La trouille, valeur collective

La trouille du futur transpire. Au travers d’une certaine forme d’éditorialisme à sensation, soit les trois quarts de la scribouillardise écrite, tapuscrite ou webuscrite d’aujourd’hui, on pourrait presque la sentir par tous les pores de nos peaux, si éprouvées récemment par un nouvel inconfort auquel il faut désormais… se résigner ? Certainement pas !

Epoque-charnière, ou avant-goût de charniers auxquels des vautours sans scrupules aimeraient nous accoutumer ?  

Sur beaucoup de sujets brûlants d’aujourd’hui, la même question revient… que pouvons-nous faire ? Non pas  y faire, qui serait la marque d’une abdication, mais bien réaliser, dans l’action concrète. Premier pas : prêter l’oreille ailleurs qu’en notre petite bulle, tribu, parti, ou cellule familiale, nous démontre que l’indifférence (non sans beaux discours pour s’en dédouaner) n’est le fait que des pouvoirs.

Une complaisance orientée voudrait instiller la réalité (??!!) d’une bonne volonté de nos gouvernants, en fait dé-fi-ni-ti-ve-ment périmés, à dégager, puants bien avant la date de péremption officielle. Bullshit, comme dirait le plus con d’entre eux, jaune au sommet mais foie-jaune de la racine des cheveux à la pointe des orteils !

Inutile d’épiloguer sur leur obsolescence à peine programmée. Qu’ont-ils fait ? Nib de nib, sauf trois ou quatre raouts mondains à l’année, où l’on se concerte entre… puissants ? T’as rêvé mon Jupi, retourne téter ta mère, mes respects à vous Madame Noguès.

Des voix s’élèvent. Oui, et ensuite ? Les combattant.e.s pour un avenir possible (génération quoi ? Z’, ou faut-il réinventer notre alphabet ?) se font gazer et éjecter manu militari d’un pont où le sit-in, pas loin d’un demi-siècle après sa pacifiste naissance, n’est plus qu’une entrave à la libre circulation… dites-moi que je rêve, ou ne me dites rien. Tou.te.s ou presque sont des jeunes. "Nos" jeunes, ceux et celles que nous avons aidé à grandir, et que nous n’accompagnons plus assez.

Pendant ce temps-là, certains s’écharpent sur la légitimité d’une Greta Thunberg en tant que porte-étendard de la sauvegarde de notre planète. Notre planète chérie, entendons-nous et je le proclame, tellement nous ne la méritons plus. J’ai des larmes aux yeux quand j’extrapole l’avenir de ma dernière petite-fille, mais sans doute ai-je la larme facile.

Mon espoir ? Nous, communauté qui réfléchit, s’empoigne et se balance dans les gencives parfois édentées (je parle de moi) quelques vérités dont aucune n’est totalement à jeter. Il y en a forcément d’autres du même genre, ne reste qu’à trouver le principe synergétique. Nous en avons les moyens, contrairement à ceux qui prétendent régir nos vies de bambins ou d’ancêtres qui " jusqu’à nouvel ordre" ne seront plus des électeurs et électrices…

De la même manière que cet article, qui m’a touché au-delà de toute rationalisation. Il contient des propositions que tout un chacun peut mettre en œuvre. A commencer par un boycott, résolu et définitif , des sources dont nous usons en dehors de nos canaux habituels d’information.

J’ajouterai ceci, pas assez lu, mais "le bonhomme" (pardon à qui de droit de cette familiarité) en a l'habitude et ne s'en offusque pas...

https://blogs.mediapart.fr/berthe-dominique-henri/blog/290719/procrastination-et-rechauffement-climatique 

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