Journal d'un amoureux de la vie au temps du Corona Virus

17e jour de confinement Mercredi 1er avril Et Paris commença à envoyer ses malades en province...

 Comme prévu dans mes précédentes considérations, à moins que ce soit un poisson d’avril, la bande à Manu, n’aurait rien compris à ce qu’attendent les citoyens et réformerait l’hôpital en le privatisant encore plus. Je vois mal Médiapart monter une telle « blague » surtout avec les deux auteurs de l’article, réputés pour leur professionnalisme.Voir l'article suivant :

Élevé selon les principes devenus sacrés des Chicago’s boys, à quoi fallait-il s’attendre ? « La stratégie du choc » est bien là. L’avenir s’annonce noir. On se disait, pour sortir d’une telle crise, il nous faut revenir à Keynes.
Avec des fondamentalistes de l’ultra-libéralisme, on aura privatisation accélérée de tout le système de santé et préparation de la prochaine crise, encore pire que celle que nous vivons. Le tout avec des moyens coercitifs renforcés puisque même le Conseil d’État a mis la clef sous le paillasson et est allé se confiner au chaud.

E. Todd a dit que « ces macronistes haïssaient le peuple ». Plus ça va et plus ça se confirme.
Donc les ayatollahs du capitalisme en transes ont tout loisir de mettre à bas tout le secteur public et de donner enfin, aux plus riches les moyens de s’enrichir encore plus.

A moins que… les citoyens survivants n’étripent cette bande de funestes jobards qui ne comprennent rien à la réalité du monde infâme qu’ils nous souhaitent. On a voulu éviter la Le Pen, on a hérité d’un jeune Pétain d’opérette. Belle unité de ce bataillon de salopards : Trump, Bolsonaro, Johnson, Macron.
Certes, pas d’opposants encore dans les stades, cela n’arrivera qu’en dernier ressort. Si, jamais, les consommateurs brisent d’avec les chaînes télévisées et vainquent leur peur dans un élan de liberté recouvrée.
Car tout cela ne peut se réaliser que si les peuples sont maintenus dans la peur. Et le « Conarvirus » est une opportunité à nulle autre pareille.

La liberté d’expression peut être laissée libre ou presque, puisque de toute manière, le meilleur moyen de soumettre, c’est de demeurer sourd, hautain, hors sol, de planer comme l’aigle en se jouant des courants ascendants et de mépriser les consommateurs-citoyens englués dans leurs dettes, leurs impôts, leurs fins de mois et leur crainte de perdre leur emploi quand ils en ont un.
« Parlez, écrivez, gueulez ! Indignez-vous, même ! Nous détenons, la police, la gendarmerie, la justice et les corps constitués. Nous avons été élus, donc nous sommes légitimes ! Vive la démocratie bourgeoise, vive la République, vive la France ! »
J’exagère ? Peut-être, mais les faits s’accumulent et je ne fais que mettre les pieds dans le plat. Ce qui ne se fait pas voyons !

Que reste-il de la devise républicaine inscrite au fronton de nos mairies ?
Liberté ? Un mythe, au regard des atteintes perpétuelles à nos libertés fondamentales, sous couvert de lutte contre le terrorisme, puis du Covid-19. Et le pire c’est que cela se fait avec quasiment le consentement des « esclaves ». Oh ! Que revienne le temps des GJ ! Quelques-uns d’entre eux, étaient de vrais citoyens, dignes et encore rigoureux quant à leurs libertés.
Égalité ? Un autre mythe, au regard de cette justice à plusieurs vitesses selon la qualité du prévenu, et préférence inconditionnelle du pouvoir pour l’élite richissime, en mettant en place des impôts injustement répartis et en permettant des évasions fiscales nommées « optimisations fiscales » avec cette belle profession d’avocat fiscaliste.
Fraternité ? Un dernier mythe, les sans-abri, les habitués du Secours Populaire, de la Banque alimentaire, des Restos du Cœur, et les immigrés comme les chômeurs, ne cessent de croître et ne tiennent que par la solidarité des humbles, des justes, qui viennent quémander les invendus auprès des grandes surfaces dévastatrices du commerce de proximité. Les banques les ont noyés, les propriétaires mis à la rue, et les frontières sont fermées avec en prime, des camps d’internement avant reconduite vers l’enfer d’où ils se croyaient sortis. Fraternité éventuelle de classe supérieure. Dans un univers régi par la concurrence et le darwinisme social.

