La 39ème marche (…vaut bien un gilet jaune tout neuf)

N’étant pas Hippolyte Varlin, qui prend le temps de contacter la moitié de son épais carnet d’adresses pour finaliser un récent et superbe article, je table ici sur une publication en une du Club pour être lu de mes "condisciples" (réel.le.s ou fantasmé.e.s)…

(Préambule : A. Nibal s’était juré de ne plus écrire. Cela ne concerne pas F. Corfdir, parjure à sa manière mais qui n’a jamais promis de ne plus martyriser son clavier et la syntaxe…innocent)

Bonjour à tou.te.s,

Ces dernières semaines ont été difficiles, pour nous Gilets jaunes arpenteurs de bitume. A cela bien des raisons objectives, et encore plus de subjectives.

A bientôt 66 ans et un passé de militance non encartée, j’ai été plus accoutumé à l’indifférence qu’à la hargne des non-sympathisants de nos combats successifs. Il semble aujourd’hui -et ce billet le dit bien mieux que moi- que le peuple français reste logiquement concerné par un mouvement porteur d’une revendication aussi élémentaire : JUSTICE SOCIALE !!

Si cela n’est pas une lutte de gauche par essence, alors c’est que j’ai raté ma vie. Et que j’ai mérité de ne jamais avoir possédé de Rolex, ni lancé de starteupe…

No matter ! Manifester une petite dizaine de fois (la dernière en avril, je l'avoue piteusement) en si bonne compagnie m’a redonné le peps dont les premiers temps de la retraite peuvent nous priver momentanément. Et si je n’ai pas vu dans les cortèges une forte proportion de gens au moins aussi âgés que moi,  mon ophtalmo a raté sa vie aussi. Ou au minimum, sa vocation.

Donc, où est le négatif ? Bonne question, à poser plutôt aux crânes d’œuf qui nous pourrissent l’enthousiasme. Déjà, et pour se cantonner à l’Univers Mediapartien, il y a une certaine offense (litote n°2) dans leur lancinance idéologique. Elle est si caricaturale qu’elle n’en est plus audible, mais sa petite musique acidulée nous poursuit de sa vindicte.

Corollaire quasi inéluctable : certains craquent, et contre leur nature expédient des scuds (ça existe toujours, ce machin ?) relevant de l’injure caractérisée. Et tout aussi inéluctablement, les destinataires outrés sautent à pieds joints dessus pour dénoncer cette inqualifiable perte de contrôle.

Par contre, en bons petits toutous (pas nécessairement macronistes, ou même pire si cela existe) ils admettent la vulgaire violence de la flicaille désinhibée. Et aboient de loin, en voyant passer une caravane de black blocs là où n’existe qu’un quarteron de bacqueux dûment mandatés.

Désolé.e.s les p’tits poulets, vous n’avez pas fini de caqueter…    

Nous ne raterons pas la trente-neuvième marche, et là où nous ne serons que 39 nous ferons du bruit pour 39.000.000. Moins romantique dans la forme que les précédentes, de par sa tonalité angoissée voire colérique, elle préfigurera en sol mineur et ailleurs une trilogie de chefs-d’œuvre à venir... mille mercis à Jean-Victor Hocquard de son involontaire collaboration !

[Edit Piaf(fe)]  Aujourd'hui, j'ai un motif de fierté qui me ferait presque apparaître comme le papa des p'tits poulets : j'ai autant d'abonnés qu'Abenalla... Hosanna au plus haut d'essieu!

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.