#MeToo, moi non plus

« Aujourd'hui, le grand penseur à la mode s'appelle Novaleur. Écoutez la rumeur : tout le monde vous parle de « nos valeurs. Dans la décomposition ambiante, il est puissamment aidé par la propagande féministe, issue du mouvement « Me too ». Tout homme qui n'apprécie pas Novaleur est un violeur virtuel... »

Voici pourquoi je ne suis pas d'accord avec le mouvement #MeToo, qui ne vient en rien défendre la cause des femmes, mais ouvertement hait les hommes et voudrait beaucoup les voir soumis... et castrés...

Quelques réflexions qui vous feront donc comprendre dans quel camp je me situe.

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« Pour se prétendre féministe, il faut se déclarer en position de faiblesse, pas vraiment sa tasse de thé, comme elle (Françoise Giroud) disait. Il faut au moins faire semblant de trouver au moins symboliquement dangereux le pouvoir ‘’phallocratique’’, selon l’expression du M.L.F. Elle souriait, au contraire : c’est très facile de castrer les hommes. La civilisation vient des femmes. » (Jacques Remy)

"Jacques Lacan, taquin, me disait que les femmes s'apparentaient toujours à quelque fléau." (Catherine Millot)

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"Elle a du cran Fanny Ardant... Elle sait ce qui l’attend en ces temps de lapidation, mais le dit quand même." (Hubert Huertas)

 "Quand j'aime quelqu'un, je l'aime passionnément" Aux César 2020, Fanny Ardant défend Roman Polanski

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"Les chien(ne)s de meute, les juges auto-proclamés ont ce soir rendez-vous salle Pleyel pour condamner un homme et un artiste plus talentueux qu'eux tous réunis. On a les moments de gloire qu'on peut et certains sont piteux. Roman Polanski les renvoie à jamais à leur médiocrité.." (Léon-Marc Lévy)

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"Dans cette distribution de suppositoires de moraline qui règne aujourd’hui sur le climat #Cesar, le partage des rôles était évident: le sceau de l’infamie pour #Polanski , les lauriers de l’opprimé pour #LadjLy. L’œuvre n’existe plus. L’œil est remplacé par le trou de serrure." (André Bercoff)

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"Que les #Cesars aient attendu que #Polanski, absent, ne puisse répondre pour le moquer, l’humilier, surjouer le dégoût et aller jusqu’à refuser de prononcer son nom, voilà qui dit bien où étaient, hier soir, les vrais « misérables»." (Bernard-Henri Lévy)

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« Ceux qui célèbrent Polanski sont responsables des futurs viols ».

Qu’est ce qu’il ne faut pas lire...Et si on envoyait en taule tous ceux qui ont voté pour que le prix de la meilleure réalisation lui soit remis (2 745 professionnels pouvaient prendre part au vote) ? Bonne idée, non ?

Plutôt que ce billet convenu et outrancier, je recommande la lecture sur Slate de l’interview de la victime de Polanski, Samantha Geimer qui réclame depuis 1997 que l’on foute la paix à Polanski. Je recommande également la lecture attentive de la fiche Wikipedia sur Polanski qui permet de comprendre qu’il n’a pas été condamné pour viol et qu’il est l’objet d’une persécution judiciaire aux États Unis depuis 1978, que ceci s’explique notamment par le fait que les procureurs en Californie sont des politiciens élus et que c’est la raison pour laquelle la Suisse refuse toujours son extradition. Est il besoin de rappeler que les faits remontent à 43 ans ? Que ceux allégués par de prétendues plaignantes qui ne portent pas plainte et qui ne dévoilent même pas leur identité s’agissant de certaines d’entre elles remontent également à la même période ? Que certaines de ces allégations anonymes ont été obtenues par des organes de presse moyennant rémunération ? Qu’une allégation n’est pas une preuve ? Que seule une de ces allégations émane d’une personne qui prétend qu’elle était âgée de 10 ans au moment de son récit et que c’est cette allégation là qui permet aujourd’hui à certaines de venir protester contre un prétendu « pédo-criminel ?  », que la comédie surjouée hier par Haenel lui est directement profitable vu sa soudaine notoriété aux États Unis depuis qu’elle a porté plainte et qu’elle et son agent font prospérer notamment en donnant une interview au New York Times il y a quelques jours ?

