Des mots : les chômeurs ne sont pas une somme "d'individus éloignés de l'emploi"

Macron, les gilets jaunes, bonnets rouges, costumes gris ...le problème est la logique du capitalisme qui ne peut que mener au suicide collectif malgré sa capacité extraordinaire à recycler "ses externalités négatives" dans son système et sa propre logique : marché du carbone, Cat Bonds… et traitement social du chômage et de la pauvreté.

Le problème n’est ni Macron, ni Carlos Ghosn, ni les Gafa, ni les gilets jaunes ou bonnets rouges, costumes gris ou chaussettes noires...le problème est la logique du capitalisme qui ne peut que mener au suicide collectif malgré sa capacité extraordinaire à recycler dans son système et sa propre logique ses « déchets » humains ou matériels, ce qu’on nomme curieusement ses extériorités négatives et leur recyclage « l’intériorisation des externalités négatives » : marché du carbone, Cat Bonds… et traitement social du chômage et de la pauvreté.

Cette logique est portée par un glissement sémantique qui désigne des choses ou des faits supposés en déconceptualisant les mots décrivant un processus et les transforment en mot qualifiant un état : les « chômeurs » deviennent des « individus éloignés de l’emploi ». Le concept de « travail » et donc de sa fonction de lien social s’efface au profit ( c’est bien de profit dont il s’agit) d’  « emploi » terme qui associé à l’expression «  gisement d’emploi » évoque une ressource naturelle à découvrir.

Le travail et l’emploi sont des concepts différents.

Le travail n’implique pas nécessairement un emploi et l’emploi n’implique pas nécessairement qu’il y ait un travail. On parle même parfois d’emploi fictif, mais il s’agit en fait de travail fictif, l’emploi lui est bien réel : contrat, rémunération, feuille de paie sont tout à fait réels !

Le travail est désormais une valeur marchande qui se négocie sur « le marché de l’emploi. »

Ce glissement sémantique permets à la fois de déconnecter la réflexion de son fondement socio politique et de rabattre la question collective sur des capacités individuelles : l’employabilité et l’éloignement de l’emploi.

C’est ce que dénonce avec brio Frank Lepage dans ses conférences gesticulées comme une « dépolitisation » de la réflexion.

https://www.facebook.com/LeMediaOfficiel/videos/712509585795768/UzpfSTEwMDAxMzc5MDg4NDY2NTo1MjA1N.

A l’analyse marxienne du phénomène chômage, mot conceptualisé , c’est à dire normé dans un processus de pensée avec une logique discursive et contestable (armée de réserve du capitalisme) est préférée une description métrique constatant un état d’éloignement d’un individu d’un lieu ou résiderait l’emploi.

Le propre du concept c’est à la fois d’être le représentant d’une logique de pensée mais d’être aussi contestable dans la mesure ou le déploiement de sa logique est étayé. Le concept est bien sur un parti pris qui démontre et montre sa logique discursive. Ça se discute et s’argumente.

« L’éloignement de l’emploi » n’est pas un concept, c’est un signifiant, c’est à dire que loin de dire tout pour tous comme il se présente, il en dit un peu, mais suffisamment pour laisser à désirer et mettre en route une chaîne signifiante qu’il mobilise.

Il faut alors inlassablement déconstruire cette chaîne.

Pourquoi tel ou tel est plus ou moins éloigné de l’emploi ?

S’il est loin, de ce lieu supposé, que ne s’en rapproche t’il pas ?

Ou bien faudrait il rapprocher l’emploi.

Bref ...il pourrait lui aussi faire un effort pour se rapprocher.

Peut être qu’il profite du système des aides sociales...etc

On voit bien que la perte d’adhérence conceptuelle autorise toutes les sorties de route.

Le problème est que l’accident est imminent.

Dans les nouvelles formes de management, c’est aussi ce glissement que montre Agnès Vandevelde-Rougale dans son ouvrage ; « La novlangue managériale » paru aux éditions Erès :

« L’utilisation de la novlangue participe aussi et surtout au corsetage des imaginaires, au façonnage des univers symbolique, au formatage des émotions, à l’écrasement des intelligences individuelles et collectives. » (4ème de couverture)

C’est ce que dénonce aussi par une analyse plus socio politique Mireille Bruyère dans « L’insoutenable productivité du travail » paru aux éditions Le bord de l’eau.