Le confinement donne le temps de mitonner ses rancœurs à petits bouillons. Le bougon bougonne. Dehors, les ziozios gazouillent à tout va. Et des souvenirs d’une France printanière reviennent à la mémoire, excitant des envies de départs. Non pas des fuites, non ! Un ressourcement dans cette nature « neuve » de chaque avril, comme si l’on avait besoin de se laver de ces hivers longs à ciel bas, avec des froidures humides et des averses à répétitions.

Depuis plus de 15 jours de confinement, pas une goutte. Le sol a bu. Je viens d’arroser en prenant à la réserve d’eau de pluie, moins polluée que d’habitude puisque le ciel n’est plus zébré des traces des avions qui traversent la France.
Il y a un peu plus de familles, de couples qui passent dans la rue. Il faut bien aérer les enfants, sortir les bébés, se dégourdir. Même les prisonniers ont droit à de « la promenade ».

J’aime les cris des enfants qui jouent dans les cours de récré, dans leur jardin. Ils sont l'avenir. Heureux ceux qui ont un frère ou une sœur. Ils partent dans l’univers de grande liberté de leur imagination d’enfant, où il peut faire nuit en plein jour, où un coffre devient navire de haute mer, galion, voiture, camion… Et les chats ont des allures de tigre qui, passant sous la haie du voisin, semble sortir de sa jungle.
On devrait toujours conserver son âme d’enfant. C’est ce que possèdent les artistes, les créateurs de mondes, scénaristes, écrivains, dessinateurs, esthéticiens, sculpteurs, concepteurs. Enfermés, consignés, confinés, assignés à résidence, la liberté grande est encore dans les cerveaux et peut venir noircir ou colorer des pages blanches qui bientôt s’illuminent. Et la lutte continue nous rappelle Georges-André, un très bon blog.

L’espoir est là. Le sel de la terre. La résistance. Emmanuel Macron n’a pas eu une très bonne idée de parler de « guerre ». La seule vraie guerre, c’est la lutte des classes, et il le sait.
Et puis, ce qu’il a oublié, c’est qu’à la fin des guerres, dans l’euphorie de la victoire, il y a des règlements de comptes plus ou moins justes, des épurations, des procès demandés par les survivants. Et ceux qui ont le plus eu peur, peuvent devenir soudainement, en meute, dangereusement redoutables.


Oh ! Que c’était un mauvais conseil de vendeur « d’éléments de langage » comme "on cause à c’t’heure » dans les lambris des cabinets ministériels et de l’Élysée. Pas la peine d’avoir fréquenté les écoles de l’élite qui ne sont grandes que pour ceux qui le méritent.
Cela peut fournir de « grands serviteurs de l’État », de « grands cerveaux », mais aussi de « grands connards » avec circonstances aggravantes du fait même qu’ils appartiennent à ce qui est l’élite de la Nation.


Dernières statistiques du Covid-19, pays par pays, qui confirment que là où il y a des stat. Presque fiables ça monte sauf en Chine, les USA sont; comme d’habitude en tête. Apparemment les achats massifs d’armes de défense semblent dépourvues contre le virus. (It’s a joke)

Toujours très épaté par l’efficacité de l’Allemagne, de la Suisse et de l’Autriche qui ont très peu de morts par rapports au nombre de contaminés et pas mal de guérisons. A suivre ! D’autant, que l’Afrique et l’Inde n’ont pas dit leur dernier mot, encore faudrait-il qu’il y ait des services de statistiques performants.

 

Terminons en beauté avec les paroles de ce poète et résistant admirable que fut René Char :
« La dignité d’un homme seul, ça ne s’aperçoit pas. La dignité de mille hommes, ça devient une allure de combat ». (Le soleil des eaux, 1949)
« Les poèmes sont des bouts d’existence incorruptible que nous lançons à la gueule répugnante de la mort, mais assez haut pour que, ricochant sur elle, ils tombent dans le nominateur de l’unité. » (La parole en Archipel, 1963)
« Mais qu'est-ce qu'un révolté, Monsieur ? Quand un homme est broyé et qu'il se tait, c'est un individu normal. S'il proteste et réclame son droit, c'est un révolutionnaire ! » (Le soleil des eaux, 1949)

 

 

 

 

 

 

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