Olivier Hammam
Humain patenté mais non breveté.
Abonné·e de Mediapart

834 Billets

3 Éditions

Billet de blog 24 janv. 2022

Plan A et Plan B sont dans un bateau... (version alternative)

Version alternative car j'ai rédigé un autre billet de ce titre dont je ne suis pas satisfait, trop dispersé, pas assez resserré sur son objet. J'escompte ne pas tomber dans le même travers ici, et j'espère ne pas faire trop long.

Olivier Hammam
Humain patenté mais non breveté.
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Le titre avait un complément ironique dans son introduction, est-ce que Plan C va tomber à l'eau avant même de monter dans le bateau? Je n'ai pas de réponse sur la fin de cette question, possible qu'il monte dans le bateau avant de tomber à l'eau. Ce qui donne ma réponse pour l'autre interrogation: il va tomber à l'eau, avec Plan A et Plan B. Le bateau en revanche restera à flot et continuera son voyage comme avant, en louvoyant, parfois en changeant de route, tantôt accélérant, tantôt ralentissant, parfois encalminé,  parfois pris dans une tempête.

Le bateau c'est ce que chacun envisage, pour moi c'est le phénomène qu'on nomme la vie et qui localement s'incarne dans la biosphère mais la vie étant fractale c'est aussi chaque fragment de la biosphère qui “fait système”, qui sous un aspect au moins peut se décrire comme un système fermé. Pour citer l'article de Wikipédia, voici ce qu'en dit l'introduction:

«Un système fermé est un système “isolé de son environnement. Le terme renvoie souvent à un système idéalisé où la clôture est parfaite. En réalité, aucun système ne peut être complètement fermé; il y a seulement divers degrés de fermeture».

Pas tout-à-fait exact, il y a nominalement un système fermé parfait, l'univers dans sa totalité puisque nominalement il n'a pas d'extérieur, nominalement il forme donc un système isolé«un système physique qui n'interagit pas avec ses environnements», puisque nominalement il n'a pas d'extérieur. Désolé pour la lourdeur de la phrase, je précise que chaque proposition est nominale car ce n'est vrai que dans le cadre de la connaissance imparfaite que nous avons de la réalité effective, quand on discutait de l'univers et de ses systèmes avant 1920 ça ne concernait qu'une part restreinte de l'univers effectif actuel, en gros la Voie lactée, ce qui conduisit d'ailleurs Albert Einstein à proposer en 1917 un modèle d'univers qui trois ans plus tard se révéla inexact car basé sur une hypothèse qui n'intégrait pas deux éléments importants, le phénomène de l'expansion de l'Univers et l'existence de galaxies distantes ce qui fit soudain passer les dimensions de l'univers d'environ deux cent mille années-lumière dans son plus grand diamètre à plusieurs milliards d'années-lumière. Non que ce soit si important, on peut nominalement considérer que l'univers est un système isolé, et factuellement qu'il n'existe aucun système isolé dans le cadre de l'univers, aussi peu que ce soit tout système fermé interagit avec ses environnements.

Localement le système fermé “le plus fermé” est le système solaire, il interagit très faiblement avec le reste de l'univers, au point que sauf si se produisait dans son contexte proche une catastrophe du genre supernova son évolution est très prédictible pour environ les cinq milliards d'années terrestres à venir. Pas dans les détails, il peut se produire des catastrophes plus locales encore pour ses planètes, notamment celles telluriques, ce qui modifierait un peu son évolution, mais dans sa globalité ce système est assez prédictible. Pour le système fermé qui nous concerne le plus, la biosphère, il y a beaucoup moins de certitude, tenant compte de ce que depuis les quatre milliards d'années de la vie sur Terre ce système s'est montré extrêmement résilient et a pu traverser plusieurs catastrophes sans en être durablement affecté.

Le bateau qui m'intéresse le plus est celui sur lequel navigue l'humanité. Une chose est certaine, ce bateau-là va finir par sombrer, et cela bien avant la fin de la vie sur la Terre. Quand? Aucune idée. Demain, ou dans plusieurs milliers, ou centaines de milliers, ou millions, ou dizaines de millions d'années. Une autre chose est certaine, ce ne sont pas les humains qui le feront sombrer même si à leur petit niveau ils y contribueront peut-être un peu.