« Les inévitables limites à l’action humaine prennent alors toujours la figure de l’échec personnel. Dans l’entreprise cette injonction à la pseudo autonomie par la voie de l’entreprise de soi est toujours couplée à des systèmes de mise en concurrence censés stimuler l’effort et l’implication. Cette concurrence suppose la mise en place d’une évaluation chiffrée constante des activités des salariés. Ce type de management isole et fragilise les travailleurs, détruit les collectifs et les capacités de résistance. » (p 147)

« ...les dispositifs d’évaluation et de mise en concurrence corollaires de l’entreprise de soi, isole les travailleurs et défait profondément les collectifs de travail. Ils les privent d’une expérience commune du travail qui est à la base de notre faculté de juger et donc de donner du sens politique au travail ».( p 151)

J’ai essayé de montrer combien ces signifiants («  il n’est pas élève », « il n’entre pas dans les apprentissages » ) opèrent dans l’école pour obérer les causes structurales de l’échec scolaire des pauvres.

http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=58908&motExact=0&motcle=&mode=AND

 

L’accident est imminent : que faire ?

 

LE CONSENTEMENT AU PARTAGE :

 

Économie politique et économie psychique, mode de production et mode de jouissance .

 

Partager ne va pas de soi mais plutôt des autres .

Les autres, l’autre, l’alter de l’altérité mais aussi de l’altération.

Un soi, une société altérable ou inaltérable ?

En musique, l’altération modifie la note d’un demi ton ce qui ne garanti pas nécessairement la musicalité ou l’harmonie du chant.

L’altération peut sonner ou dissoner.

 

Du coté de l’économie politique :

 

Qu’elle est la musique du capitalisme, de son évolution et quelle harmonie écrit il dans ce mode de production ?

Le partage ne va pas de soi, pour le moins!

La propriété privée des moyens de production enrichit par la plus-value l’entrepreneur dont l’entreprise peut alors croître et prospérer : l’entrepreneur investit par le crédit, la production et la productivité augmentent, il embauche ...

La somme des intérêts individuels concourt à l’intérêt collectif.

La libre entreprise, la libre concurrence, permet à tout individu libre et autonome d’entreprendre, de s’enrichir, d’investir d’embaucher, de devenir premier de cordée et d’alimenter le cercle vertueux de la croissance :

« Les profits d'aujourd’hui sont les investissements de demain et les emplois d’après demain ».

Le ruissellement aidant chacun s’enrichit.

La concurrence libre et non faussée, le libre échange des marchés, dont celui du travail, régulent la valeur des échanges et font le tri sélectif des entreprises.

Tout cela assure la CROISSANCE , croissance qui détermine l’emploi et donc notre « niveau de vie moyen ».

La croissance est l’effet et la cause du progrès économique et social, croissance définie comme la variation quantitative de la production, l'indicateur le plus utilisé pour la mesurer étant le produit intérieur brut qui mesure les biens et services valorisés.

Le progrès est consubstantiel à la croissance, elle même consubstantielle au progrès.

Il y aura bien des cycles et des crises, mais à terme le marché les régulera à condition toutefois qu’il ne soit pas trop régulé et que son mécanisme « naturel » d’auto régulation ne soit pas empêché.

L’état organise l’infrastructure matérielle, administrative, juridique ainsi que le mode et le niveau de régulation qui permet l’optimisation de ces échanges. Il assure le mode de production et de reproduction ( école, justice, information…)

Il définit ses prérogatives régalienne qu’il gère ou confie à la sous traitance.

Le parlement légifère, le peuple vote, a voté.

La croissance et la consommation restent le facteur déterminant le progrès social.

Il faut donc produire pour consommer et consommer pour produire.

Cette règle d’or illustre parfaitement l’age d’or des « 30 glorieuses » qui nous a permis une production et une consommation en bien d’équipements sans précédent dans le cadre d’un marché régulé par la puissance publique ( contrôle de la monnaie, des capitaux, des changes...et donc régulation des banques).

La fameuse consommation des ménages, le boom démographique de l’après guerre, ont entraîné un cycle de croissance désormais révolu.

