Espagne: après Pablo Iglesias, Kichi, le maire de Cadix, déménage

On se souvient du tollé soulevé par la maintenant fameuse et toujours luxueuse villa acquise par Iglesias et sa compagne Irene Montero. A leur tour, le maire de Cadix José María Gonzalez, Kichi, et sa compagne Tersa Rodriguez déménagent. Mais pas tout à fait de la même manière.

Kichi y Teresa Kichi y Teresa

On n’en revenait pas. Après avoir, pendant des années vilipendé la caste et prôné le précepte gramscien selon lequel les « intellectuels organiques », détenteurs du savoir, se donnant pour mission de construire une nouvelle « hégémonie » prélude à la prise du pouvoir par « la gente », ces gens qui ne disposent pas (encore) de ce savoir, c’est-à-dire de ce pouvoir, ces intellectuels donc se doivent de partager les conditions de vie de cette « gente », de ces gens, de ces dominés.

Et voici que le plus adulé de ces savants, Pablo Iglesias, un beau jour fait l’acquisition d’une somptueuse villa dans une proximité huppée de Madrid. On s’en souvient, c’est raconté ici et , cela provoqua quelque stupéfaction parmi « la gente » justement.

On se souvient également que la première et peut-être la seule personnalité d’importance au sein de Podemos qui prit publiquement la plume et la parole pour rappeler que le code éthique du parti approuvé à l’unanimité n’est pas une simple formalité mais l’engagement à vivre comme les gens ordinaires de manière à pouvoir les représenter effectivement dans les institutions… fut le maire de Cadix, José María González, Kichi.

Et voici, informe le « Diario de Cadiz », que Kichi, brillamment réélu maire, et sa compagne Teresa Rodriguez, députée au parlement régional andalou, déménagent à leur tour mais de façon bien différente.

En effet, raconte le quotidien régional, la famille s’étant enrichie d’un nouvel enfant va vivre désormais toujours dans le même quartier populaire de La Viña où est né Kichi, dans une demeure un peu plus grande mais dont la superficie est inférieure à la moyenne des maison de Cadix, c’est-à-dire inférieure à 80 m². Bref rien à voir avec une somptueuse villa de 700 000 €.

En outre le quotidien confirme que Kichi, professeur dans le secondaire, tient sa promesse de se contenter d’un salaire d’enseignant et qu’il a au cours de son premier mandat distribué quelque 70 000 € à différentes structures sociales de la ville.

Conclusion : comme on peut le voir sur cette vidéo Kichi aime chanter en particulier dans un de ces groupes typiques de Cadix que l’on nomme « comparsas ». Ici il chante lors de sa première campagne électorale une chanson qui dit ceci : « Si un jour je suis maire de Cadix, je serai un maire comme Salvochea ».

Kichi celebrando que el cambio llegue a Cádiz © Teresa Rodríguez

Oui, comme Fermín Salvochea (1842-1907) l’ancien maire anarchiste de Cadix et Président du « Cantón » lors de l’insurrection cantonaliste de 1873-1874 qui, lui aussi, distribuant aux plus pauvres la fortune héritée de ses parents, était demeuré fidèle à ses principes. C’est pourquoi son portrait a remplacé dans le bureau du maire actuel celui du roi.

Le respect des principes n’est pas si courant en politique pour ne pas être souligné. En Espagne cette attitude est qualifiée de « Honra » mot difficilement traduisible qui amalgame honneur, honnêteté, droiture, mot historique qui fut prononcé à Cadix lors de la révolution libérale de 1868 dite « La Gloriosa » (qui détrôna la reine Isabel II) dans une proclamation fameuse se concluant par l’exclamation : ¡Viva España con Honra !

 

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