Ce début pour cadrer le thème de ce billet, une critique raisonnée de la série du blog de Mediapart «Vowl / SCRIBE», dont le titre général est «“Plan C”: Que faudra-t-il faire quand l'effondrement sera complet?». Dans un billet de ce blog, «“Plan C”: une conclusion ou une introduction?», je propose la liste des parties suivies de la courte présentation par l'auteur de chacune.

L'hypothèse de l'auteur est que dans un temps indéterminé, moins d'une décennie à moins d'un siècle, la “société globale” que constitue actuellement l'ensemble de l'humanité connaîtra un “effondrement complet”, et que la cause effective de cet effondrement sera, est, l'action même des humains sur leur milieu et leur environnement. Or cette hypothèse est invraisemblable ou plutôt, incroyable: je ne peux y croire. En même temps ça n'a guère de signification, je suis du genre incrédule donc je ne crois en rien, on dira que c'est invraisemblable car cet “effondrement complet” à cause anthropique n'a aucune vraisemblance. De ce fait, tout “plan” qui se base sur cette hypothèse ne peut qu'être inconsistant. Les “plans” A et B sont supposés éviter cet “effondrement complet”, celui C supposé se réaliser après cet événement. Partant de mon postulat, il n'y aura pas d'effondrement complet de la société humaine globale à cause anthropique, presque toute la série est, de mon point de vue, insignifiante: elle n'a pas de signification. Partant d'une prémisse fausse, toute la partie expliquant quel sera le processus de l'effondrement n'a aucune validité; les deux projets censés viser à éviter cet événement, le “plan A” et le “plan B”, existent peut-être mais n'ont pas de pertinence en tant qu'ils ne peuvent empêcher qu'advienne ce qui n'adviendra pas, et pas d'intérêt puisque selon l'auteur cet “effondrement complet” adviendra, donc pourquoi s'intéresser à ce qui est censé viser à éviter l'inévitable? Reste donc la partie traitant du “plan C”. Avant d'y venir, je vais tenter d'étayer mes propres hypothèses, tenant compte du fait que leur base est tout aussi idéologique que celle de “Vowl / Scribe”. On peut les dire plus consistantes que celles de l'auteur de la série mais pas plus vraies, et pas plus à croire, d'autant que je suis un fervent défenseur de l'incrédulité.

C'est d'ailleurs mon premier point: il faut savoir et non pas croire, quand on prétend parler de la réalité effective. Je ne crois pas à cette hypothèse d'un “effondrement complet” parce que je ne crois jamais quand ça concerne la réalité effective, soit je sais, soit je ne sais pas. En d'autres questions je peux “croire”, je peux faire montre de crédulité, mais une crédulité conventionnelle, une “suspension de l'incrédulité” telle qu'on la pratique pour le jeu ou pour la fiction, dans ces domaines on “fait comme pour de vrai” tout en sachant que “ce n'est pas vrai”, que ça ne ressort pas de la réalité effective, ça a lieu dans la réalité effective mais ce sont des “causes sans effets” ou des “effets sans causes”. Quand un cow-boy de cour de récré pointe son doigt ou son pistolet factice vers un indien de cour de récré en criant «Pan! T'es mort!» et que l'indien s'écroule dans un râle d'agonie, il ne tire sur personne et personne ne meurt, de même quand un cow-boy de cinéma tire sur un indien de cinéma avec un pistolet de cinéma. Quand la réalité effective intervient dans la fiction comme récemment lorsque «l'acteur Alec Baldwin tue accidentellement une femme sur un tournage après un coup de feu», ça interrompt immédiatement notre suspension d'incrédulité, on n'est plus dans le “comme pour de vrai”, on est dans le vrai, qui n'a rien à faire dans le jeu ou la fiction.

Mon incrédulité vaut donc pour les seuls discours censés concerner la réalité effective, le “vrai démontrable”, le “vrai vraisemblable”, qui outre d'avoir les apparences du vrai est vérifiable. J'ai abandonné et renoncé à publier le précédent billet de même titre que celui-ci parce que j'y discute longuement de la première séquence, les parties qui traitent de cet “effondrement complet”, et moindrement mais déjà trop longuement des parties “plan A” et “plan B”, et de l'aspect inconsistant de la notion même de “plan C” en tant que “plan à réaliser après l'effondrement complet”: partant de l'hypothèse de l'inconsistance de cette prémisse d'un effondrement complet de la société humaine globale, de son indémontrabilité, une critique de tout ce qui se lie à cette prémisse sera inconsistante, donc inutile. Il y a une aporie initiale, vouloir “démontrer l'indémontrabilité”, et je n'ai pas souhait de la résoudre.