Tout ça semble avoir quelque peu dégénéré sur fond de dérégulation et de financiarisation de l’économie dans le cadre d’une compétition mondialisée et du passage obligé de la production-consommation à la consommation-surconsommation des biens, des services et de l’énergie ; du moins pour une partie de la planète, les pays (sur) développés.

Pour les autres il n’y aurait pas d’autres voies que celle là , par nous tracée. (TINA)

Il faut bien sur alors promouvoir un capitalisme « décomplexé » et rendre nos entreprises plus  compétitives :

- fluidifier,optimiser, flexibiliser et rendre plus liquide le marché du travail et des capitaux

- Réduire le « coût » du travail et augmenter sa productivité

- faire de la digitalisation des entreprises un levier de croissance

- construire des éco systèmes pluridisciplinaire « agiles » et « disruptifs», promouvoir « l’open innovation ».

- cultiver des pépinières de start up, des accélérateurs de scale up, faire pousser des licornes

BFM business martèle son slogan :

« La France a tout pour réussir ! » et menait une campagne de promotion pour développer l’entreprise : « Plus

grand, plus fort ! » qui rappelle la formule du baron Pierre de Coubertin :

Citius, Altius, Fortius !

Mais alors comment faire ?

Et jusqu’où ?

Amazone a franchit le premier le cap des 1000 milliards de dollars de capitalisation.

Son patron est riche de 160 milliards de dollars.

Dassault système filiale de la holding Dassault rentre dans le CAC 40.

L’Oréal vend 50 produits de beauté par seconde dans le monde.

Le trading haute fréquence a rattrapé la nano seconde…

Les dégâts collatéraux sont nombreux et nos actualités égrainent la désormais banalité de leurs occurrences :

-L’ interminable défilés des plans de « lutte » (!) contre le triptyque : chômage- pauvreté- inégalité

-Les scandales financiers

-La fraude et l’optimisation fiscale

-Les paradis fiscaux

-La manipulation des taux de change

-Le shadow banking et les bulles spéculatives

-Le Catex (Catastrophhe Risk Exchange) et la spéculation sur le dérèglement climatique ( cat bonds)

-Les « permis de polluer » et le commerce frauduleux du carbone

-Le sort réservé aux lanceurs d’alerte et l’impunité des banquiers

….

On pourrait multiplier les constats, évoquer la crise des subprimes et la récession économique engendrée par le déficit de crédits, le coût social du sauvetage des banques, le primat du rentier au détriment de l’entrepreneur et la financiarisation de l’économie, les risques du trading haute fréquence, les rémunérations indécentes, la spéculation, les produits dérivés, la titrisation et la propagation incontrôlées du risque, le sort réservé à la Grèce et sa vente à la découpe...

De nombreux travaux ( notamment parmi les Économistes Atterrés) s’y attachent et nous éclairent.

Pas plus que les anciens, aucun de ces nouveaux « concepts » ou catégorie du néo capitalisme n’est fondé sur le partage.

Tous se fondent sur les mêmes modes et rapports de production et poursuivent la même logique.

La compétitivité et le profit en sont des moteurs puissants,

La compétition est un mode de rapport particulier à l’autre.

Le profit est toutefois devenu un mode de rapport particulier à l’argent, l’immense majorité des échanges n’étant plus d’ordre purement économique, mais financier.

Il ne reste plus qu’à réduire les inégalités par des mécanismes de redistribution ou compensation et de gérer les « externalités négatives » particulièrement celles générant une pollution et un dérèglement climatique désormais avéré ainsi que l’appauvrissement des espèces et des ressources naturelles ou celles ébranlant l’acceptabilité populaire et mettant en danger l’ordre social.

Nous sommes en marche dans une fuite en avant vers une pathologie sociale de la surconsommation qui détermine et est déterminée ( en même temps* !) par un mode de relation au monde et à l’autre .

La captation et la prédation en sont les caractéristiques dominantes.

Lorsqu’on décrit « l’horreur  économique » (Viviane Forrester ) ,  « la prospérité du vice » ( Daniel Cohen), le triomphe de la cupidité (Joseph E. Stiglitz) nous basculons aussi du coté de l’économie psychique.

La cupidité et le vice font horreur !

La cupidité et le vice, attributs diaboliques, procèdent de l’économie psychique.

 

 

 

Du coté de l’économie psychique.

 

Freud puis Lacan ont poursuivi ce que déjà de nombreux philosophes avant eux avaient exploré .

