes oratoires entre Jaurès et Guesde avant l’unité des socialistes en 1905 avaient une autre tenue.

Il est temps d'abandonner ces deux nains politiques (et leurs seconds couteaux) à leurs guerres picrocholines. Le "dégagisme", ce n'est pas que pour les autres.

 

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