Quand on voit le spectacle donné hier par certaines féministes devant la salle Pleyel et les slogans haineux proférés lors de cette manifestation, il n’y a pas lieu d’être surpris que certains les qualifient d’hystériques...

Nous sommes désormais dans une époque où beaucoup de gens ne verraient manifestement aucun inconvénient à ce que la loi de Lynch remplace les tribunaux, ou les médias en quête de lecteurs se font enquêteurs, procureurs et juges, ou n’importe qui se croit fondé à donner son opinion définitive sur des faits, réels ou allégués, sans en avoir une quelconque connaissance, hormis, dans le meilleur des cas, que ce qu’ils ont pu lire rapidement ici ou là, ou entendre à la TV...Une époque formidable !

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"Le lynchage médiatique sur les réseaux sociaux ressemble à ce qui se passe en milieu scolaire quand un élève devient le souffre douleur d’une classe. Isabelle Huppert a raison de ne pas répondre sur Polanski vu que la meute affamée veille."

"La guillotine médiatique s'attaque à Mathilde Seigner, Brigitte Bardot et Fanny Ardant. Prévention : crime de refus de lynchage de #Polanski. Peine : mort sociale. Exécution : en cours. Lieu : les réseaux sociaux. Fondement juridique : Néant."

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"Il y en a qui tiennent pour vertu de dire : "La vertu est nécessaire" ; mais au fond ce qu'ils croient c'est que la police est nécessaire."

                                                               Nietzsche

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Et maintenant Woody Allen...

Le groupe Hachette renonce à publier les mémoires de Woody Allen.

Cette annonce intervient après une manifestation d’employés d’Hachette et que Ronan Farrow, fils de Woody Allen, devenu très critique de son père, eut dénoncé cette publication.

Le ⁦@GroupeHachette atteint par une épidémie qui se répand de façon sourde et sournoise. Ses symptômes sont l’hypocrisie et la lâcheté. Il est possible de le combattre en refusant de céder au chantage mais cela demande du courage #connerievirus

"Lettre aux censeurs et censeuses de Woody Allen : Ceci n'est pas mon féminisme. « On se lève, on se casse », et on censure... Comment en partant d'un si beau combat, est-on arrivé à la dictature d'une poignée, si sûre de son bon droit ? (Christina Stirka).

"Le retour de la chasse aux sorcières, de la censure et du maccarthysme délirant qui n'ont vraiment rien à envier au fascisme."

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« L'humain n'aime pas son corps. Il l'adore éventuellement, mais il ne l'aime pas. Et comme il est censé aimer son prochain comme lui-même, s'il n'aime pas son propre corps, il n'aime pas non plus celui de son prochain. Ou comme j'aime dire : on fait de son proche un reproche. L'évangile moderne est : tu détesteras ton prochain comme toi-même. »

« La morale, c'est se sentir coupable. On doit se culpabiliser sans arrêt, et culpabiliser les autres, voilà notre rôle. Coupable de quoi ? De tout, de rien, de presque tout, de mille fois rien... D'être des hommes d'abord : voilà le ressort. »

« Les obsédés de la mort sont les ratés de l'amour physique. »

                                                           Philippe Sollers

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Il faut lire aussi l'excellent livre du psychanalyste Jean-Pierre Winter sur l'hystérie masculine, pour aussi comprendre ce mouvement #MeToo, appuyé par bon nombre d'hommes, dont Edwy Plenel sur Mediapart.

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Mediapart finit donc parfois, à force de toutes ses révélations, par devenir beaucoup trop de la chasse aux sorcières ("La transparence n'est pas la mise au pilori", dit le psychanalyste Michel Schneider), et ne devient finalement qu'un journal hypermoralisateur voire devenant souvent un véritable tribunal médiatique ou une police des moeurs du Bien et du Mal, au nom de la vertu - certains articles poussant parfois au lynchage médiatique ou à de la vindicte populaire -, la tentation étant alors d’un retour à la justice privée, à la vengeance immédiate, au détriment du droit qu’on met en péril, où, encore une fois la victime est l’héroïne contemporaine (une pratique excessive de la vertu pousse à la tyrannie), et où, au travers de ses commentaires s'épanouit une incroyable et très extraordinaire hystérie - journal d'opinions et de partis pris donc, aux dépens de toute déontologie journalistique qui devrait consister à s'en tenir à des faits avérés et prouvés, ou apporter des preuves tangibles à ce qu'elle dénonce - d'un journalisme éthique et déontologique donc, qui se devrait de rester objectif et ne s'en tenir qu'aux faits.