Il y a dans l’homme une part d’ombre, d’inquiétante étrangeté et de terrible violence.

On sait depuis longtemps que « l’homme est un loup pour l’homme »

Depuis Freud et Lacan on sait désormais pourquoi et comment.

En introduisant ce nouveau concept de Pulsion de Mort en 1920 Freud ouvrait de nouveaux champs de compréhension et réglait une forme d’idéalisation religieuse de la « nature » humaine.

Lacan scella l’affaire.

Au delà du principe de plaisir, la pulsion de mort et au-delà de la pulsion de mort, Lacan conceptualise la division du sujet, son reste a et son rapport au Réel.

De ce coté là , beaucoup ont écrit, d’une écriture plus ou moins aisée à aborder, mais le doute n’est plus permis.

La construction psychique de l’humain est d’une formidable violence.

Pour s’humaniser il faut traverser des épreuves terribles que le refoulement polisse et atténue mais dont la vie psychique en recèle les traces.

Pour le tout petit, il suffit de l’observer en collectivité par exemple, il n’est pas du tout question de partager et encore moins d’aimer son prochain !

Nous observons des conduites agressives de prédation, de captation ...et des conduites de soumission.

Dans ce monde que nous qualifions de pulsionnel nous avons recours à des concepts anachroniques pour le décrire car un nouveau né ne  se conduit pas, en prédateur par exemple, il est conduit par une pulsion.

Tout ça ne dure pas, normalement, très longtemps : l’éducation, son éducation en désir et en projet a commencé bien avant sa naissance.

L’école, l’école maternelle enseigne sa matière principale que les textes officiels appellent toujours, depuis très longtemps « le Vivre Ensemble ».

On apprend aux enfants dès 2 ans à différer et à partager.

On apprend aussi l’entraide et la collaboration dans le « Vivre Ensemble ».

L’école promeut le partage et l’entraide.

Du moins pendant quelque temps...jusqu’aux premières évaluations, dès l’école maternelle, évaluations qui sont individuelles, mais restent « bienveillantes ».

Ce label officiel de « bienveillance » suppose qu’elles pourraient ne pas l’être ou l’avoir été...et qu’elles ne le resteront certainement pas !

Effectivement tout cela se gâte un peu au fil de la scolarité ou l’entraide, la collaboration et le partage disparaissent peu à peu au profit de la compétition et de l’évaluation individuelle dont l’aboutissement se réalise dans les classes préparatoires aux grandes écoles.

Différer et partager est pour tous d’une incroyable violence, mais encore une fois ça dure plus ou moins longtemps, et pas seulement pour les enfants gâtés !

Contenir sa violence adressée à l’autre et consentir au partage est un long processus, un processus secondaire.

Au début est la violence et l’accaparement.

Freud décrivant l’enfant parle de pervers polymorphe. Bien sur il ne s’agit pas de perversion, ce serait encore un anachronisme, tout comme le serait aussi l’évocation de la cupidité et du vice.

Toutefois, il y a bien quelque chose de familier dans ces anachronismes.

La fonction de l’éducation est de faire en sorte que cette « cupidité » et ce « vice »  originels  ni ne prospèrent, ni ne triomphent.

L’apprentissage, l’éducation annoncent un autre rapport à l’autre et introduisent par la parole un nouveau lien social… mais personne n’oublie ce qui dans la vie psychique s’est imprimé.

Il suffit pour s’en convaincre de se laisser un peu aller et de visiter ses rêves.

Il suffit aussi de constater les nombreuses ratées.

Il suffit parfois d’un « rien » pour que bascule ce fragile équilibre qui nous maintien sur la ligne de crête que certains appellent l’humanité ou la civilisation en l’opposant à l’inhumanité, la barbarie ou la monstruosité supposées d’autres.

Supposer que les uns n’appartiennent pas ou plus à notre communauté permet de se préserver et d’éviter de sonder chez soi cette violence qui ne repose jamais en paix.

De ces ratées nous mesurons l’ampleur chez les patients des psy, particulièrement les plus jeunes.Ils développent de plus en plus des pathologies qui, du moins dans leurs symptomatologies, ont glissé des effets de l’interdit de jouissance aux effets de l’impossibilité de satisfaire cette jouissance.

A « je désire ce que je ne peux avoir », succède « je consomme tout ce que je désire, mais je n’en ai jamais assez ».

