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Israël peut-il être accusé de génocide contre les palestiniens de Gaza ?

L’Afrique du Sud a déposé une requête contre Israël auprès de la Cour Internationale de Justice pour “génocide” contre le peuple palestinien à Gaza. Ce crime répond à des règles de droit international et une procédure précise. Raphaëlle Maison Professeure de droit international à l’Université Paris Saclay, spécialiste du droit humanitaire, apporte son analyse.

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La notion de génocide est définie par la Convention de 1948 adoptée à Paris. Cette convention oblige tous les États à réprimer le crime de génocide, mais aussi à le prévenir, à ne pas le commettre, à ne pas s'en rendre complice. Raphaëlle Maison déclare que dans le cas des actions militaires de l'armée israélienne contre les civils de la bande de Gaza : "s'agissant de la complicité, à l'heure actuelle, on peut évoquer les livraisons d'armes en connaissance de cause, par exemple, par les États-Unis."

La spécialiste du droit humanitaire rajoute que "pour caractériser un génocide au regard de cette Convention de 1948, il n'est pas nécessaire d'être en présence de la destruction physique totale ou quasi totale du groupe ciblé. Par exemple, la destruction des Juifs d'Europe ou la destruction des Tutsis du Rwanda n'est pas la seule figure possible du crime de génocide selon la Convention de 1948. Dans la définition juridique, la destruction du groupe, elle est requise comme intention, mais non comme fait matériel."

Cf. la déclaration du ministre israélien de la Défense Yoav Galant sur sa volonté de détruire tout ou partie des Palestiniens de Gaza qu’il déshumanise en les traitant d’animaux : "Nous imposons un siège total contre la ville de Gaza. Il n'y a pas d'électricité, pas de nourriture, pas d'eau, pas de carburant. Tout est fermé. Nous combattons les animaux humains et nous agissons en conséquence", a déclaré le ministre israélien (9 octobre 2023).

Cf’ ” Le premier ministre Benjamin Nétanyahou lançait son offensive terrestre à Gaza le week-end dernier. Durant son discours à la nation, il a notamment incité les Israéliens à « se rappeler ce qu’Amalek vous a fait subir ». Amalek, dans la Bible, c’est un peuple que Dieu ordonne aux Israélites d’exterminer. Les Écritures vont ainsi : « Va maintenant, frappe Amalek, et dévouez par interdit tout ce qui lui appartient ; tu ne l’épargneras point, et tu feras mourir hommes et femmes, enfants et nourrissons, boeufs et brebis, chameaux et ânes. » Des centaines d’experts de par le monde ont déjà lancé l’alerte sur les risques sérieux de génocide à Gaza. Et le premier ministre israélien va dire une chose pareille juste avant de faire entrer ses troupes sur le territoire palestinien. ” (Émilie Nicolas - Le Devoir 2 novembre 2023)

Comment qualifier juridiquement les violences infligées aux gazaouis ?

Selon Raphaëlle Maison, les actes constitutifs de génocide, meurtres ou actes portant une atteinte grave à l'intégrité physique ou mentale de membres du groupe peuvent être caractérisées dans le cadre des violences infligées aux gazaouis. Elle mentionne également l'article 2 qui consacre la soumission d'un groupe à des conditions d'existence visant à le détruire : c'est "un élément qui a beaucoup frappé les observateurs s'agissant de Gaza, puisque là, on a un siège extrêmement dur, pas d'accès à l'eau, pas d'accès à l'électricité, pas d'accès au carburant, à la nourriture. La population de Gaza ne peut pas non plus bénéficier de soins, la grande majorité des hôpitaux ont été mis hors d'état de fonctionner, la population de Gaza a été forcée de se déplacer vers le sud dans un espace très restreint. On a quand même des conditions qui semblent vouloir entraîner la destruction au moins partielle du groupe."

Prolonger :

RTBF : Israël : invité François Dubuisson

Les spécialistes du droit international hésitent à se rendre aux invitations des médias et, pour ceux quî l’acceptent, c’est s’exposer à des menaces et des insultes. C’est l’expérience que raconte François Dubuisson dans le quotidien belge Le Soir, aprés avoir rappelé le contexte politique, juridique et historique du conflit au journal de la chaîne télévisée publique.

Israël provoque l’escalade du conflit au Moyen-orient en bombardant Beyrouth

Saleh el-Arouri, cofondateur des brigades al-Qassam, la branche militaire du Hamas, était exilé au Liban. Encore plus que son profil, c’est le lieu de son assassinat qui en fait un événement « exceptionnel » dans la séquence actuelle. En tuant le principal leader du Hamas au Liban dans le fief même du Hezbollah, Israël a fait monter l’escalade de plusieurs crans. Une provocation de Netanyahou pour entraîner l’Iran dans la guerre, et les USA et la Russie par effet domino ? Sur France Info Mort du numéro 2 du Hamas au Liban : "Je ne crois pas à un embrasement" de la région, assure Frédéric Encel, spécialiste du Proche-Orient 

Mise à jour :

Guerre entre Israël et le Hamas : le bilan des tirs contre un refuge de l'ONU à Khan Younès s'élève à 13 morts

Article rédigé par Violaine Jaussent, Camille Adaoust  France Télévisions Publié le 25/01/2024

Les tirs contre un refuge de l'ONU abritant des personnes déplacées de la bande de Gaza ont fait au moins 13 morts et 56 blessés, dont 21 graves, à Khan Younès, selon la directrice des relations extérieures de l'agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens (UNRWA). Le refuge, dans cette ville du sud de l'enclave palestinienne, abritait un centre de formation de l'ONU, transformé en abri depuis le début de la guerre entre Israël et le Hamas. Philippe Lazzarini, un responsable de l'UNRWA, a fustigé "une violation flagrante des règles fondamentales de la guerre". 

Le MEDIA : GÉNOCIDE : CETTE DÉCISION DE LA JUSTICE INTERNATIONALE QUI FAIT TREMBLER ISRAËL

Explication de la décision rendue par la Cour de justice internationale par Gilles Devers, avocat

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