La nuit de la honte, le 23 novembre, où notre pays a été défiguré.
https://blogs.mediapart.fr/la-cimade/blog/241120/la-nuit-des-tentes-le-pire-s-est-produit-l-horreur-et-l-indigne
La destruction d'un campement de 450 migrants par une nuit glaciale, doublée de brutalités totalement injustifiées, prolongent les mêmes comportements dans les territoires d'Outremer, comme en banlieues, prolongent l'usage massif d'armes conçues pour mutiler contre le mouvement social en métropole.
Ceux qui exercent ces violences ne peuvent être exonérés de leur responsabilité personnelle.
Mais c'est l'évolution du gouvernement et l'action de la hiérarchie de la police qui doivent être interrogées.
Prenons un peu de recul :
Juppé avait cédé sur le contrat jeune. Puis Président, Sarkozy a proclamé les Règles d'Or, sacrées, non-critiquables, intangibles, et montré une intransigence sans faille.
Avant, les gouvernements exerçaient une souveraineté et une politique d'intérêt national, modèle gaullien.
La déconnexion entre la finance et les économies des pays a permis que se constituent des pouvoirs audessus des nations et des Etats qui se manifestent par l'exigence de réformes structurelles et des coups de force dans le mouvement des délocalisations industrielles (exemple types, la sidérurgie), puis de privatisations type EDF, SNCF, FdJ, ADP. Exemple de pouvoir au-dessus des Etats : Black Rock https://www.mediapart.fr/journal/economie/251120/blackrock-rattrape-par-ses-conflits-d-interets-en-europe
Avec le train de réformes structurelles de Lisbonne appliquées dans les années 2007 et suivantes, qui ont alarmé les citoyens sur le devenir des services publics et de l'Etat de droit, les gouvernements ont perdu toute marge de manœuvre. (La réforme des retraites n'est que partie remise et seules les proximités électorales rendent prudents.)
La perte de marge de manœuvre rend fictive tout préalable de "négociation". On prend l'avis de...
Il n'y a plus aucune vraie négociation. et la descente dans la rue est devenu un acte d'exaspération.
Se coucher pour négocier la couleur des chaînes, ou risquer les mutilations est devenu le dilemme des rapports sociaux.
L'intervention des multinationales ne rencontre aucun vrai obstacle. Des razzias. Pire, les milliards leur sont apportés genou en terre et leurs exigences vite signées dans des traités commerciaux.
Le système répressif organisé autour de BURE montre comment les multinationales refusent les contestations qualifiées de désordres quelle que soit la gravité des dégâts dûs à leurs activités. Les polices de tous les pays ont ou auront cette évolution. En Angleterre, Thatcher a commencé par ça, En Grèce cela a été fait, pour casser le soutien populaire à Syriza face à la troïka, etc...L'usage d'armes mutilantes et les pratiques de punitions de masse se généralisent. La pression sur les tribunaux augmente pour qu'ils servent à neutraliser la contestation sur la seule l'intention attribuée par tout policier peu soucieux de son serment.
Le glissement vers l'état policier s'accélère à l'ombre du confinement. Déjà pratiqué dans les Outremers et banlieues et sur les réfugiés.
L'acharnement à imposer des états d'urgences sans fin et lois dites "sécuritaires" est doublée d'une évolution inadmissible du statut global des polices (police d'Etat et désormais aussi privées) et du déni d'humanité vers les populations, globalement.
Déni d'humanité vers les populations non blanches et déni d'humanité contre les blancs qui s'opposent. Lire par exemple :
https://www.mediapart.fr/journal/france/291020/violences-policieres-sur-des-mineurs-l-etat-est-condamne-pour-faute-lourde
https://www.lezephyrmag.com/arnaud-simple-flic-denonce-un-systeme-devenu-toxique/ *
La fracture de la société opérée depuis le mandat Sarkozy oppose
- de prétendues "élites" policières, administratives, politiques, économiques, et propagandistes concourant au profit sans entrave d'aucune sorte, ni morale, ni culturelle, ni législative : impunie, et en abus de pouvoirs de toutes sortes (ils seront prioritairement vaccinés anti-covid, à leurs risques et périls...)