Si la frustration est toujours au rendez vous les conséquences sont différentes et l’épuisement du désir dans la consommation sans fin installe des positions boulimiques et/ou anorexiques qui désespère le sujet.

A l’inverse de  « l’optimum de Paréto » non seulement aucun équilibre n’est atteint, mais l’insatisfaction augmente avec la consommation dans une fuite en avant caractérisant les addictions.

La dominante symptomatologique a glissé du lien à l’autre au lien à l’objet.

 

Du coté de l’économie politique et de l’économie psychique :

 

De ces considérations précédentes on pourrait conclure qu’il existe un lien entre ces 2 économies, qu’il y aurait une sorte d’ intrication dont le partage de certains concepts probablement mal définis témoignerait.

La toute puissance, la fuite en avant vers la surproduction et la surconsommation, l’insatisfaction croissante et le rapport à l’autre et au monde évoquent des similitudes .

La catégorie des Sérials Entrepreneurs, agités par une volonté farouche de créer et vendre leurs entreprises évoque, par sa proximité sémantique, le même imaginaire que la catégorie des Sérials Killers.

Les Sérial Entrepreneurs, les Sérial Killers, c’est plus fort qu’eux !

« La toute puissance » n’est pas la caractéristique de ces « tout petits » elle est aussi l’apanage de ces « grands patrons ».

« Capitalisme et pulsion de mort » écrivaient Bernard Maris et Gilles Dostaler (Albin Michel 2009)

Ne s’agirait il pas aussi pour ce qui nous occupe du même réel, de la même « économie » ?

Inutile alors de chercher des similitudes et une articulation s’il s’agit du même réel;.

 

 

Du côté de l’économie politique, tout changement obéira aux seules variables de ce champ, par exemple le mode de production, la répartition de la plus value...pour une société, plus juste, plus égalitaire, des rapports sociaux de partage, d’entraides, etc.

Du côté de l’ économie psychique, le psychanalyste par exemple, invoquera le plus de jouir et œuvrera pour que chaque sujet repense singulièrement son mode de jouissance et donc son mode de consommation et son rapport à l’autre à l’aune de la limitation consentie de sa propre jouissance...pour une société, plus juste, plus égalitaire, des rapports sociaux de partage, d’entraides, etc.

Pour le premier il aura le choix entre le réformisme et la révolution avec les nuances intermédiaires.

Pour le second, il faudra psychanalyser la terre entière ou à défaut répandre la bonne parole et prendre en charge d’interprétations et de commentaires tous les faits sociaux.

 

Revenons au partage, au consentement au partage.

 

Le mode de production capitaliste et plus encore le capitalisme financier, le fonctionnement psychique ne tendent pas « naturellement » vers une orientation à l’entraide et au partage.

On a vu que pour l’économie psychique, au cours de son ontogenèse, la modification du rapport à l’autre et aux objets est contrainte, que cette contrainte vienne du Réel ou de l’Autre, il est toujours question d’impossible et d’interdit.

C’est par un consentement contraint, mais aussi avec le soulagement de devoir renoncer à une toute puissance imaginaire, que s’opère un changement .

Comment penser une contrainte qui traverserait ce champ du collectif à l’individuel ?

Quelle contrainte pour l’économie capitaliste vers un renoncement à la plus value et à la surproduction ?

Quelle contrainte pour l’économie psychique vers un renoncement au plus de jouir et à la sur consommation ?

Quelle contrainte pour renoncer à ces 2 formes d’aliénation ?

 

De la contrainte vers le consentement au partage :

 

Que ce soit du coté de l’économie politique ou de l’économie psychique il est peu probable qu’un changement important opère sans contrainte interne ou externe.

C’est bien lorsqu’un état produit un conflit intra et/ou inter psychique et une rupture d’équilibre qu’une personne demande une aide et (se) est contraint à un travail psychique.

Les plus avisés anticipent l’état de rupture avant qu’il ne se produise.

Nos sociétés ont aussi évolué suite à des ruptures d’équilibre notamment des invasions, révoltes, guerres ou révolutions...

Dans nos sociétés (sur) développées les conflits violents ont été partiellement pacifiés par l’invention de la démocratie, mais c’est encore suite à des conflits sociaux que des modifications profondes ont imprimé les changements importants.