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ET « On a toujours la possibilité de se défendre contre la haine, la médisance, la jalousie. On ne peut rien contre « les bons sentiments ». Ils paralysent les forces vives comme la glu colle les pattes des mouches trop aventureuses.»

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Mais rien n'est perdu pour Adèle Haenel...

Alors que le directeur de casting Olivier Carbone déclarait que la carrière de l'actrice Adèle Haenel était "morte", l'actrice de 31 ans vient de signer avec CAA, considérée comme la plus importante agence artistique à Hollywood...

L'actrice a en effet décroché un contrat avec la "Creative Artists Agency" ou CAA, une société de production artistique. C'est l'un des acteurs les plus importants sur le marché des agents de stars. La société à notamment représenté de nombreuses personnalités, comme Bob Dylan, Brad Pitt ou encore Natalie Portman.

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Et, pour finir, cet article du Monde, nous rappelant le droit :

« Aucune accusation n’est jamais la preuve de rien, il suffirait sinon d’asséner sa seule vérité pour prouver et condamner »

Tribune

Après les polémiques de la cérémonie des Césars, plus d’une centaine d’avocates pénalistes de tous les barreaux de France, se revendiquant féministes, rappellent dans une tribune au « Monde » les principes de la présomption d’innocence et de la prescription.

https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/03/08/justice-aucune-accusation-n-est-jamais-la-preuve-de-rien-il-suffirait-sinon-d-assener-sa-seule-verite-pour-prouver-et-condamner_6032223_3232.html

La véhémence polémique qui a suivi la 45e cérémonie des Césars nous oblige, nous qui sommes tout à la fois femmes, avocates et pénalistes : femmes évoluant dans un milieu où se bousculent nombre de ténors pour qui l’adage « pas de sexe sous la robe » n’a guère plus d’effets qu’un vœu pieux ; avocates viscéralement attachées aux principes qui fondent notre droit, à commencer par la présomption d’innocence et la prescription ; pénalistes confrontées chaque jour à la douleur des victimes mais aussi, et tout autant, à la violence de l’accusation.

Présumer de la bonne foi de toute femme se déclarant victime de violences sexuelles reviendrait à sacraliser arbitrairement sa parole, en aucun cas à la « libérer ».

Nous ne sommes donc pas les plus mal placées pour savoir combien le désolant spectacle de la surenchère oratoire, et la déraison dont elle témoigne, ne peuvent conduire qu’au discrédit de justes causes.

On se pique d’avoir à le rappeler, mais aucune accusation n’est jamais la preuve de rien : il suffirait sinon d’asséner sa seule vérité pour prouver et condamner. Il ne s’agit pas tant de croire ou de ne pas croire une plaignante que de s’astreindre à refuser toute force probatoire à la seule accusation : présumer de la bonne foi de toute femme se déclarant victime de violences sexuelles reviendrait à sacraliser arbitrairement sa parole, en aucun cas à la « libérer ».

Article réservé à nos abonnés Lire aussi « Après les Césars et Despentes, il est crucial de renouer les liens »

Roman Polanski a fait l’objet de plusieurs accusations publiques, parmi lesquelles une seule plainte judiciaire qui n’a donné lieu à aucune poursuite : il n’est donc pas coupable. Quant à Samantha Geimer, seule victime judiciairement reconnue, elle n’a de cesse d’appeler à cesser d’instrumentaliser son histoire, jusqu’à affirmer : « Lorsque vous refusez qu’une victime pardonne et tourne la page pour satisfaire un besoin égoïste de haine et de punition, vous ne faites que la blesser plus profondément. »

La pire des aliénations n’est donc pas l’amour mais bien la haine

Et d’ajouter dans cette interview sur Slate que « la médiatisation autour de tout cela a été si traumatisante que ce que Roman Polanski m’a fait semble pâlir en comparaison ». Au nom de quelle libération de la parole devrait-on confisquer et répudier la sienne ?

Cette cérémonie en hommage à la « grande famille du cinéma », lors de laquelle Roman Polanski fut finalement plus humilié que césarisé, contribuera donc à blesser un peu plus celle qui, en vain et depuis plus de quarante ans, tente de tourner la page d’une histoire qui, de fait, n’est plus la sienne. Au nom de quel impératif, voire de quel idéal victimaire, cette victime est-elle sacrifiée ?