- ceux qui comptent pour rien, la piétaille des travailleurs, des livreurs, soignants, petits artisans, enseignants, etc...et les millions de travailleurs privés de travail, à la rue, chassés de leurs pays par les guerres (dont ce gouvernement assure la logistique) chassés par la ruine de leur économie (pillée par les puissances), chassés par les dérèglements climatiques et sanitaires (provoqués par la course au profit incontrôlée des puissances).
Une nouvelle guerre préventive est développée contre tout ce qui s'oppose, traités comme ennemis de l'intérieur, terroristes.
Tout cela est enrobé de discours sirupeux, vertueux à l'usage de ceux qui ne veulent rien voir. Enrobé de d'hypocrisie dont le ministre de l'Intérieur se fait spécialité. Ou hypocrisie de la loi écocides, car les écocides monstrueux sont intrinsèques à l'économie néolibérale. Loi illusionniste.
Méritera un examen spécifique, la fabrique des statistiques dont on a besoin...On fait apparaître une crête lorsqu' augmente la capacité à tester. Ou en comptabilisant des hospitalisations et des décès qui ont une autre origine. On fait une décrue en prenant le chiffre du lundi qui ne contient qu'une partie de celui de dimanche, ou en réduisant le nombre de tests pratiqués. (Voir la statistique INSEE comparée 2018, 2019, 2020 depuis le 1° mars 2020 Là **
La finance délocalisée exerce une nouvelle colonisation sur tous les peuples du monde, différenciée, faite de pillages, de ruines financières et de violences armées. Elle s'appuie sur des gouvernements fantoches corrompus et qui lui sont dévoués.
Notre pays doit se tenir à l'écart de ces processus de mort qui sont en voie de généralisation depuis les années 70/80 (au Chili, puis sur les peuples d'Afrique nouvellement indépendants ou juste débarrassés de dictatures fascistes Grèce, Espagne, Portugal...
Macron nous a grossièrement trompés en se faisant passer pour un disciple de Ricoeur dont l'idéologie combattait ce qui nous est imposé-là.
Notre pays doit se tenir à l'écart de ces processus de mort.
REFUS GLOBAL
DÉMISSION IMMEDIATE !
Lire mon billet global du 8 octobre 2020 Ici
* Interview anonyme d'un policier à Zéphyr, média des aventures humaines.
(...) Arnaud insiste, dès le début de la conversation sur le fait que les esprits sont chauffés à blanc : « Dans la brigade, on parle volontiers de matraquer du journaleux, de leur mettre un coup de pied dans la gueule. Et ça fait sourire les collègues. » Les choses qui l’ont presque dégoûté du métier, Arnaud pourrait en parler des heures. Exemples à l’appui, il se lance dans une description méthodique des cris de singe lancés dans un vestiaire au moment où un collègue d’origine africaine fait son entrée, des écussons de groupuscules d’extrême droite que certains sont fiers de collectionner, des discussions alarmantes surprises lors d’une pause café. Selon le policier, on ne se cache même pas dans les commissariats. « C’est même devenu un jeu, une sorte de défi, pour certains. »
« La loi du silence, chez nous, c’est une réalité. Si tu l’ouvres, que tu parles à ta hiérarchie de ce que tu vois ou ce que tu subis, tu es foutu », assure-t-il.
Depuis nos derniers échanges, Arnaud a cédé sous le poids du stress et prend désormais des calmants. Rien de bien méchant. Juste de quoi tenir et ne pas péter un plomb, selon lui.
L’atmosphère viciée dont il parlait en juillet l’atteint au cœur et le soumet désormais à des traitements contre l’anxiété. Il ne se déplace jamais sans son tube de cachets. Au même titre que ses gants, que sa bombe lacrymogène et ses menottes, ces médicaments font partie intégrante de son équipement quotidien.
Père de famille, Arnaud lutte pour ne pas basculer dans le burn out le plus profond. Plusieurs agents ont plongé ces derniers mois. Usés par la pression, la peur et le ressentiment, ils sont tombés du jour au lendemain. « Et ça, on n’en parle pas. Ni dans la hiérarchie, ni au ministère, ni dans les médias », dénonce-t-il.
