¡ Adios Pablo ! ¡Salud Kichi !

Podemos, mené par Pablo Iglesias, vient de subir une catastrophique défaite aux dernières élections européennes, municipales et régionales qui, en Espagne, se déroulaient simultanément dimanche dernier. José María Gonzalez, « Kichi », maire de Cadix, est le seul membre de Podemos réélu, et ceci brillamment. Comment se fait-il ?

Kichi élu © Europa Press

La question se posait voici déjà quelque temps : Est-ce la fin de Podemos ? La réponse, depuis dimanche ne fait plus guère de doute : oui, Podemos c’est fini. En tout cas le Podemos libertaire qui avait pu porter nos espoirs, celui du 15-M et de la « revolución ética », celui qui dénonçait la « casta » sur tous les tons, celui qui prônait la cohérence entre le discours et les actes, ce Podemos n’est plus.

J’ai raconté, ici, et là, les événements qui ont conduit à ce marasme, je n’y reviendrai donc pas sinon pour souligner que, outre le « verticalisme léniniste » instauré par Iglesias et quelques proches, outre la rivalité des egos entre les deux ex-copains Pablo et Íñigo (Errejón), l’épisode de l’achat de la hollywoodienne villa à 600 000 euros par Iglesias et sa compagne Irene Montero a été sans doute le tir dans la nuque d’une organisation déjà moribonde.

Kichi avait été, à ce moment-là, la seule personnalité de Podemos à faire part publiquement de son « indignation » et à rappeler dans une lettre ouverte à Juan Carlos Monedero ( indéfectible soutien de Iglesias) que le code éthique de Podemos n’était pas une simple formalité, que c’était une garantie pour que nous vivions comme les gens ordinaires, même si, quand on est connu, ce n’est pas facile. Et, en effet, il a continué à vivre dans son 40 m² de currante (travailleur) comme il dit, dans le quartier où il est né.

Certes, ce n’est pas là l’unique raison de la réélection pour ainsi dire triomphale de Kichi qui frôle la majorité absolue avec 13 sièges (+3) sur 27 car il a beaucoup fait pour les plus démunis, pour les enfants qui maintenant peuvent manger correctement à l’école comme pendant les vacances grâce à la municipalisation des services privatisés par la droite qui régna pendant 35 ans à Cadix, tout cela en réduisant substantiellement la dette laissée par cette même droite. Il ne fait cependant aucun doute que sa cohérence (à l’inverse de l’incohérence pabliste) pour ainsi dire stoïcienne et joyeuse dans son mode de vie et son action politique a été déterminante.

Signe de cette cohérence, il entame ce second mandat en invoquant à nouveau les mânes de Fermín Salvochea (1842-1907), ancien maire anarchiste de Cadix et président du « Cantón » lors de l’insurrection Cantonaliste de 1873-1874. En 2015 pour exprimer le sens de son mandat il avait tout simplement remplacé dans le bureau du maire, son bureau désormais, le portrait du roi Juan Carlos par celui de Fermín Salvochea.

Pablo défait © PODEMOS

Cohérence donc, qui dans un parti démocratique exigerait, après de tels revers, Podemos en Espagne, la FI en France, pour le moins la démission des deux principaux dirigeants, Iglesias là-bas , Mélenchon ici.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.