En revanche, et ça fera le second point,  j'ai souci de

En revanche rien, le premier point suffit, je n'ai pas souci de discuter les trois premières parties et tout autre point m'y engagerait. Les quelques remarques pouvant porter sur ces parties interviendront quand utile ou nécessaire.


Il y a ce problème évident, le “plan C” se situe... sur le même plan que les deux autres, sur le même plan temporel, donc exposé avant cet "effondrement complet” supposé, et conceptuel, une réponse audit effondrement, un plan censé en pallier les effets ou en empêcher certains. Ce qui le rend tout aussi valide ou invalide que les deux autres, car si on va vers un “effondrement complet” aucun “plan” conçu préalablement ne peut y remédier: s'il est appliqué ça signifiera que l'effondrement ne sera pas complet, que se maintiendra une structure conçue avant et se poursuivant après ce supposé événement, ce qui sera le signe clair d'un effondrement seulement partiel, ou qu'il n'y aura pas eu d'effondrement, ni complet ni partiel.

Mince! J'ai déjà tout dit! Moi qui supposais devoir faire quelques longs développements pour appuyer ma proposition! Un peu déçu. Faut faire avec. En tout cas ça ne sera pas trop long, c'est sûr...

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

À la Une de Mediapart

Journal
Aurélien Rousseau, l’autre caution de gauche de Matignon
Le nouveau directeur de cabinet d’Élisabeth Borne, Aurélien Rousseau, a été directement choisi par Emmanuel Macron. Sa réputation d’homme de dialogue, attentif aux inégalités, lui vaut de nombreux soutiens dans le monde politique. D’autres pointent sa responsabilité dans les fermetures de lits d’hôpitaux en Île-de-France ou dans le scandale du plomb sur le chantier de Notre-Dame.
par Ilyes Ramdani
Journal
Législatives : pour les femmes, ce n’est pas encore gagné
Plus respectueux des règles de parité que dans le passé, les partis politiques ne sont toujours pas à l’abri d’un biais de genre, surtout quand il s’agit de réellement partager le pouvoir. Nouvelle démonstration à l’occasion des élections législatives, qui auront lieu les 12 et 19 juin 2022.
par Mathilde Goanec
Journal
Élisabeth Borne, une négociatrice compétente et raide au service du président
Ces deux dernières années, celle qui vient de devenir première ministre était affectée au ministère du travail. Tous les responsables syndicaux reconnaissent sa capacité de travail et sa propension à les recevoir, mais ont aussi constaté l’infime marge de manœuvre qu’elle leur accordait.
par Dan Israel
Journal — Politique
Le député de Charente Jérôme Lambert logé chez un bailleur social à Paris
Le député Jérôme Lambert, écarté par la Nupes et désormais candidat dissident pour les élections législatives en Charente, vit dans un logement parisien de 95 m2 pour 971 euros par mois. « Être logé à ce prix-là à Paris, j’estime que c’est déjà cher », justifie l’élu qui n’y voit rien de « choquant ».  
par David Perrotin

La sélection du Club

Billet de blog
Qu’est-ce qu’un premier ministre ?
Notre pays a donc désormais un premier ministre – ou, plutôt, une première ministre. La nomination d’E. Borne aux fonctions de premier ministre par E. Macron nous incite à une réflexion sur le rôle du premier ministre dans notre pays
par Bernard Lamizet
Billet de blog
De l'art de dire n'importe quoi en politique
Le problème le plus saisissant de notre démocratie, c’est que beaucoup de gens votent pour autre chose que leurs idées parce que tout est devenu tellement confus, tout n’est tellement plus qu’une question d’image et de communication, qu’il est bien difficile, de savoir vraiment pour quoi on vote. Il serait peut-être temps que ça change.
par Jonathan Cornillon
Billet de blog
par C’est Nabum
Billet de blog
Qui est vraiment Élisabeth Borne ?
Depuis sa nomination, Élisabeth Borne est célébrée par de nombreux commentateurs comme étant enfin le virage à gauche tant attendu d'Emmanuel Macron. Qu'elle se dise de gauche, on ne peut lui retirer, mais en la matière, les actes comptent plus que les mots. Mais son bilan dit tout le contraire de ce qu'on entend en ce moment sur les plateaux.
par François Malaussena