LREM : La Regression En Marche!

Qui veut noyer son chien l'accuse de la rage...

A propos de la baisse de 5 euros par mois des APL, le ministre de l’action et des comptes publics Gérald Darmanin a récemment dénoncé leur prétendue inefficacité : « Aujourd’hui, nous dépensons 18 milliards pour les APL. Et pour autant, il n’y a jamais eu autant de mal-logés en France. » Justifiant la réduction des emplois aidés (qui coutent 2,7 milliards d'euros en 2017) , la ministre du travail Muriel Pénicaud nous explique que « un, les contrats aidés sont extrêmement coûteux pour la nation ; deux, ils ne sont pas efficaces dans la lutte contre le chômage ; et trois, ils ne sont pas un tremplin pour l'insertion professionnelle.»

Ainsi donc, réduire les aides au logement pour les ménages les plus pauvres leur permettrait sans doute d’accéder plus facilement au logement et supprimer les emplois aidés serait la solution pour que ceux qui en bénéficient puissent trouver un emploi. Si la logique de ces raisonnements vous échappe, c'est qu'à l'inverse de nos ministres, vous n'avez pas la chance de côtoyer chaque jour le phare de la pensée complexe.

Mais, puisque l'heure est à la remise en cause des politiques publiques qui ne résolvent pas complétement le problème qu'elles sont censées résoudre, voici deux axes de réflexion pour nos gouvernants.

Depuis octobre 1995, il y a eu une douzaine de réformes du marché du travail en France, ce pays-qui-n'a-pas-su-faire-les réformes-nécessaires... (voir ici). Toutes ces réformes allaient dans le sens de "l’assouplissement" du droit du travail afin de résoudre le problème du chômage, dont l'une des principales causes résiderait dans la rigidité de notre droit social. Le taux de chômage est passé de 9,6% de la population active au 4e trimestre 1995 à 9,2% au 2e trimestre 2017 (voir ici). Encore une centaine de réformes et le plein emploi est en vue !

Depuis 1993, date de leur introduction, les mesures d’allègement des cotisations sociales patronales se sont multipliées avec pour objectif de réduire le chômage grâce à la baisse du coût du travail (on se souvient encore du pin "un million d'emplois" de Pierre Gattaz...). En 2017, ces mesures représentent un coût de 51,9 milliards d'euros pour les finances publiques, dont près de la moitié pour le CICE cher à Emmanuel Macron (voir ici). Durant cette période, le taux de chômage est passé de 9,2% de la population active au 1er trimestre 1993 à ... 9,2% au 2e trimestre 2017 (voir ici). Voilà de l’argent public bien utilisé !

Gageons que la conclusion va s'imposer comme une évidence au Président et à ses ministres : il est urgent de mettre fin à ces réformes du marché du travail et de supprimer ces allègements de cotisations sociales patronales qui ont fait la preuve de leur inefficacité !

 

 

 

 

 

 

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