Castaner, la presse et "LA" vérité...

Pourquoi la phrase largement attribuée à Castaner selon laquelle « l'hôpital a été "attaqué" par des dizaines de militants anticapitalistes d'ultragauche "black blocs" qui auraient voulu rentrer par la sortie de secours » a-t-elle purement et simplement été effacée ?

Castaner, la presse et "LA" vérité...

Toute la presse semble se satisfaire du fait que Christophe Castaner a fait une sorte d'amende honorable prononcée sur un ton patelin, lors d’une conférence de presse : « Je n’aurais pas dû employer le terme “attaque” », mais plutôt celui « d’intrusion violente. (...) Accepter de revenir sur ses mots, ça ne me pose aucun problème, a-t-il poursuivi », écrit Le Monde.

L'impression qu'une manipulation en cache une autre s'insinue à mesure qu'on se rend compte que par cette confession à minima, le ministre sauve sa tête et obtient que les médias passent à autre chose.

Pourquoi la citation bien plus virulente que l'utilisation du seul terme d'attaque, citation pourtant largement attribuée à Castaner et reprise dans les mêmes termes par Europe 1 (21h39, le premier mai) ou l'AFP et beaucoup d'autres médias, selon laquelle « l'hôpital a été "attaqué" par des dizaines de militants anticapitalistes d'ultragauche "black blocs" qui auraient voulu rentrer par la sortie de secours » a-t-elle purement et simplement été oubliée dans les articles qui rappellent les propos du ministre et analysent son comportement ?

A-t-il effectivement prononcé ces mots dans un point de presse évoqué par les médias ou bien l'AFP (ou un autre média) a-t-elle inventé ces propos dont le caractère délibérément mensonger et qui ont tant contribué à jeter de l'huile sur le feu va beaucoup plus loin qu'un mot maladroit et inexact prononcé à la place d'un autre ? Si les mots avaient été inventés, cela ouvrirait un autre débat qui ne serait pas sans intérêt ? Y a-t-il eu du « off », y a-t-il une connivence (sans vouloir la jouer complotiste), on se perd en conjectures... :-))

Cette phrase complète donne une résonance plus forte au terme d'attaque pour lequel Castaner a fait marche arrière, mais sur le reste des propos dans lesquels, s'ils sont avérés, il repeint des manifestants paniqués en émeutiers, il n'a rien dit. Avec cette phrase, les médias ne sont pas quittes de leur devoir d'investigation et Castaner n'est pas délivré de sa réputation de menteur et de manipulateur d'opinion.

PS : sur le fond, je renvoie à mon billet récent : Police, justice, macronisme.

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