Le sieur de Rugy en martyr de la République irréprochable

La politique est chose trop sérieuse pour la confier à d'anciens enfants rois

Le sieur de Rugy en martyr.

Ainsi, sur Twitter, le sieur de Rugy écrit qu’il pense aux mots de Mitterrand après le suicide de Bérégovoy. Mitterrand aurait alors dit que son ministre avait été « livré aux chiens ». Le sieur de Rugy, en martyr de la République irréprochable, nous ferait-il du chantage au suicide ? Quel sens de l’honneur ! Qui sont les chiens ? Le bas peuple que nous sommes ? Les journalistes de Mediapart ? Le chien est un merveilleux compagnon, brave et fidèle (j’ai des chiens depuis plus de quarante ans). En tout cas, il était temps que les chiens arrêtent la caravane, et mettent un terme à ces honteuses dérives. Que les chiens ne se laissent pas intimider par le Président de la République qui, roi de l’insinuation comme toujours (la meilleure défense, c’est l’attaque), insinue qu’ils pratiquent la délation ! Retournement des mots : selon cette définition, la délation consisterait à établir la véracité des faits et à les rendre publics. La politique consisterait-elle donc désormais à bousculer Monsieur Larousse et à mettre ses définitions cul par-dessus tête ? A jeter de la boue sur les autres, on se salit les mains, et en l’occurrence, ce ne sont pas les journalistes qui ont les mains sales.

Le sieur de Rugy expose sans honte et sans pudeur la bassesse de son personnage, bouffi d’orgueil, sûr de son bon droit à dépenser l’argent de la République (voir l’article de blog de Paul Cassia, Les homards du président de Rugy, expression de sa souveraineté, 15 JUIL. 2019 PAR PAUL CASSIA), c’est-à-dire celui de ses concitoyens, comme bon lui semblait (réceptions privées aux vins fins que dans sa grande générosité il ne boit pas, cela lui donne mal à la tête, homards que dans sa grande générosité il ne fait servir qu’à ses invités puisqu’allergique il n’en mange pas, chauffeurs multiples pour convenances personnelles, indemnités parlementaires servant à financer son parti politique, autrement dit à acheter ce parti  contre bons et (dé) loyaux mandats, et déduites de ses impôts s’il vous plaît, il n’y a pas de petites économies, et tout ce qu’on ne sait pas), infantile dans sa folie des grandeurs et ses réactions à l’opprobre qu’il a lui-même suscité.

Voilà où on en arrive avec ceux qui furent en toute probabilité des enfants-rois ! Ils se croient tout permis, tout leur est dû, rien n’est trop beau pour eux.

Que le sieur de Rugy retourne à ses chères études (du moins celles qu’il ne semble pas avoir faites) et continue d’essayer d’épater sa galerie et sa Lady Gala dans l’ombre. Il ne manquera pas à la transition écologique dont il n’avait nullement cure d’ailleurs.

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