Selon lui, la situation est grave et dépasse de très loin la vision de carte postale brandie par les services de Gérald Darmanin, au ministère de l’Intérieur. Montauban, Paris, Bourges, Saint-Germain-en-Laye… Rien qu’en 2020, près d’une dizaine de fonctionnaires de police se sont donné la mort. Suicide, pur et simple. Suicide d’hommes et de femmes dévastés par le travail et le contexte.
Crée en novembre 2018, le groupe privé Facebook « Sos Policiers en Détresse » rassemble déjà plus de 5 600 membres (NDLR, ajoutée le 26/11/2020 : ce groupe est uniquement réservé aux membres des forces de l’ordre). Lancé pour constituer un espace d’écoute et de prévention contre le suicide dans la police national, le groupe a vu sa fréquentation tripler ces derniers mois, révélant une fois de plus le malaise qui règne dans les rangs. Lire l'article : https://www.lezephyrmag.com/arnaud-simple-flic-denonce-un-systeme-devenu-toxique/
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** Info INSEE. Mortalité, toutes causes confondues, enregistrée jusqu'au 9 nov. : "Le nombre de décès était en moyenne de 1 640 par jour en septembre 2020, soit 7 % de plus qu’en septembre 2019. Au cours de la première quinzaine d’octobre, ce nombre de décès moyen par jour était un peu plus élevé, de 1 730 (soit toujours 7 % de plus qu’en 2019, les décès en octobre étant généralement un peu plus nombreux qu’en septembre). Au cours de la deuxième quinzaine d’octobre 2020, les décès s’accélèrent et s’élèvent à 1 970 en moyenne par jour (soit nettement plus qu’au cours de la même période en 2019, + 21 %). Enfin, depuis début novembre, le nombre de décès s’élève à 2 120 en moyenne chaque jour, soit 25 % de plus que l’année précédente."
(Le retard de 15 jours est justifié par le délai de transmission des mairies.)
https://www.insee.fr/fr/statistiques/4923977?sommaire=4487854
Courbe 2021 : en baisse au cours de février et mars de 2280 le 01 février à 1515 le 28 mars 2021 (1690 le 28 mars 2019 ; le minimum pour 2019 était 1407 le 22 août ) https://www.insee.fr/fr/statistiques/4923977?sommaire=4487854#graphique-figure1_radio1
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Loi Sécurité Globale (...de la police) : Lettre des sociétés de Journalistes et des Rédaction de Presse qui refusent de rencontrer le Premier Ministre après qu'il ait interdit la Marche des Libertés prévue pour le 27 11 50
Monsieur le premier ministre,
Depuis plusieurs semaines, nous, sociétés de journalistes et de rédacteurs de la presse nationale, régionale, de l’audiovisuel et du web, n’avons eu de cesse d’alerter – tout comme les syndicats de la profession, des collectifs, des directeurs de rédaction, des éditeurs de presse – quant aux graves menaces que fait peser l’article 24 de la proposition de loi « pour une sécurité globale » sur la liberté d’informer.
Ce diagnostic rejoint celui de sociétés de réalisateurs, d’associations de défense des droits humains, d’autorités administratives indépendantes, et de trois rapporteurs spéciaux des Nations unies. La Commission européenne elle-même s’en inquiète.
Même amendée, cette disposition, qui vise à pénaliser la diffusion de l’image de membres des forces de l’ordre si elle a pour « but manifeste qu’il soit porté atteinte à [leur] intégrité physique ou psychique », est dangereuse. Elle laisse augurer, en amont des magistrats, des interpellations préventives – qui, sur le terrain, décidera qu’une diffusion en direct est susceptible de constituer une infraction, sinon les policiers eux-mêmes ? – ainsi que des procédures bâillons à l’encontre des médias ou des citoyens qui diffuseraient des images d’interventions houleuses. La ministre déléguée chargée de la Citoyenneté, Marlène Schiappa, a elle-même reconnu ce risque.
Cela alors que, dans le même temps, l’article 21 prévoit que les enregistrements des caméras piétons des forces de l’ordre puissent être diffusés aux fins d’« information du public » : d’un côté, donc, l’entrave à la liberté d’informer, de l’autre un récit à la discrétion des autorités. Quant à l’article 22, qui généralise l’autorisation des drones, il ouvre la porte à une surveillance massive et invisible, notamment des manifestations.
