L'honneur du peuple français

Face aux oligarchies prédatrices qui bafouent les lois que pourtant elles édictent, face à la République du déshonneur, notre peuple a raison de résister. Il suit en cela une longue histoire où se jouent son honneur et sa vie.

L’honneur du peuple français

 L’affaire Delevoye démontre maintenant qu’Emmanuel Macron, Président de la République et, à ce titre, garant de la Constitution, a considéré avec beaucoup de légèreté les devoirs qui lui incombent en la matière, ainsi que le montre Paul Cassia dans l’article de blog ci-contre :

L’insoutenable légèreté de la déontologie selon Jean-Paul Delevoye

16 DÉC. 2019 PAR PAUL CASSIA

 Mais les manquements du Président de la République ne s’arrêtent pas là. Comme le précise l’alinéa 5 de l’article 2 du Titre premier de la Constitution, le principe de notre République s’énonce comme « le gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple ».

 Titre premier - DE LA SOUVERAINETÉ

ARTICLE 2.

La langue de la République est le français.

L'emblème national est le drapeau tricolore, bleu, blanc, rouge.

L'hymne national est « La Marseillaise ».

La devise de la République est « Liberté, Égalité, Fraternité ».

Son principe est : gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple.

 Or la politique conduite par le Président et son équipe ne s’énonce pas du tout de la même façon, elle se présente de plus en plus chaque jour comme le gouvernement de l’oligarchie, par l’oligarchie, pour l’oligarchie, suivant en cela le modèle américain qui plaît tant à notre jeune président, modèle que Thomas Piketty et Joseph Stiglitz ont bien repéré, ainsi qu’en témoignent leurs derniers ouvrages, Capitalisme et idéologie (Piketty, 2019) et Peuple, Pouvoirs et Profits (Stiglitz, 2019), puisqu'il faut comprendre qu'aux Etats-Unis, (dont la Constitution établit aussi que le gouvernement du peuple se fait par le peuple pour le peuple), il s’agit en fait d’un gouvernement du 1% par le 1 % pour le 1 %, c’est-à-dire les ultra-riches, les milliardaires, ceux qui financent dans une gabegie sans nom les dépenses électorales, ceux que notre président érige en modèles pour les jeunes.

Nous n’en sommes peut-être pas encore tout à fait là, raison de plus pour que nous nous en mêlions. Car la démocratie, ce n’est pas seulement mettre un bulletin de vote dans une urne à échéances répétées et ainsi donner un blanc-seing aux candidats élus comme ils le croient. La démocratie, c'est aussi prendre son destin en main et résister à tous les abus. Souvenons-nous que notre démocratie est toute neuve : elle n’existe (sur le papier) que depuis avril 1945 et le droit de vote des Françaises, réduites au silence avant cette date. Elles ne se laisseront plus réduire au silence, Messieurs les oligarques.

Les manifestants et manifestantes des rues de France, tout riens qu’ils soient / que nous soyons aux yeux d'E. Macron, ont bien compris les enjeux des dernières réformes et, non seulement ils refusent ce saccage des retraites destiné à les transformer un peu plus en esclaves-cochons de payants, mais encore ils refusent toute la politique dévastatrice de reniement du Programme national de la Résistance dont il restait quelques bribes et dont il reste au moins pour le moment encore la Sécurité Sociale, politique aux mains d’une oligarchie qui vit en apesanteur quand la majorité de nos concitoyens se débat dans les difficultés matérielles et morales de tous ordres et devrait maintenant se préparer à n’entrevoir qu’une vieillesse dans le dénuement, la misère, le manque, sauf à avoir versé des cotisations mirobolantes à des assurances qui peuvent aussi bien mettre la clé sous la porte (souvenons-nous de la crise financière de 2008 qui a ruiné bien des retraités américains) tandis que de nombreux jeunes dans la force de l'âge ne trouvent pas d’emploi, ou du moins pas d’emploi à la hauteur de leurs qualifications, même en traversant la rue. Alors ces derniers devront-ils travailler jusqu’à la mort pour pouvoir glaner quelques points de retraite sans pour autant en fin de compte avoir droit à quoi que ce soit ? Car d'ici là, leurs droits auront encore été bien rabotés si nous ne faisons rien. Est-ce cela le nouveau monde de M. Macron (rappelons-nous aussi toutes les arnaques historiques sur lesquelles se sont construits « le Nouveau-Monde », « l’Amérique », le « rêve américain ») ?

Non seulement nos députés votent les lois, bien souvent dans leur intérêt propre, mais ensuite ils font comme s’ils ne les connaissaient pas et ne les respectent pas ! N’est-ce pas, M. Delevoye ?

Si nos élus sont en train de s’enfoncer dans la République du Déshonneur, notre peuple au contraire, depuis 1945, puisque c’est une date qui ne déplaît pas à Edouard Philippe, lequel prétend que la réforme des retraites s’inspire du Conseil national de la Résistance (CNR), nous a montré le chemin de l’honneur. La fille de FFI et belle-fille de FNFL que je suis est fière de le souligner. C’est bien aux Résistants que nous devons d’avoir œuvré à libérer la France, d’avoir œuvré à la construction d’un monde meilleur, d’avoir dès 1944 avec la Déclaration de Philadelphie préfiguré un monde du travail plus juste, au prix de tous les dangers, au prix de leur vie pour certains. 

C’est tout à l’honneur de nos travailleurs et de nos travailleuses, aujourd'hui, de résister aux manipulations et aux mensonges. Ils sont ceux et celles qui produisent, honnêtement, depuis des siècles, dans des conditions terribles parfois, la richesse de ce pays sans chercher à gagner des millions, ce sont eux la richesse de ce pays. Sans eux, l’oligarchie n’est rien. Ce sont eux, les résistants de toujours, qui représentent l’honneur de la République et de la France.

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