Il n’est pas de postulat plus dangereux que celui selon lequel toute mémoire serait vertueuse et tout oubli condamnable.

Il est urgent de cesser de considérer la prescription et le respect de la présomption d’innocence comme des instruments d’impunité : en réalité, ils constituent les seuls remparts efficaces contre un arbitraire dont chacun peut, en ces temps délétères, être à tout moment la victime. Il n’est pas de postulat plus dangereux que celui selon lequel toute mémoire serait vertueuse et tout oubli condamnable. Homère le savait bien, pour qui « la prescription interdit à l’homme mortel de conserver une haine immortelle ».

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Césars 2020 : après la cérémonie, les fractures du cinéma français

La pire des aliénations n’est donc pas l’amour mais bien la haine, et nous autres, avocates pénalistes, connaissons trop bien les ravages qu’elle produit sur des parties civiles qui, espérant surmonter leur traumatisme en s’arrimant à leur identité de victime, ne font en réalité que retarder un apaisement qui ne vient jamais qu’avec le temps.

Il est faux d’affirmer que l’ordre judiciaire ferait montre aujourd’hui de violence systémique à l’endroit des femmes, ou qu’il ne prendrait pas suffisamment en considération leur parole

Il est faux d’affirmer que l’ordre judiciaire ferait montre aujourd’hui de violence systémique à l’endroit des femmes, ou qu’il ne prendrait pas suffisamment en considération leur parole.

Nous constatons au contraire, quelle que soit notre place à l’audience, qu’une inquiétante et redoutable présomption de culpabilité s’invite trop souvent en matière d’infractions sexuelles. Ainsi devient-il de plus en plus difficile de faire respecter le principe, pourtant fondamental, selon lequel le doute doit obstinément profiter à l’accusé.

Le triomphe du tribunal de l’opinion publique

Le 4 novembre 2019, Adèle Haenel déclare à Mediapart : « La situation de Polanski est malheureusement un cas emblématique parce qu’il est le représentant de la culture. (…) Si la société elle-même n’était pas aussi violente vis-à-vis des femmes (…), la situation de Polanski n’aurait pas ce rôle. » Belle illustration du sacrifice d’un homme à l’aune d’une cause qui, de ce fait, perd une part de sa légitimité.

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« Aujourd'hui, le grand penseur à la mode s'appelle Novaleur. Écoutez la rumeur : tout le monde, à droite, à gauche, au centre, vous parle de « nos valeurs ». Novaleur a réponse à tout, et il sait distinguer les valeurs rationnelles des valeurs raisonnables. L'atmosphère a été longtemps obscurcie par des idéologies douteuses ou criminelles, mais heureusement, Novaleur a surgi, et, désormais, la liberté de penser pour ne pas penser est garantie à tous les étages.

Novaleur est l'héritier naturel d'une grande tradition en ruine. Il continue à pérorer dès que vous ouvrez la télé. Dans la décomposition ambiante, il est puissamment aidé par la propagande féministe, issue du mouvement « Me too ».Tout homme qui n'apprécie pas Novaleur est un violeur virtuel. Les messages signés « Me too » se multiplient, au point qu'on a l'impression que les femmes, redevenues des petites filles, s'appellent toutes, maintenant, Mitou. Marie-Laure Mitou, Marlène Mitou, Delphine Mitou, Muriel Mitou occupent, pour l'instant, la scène. Elles disparaîtront un jour, mais pas Novaleur. »

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"Le grand sujet, désormais, est la violence sexuelle, les agressions multiples et les viols, révélés par la libération de la parole des femmes. Ça a commencé aux États-Unis dans le cinéma, mais l’explosion est vite devenue générale, avec les slogans sur Internet, « balance ton porc » et « me too ». Les plaintes évoquent parfois des faits très anciens, et crépitent dans tous les sens. La chasse aux porcs masculins est ouverte dans les entreprises, les services publics, les milieux politiques, les producteurs de films. Une journaliste porte plainte, vingt ans après, pour agression sexuelle, contre une célébrité mâle, qui, lors d’une interview, a mis sa main sur sa cuisse. Le concept de cuisse résonne partout."

Philippe Sollers - Désir -

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Clins d'oeil...

Marilyn Monroe & Jane Russell Gentlemen Prefer Blondes 1953 © Marylin Monroe

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The Three Tenors in Concert 1994: "Nessun Dorma" from Turandot © Turandot -

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