Ces affrontements sociaux conservent du reste la rhétorique des affrontements guerriers ou militaires et en conserve une très grande proximité comme le rappelle le général Vincent Desportes excellent stratège et géopoliticien, interviewé par la chaîne internet Thinkerview.

Chef du « Centre de Doctrine de l’Emploi des Forces » puis commandant le « Collège inter armée de Défense » qu’ il a contribué à renommer « École de Guerre » dans un soucis légitime de nommer plus rigoureusement cette instance, il met en garde contre « une fausse interprétation du monde » et reprend l'avertissement d'Albert Camus:

"Mal nommer les choses, c’est ajouter au malheur du monde.” 

https://www.youtube.com/watch?v=yKjsOzPaHKg&t=2611s

La  « lutte » s’est muée en rapport de force sociaux et géostratégiques parfois virulents, mais suffisamment contenus pour préserver la « paix » sociale, même si réapparaît parfois la violence physique « originelle » de ces rapports de force.

Alors qu’est ce qui pourrait provoquer un conflit et un déséquilibre suffisant à la fois de l’économie politique et psychique ?

Du coté économique dans la situation d’interdépendance de l’économie mondialisé, il faudrait que cet évènement traverse la planète avec une puissance et une simultanéité (en même temps* !) pour que l’effet soit partout ressenti.

Du coté de l’économie psychique, il faudrait aussi qu’il bouleverse à défaut de tous et chacun, un grand nombre.

De la démocratie on ne peut rien attendre de cet ordre, tous les pays ne relèvent pas de ce régime et en relèveraient-il qu’ils devraient consentir (en même temps *!) au partage ?

Nous n’y parvenons pas au sein même du  « berceau de la démocratie » face à des problèmes élémentaires que sont l’harmonisation fiscale, l’immigration, la « lutte »contre les paradis fiscaux, l’évasion et l’optimisation fiscale, etc.

Il faudrait alors une prise de conscience de la nécessité de changer son rapport à l’autre et au monde qui imprimerait nos économies psychiques...et cette conviction se réaliserait alors, démocratiquement, dans un projet politique collectif.

 

Les probabilités sont infimes, mais, étrangement, ce sont ces hypothèses qui prévalent.

 

Il faut patienter !

Voyons ce qui pourrait être contraignant :

-la disparition de nombreuses espèces et une rupture de notre écosystème ?

-la disparition progressive des ressources naturelles ?

-le réchauffement climatique ?

-un accident industriel majeur ?

-l’immigration massive économique et climatique ? (elle ne l’est pas du tout actuellement)

-un nouveau crack financier ravageant l’économie ? ( insoutenabilité des dettes privées ou souveraines, explosions de bulles spéculatives…)

-une catastrophe naturelle d’ampleur planétaire ?

- un acte terroriste majeur lui aussi d’ampleur planétaire ?

-un conflit régional dégénérant en conflit armé généralisé ?

-un suicide démographique ?

-un coup de sang d’un dirigeant psychopathe ?…

Et probablement bien d’autres « évènements » dont nous ne connaissons ni n’imaginons nécessairement l’existence.

Nous pouvons toutefois privilégier l’hypothèse de la conjonction ( en même temps* !) de plusieurs évènements énumérés avec leur effet systémique.

 

Les probabilités sont alors loin d’être infimes !

 

La probabilité de grands désordres planétaires est forte.

Prenons, par exemple toutes les combinaisons possibles de tous les « évènements » et envisageons les effets systémiques.

Les probabilités s’envolent !

Les scenarii sont nombreux et variés, certains sont encore probablement impensés, mais l’enjeu reste le même 

Il faudra alors consentir à partager … ou disparaître .

 

 

REPRISE de :Le consentement au partage: mode de production et mode de jouissance

30 SEPT. 2018 PAR MICHEL-CAZENEUVE

 

*Hommage à notre Président quantique dont, à l’instar des particules élémentaires, on ne peut mesurer la vitesse et la position  « en même temps ».

Un contre sens populaire « imaginant » en les matérialisant ces particules, en conclue que cette impossibilité serait due à nos instruments de mesure encore insuffisamment élaborés.

Il n’en est rien, cette impossibilité est structurale, constitutive de la « nature » de ces particules qui sont potentiellement...partout « en même temps ».

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