Oecuménisme rapologique

Vu, lu et approuvu aujourdu, un choix musical de Ben. Pas l'Oncle Soul, mais qui sait? Back dans les bacs, contact contact...

https://blogs.mediapart.fr/ben/blog/230121/alger-pleure-medine (paraît qu'un dessin résume tout, un "seize" sait le faire tout aussi souvent, et en totale liberté)*

*Edit :... mais un 404, ça l'fait pas undecided

https://www.youtube.com/watch?v=kymG9R1k7rE (le retour, ou la tentation permanente)

Le club de Mediapart, et par extension le site, a une richesse qu'on ne lui ôtera jamais. Celle de "représenter", au sens où l'ont toujours intégré les artistes du rap. Une "génération" de son lectorat sature cryptiquement et se crispe cyniquement (ou l'inverse, tout un chacun ayant des noms dans ses dossiers)? Et alors? La relève est assurée, bon an mal an...

A jamais, peut-être pas. Mais jusqu'ici tout va bien, le truc fonctionne depuis quatre décennies et demie. Au hasard, l'ennemi préféré Lancêtre (quelqu'un a des nouvelles?) aime du bon rap : Keny Arkana par exemple, pour ne pas la nommer. Ben aime Médine, le fait savoir à son premier billet, et ça fait du bien par où qu'ça passe... D'autres ici ont le goût des "musiques urbaines", et parfois en font un usage professionnel, mais ne l'expriment qu'à doses homéopathiques.


Au mic, citoyens!


Ben pourrait être le diminutif de Benjamine Weill si je me permettais pareille familiarité, l'une de mes fifis oeuvrant dans le même secteur socio-éducatif qu'elle. La comparaison s'arrête là, ma benjamine à moi n'ayant pas encore publié juste pour son papa désargenté, sauf aux tempes.

Lequel a cependant pigé récemment pourquoi il nage à côté de ses palmes depuis lulure. Benjamine W pour sa part, baigne depuis l'adolescence dans une culture hip-hop qui n'a fait qu'élargir sa focale au fil du temps. Au point que d'illustres exégètes dont nous avons oublié les noms la ramènent du diable vauvert, en toute conscience d'eux-mêmes, dans un registre cooptatif et un chuintement froufroutant de basse-cour. "Aah oui çââ c'est bien, ça renouvelle le langage, çââ aussi ça nous ouvre des perspectives pour la com du turfu, continuez les djadjas c'est trèèès bien..."

Ouaip. Pas de noms. Après tout, Booba himself a eu droit en son temps (le bon, celui d'Elie Yaffa qu'on laisse rouler) aux honneurs de la Nrf. Lui aussi est régulièrement cité dans "Au mic citoyens!", à la nuance près que la "légitimité" de Benjamine Weill réside dans un creuset bien autre que celui de la reconnaissance littéraire de ses pair.e.s.
A contrario, elle a également eu droit au scepticisme (litote) d'une minorité machiste que les contempteurs obsessionnels de ce milieu adorent, à l'appui de leur argumentation résolument ex-clusive. Une simple liste de ses soutiens déclarés au moment t (le seul qui vaille) éclaire le fan autant que le profane.

Sous le prisme de la philo (la formation de l'auteure), le bouquin peut paraître d'un abord ardu. Raison généralement suffisante à votre serviteur pour aller servir ailleurs... sauf que là, "la sauce" prend, sapée comme jamais dans les références multiples résumant sans pathos une vie. C'est bien simple : toute la discographie égrenée au fil des pages figure dans les pénates ikéaïsées de bibi...

Ceci ne se veut pas une critique littéraire. C'est une déclaration d'amour... au hip-hop. Et aux points de suspension

 

 

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