Telle est (était? 😛) l'intention. Sans cesser de lire pour autant Mediapart, durant deux mois d'abonnement restants, mais en n'intervenant plus dans le fil des articles et billets... Qui de moins en moins, ressemblent à des débats.
Pas question de jouer les anciens combattants... au demeurant capables de s'envoyer des parpaings redoutables depuis que ce site existe. Non, c'est une certaine aigritude (merci Ségoyale, d'avoir un jour décomplexé notre immaturité langagière!) nouvellement apparue ici qui motive la désaffection de bien des contributristeurs avant moi.
L'Hebdo #114 est bien gentil à notre égard. Sous-tendu par une volonté de ménager un nombre conséquent de nouveaux abonnés? Certainement pas. Sabrina Kassa, comme bien d'autres de ses collègues, n'a pas pour "consigne" de coller à une ligne éditoriale. Et si ce devait être le cas un jour, elle s'en irait (ce n'est qu'un ressenti personnel)...
Et pourtant, au-delà du distingo justement fait entre le site et ses extensions sans la moindre application autre qu'androïde, la fracture sociale (terme judicieux, pour une fois) est présente aussi entre habitués de longue date de ces lieux.
Ecrire "Palestine", "Mélenchon", "rap", "Antoine Perraud"... fut longtemps un stimulus largement suffisant pour alimenter une saine émulation, à grand renfort de bourre-pif épistolaires. Jamais nous n'aurions imaginé que "pandémie" pourrait un jour ouvrir de si prometteurs horizons à quelques champs de bataille où l'on s'éviscère facétieusement, entre sexagénaires bonhommes et sémillants septuagénaires. Et encore, je ne dis rien des quinquas en armure noire qui viennent achever les morts!
De temps en temps, un fourgon de la Modé se pointe toutes sirènes hurlantes, et embarque tout le monde. Blasé... ajoutant ainsi à l'atmosphère de désolation. Ou bien, à retardement on découvre qu'un auteur dont on ne partage pas l'opinion, mais sans pour autant le maudire jusqu'à la 9ème génération, a fermé son billet aux commentaires. Alors que justement les vôtres étaient les plus intéressants...
Que faire? Aller se faire voir ailleurs? Déjà fait, sans orgasme digne d'être narré par le menu. S'offusquer de qualificatifs arbitratrabilaires tels que "troll" ou "petit-bourge", quand vous êtes un prolo-bon-teint avide de vraie connaissance (lolll) depuis les fameuses 9 générations sus-évoquées? Dans leur acception première, ces termes ne devraient pas être rédhibitoires. Assénés avec la malveillance du gros tous-terrains à gros cul sédentaire qui consomme sans discernement, ils lassent...
Alors? Fermer sa gueule si elle devient par trop venimeuse? Option réaliste mais regrettable, tout au moins aux yeux de mézigue qui me regrette déjà. Susciter un vif émoi dans le Landerneau Football Club est une visée peu susceptible d'affoler la toile, mais l'ouvrir et agir n'est pas incompatible.
A ce titre Mediapart reste un vivier. Sous réserve de ne pas sacrifier, sans même s'en rendre compte, son indépendance à un certain discours dominant...