Filmer ou photographier les policiers et les gendarmes en intervention dans l’espace public est un droit démocratique. Ce sont bien les vidéos exposant les violences commises par des membres des forces de l’ordre – qu’elles aient été tournées par des journalistes titulaires ou non d’une carte de presse, des citoyens, des militants d’associations – qui ont permis d’inscrire ce sujet dans le débat public. Lundi soir, ce sont bien les images de la très brutale évacuation d’un campement éphémère de migrants, place de la République à Paris, diffusées sur les réseaux sociaux, qui ont fait réagir jusqu’au ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin.
Nos inquiétudes sont d’autant plus vives qu’en septembre, le nouveau « Schéma national du maintien de l’ordre » est venu aggraver la dégradation, déjà importante, de nos conditions de travail dans la couverture des manifestations. Sous couvert de « rappeler » que « le délit constitué par le fait de se maintenir dans un attroupement après sommation ne comporte aucune exception », ce texte est en réalité un feu vert donné par le ministère de l’Intérieur aux forces de l’ordre pour empêcher les journalistes de rendre compte pleinement des rassemblements jusque dans leurs dispersions. Les événements survenus lundi soir, qui ont vu des reporters eux aussi molestés, en sont l’amère illustration.
Monsieur le premier ministre, la liberté de la presse et la liberté d’informer sont mises à mal en France. Vous aviez accepté d’entendre à ce sujet, ce jeudi, des représentants de la profession. La décision du préfet de police de Paris d’interdire le parcours de la Marche des libertés prévue samedi dans la capitale, attentant à une autre liberté fondamentale, celle de manifester, nous a conduits, à l’instar des syndicats de journalistes, à décliner cette invitation. Nous vous le disons ici solennellement : il y a urgence à sortir de cette spirale délétère pour la démocratie.
Nous demandons le retrait de l’article 24, ainsi que des articles 21 et 22, du projet de loi « pour une sécurité globale », et la réécriture du Schéma national du maintien de l’ordre dans un dialogue véritable avec les journalistes.
Signataires : les sociétés des journalistes, des rédacteurs et/ou des personnels de 20 Minutes, l’AFP, Arrêt sur images, Arte, BFMTV, Challenges, Courrier international, Les Échos, Europe 1, L’Express, Le Figaro, France 3 National, France Culture, France Info, Franceinfo.fr, FranceinfoTV, France Inter, France 2, France 24, L'Humanité, Le JDD, Konbini, LCP, Libération, Marianne, M6, le Média, Mediapart, Midi libre, Le Monde, NRJ Group, L’Obs, Paris Match, Le Parisien-Aujourd’hui en France, Premières Lignes, Public Sénat, RFI, RMC, RTL La Tribune, Sud Ouest, Télérama, TV5Monde, La Vie.
Avec le soutien des rédactions de: Basta!, Les Jours, Politis, Slate.fr/
Un peu d'Histoire :
L'étrange défaite.
Témoignage écrit en 1940 est un essai sur la bataille de France écrit en 1940 par Marc Bloch, officier et historien, qui a participé aux deux guerres mondiales. Dans ce livre, il ne raconte pas ses souvenirs personnels mais s'efforce, en témoin objectif, de comprendre les raisons de la défaite française lors de la bataille de France pendant la Seconde Guerre mondiale. Rédigé sur le moment, L'Étrange Défaite a marqué les esprits dès sa parution par la pertinence de ses constats1. ://fr.wikipedia.org/wiki/L%27%C3%89trange_D%C3%A9faite
Marc Bloch : "Sans se pencher sur le présent, il est impossible de comprendre le passé" Cette phrase de Marc Bloch, l’un des grands historiens français de la première moitié du xxe siècle, est déconcertante, car nous croyons spontanément que l’histoire est l’étude de ce qui s’est passé autrefois. Or il n’existe pas quelque chose de figé dans un ailleurs temporel qu’il s’agirait de retrouver. Il n’y a tout simplement pas de passé objectif. https://www.franceculture.fr/emissions/3-minutes-de-philosophie-pour-redevenir-humain/marc-bloch-sans-se-pencher-sur-le-present-il-est-impossible-de-comprendre-le-passe